L’autre manière de faire la Métropole du Grand Paris

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Jean Paul Delevoye, Antoinette Guhl et Anne Hidalgo lançant les Etats généraux de l'économie circulaire
Jean Paul Delevoye, Antoinette Guhl et Anne Hidalgo lançant les Etats généraux de l'économie circulaire (Crédits : Mairie de Paris)
Antoinette Guhl, adjointe d’Anne Hidalgo, organise les Etats Généraux de l’économie circulaire : une «co-construction politique et économique » avec les élus du Grand Paris et les entreprises. Un processus métropolitain innovant, et ancré, lui, dans la réalité.

La Métropole du Grand Paris a été votée par les députés. Selon son bord politique et son degré de mauvaise foi, on la trouvera « à minima », « light », « molle », « inutile » ou « liberticide ». Mais jamais «bonne ». Le 1er janvier 2016, les maires la porteront donc sur les fonds baptismaux, sans grande joie et avec la certitude que les problèmes ne font que commencer. Pierre Mansat - l'homme qui, en créant le syndicat d'élus Paris Métropole avec Bertrand Delanoë il y a un peu plus de 10 ans, a lancé l'affaire - sourit :

«Les Lyonnais ont mis 50 ans pour produire une bonne métropole. Nous on commence, on va mettre deux ans, trois ans à se mettre d'accord entre nous, peut-être plus... mais on y arrivera ».


Mais il faudra d'autres logiques de travail, plus lentes mais plus efficaces, comme celle sur l'économie circulaire lancée par Anne Hidalgo. Des Etats Généraux avec 6 mois de travail en 10 groupes, un livre blanc en septembre, et une feuille de route pour 5 ans. C'est possible. Car avec Paris Métropole, une pratique de collaboration et d'écoute s'est mise en place : les élus ont appris à se faire confiance et Paris à ne plus se voir comme le nombril du monde. Antoinette Guhl explique :

« Cette idée de la co-construction est nouvelle, c'est une autre conception de la politique. On ne peut plus continuer en imposant les choses d'en haut, surtout dans l'économie circulaire : la société est déjà en marche et le rôle de la collectivité est de l'aider à passer à un échelon supérieur. De plus, la COP 21 va le montrer, les traités entre Etats c'est bien mais ça ne suffit pas. C'est désormais aux grandes villes, aux métropoles de s'emparer du sujet. Là où sont les problèmes et les besoins, là où ça s'invente. Et, surtout, au meilleur niveau pour travailler avec les entreprises »

Depuis janvier, ni Antoinette Guhl, ni Anne Hidalgo, n'ont rencontré de réticences (le projet a d'ailleurs été voté à l'unanimité au Conseil de Paris). Une évidence pour l'adjointe à la maire de Paris :

« Paris propose une coopération renforcée. Nous ne sommes le chef de rien. La distinction des territoires n'existe plus dans le Grand Paris. En tout cas les gens ne la font plus, et nous devons travailler sur les territoires de vie pas sur les périmètres communaux. La construction politique du Grand Paris peut se faire sur des sujets de terrain. La où la mutualisation est essentielle, dans le gaspillage alimentaire, la logistique, le compost industriel, l'énergie... Ou même sur la création des nouvelles filières industrielles qui vont naitre avec l'économie territoriale.... C'est 50 000 emplois possibles, quand même ».

Pour l'instant tout le monde est venu : la Région et la Mairie ont suspendu les escarmouches, les grandes intercommunalités de droite, de gauche et du milieu, les conseils départementaux et beaucoup de mairies ont suivi, la Fondation Hulot et l'Ademe sont dans le coup. Tous ces élus, même s'ils ont un peu de peine à l'avouer, ont pris l'habitude de travailler ensemble et de s'écouter. Lorsque Patrick Braouzec, patron de Plaine Commune et ancien député maire communiste de Seine Saint Denis explique les travaux et les recherches sur le métabolisme urbain et les possibilités pour Saint Denis de mieux utiliser ces ressources, les élus UMP et UDI des Hauts de Seine prennent des notes. Et réciproquement. Certains sujets essentiels relevant de l'économie circulaire ne sont en effet absolument pas pris en compte de manière institutionnelle.

Le meilleur exemple : les 40 millions de tonnes de déchets que la construction du réseau du Grand Paris va ajouter aux 18 millions que produit déjà chaque année le Grand Paris. Chacun cherche à pousser la poussière sous le tapis, public et privé pensent chacun dans son silo et tout le monde espère que les sous traitants en débarrasseront les grands du BTP pour aller polluer ailleurs. Aucune contrainte légale forte, aucune idée futée pour recycler ou se servir des déchets pour construire et aménager. Malgré les alertes de quelques spécialistes et d'un rapport parlementaire. Ce sera dans les groupes de travail. Cela ne donnera peut être pas de révolution majeure, mais tout le monde va au moins travailler sur le dossier et il en sortira peut être quelque chose. Kissinger avait théorisé la diplomatie des petits pas, Anne Hidalgo celle de la Métropole à petits pas.

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Commentaires
a écrit le 17/03/2015 à 10:53 :
Le modèle de métropole mondiale le plus dynamique est Dubaï. Non pas pour ses monuments historiques,il n'y en a pas, mais pour son marché de biens et de services. Un hyper souk du luxe, des produits raffinés et de la finance internationale. Paris paraît loin derrière avec ses querelles de clochers de gauche.
a écrit le 16/03/2015 à 17:12 :
Le GParis est une opportunite extraordinaire alors oui il ne faut pas hesiter a penser autrement et a sortir des schemas classiques.
a écrit le 16/03/2015 à 16:53 :
le grand Paris,une fumisterie,car le Val d'Oise avec Roissy,Cergy et Argenteuil,comme locomotives économique,ne sont pas dans le schéma.
les politiques sont vraiment en dehors des préoccupations et du quotidien de la population.
A vos études,MMrs les enarques
a écrit le 16/03/2015 à 16:51 :
Paris c'est bien pour les vieilles pierres une semaine par an sinon c'est à fuir. En plus, c'est en France.... alors au secours....

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