6e Tribune Women's Awards : Geneviève Campan et Véronique Torner, nommées en catégorie numérique

Par Isabelle Lefort  |   |  1134  mots
Geneviève Campan et Véronique Torner, nominées 2015 des Tribune Women's Awards dans la catégorie numérique (Crédits : DR)
Cette année, 15 femmes remarquables sont en lice dans sept catégories (Sciences et Technologies, Numérique, Smart City, Startup, Entrepreneure, ETI, Manager) pour remporter la 6e édition de notre concours La Tribune Women’s Awards. Découvrez, cette semaine, les nommées de la catégorie Numérique.

Dans la catégorie numérique, deux candidates vont se disputer les voix du jury. La première est l'une des principales têtes pensantes du CNES, spécialisée dans le domaine des systèmes d'information, l'autre est une pro de l'open-source qui a co-fondé l'entreprise Alter Way. Toutes deux doivent défendre leur candidature devant le jury composé d'experts, qui se réunit le 3 novembre. La compétition s'achèvera par une soirée exceptionnelle, le 14 décembre, à partir de 19 heures, dans le somptueux cadre du Théâtre de Paris. En attendant les résultats, découvrez le portrait de ces deux femmes brillantes et généreuses.

Geneviève Campan, l'esprit collectif

Geneviève Campan est une des grandes dames du spatial en France. Entrée au CNES à l'occasion d'un stage pendant son DEA en mathématiques appliquées, elle a mené toute sa carrière au Centre National des Etudes Spatiales. «  J'ai intégré l'établissement public en tant qu'ingénieur en mécanique spatiale. Ensuite, j'ai gravi les échelons. J'ai rejoint la filière management à 34 ans, je suis devenue sous-directrice exploitation et opération à 45 ans, ce qui m'a amenée à gérer une équipe de 250 personnes en charge des opérations des satellites contrôlés par le CNES (jusqu'à 18 satellites). » C'est en 2011 que les dirigeants lui confient la direction du système d'information du Cnes. Membre du Comité Exécutif, elle pilote désormais la transformation de l'établissement et l'avènement du CNES numérique avec plus de 150 collaborateurs qui gèrent tout ce qui sert aux métiers du spatial : les réseaux, l'architecture et la sécurité informatique, les données de stockage, notamment le Big Data, mais aussi la partie « matériels ».

Au quotidien, pour souder ses équipes, Geneviève Campan prône l'exemplarité comme modèle de management. « Je crois à l'exemplarité et je cherche à l'inculquer. Partant du principe qu'on n'est jamais à l'abri d'une bonne idée, j'ai toujours apprécié les échanges au travers de réseaux techniques, nationaux et internationaux à chaque étape de ma vie professionnelle. » Exigeante, parfois trop impatiente de son propre aveu, elle veille à la mixité des équipes dans une volonté d'atteindre l'équilibre. "Une équipe trop féminine n'est pas à ces yeux la panacée. Mais, une touche féminine transforme le comportement d'une équipe. Il faut se battre pour cela, tout en ayant le souci permanent que le choix d'une femme à un poste ou une promotion soit légitime !" Cette volonté de jouer collectif, de vivre son quotidien professionnel comme une aventure collective, elle le doit certainement à son enfance. « Seconde (et première fille) d'une famille de 4 enfants, nous vivions au rythme d'un déménagement tous les 3-4 ans pour suivre mon père au gré de ses affectations au sein d'EDF. Ma mère a mis sa vie professionnelle entre parenthèse pour s'occuper de nous. » Cette figure maternelle forte, impliquée et déterminée lui sert de modèle. C'est une marque essentielle de sa personnalité, tout comme son attachement à Toulouse qui figure de refuge à ses yeux. C'est ici dans la ville rose qu'elle a fait ses premiers pas dans l'ingénierie mais aussi a pris le goût du partage et du désir de faire « ce que j'aime avec ceux que j'aime et comme je veux. » Chevalière de l'ordre national du mérite (1987) et chevalière de la légion d'honneur (2005), son prochain défi se joue une nouvelle fois dans la sphère numérique ; il s'agit de mener à bien le projet REBOOsT qui vise à faire réfléchir les équipes ensemble pour non seulement réussir à promouvoir le bien-être collectif mais aussi à se transformer. Là encore, l'esprit commun a tout à y gagner.

Véronique Torner, un rôle modèle dans le numérique

Véronique Torner est une femme tournée résolument vers l'avenir. « J'ai la chance d'avoir une activité professionnelle très riche, dans un secteur passionnant, avec d'un côté une activité d'entrepreneur dans Alter Way, une PME aux ancrages technologiques forts, assortis de valeurs d'ouverture fondamentales et des challenges quotidiens. Et de l'autre, avec Syntec Numérique, l'administration d'une activité associative forte dans un syndicat professionnel pour la défense d'un collectif et la promotion de la filière numérique. C'est passionnant »

Diplômée de CPE Lyon, Véronique Torner a démarré son parcours entrepreneurial en 1996 avec la co-création de Black Orange, société d'e-commerce qu'elle a revendue par la suite aux Editions Atlas. Après la direction générale de Masterline en 2001, cédée à Alti en 2005, aux côtés de Philippe Montargès, ils co-fondent ensemble Alter Way en 2006. C'est désormais la première entreprise à avoir fédéré les acteurs historiques de l'Open Source autour d'un projet d'industrialisation du marché. En 2014, elle a réalisé 11 millions d'euros de chiffre d'affaires avec 120 salariés.

«A l'avenir, Philippe Montargès (mon associé) et moi même avons engagé Alter Way sur un plan stratégique pour les 5 prochaines années. Ce projet que nous avons appelé Born2run vise à nous développer principalement sur nos activités de Run (TMA, Support et infogérance de cloud) en France et en Europe pour atteindre 40 M€ de chiffre d'affaires fin 2020. Pour s'assurer cette réussite, la société a rejoint la galaxie Econocom en juin dernier. Le groupe va épauler le développement d'Alter Way, en qualité d'investisseur et de partenaire industriel. Forte de ses appuis avec ses 120 salariés, l'entreprise va s'attaquer à de nouveaux marchés et accéder aux grands comptes européens. »

Parallèlement, Véronique et son associé sont très engagés pour la promotion de l'open-source au travers de l'Open CIO Summit, « le sommet de l'Open-source par les DSI, pour les DSI ». Et, elle a poussé la réflexion jusqu'à écrire un livre blanc pour figurer les vrais enjeux de l'open-source pour les DSI. Adepte du management participatif, elle s'affirme comme l'une des grandes figures de l'open-source en Europe.

Ainsi qu'une des cheffes d'entreprise parmi les plus investies pour la promotion des femmes dans le numérique, en qualité d'administratrice de Syntec Numérique. De l'avis même de son associé, Philippe Montargès, Véronique Torner sait, en raison de sa force de caractère et de sa personnalité, faire avancer les débats sans clivage, sans « guerre » ; elle contribue à l'industrialisation du marché de l'open source dans le bon sens du terme. Ce sont ses qualités intrinsèques de manager capable d'investissement personnel, d'écoute et d'exécution qui lui ont permis de construire son parcours de femme dans le numérique. Un mix d'engagement, de réflexion et d'allant qui caractérise un tempérament positif et audacieux.