L'avenir est à la micro-usine

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(Crédits : DR)
Lorsqu'en décembre 2006, Franck Riboud, PDG de Danone, a développé au Bengladesh avec le soutien de Muhammad Yunus, Prix Nobel de la paix et patron de la Grameen Bank, spécialiste du microcrédit, de petites usines de yaourt, je me suis dit intuitivement que la micro-usine répondrait aussi à un besoin de nos mondes occidentaux. Pourquoi, comment... je ne savais pas trop. Pourtant de petits signaux... faibles, existaient.

Comme en Autriche, avec la coupe des prairies d'altitude dont l'herbe donnait un jus pour la chimie et la matière restante était séchée et brûlée pour produire de l'énergie. L'évidence est apparue bien plus tard.

C'est l'imprimante 3D. Elle est une micro-usine à elle toute seule. Elle utilise des matières premières variées pour fabriquer des pièces en plastique, des dents, des produits alimentaires, des voitures et des maisons ! Elle fabrique sur place, donc minimise les coûts et délais de transport, fabrique à la demande en pièce unique, économise le produit car elle est additive et non soustractive. Elle correspond à deux attentes de notre époque : l'écologie et l'«open data», le système ouvert aux contributions collaboratives. Nous ne sommes qu'au début de cette révolution. Avec le développement du télétravail, la demande de vivre hors des villes, etc., l'expansion du marché est inconnue.

L'autre développement micro-usine est celui des robots industriels et humanoïdes. Ils sont de plus en plus petits, leurs prix baissent, ils imitent les gestes de l'homme pour être évolutifs et plus précis. Ce sont des millions de robots qui vont être construits dans les dix ans. Ils seront des compléments naturels des imprimantes 3D.

Rassurons-nous pour l'emploi : plus il y aura de robots, plus il y aura besoin d'humains pour équilibrer et par ailleurs il y aura des concepteurs, des fabricants et... des réparateurs de robots. Pour revenir au yaourt de Danone vendu d'ailleurs à l'unité par des femmes équipées d'un vélo et d'un coffret préservant le froid, des micro-usines de produits alimentaires se développent en France.

Les grandes marques impliquent le besoin de petites marques.

C'est l'histoire de la marque «Invitation à la Ferme» créée par cinq fermiers bio de l'Ouest qui achètent en commun ingrédients et emballages, fabriquent chacun de leur côté parmi une gamme définie, et signent de leur nom leurs emballages. Les cas sont nombreux de textile, maroquinerie, objets de décoration, meubles... fabriqués en micro-usine artisanale. Le monde des mégas usines ouvre la voie aux micro-usines.

Je repars en plongée.

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L'ouvrage le plus récent de Philippe Cahen :
Les Secrets de la prospective par les signaux faibles, Éditions Kawa, 2013

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Commentaires
a écrit le 20/04/2015 à 8:54 :
Ne faut-il pas remettre en cause l'ensemble du système actuel afin de mettre en place une nouvelle société basée sur le PARADISME, sans le pouvoir parce que le pouvoir ne détruit-il pas la liberté, ne crée-t-il pas la violence, la pauvreté et la famine ? http://www.paradisme.fr/

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