Chapeau le « chatbot »

Le concept de « chatbot » a éclaté en avril 2016. Un « chatbot » ou « bot » est un « agent conversationnel » de dialogue avec son utilisateur, dialogue écrit aujourd'hui ou oral demain.
(Crédits : ALBERT GEA)

C'est le développement de l'intelligence artificielle qui accélère ce processus. En clair, vous écrivez/parlez avec un ami via votre smartphone : « Ce soir on se retrouve à 20h30 au restaurant "Le chat qui bot" avec Tim et à 22h30 je vous ramène en Uber. »

Tim est prévenu, le restaurant réservé, le rendez-vous est noté sur chaque agenda, Uber est réservé pour l'aller et le retour... que la conversation soit écrite - ou parlée, demain. Il existe donc des applications « de synthèse » comme Kik (275 millions d'utilisateurs), Telegram, Slack Line qui sont dans le fond des moteurs de recherche d'applis (applications) de votre smartphone. C'est le lien direct et donc intuitif entre l'utilisateur et la marque, ou un usage. Facebook avec Messenger, Microsoft et Google avec Now veulent rattraper le petit retard déjà pris.

C'est fulgurant. Et tout peut changer. Car de toute évidence, c'est l'intelligence du smartphone, et donc de la tablette, qui passe sur l'ordinateur. Et non l'inverse.

Des bots à notre service

Vous parlez, vous dictez à votre smartphone, pas à votre ordinateur, donc pour parler, pour la « speakularity », vous préférez le smartphone ou la tablette à l'ordinateur. C'est le système applis qui va tout emporter. Google est votre moteur de recherche ordinateur, d'Internet. La guerre pour le moteur de recherche des applis est lancée, car il faut simplifier l'utilisation des centaines d'applis que nous avons tous, quand bien même nous n'en utilisons qu'une vingtaine couramment. Que ce soient les opérateurs de messagerie qui gagnent - d'où le nom de « chatbot » - ou les opérateurs de recherche (« searchbot »), la demande est forte. Mais rappelons-nous, AltaVista était le premier moteur de recherche gagnant d'Internet, ce ne fut pas le gagnant final.

Il semble que le plus important « chatbot » d'aujourd'hui soit WeChat, l'application du groupe chinois Tencent. Non seulement WeChat met en relation ses 700 millions d'utilisateurs avec 12 millions d'applications, mais elle permet de payer avec WeChatPay. Il lui reste à quitter le Sud-Est asiatique : la Californie est la première étape. Les spécialistes disent qu'il existe depuis des dizaines d'années.

Bien sûr... rien ne s'invente vraiment. Mais le moment est mûr pour l'aventure de ce système. Le gagnant du « chatbot » est le Google de demain. Imaginons simplement 0,01 euro par contact d'application... Les applications vont-elles encore exister ?

Je repars en plongée.

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L'ouvrage le plus récent de Philippe Cahen :
Les Secrets de la prospective par les signaux faibles, Éditions Kawa, 2013

À découvrir aussi sa contribution à l'ouvrage collectif Rupture, vous avez dit disrupture ? Le futur est déjà derrière nous, Éditions Kawa, 2015.

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