Icône, l'image pieuse

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Les amateurs de peintures orthodoxes sont de plus en plus nombreux, soutenus par les nouvelles fortunes russes. Les prix ne cessent de grimper. Car les œuvres anciennes se font rares. Contrairement aux faux qui pullulent.

Le mot icône vient du grec, image: c'est une représentation religieuse réalisée initialement presque toujours par un moine, répondant plus à des critères liturgiques qu'esthétiques. Cette peinture est sur bois, aulne ou cyprès pour les orthodoxes grecs, tilleul ou hêtre pour les serbes, bouleau ou pin pour les russes.

Sur les premières icônes ne figuraient que quelques personnages saints, et les scènes, les calendriers ou les fêtes ne sont apparus que vers le milieu du XVIIème siècle: dès cette époque, des écoles ont marqué cet art très particulier, avec par exemple celle de Moscou qui privilégie la couleur, celle de Novograd l'abstraction du décor, celle de Saint Petersbourg le baroque, celle de Chypre très occidentalisée. On trouve également des styles différents: la Vierge à l'Enfant d'Orante porte le Christ en son sein, celle d'Hodigritta le porte sur son bras gauche, celle de Vladimir le porte contre son visage, celle de Fédor est esquissée en silhouette.

Les couleurs ont aussi leur signification : l'or pour mieux faire ressortir l'éclat du royaume céleste, le pourpre est dans la tradition byzantine la représentation royale, le rouge la Résurrection, le blanc la pureté, le marron le temporel, le vert la nature, le noir le mal. Autant dire que l'appréciation de ces images sacrées, souvent noircies par la fumée des cierges et érodées par le temps, demande de solides connaissances.

Nombre de collectionneurs sont en effet des initiés, pas toujours religieux mais presque toujours influencés par la spiritualité: c'est pourquoi le marché est surtout axé sur l'Europe orientale, avec depuis quelques années, l'arrivée de nouvelles fortunes russes qui n'hésitent pas à surenchérir pour les oeuvres anciennes, de plus en plus rares. Ici, le ticket d'entrée dépasse les 30.000 euros, atteignant souvent les 100.000 euros lors des quelques vacations spécialisées à Londres, New York et dans une moindre mesure à Paris qui, grâce aux Russes "blancs", demeure un grenier en la matière.

L'engouement pour les icônes et l'inflation tarifaire (+ 120% en dix ans) ont boulversé le marché: l'ouverture aux pays de l'Est et l'arrivée d'Internet ont entraîné au mieux l'arrivée de pièces banales, voire (mal) repeintes, et de faux plus ou moins bien réalisés. Si les icônes contemporaines (on en trouve de bonne facture) ne doivent pas généralement dépasser les 2.000 euros, il faut rester prudent pour les lots vendus notamment sans intermédiaire ou sur la toile. En cas de doute, il faut consulter un expert.

Pour la saint Sylvestre, profitant de la présence de quelques Russes très aisés sur la Côte d'Azur, la SVV Besch met aux enchères à l'Hôtel Martinez de Cannes (après avoir vendu tableaux, bijoux et vins fins) vingt-six icônes de moyenne qualité: les prix s'échelonnent de 300 euros (pour les icônes de voyage) à 5.000 euros (pour un saint Artemi de Verkola du dernier quart du XVIIème).

Le 31 décembre, Hôtel Martinez, 06400 Cannes, renseignements : www.cannesauction.com

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