Super Mario, priez pour nous...

Par Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

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Copyright Reuters (Crédits : Albert Caen)

"Que Marie nous aide à voir qu'il y a une lumière au-delà des couches de brouillard qui semblent envelopper la réalité." La prière du pape Benoît XVI, ce jeudi à Rome, appelant la Sainte Vierge à soutenir "l'espérance en ce moment si difficile pour l'Italie, pour l'Europe, pour différentes parties du monde" résonnait de sombres présages, à l'ouverture du sommet de l'Union européenne à Bruxelles. Prier, c'est peut-être tout ce qu'il reste à faire tant le moment européen semble décisif. Le discours est solennel : "Si vendredi nous n'avons pas un accord, il n'y aura pas de seconde chance", a dramatisé Nicolas Sarkozy, évoquant un "risque d'explosion" de l'Europe.

Les plus optimistes y verront une simple posture politique. Après tout, il ne s'agit que du énième Conseil européen de crise. Pourtant, il flotte sur ce sommet comme un parfum d'apocalypse. La présence en Europe du secrétaire américain au Trésor, le fait que de nombreuses institutions et entreprises se préparent secrètement à la fin de l'euro, la rumeur selon laquelle plusieurs pays, comme la Grèce ou l'Irlande, s'équipent pour réimprimer leur monnaie nationale...

Et si cette fois c'était vraiment le sommet de la dernière chance ? La fracture est profonde : Europe à vingt-sept, communautaire, contre Euro(pe) à dix-sept, intergouvernementale, se réunissent séparément et s'affrontent. Le Royaume-Uni, de plus en plus eurosceptique, veut défendre les intérêts de la City contre la volonté franco-allemande d'une plus grande intégration de la zone euro. La Pologne, la Roumanie, la Finlande même refusent cette Europe à deux voire plusieurs vitesses que cherche à imposer le couple "Merkozy". Le maintien de la Grèce, qui négocie désormais un "hair cut" de 80% sur sa dette n'est même pas certain. Et le projet de pacte budgétaire renforcé concocté par l'Allemagne et avalé par la France résume l'Union à une potion amère d'austérité sans croissance, dont la seule perspective est d'éviter le pire. Et tant qu'à prier, c'est vers Super Mario Draghi, le président de la BCE, plus que vers le Ciel, que nous devons nous tourner...

2 mn

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Commentaires 3
à écrit le 12/12/2011 à 0:30
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Quand est-ce qu'on sort de l'Euro une bonne fois pour toute, qu'on en finisse, et qu'on revienne au Franc?

à écrit le 09/12/2011 à 21:55
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Ne dites pas le couple Merkozy, dite simplement le couple SM

le 10/12/2011 à 5:38
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