Grand emprunt, un chèque pour l'avenir

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Il arrive aux Français de se tromper. A l'été 2009, 55% d'entre eux désapprouvaient l'idée d'un grand emprunt national, lancée par Nicolas Sarkozy devant le Congrès de Versailles, pour "financer les investissements d'avenir". Deux ans après, force est de constater que le gouvernement a réussi une improbable alchimie. Du calendrier du grand emprunt à son montant, de sa gouvernance à son mode de répartition, peu de choses prêtent aujourd'hui à vraies critiques. Annoncé en pleine crise financière, il atténue l'extinction des effets du fameux plan de relance lancé en décembre 2008. Fixé à 35 milliards d'euros, dont 22 seulement financés réellement par emprunt, il n'a pas dégradé la signature de la France et a évité d'alourdir trop ostensiblement le déficit public au sens du Pacte européen de stabilité.

La décision de confier sa gestion opérationnelle à un commissaire général, René Ricol, et la sélection des projets à des jurys internationaux a contraint des initiatives mal bâties à se repenser, comme le montre l'échec - au premier tour - du projet de "Silicon Valley" à la française, le plateau de Saclay. Enfin, la manne du grand emprunt devrait permettre à certaines universités de passer directement du XIXe au XXIe siècle. Alors, bien sûr, la Cour des comptes a raison de redouter une maladie bien française, le saupoudrage, que l'on voit poindre tant on a du mal, parfois, à se repérer dans la multitude des priorités retenues. Et le Conseil d'analyse économique est dans le vrai lorsqu'il appelle à une refonte de la politique industrielle, les retombées des investissements d'avenir s'avérant insuffisantes, à court terme, pour redresser la balance commerciale française et desserrer le retour de la contrainte extérieure.

Mais tout cela ne saurait faire oublier que le grand emprunt a permis de redonner vie, ou de l'espoir tout au moins, à deux secteurs, PME innovantes et université, jusqu'ici incroyablement délaissés.

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a écrit le 27/06/2011 à 17:12 :
Si, dans 10 à 20 ans, il peut être constaté que le grand emprunt a permis l'éclosion de technologies ou services fortement demandés par des clients solvables dont la valeur ajoutée cumulée sur quelques années dépasse le montant de l'emprunt alors, oui, il aura pleinement rempli sa fonction. A cette échéance, ses initiateurs pourront, au mieux, profiter d'une retraite méritée !

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