Marché du CO 2 : circulez, il n'y a rien à voir

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Par Pascale Besses-Boumard, rédactrice en chef à La Tribune.

On croit rêver. Jamais les régulateurs mondiaux ne se sont autant évertués à concocter de redoutables règles de transparence en matière d'information. Jamais les entreprises n'ont été aussi pressées d'expliquer avec la plus infime précision le dessous de tous leurs résultats. Jamais les autorités des marchés financiers ne se sont montrées aussi strictes vis-à-vis des émetteurs pour qu'ils traitent sur un même pied d'égalité tous les investisseurs.

Et à quoi assiste-t-on par ailleurs ? On apprend que, sur le marché du CO2, certains petits malins s'arrangent pour voler des quotas, au nez et à la barbe des intermédiaires chargés des cotations, mais aussi des entreprises émettrices ; le tout dans un parfait brouillard où, ni une ni deux, je t'embrouille, les voleurs revendent en toute impunité ces fameux crédits. Le filon était tellement gros, que la Commission européenne a quand même fini par voir rouge et décidé (là encore, on se demande où l'on est) de fermer tous les registres avec possible reprise des échanges le 26 janvier. Circulez, il n'y a plus rien à voir.

L'idée de rendre les entrepreneurs et la finance internationale plus responsables vis-à-vis de leurs salariés mais aussi de la planète part d'un excellent sentiment. Mais il semble tout aussi évident que l'organisation du traitement des CO2 n'a pas été élaborée avec toutes les précautions qui s'imposaient. Laissant le champ libre à tous les escrocs à l'affût des moindres failles pour s'enrichir illégalement. Ce contre quoi luttent justement tous nos régulateurs et gendarmes boursiers locaux à longueur de journée. Les dérives connues sur ce marché du CO2 n'ont pas fini de les mobiliser. D'autant que c'est toute la filière du développement durable, une manne dont se sont bien volontiers emparés tous les financiers, qui risque d'être écornée.

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