Le véritable "adversaire" de François Hollande

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Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction
Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction (Crédits : Albert Caen)
« Mon véritable adversaire, c'est le monde de la finance ». Que reste-t-il neuf mois plus tard de cette parole fameuse prononcée par le candidat Hollande au Bourget ?

À vrai dire, rien du tout ! La finance sans visage a été indulgente jusqu'ici : l'écart de taux à dix ans entre la France et l'Allemagne a été divisé par plus de trois ; le Trésor finance la dette à des taux jamais atteints, autour de 2% ; et la Bourse monte, comme à chaque fois que la gauche est au pouvoir...

Tranquille sur le front des marchés, Hollande ne devrait pas trouver non plus beaucoup d'obstacles du côté de l'opposition. Le Centre est introuvable depuis que Bayrou a soutenu François plutôt que Nicolas dans la course à l'Élysée. Et l'UMP est en chantier, engluée dans un combat fratricide entre Fillon et Copé, qui jouent à celui qui aura la plus grosse liste de soutiens pour prendre la tête du parti. On cherche encore le débat d'idées qui fera renaître la droite française. Signe de l'extrême confusion des temps, elle s'apprête d'ailleurs à voler au secours du président de la République en votant les deux textes clés de la rentrée parlementaire : le traité de ratification du nouveau pacte budgétaire européen, signé le 2 mars dernier par... Sarkozy, et la loi organique sur les finances publiques qui va instituer dans notre droit constitutionnel la « règle d'or ».

Le « véritable adversaire » serait-il donc caché à gauche ? La piste est intéressante à creuser, tant le président et le Premier ministre peinent à organiser la discipline dans leur camp. Cela valait bien la peine de concéder la taxe à 75 % sur les riches à l'aile gauche du PS et de sacrifier les gaz de schistes aux écolos pour ne même pas s'assurer de leur abstention sur le traité européen, se dit-on à l'Élysée... Pourtant, le premier acte de participation à une majorité consiste à voter le budget. Or, les 20 milliards d'euros de hausses d'impôts sur les ménages et les entreprises et les 10 milliards de coupes dans les dépenses nécessaires pour réduire le déficit à 3 % du PIB l'an prochain, ne sont que la conséquence directe de l'acceptation du nouveau pacte budgétaire. Et on se doute qu'un rejet du traité par la France, évidemment impensable, puisque la droite va le voter, ouvrirait immédiatement une nouvelle crise monétaire. La finance veut bien être sympa, mais il ne faut pas trop pousser...

En fait, l'adversaire le plus coriace de François Hollande pourrait bien se nicher ailleurs, dans la résistance farouche à laquelle se prépare la machine territoriale française contre les économies que veut lui imposer l'État. Cet « ennemi » insaisissable a 525 000 visages, le nombre d'élus que compte notre beau pays. Soit 1 pour 125 habitants, record mondial dénoncé par le député socialiste René Dosière dans un livre paru cette semaine (L'État au régime, Seuil), et qui figure en bonne place sur le bureau du chef de l'État à l'Élysée. Dosière évalue à 15 milliards d'euros le potentiel des économies possibles, notamment en mettant fin aux superpositions entre communes et communautés de communes et entre départements et régions. Mais, en hésitant à tenir sa promesse de mettre fin au cumul des mandats, François Hollande ne fait pas sur ce terrain la démonstration d'un président prêt à en découdre avec les maires et les conseillers généraux, il est vrai majoritairement de gauche. La proximité des élections locales de 2014 feraient-elles trembler la main du Prince ?

Le voyage à Ludwigsburg

Le 22 septembre 1962, au château de Ludwigsburg, demeure historique du Duc de Wurtemberg, le général de Gaulle prononçait devant Konrad Adenauer le fameux « discours à la jeunesse allemande » qui se conclura, le 22 janvier 1963, par la signature du Traité de l'Élysée. 50 ans plus tard, François Hollande fera ce samedi le voyage dans le Bade-Wurtemberg, pour renouveler cet acte fondateur de la réconciliation entre les deux peuples. Mais la France, en réalité, freine des quatre fers devant la proposition allemande d'une union politique européenne, pourtant formulée clairement par Angela Merkel. Paris ne veut pas d'un nouveau traité européen qui irait plus loin dans l'intégration, sauf si Berlin s'engage à son tour vers plus de solidarité, en acceptant la mutualisation des dettes, par exemple. Les fiancailles ont déjà cinquante ans, le contrat de mariage peut bien attendre encore un peu...

EADS + BAE = Airbus ?

S'il est un domaine dans lequel le couple franco-allemand a prouvé sa capacité au compromis et au succès, c'est bien l'aéronautique. C'est la raison pour laquelle le projet de fusion entre EADS et le britannique BAE est enthousiasmant. Les entreprises montrent l'exemple là où les Etats traînent les pieds. EADS-BAE pourrait d'ailleurs prendre pour nom Airbus, afin de bien affirmer la compétition avec Boeing. Si l'affaire se fait, car il y a encore de sérieux obstacles sur la route, cette opération pourrait donner, enfin, le coup d'envoi à la grande vague de fusions-acquisitions que la crise a étouffé depuis trois ans. Dans le secteur de la Défense - on pense à Thales et Safran en France -, mais pas seulement : dans l'automobile, dans la banque, dans la plupart des secteurs en réalité, le temps des grandes man?uvres est venu.

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Commentaires
a écrit le 23/09/2012 à 22:04 :
Nous avons dépensé plus que les entrées fiscales depuis 40 ans. Les politiciens sont responsables. Aujourd'hui la "finance" nous sanctionne. Essayez de demander un prêt à une banque alors que votre compte est dans le rouge depuis 40 ans. Votre frére vient vous demander 5 000 euros, il dépense toujours plus que son salaire tous les mois, vous faites quoi ?
a écrit le 23/09/2012 à 21:56 :
La gauche a toujours fait le jeux de la droite et des patrons , voir l'émigration qui a fait couler les acquits des français de souches aux profit de bas salaires et une perte bientôt totale de décisions , le vote des étrangers en fait parti , tout est fait à gauche pour briser le système , même la dette mis en place par Mitterrand avec plus de 1200 milliards dans les années 80 a 90 les arranges pour imposer leurs bon vouloir au peuple. de plus Mr Hollande famille de communiste dit que les Français ne sont pas sa priorité .
a écrit le 23/09/2012 à 5:39 :
Il est fort probable que l'adversaire réel reste la finance au service d'un libéralisme total. Cela nécessite de louvoyer au quotidien pour prendre appuis selon les dispositions d'une vision de gauche extrême (vétuste) , et une droite qui n'accepte le traité du nouveau pacte budgétaire comme seul moyen de pouvoir sortir de la crise, tout en espérant poursuivre une politique de concurrence interne ; d'agressivité libérale, qu'ils entendent mener au travers des grosses entreprises et du MEDEF qui leur est tout acquis. La difficulté consistera à un rapprochement fédéraliste, pour une compétition tournée vers les marchés extérieurs. Nous en sommes toujours à la même confrontation... celle d'une finance libérale. Le propos semble toujours juste.
a écrit le 21/09/2012 à 13:56 :
Moi je trouve cela amusant de lire tous les commentaires dans lesquels des internautes s'invectivent parce que de bords politiques totalement opposés et que l'un à utilisé un qualificatif que l'autre ne supporte pas.... Un peu des caricatures de Mahomet tout cela non ? Et puis, qu'est ce qu'on en a à faire de FH ou NS... L"'UMPS" chacun sait que c'est bonnet blanc et blanc bonnet et que le dindon de la farce c'est toujours Mollasson ou Chich... et que le grand vainqueur c'est triche, copinage, magouilles, collusion et CAC-40. Mais bon WE à tous quand même......
Réponse de le 21/09/2012 à 14:35 :
pas mal vu Blanc Bonnet. Bien que ... Votre petit billet commence drôle mais finit .. aigre .. très aigre. Et pan !
Réponse de le 21/09/2012 à 18:58 :
Juste pour vous dire qu'à mon âge j'en ai vu des promesses de droite comme de gauche, mais qu'une fois l'élection gagnée, le misérabilsime politique reprends sa véritable apparence. Comment voulez vous d'ailleurs que "ces gens" qui sortent tous des mêmes écoles, qui ont reçu la même formation, que dis-je, le même "formatage" puisse ensuite avoir un mode de pensée personnel ? Quant au mode d'action, avouez que les appareils politiques le limite considérablement... J'ai l'âge de ne pas être inquiet de tant de médiocrité. Pour moi, mais pour mes petits enfants ? Le monde ne se délite-t-il pas lentement mais surement ? Les inégalités ne se creusent-elles pas un peu plus chaque jour ? Les 200.000 personnes les plus riches de la Terre disposent d'autant d'argent que la moitié de la planète !!!! Pensez-vosu honnêtement que cela puisse durer longtemps ? Et pendant ce temps là, une longue queue devant l'Apple Store dans l'espoir d'être le premier (!!!!!...), tandis qu'à Alep, la boucherie ASSAD reste ouverte tous les jours ! (sont forts ces arabels), que Bernard Arnault prépare son déménagement et que le speed trading, le shadow-banking et les tax havens confisquent un peu plus chaque jour l'économie mondiale... Allez, bon WE...
a écrit le 21/09/2012 à 12:16 :
Dans un état capitaliste ouvert déclaré la guerre à la finance équivaut à se saborder : L'investissement y est un des moteurs de la création de richesse et de l'emploi. Il est probable que cette tirade faite en peine campagne électorale soit plus politique qu'économique. Favoriser l'investissement en France sera nécessaire pour sortir de la crise. FH l'a visiblement compris avec la création d'un PEA destiné aux PME et le relèvement du plafond du PEA. Le S&P 500 est proche de son plus haut de 2007, quand le CAC végète à -85% de sa valeur de 2007. Il va fatalement faire quelque chose avant que les USA n'entament une nouvelle crise car on ne partirait plus d'une situation aussi bonne qu'en 2007. Ce qui rendrait cette nouvelle crise encore plus délicate à gérer.
Réponse de le 21/09/2012 à 17:53 :
N'oublions pas que la crise actuelle est le résultat d'un comportement "scandaleux" des banques et que c'est le petit peuple qui en paie les conséquences. Alors, les banquiers : "au bucher"...! Ainsi que leur complices : les politiciens..!
Réponse de le 22/09/2012 à 22:35 :
pas tout à fait d'accord, la crise a une cause commune dans beaucoup de pays irresponsables : la dette, dépenser plus qu'on a de recettes, 1700 milliards d'euros en france, et 70 milliards de déficit du commerce extérieur. Il était facile de gérer avec des budgets excédentaires, on n'aurait pas de dette mais au moins 500 milliards d?excédents et un million de chômeurs qui ne chercheraient que 6 mois en moyenne. Et les marchés financiers ne pourraient rien contre nous, ils ne s'attaquent qu'aux erreurs des autres, ne mélangeons pas les causes. On a financé le social et tout notre tain de vie à crédit sans pouvoir rembourser, tout le monde en a profité, à chacun de payer !,
Réponse de le 23/09/2012 à 9:02 :
Alors revenons en 1973...oui ! Sous Pompidou/Giscard la loi du 3 janvier 1973 (article 25 de la loi 73-7) oblige l'état à emprunter aux banques privées..! Et si cette loi n'avait pas existé, nous n'aurions - TOUT SIMPLEMENT - PAS DE DETTE ! Allez jeter un ?il à l'adresse suivante : http://www.alterinfo.net/La-loi-Rothschild-cause-de-l-endettement-de-la-France_a50918.html...
Il est vrai que depuis,cela n'a guère changé et c'est même entré dans la loi européenne..
Alors cette Europe des banquiers nous n'en voulons plus. Ils se gavent sur notre dos !
Réponse de le 23/09/2012 à 16:20 :
OK philois, on fait quoi? on va faire une prise d'otages pour changer tout le système?
Réponse de le 23/09/2012 à 17:11 :
Je ne sais pas ce qu'il faut faire, mais soyons conscients que l'on se fout de nous ! La droite, la gauche, il n'y a que les extrêmes qui "prônent l'abandon de l'euro et de l'Europe pour le FN. Cela ne m'agrée pas ! Je veux une Europe sociale et non pas des riches, c'est aux peuples à se défendre. En descendant dans la rue, c'est je crois la seule solution. Et si nos politiciens en place comprennent ce mouvement il devront s'y adapter et défendre cette Europe que l'on souhaite. C'est utopiste...tant pis, essayons ! Il n'y a que les batailles que l'on ne mène pas qui sont perdues !
a écrit le 21/09/2012 à 11:59 :
Lorsqu'il parle d' "ennemi" Hollande est en pleine confusion verbale. Il est incapable d'avoir un ennemi, Flanby n'a pas d'ennemi, Flanby fait ce que le dernier qui cause demande. Il n'a pas d'ennemi et il n'a pas de politique cohérente. Il veut la croissance et fait tout fiscalement pour la tuer et, de fait, il est en train de tuer l'économie. Sans même s'en rendre compte. Il est invertébré, sa réalité est qu'il a été élu sur une imposture: changement tous azimuths, moins de chômage, plus de croissance, plus d'impôt. Il va récolter le blocage politique, plus de chômage, récession. Son seul résultat: plus d'impôt. Quand, d'ici un an, il serta coincé entre la réalité et ses promesses, alors là, la finance se rappellera à lui. Et avec la finance, les Français qui se réveilleront violemment. Bonne chance Flanby, vous en aurez besoin.
Réponse de le 21/09/2012 à 12:19 :
Et sinon on a le droit a des commentaires intelligents et construits ? Ou comme d'hab on reprend les Guignols en boucle car on ne sait pas réfléchir par soi même ? Parce que Flamby c'est bon ça fait des mois que çà ne fait plus rire (ou alors les bas de plafond). C'est comme le Nain pour Nicolas, c'est marrant 2 mois après faut passer à autre chose de plus concret et important, non ?
Réponse de le 21/09/2012 à 12:49 :
Le commentaire... Un droit, un devoir, un défouloir ou autres... Aucune importance, chacun fait bien comme il veut mais nous vous attendons sur les bases de vos qualificatifs bien sûr !
Réponse de le 21/09/2012 à 12:54 :
Et alors si on ne peut plus rire de ce pauvre Flanby , qu'avez vous mon cher Chich a nous
soumettre de plus concret et important ?? En essayant bien sûr de nous améliorer l'ordinaire
et nous sortir de la morosité ambiante !!!
Réponse de le 21/09/2012 à 13:02 :
@Chich. Mais pourquoi changer d'épithète ? Vous croyez qu'il a changé Flanby ? Mais il n'a pas changé. C'est toujours Flanby le mollasson qui ne sait pas ce qu'il veut, totalement incohérent et qui veut tout changer tout le temps. Un peu comme vous d'ailleurs Chich qui voulez qu'on l'appelle autrement. Par parenthèse ce ne sont pas les Guignols qui lui ont trouvé ce nom, ce sont ses copains socialistes qui ont trouvé Flanby. Et vous savez comment ils continuent de l'appeler ? Flanby bien sûr !!!
Réponse de le 21/09/2012 à 16:26 :
Ce qui m'attriste c'est de voir constamment les mêmes commentaires et qu'à chaque fois on a l'impression que les auteurs ont fait la meilleure blague de la journée. En faites je me sens superieur à vous intellectuellement. Je devrais vous dire merci en faites. Merci
a écrit le 21/09/2012 à 10:47 :
Une façon soft de traiter le cumul des mandats , c'est de limiter les rémunérations associés ou les autres avantages liés à la fonction. Cela devrait faire réfléchir. Si l'on veut être plus directif, il faut une loi...
a écrit le 21/09/2012 à 9:18 :
"mon ennemi c'est la finance" avait-il dit pour satistaire l'electorat de melenchon, visiblement c'etait une boutade et heureusement. Maintenant s'attaquer au puit sans fond des collectivités territoriales majoritairement détenus par le ps sera bien difficile: les petits barons ne voudront jamais abandonner leurs privileges pretextant de la grande necessité d'une politique de proximité...
a écrit le 21/09/2012 à 8:34 :
Evidemment, Hollande va avoir du mal à réformer les échelons territoriaux... Vue que cela fait des années que lui et son parti empêchent la droite de faire le boulot en tenant des discours complètement irraisonnées sur le sujet. Quand on voit qu'il revient maintenant sur les Roms... et même la TVA sociale qui serait remise au gout du jour. C'est le président le plus hypocrite de la Ve République et sans doute le plus avide de pouvoir.
a écrit le 21/09/2012 à 8:20 :
La problématique de cumul des mandats me parait mal posée: c'est le cumul des avantages lies aux différentes fonctions qui doit trouver sa fin, à charge pour les cumulards de choisir selon quel système il veut être remunere
Réponse de le 23/09/2012 à 21:56 :
Effectivement le cumul, pourquoi pas !! Ces cumulars sont "des surhumains qui cumulent plusieurs emplois", par contre un salarié lambda ne pas cumuler des emplois. Pour moi ce n'est pas possible !! Alors oui un seul salaire et pas REDISTRIBUTION DU SALAIRE NON PERCU. Au dela de 8 000 euros (le maxi) le politique redistribue son salaire non perçu à qui il veut !!

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