Saga Africa

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Paris centre mondial des arts primitifs: une fois encore, deux ventes prestigieuses d'objets, notamment, africains ont lieu dans la capitale. Des pièces notables, à des prix, eux aussi, conséquents.

Avec la présence du Musée du Quai Branly et son immense succès, avec la venue des meilleurs experts mondiaux, avec la multiplication des galeries spécialisées et des foires dédiées, avec la connaissance des plus grands collectionneurs, Paris est aujourd'hui la capitale incontestée de tout ce qui touche aux arts primitifs. Si occasionnellement l'on trouve de belles ventes à New York ou à Bruxelles, c'est à Paris que se situent les vacations les plus prestigieuses, voire de référence comme cela a été le cas des ventes Goldet, Breton, Vérité, où les adjudications se chiffraient en millions d'euros.

Les 16 et 17 Christie's un peu et Sotheby's beaucoup, mettent aux enchères dans leurs locaux parisiens des pièces d'autant plus exceptionnelles qu'elles ont ce que les spécialistes appellent "un pedigree". Devant l'augmentation des faux parfois difficiles à détecter - les africains sont des artistes remarquables qui savent patiner à l'ancienne des fabrications récentes - les collectionneurs recherchent désormais essentiellement des objets dont on connaît l'origine et la provenance: c'est le "pedigree".

Ainsi, Sotheby's propose des statues, masques et reliquaires acquis notamment par un marchand spécialisé (le premier à ouvrir en Afrique une galerie d'art africain ancien) expert de renom, Philippe Guimiot. On trouve ainsi une Reine à l'enfant Bamikélé du Cameroun (estimation haute de 800.000 euros), une statue féminine Urhobo du Nigeria (500.000 euros) ou une statuette de fécondité Fanti du Ghana (50.000 euros), ainsi qu'un masque Tshokwe d'Angola (450.000 euros), un reliquaire Fang du Gabon (300.000 euros) ou un petit masque Lega de la RDC (40.000 euros). D'autres objets "à pedigree" figurent également dans cette vente, ainsi que dans celle, la veille, de Christie's: une porteuse de coupe Luba de la RDC (180.000 euros), un haut de canne en ivoire Kongo du Congo (200.000 euros), un poteau Tiv du Nigeria (40.000 euros), un masque Bamana du Mali (30.000 euros).

Des prix d'autant plus imposants que les deux maisons anglo-saxonnes ajoutent aux adjudications des frais parmi les plus élevés de la place: 29,9%.
TTC jusqu'à 20.000 euros, puis 24% jusqu'à 800.000 euros et "seulement" 14,35% au delà. Plus 5% pour certains objets (signalés d'une marque) en provenance de pays non européens. De quoi augmenter sérieusement la facture...

 

- 16 juin dès 10 heures, 9 avenue Matignon, Paris, renseignements: www.christies.com
- 17 juin dès 17 heures, 76 rue du Faubourg St Honoré, Paris, renseignements: www.sothebys.com

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Le principe est le même que celui de l?art contemporain ou des timbres postaux qui pourrait être élargi aux fèves de la fête des rois, aux boutons de culottes, à des coquillages ou des fragments de bois usés trouvé sur les plages, etc, ? Tout peut être artificiellement valorisé. Cependant, ces valeurs ne sont pas éternelles. Il s?agit d?un jeu, qui peut rapporter gros à certains joueurs, mais qui peut aussi en ruiner d?autres. Il faut donc savoir accumuler les objets avant leur valorisation et les vendre au plus haut de leur valorisation, sinon on risque fort d?être marron.
Pour réduire les excès, on fait aujourd?hui appel au pedigree des objets, ce qui n?est pas nouveau, à la différence près qu?autrefois, les valeurs étaient fondées avant tout sur les qualités intrinsèques des objets et, de ce fait, qu?ils étaient très limités en nombre.
Mais le monde s?est élargi, il y a beaucoup plus de joueurs. Les objets de qualité étant de plus en plus rares, il a donc fallu trouver des succédanés et progressivement la valeur intrinsèque a abandonné la place aux objets soutenus, donc valeurs artificielles à durée limitée.
Tant qu?il y aura des joueurs, le jeu continuera et les commissaires priseurs prospèreront.

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