L'implacable rendez-vous

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Par François Roche, conseiller éditorial de la Tribune.

Les dirigeants politiques de l'Europe, les hauts fonctionnaires de Bruxelles, les patrons des banques centrales, les chefs de gouvernement et ministres des Finances des dix-sept pays membres de la zone euro ne doivent plus se consacrer qu'à une seule tâche dans les jours qui viennent : trouver la solution à la crise des dettes souveraines. La polémique sur le rôle de la BCE doit cesser. S'il n'existe pas de consensus pour en faire le prêteur de dernier ressort des pays européens endettés, alors il faut travailler sans relâche aux scénarios alternatifs, qu'il s'agisse du financement du FESF (Fonds européen de stabilité financière) ou de la création d'eurobonds comme semble le suggérer à son tour la Commission de Bruxelles.

Car ce qui est en jeu n'est pas seulement le maintien de la Grèce dans la zone euro, ou celui de l'Espagne, voire de l'Italie, mais le destin de l'Europe comme pôle de croissance, d'innovation et d'emplois, face à des concurrents de plus en plus redoutables, en Asie ou en Amérique. Pour l'heure, rien n'est encore perdu. Un cercle vertueux peut s'enclencher, partant de Rome et d'Athènes. Les atouts économiques de l'Europe sont réels, l'épargne mondiale ne peut pas rester stockée pendant des semaines en quête d'utilisation et peut donc tout à fait revenir sur la dette souveraine en euros.

Mais pour cela, il faut des signes clairs qu'une solution rapide et pérenne est en vue. Faute de quoi le prix à payer par les Européens serait trop lourd. Les craintes de récession provoquent déjà des inquiétudes fortes dans les entreprises. On peut craindre un retour massif des plans sociaux et de restructuration, car les entreprises sont fragilisées par les périodes longues de croissance nulle ou négative, une perspective qui menace la zone euro selon de nombreux économistes. Le rendez-vous décisif approche donc pour l'Union européenne en tant qu'institution politique, économique et monétaire. Rien ne saurait excuser qu'il soit manqué.

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