Les trains finissent toujours par arriver

 |   |  364  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
Par Eric Walther, directeur-adjoint de la rédaction de La Tribune.

Et il roulait, roulait, roulait... Les dirigeants européens font penser à ces militants écologistes qui tentent désespérément de bloquer le train de déchets nucléaires parti de la Hague pour rejoindre le terminus allemand de Dannenberg. Ils réussissent bien à le bloquer quelques heures, mais tout le monde sait fort bien que les conteneurs arriveront à bon port. Depuis dix-huit mois, le train fou de la dette cavale lui aussi vers un destin dont on devine le visage chaque jour plus dramatique. Pathétique est la constance avec laquelle ses aiguilleurs répètent les mêmes erreurs d'anticipation. Les plans de sauvetage successifs de la Grèce jugés insuffisants par toute la place ? Ils l'ont été plus que de raison, et ce n'est pas fini. Le Fonds européen de stabilité financière considéré comme une usine à gaz manquant en plus de carburant ? Il n'a pas fallu longtemps pour s'en convaincre. Si l'histoire ne changeait pas de cours, l'Italie serait contaminée ? Rome a emprunté vendredi à près de 8 % (on n'ose imaginer ce qu'il en serait si Berlusconi avait pu s'accrocher encore quelques semaines à son trône).

Le mur se rapproche. Les Allemands refusent de laisser la bride sur le coup à la Banque centrale européenne pour qu'elle puisse intervenir autant que nécessaire et faire baisser ainsi les taux, au prétexte qu'elle sortirait du cadre de sa mission et inciterait les pays laxistes, « piégés » par ce filet de sécurité, à relâcher leurs efforts. Du coup, on s'imagine modifier les traités dans l'urgence afin d'organiser une véritable gouvernance économique et financière. Tout simplement. Il s'avère vite qu'une telle urgence se heurtera aux contingences constitutionnelles et politiques des uns et des autres (qui ferait accepter à son peuple d'inévitables abandons de souveraineté dans une telle situation de crise et en pleine année électorale ?). Et de bricoler alors, c'est la dernière du chef, la création d'une mini-zone euro en marge de l'Union, dans laquelle on s'accorderait sur des objectifs et des sanctions.

Aux dernières nouvelles, le train de déchets devait atteindre sa destination dans la soirée.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :