L'Europe s'ennuie

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Par Jacques Rosselin, directeur de la rédaction de La Tribune.

Un disque rayé qu'un auditeur assoupi laisserait tourner, ad libitum... C'est l'image qui peut venir à l'esprit lorsqu'on tombe sur les déclarations alarmistes de Christine Lagarde dans la torpeur de ce dimanche de Noël. « Les Européens doivent parler d'une seule voix (...), annoncer un calendrier simple et détaillé (...), car l'économie mondiale est à un tournant dangereux. » Ce virage décisif étant annoncé avec emphase toutes les semaines, il est probable, si l'on reste sur un plan strictement géométrique, que l'économie mondiale tourne en rond, plongeant ses acteurs dans la somnolence et l'ennui. Il est vrai que « Tina » (« There Is No Alternative »), l'indigent scénario resservi en boucle depuis des années, a peu de chances de passionner les foules : pour juguler la crise, il faut couper fortement dans les dépenses de l'État et renoncer à un modèle de protection sociale qui a vécu. Les gouvernements successifs des pays européens ont inlassablement repris cette lancinante antienne, au gré d'alternances en trompe-l'oeil. François Hollande et Nicolas Sarkozy, probables rivaux dans l'élection de 2012, rivalisent dans la course à la rigueur. Et les nouveaux dirigeants de tous bords portés récemment à la tête des pays en difficulté de la zone euro qui sortent du même moule, celui de la technocratie et de l'establishment financier, ressassent sans surprise les mêmes recettes. Groggy, les peuples se partagent entre le camp des résignés et celui des « indignés », deux formes d'expression de l'ennui entre lesquelles il est difficile de faire la différence. À cet égard, la situation à Moscou est instructive. Le scrutin réglé d'avance par le tandem Poutine-Medvedev sur fond de crise économique ne passe pas et les manifestations en masse de ce week-end à Moscou ont connu un succès inattendu. Cette élection importante de 2012 se déroulera-t-elle sur fond de « printemps russe » ? Nous le savons en France, un pays qui s'ennuie n'est jamais à l'abri d'un salutaire soubresaut. jrosselin@latribune.fr

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Commentaires
a écrit le 29/12/2011 à 9:18 :
Le titre devrait plutôt être l'Europe ennuie. La plupart des citoyens européens sont de moins intéressées par l'Europe il suffit de voir les taux de participation aux élections européennes. Toutes les institutions européennes sont totallement anti démocratiques vérrouillées qu'elles sont par des fonctionnaires internationaux surpayés et par les lobbies industriels.
a écrit le 26/12/2011 à 11:27 :
6 raisons logiques et évidentes pour NE PAS aller VOTER aux présidentielles de
2012
1-La démocratie est par définition le "pouvoir au peuple", c'est à dire l'égale répartition du pouvoir
entre tous et est donc incompatible avec toute conception d'un pouvoir hiérarchisé, c'est à dire par
lequel le peuple n'est qu'un objet dominé par un ou de plusieurs décideurs. Or tous les candidats aux
présidentielles, y compris-et même surtout ceux qui prétendent "représenter les petites gens"- n'ont
pour objectif que de s'emparer du pouvoir pour dominer les citoyens et reproduire les schémas
monarchiques que nos ancêtres du XVIIIème Siècle se sont efforcés de combattre. Donc aller voter
n'est que l'acceptation d'une soumission à un modèle archaique. Nous ne sommes pas des chiens
gâleux qui vont choisir leur maitre!Il ne faut pas aller voter aux prochaines présidentielles CQFD
2-La politique n'est pas une affaire d'opinion ou d'idéologie mais de volonté et de liberté commune.
Or il ne peut y avoir d'élections réfléchies et libres dans un pays où le système médiatico-politique
est tout entier aliéné au concept de spectacle, de non-pensée et de faiblesse intellectuelle et
culturelle flagrante et ne fait que créer des pantins au lieu de créer des citoyens éclairés et tolérants.
Donc: aller voter n'est que l'acceptation implicite- mais néanmoins intégrale- du refus de penser et
de débattre clairement et réflexivement nos conditions de liberté et de volonté. En allant voter, nous
ne faisons que nous refuser davantage à notre liberté politique de citoyen en acceptant tous les
débats débiles et creux qui précèdent l'élection et envahissent le champs médiatique à longueur de
temps.Aller voter équivaut à accepter le statut de pantin et de sujet que l'on veut bien nous imposer.
Pour exiger de vrais débats citoyens et une véritable culture, il ne faut donc pas aller voter.Il ne faut
pas aller voter aux prochaines présidentielles CQFD
3- L'élection présidentielle, dans les conditions actuelles, n'est que la fausse conscience de notre
histoire. Point capables de réfléchir et de prendre concrètement en main notre destin et notre avenir,
nous recherchons désespérément, apeurés, et crédules, un acteur providentiel prêt à jouer notre
existence individuelle et commune au casino de nos préjugés, de son idéologie et de ses lobbies
apparentés. Donc si, comme moi, vous êtes citoyens, et non des chiens gâleux à la recherche d'un
maître à qui se soumettre, vous n'irez pas voter aux éléctions présidentelles car vous refusez de vous
voir, encore une fois, voler notre existence commune!Il ne faut pas aller voter aux prochaines
présidentielles CQFD
4-Toute élection, c'est à dire tout choix doit être logiquement gouverné par une pleine connaissance
de ce que l'on choisit. Or chaque électeur, tout enfumé qu'il est par les débats creux pré-électoraux,
n'est pas en pleine possession de toutes les connaissances nécéssaires pour voter, notamment la
connaissance des lobbies en action ou des intérêts financiers et conflits d'intérêt en jeu derrière
chaque parti politique et chaque candidat(e). (Car dans ce cas, ceux qui ont choisi Sarkozy en 2007,
connaissaient ils vraiment son amité profonde pour Khadafi ou Servier?par exemple...)Voter, c'est
accepter de choisir sans savoir ce qu'on choisit, donc c'est l'option la plus imprudente,inconsciente
et absurde qui soit à adopter en période de crise.Il ne faut pas aller voter aux prochaines
présidentielles CQFD
5-La (vraie) politique consiste à réfléchir aux conditions de liberté et d'exercice de notre dignité
humaine afin de changer l'ordre contingent des choses humaines. Or nous observons de façon
évidente qu'aucun candidat(e) ne se démarque par une quelconque originalité, ni même par une
réflexion philosophique approfondie, pourtant nécessaire. Tous souhaitent la continuation du passé
et des perversions du système démocratique, dont la plus importante est la soumission de la
politique au domaine financier ou bien, pour les extrèmes de droite ou de gauche, son aggravation.
La politique est devenue la simple gestion des masses et de la finance, comme on gère toute
entreprise: vous, votants, vous n'êtes que de vulgaires numéros qui créent de la valeur ajoutée
jusqu'à crever et qui n'avez le droit que de reconduire, tous les 5 ans, cet état de fait éternel. La
question n'est plus nos droits ou notre humanité mais notre rentabilité et notre soumission à l'ordre
et à la discipline d'Etat. Tous les moutons doivent rester à la bergerie, sans grêves, sans
manifestation et accepter la loi de leur Berger adoré. Pour réellement agir, voter n'est non seulement
pas efficace (rien ne changera), mais contre-indiqué (tout va empirer).Ne pas aller voter est donc
l'acte qui consiste à refuser notre soumission et à retrouver notre véritable action politique
commune.Il ne faut pas aller voter aux prochaines présidentielles CQFD
6- La politique, dans la situation actuelle, n'est que la poursuite de l'instinct de mort et de haine,
dont voici les manifestations répétées et maladives: propositions haineuses et ostracisantes vis-à-vis
de certaines franges de la population, soif du fait-divers avec appels à la vengeance et aux
sentiments bassement populassiers, indifférence coupable vis-à-vis du vivant, faune et flore, repli
identitaire et protectionniste généralisé, perversion de la culture en vulgaire et rapide orgasme
télévisuel écervelé, marchandisation à tout va avec réapparition de l'esclavage et du stress comme
mode de management,exploitation outrancière des plus miséreux et des populations faibles,
répétition indéfinie du passé et de la nostalgie...etc. Aucun candidat à ce jour ne s'inscrit clairement
dans l'instinct de vie, de tolérance et de construction, car tous les candidats, pour obtenir le précieux
poste de président, flattent les plus bas instincts, les plus bas préjugés de la masse. Aller voter, c'est
tout simplement,en toute passivité, avec le troupeau, accepter cette dégenerescence, cette décadence
sans fin qu'on nous impose, sous des formes seulement différentes. Si vous êtes vivants et
réellement amoureux de la vie, refusez d'aller voter!
EN CONCLUSION-La liste des raisons pour ne pas aller voter peut, grâce à vous, s'étendre sans
fin. Mais l'essentiel est ailleurs: ni dans le vote, ni dans l'indignation ponctuelle, mais dans l'action
continue de chacun. Certains diront: s'abstenir c'est privilégier la montée des extrèmes. La réponse à
cette objection est simple: l'abstention est le refus de la mort de la démocratie et du vote tel qu'il se
manifeste aujourd'hui comme signe de la non-politique.L'abstention massive des urnes n'est que le
signal de la plus grande participation dans la rue, chaque jour, sans relâche contre toutes les formes
d'extrèmisme et de connerie dégoulinante et déshumanisante. L'abstention est un humanisme
intégral et entier.
Ne votez pas, Résistez!
Nous tous, citoyens, avons été privés de vie politique, nous renaîtrons demain dans la
RESISTANCE passive (ne pas aller voter) et active (nous pouvons prendre en main notre destin!).
Réponse de le 26/12/2011 à 17:17 :
Ce commentaire m'ennui profondément

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