2013... ? Même pas peur !

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Pour survivre à 2013, et en 2013, il va falloir ne pas être superstitieux. Année terrible, « pire que 2009 », prédisent les Cassandre et autres annonciateurs d'apocalypse, 2013 ne sera pourtant pas forcément ce que la sombre fin de 2012 laisse présager. Ni ce que la désespérante stabilité du PIB attendue par l'Insee pour le premier semestre prévoit.  

Evidemment, il faudra d'abord que ce ne soit pas aujourd'hui, vendredi 21 décembre 2012, la fin du monde du calendrier Maya (ou cette nuit à 0h22, selon les calculs abracadabradantesques que quelques illuminés mangeurs de quinoa). Sinon, aucun lecteur ne lira ce week-end l'excellent numéro de La Tribune Hebdomadaire, le dernier de l'année avant la trêve de Noël, ce qui serait dommage, puisque nous titrons sur « cette France qui marche », un beau présage.Comme le dit avec humour notre confrère "Le Canard Enchaîné", si c'est aujourd'hui la fin du monde, c'est le moment de vous abonner !

Ensuite, il faudra dépasser en 2013 la phobie du 13, Triskaïdékaphobie en grec, qui est le marqueur symbolique de cette fin d'année, auquel l'excellent supplément de "The Economist" ("The World in 2013") consacre un  édito.

Inventée probablement au moyen-âge, la mauvaise réputation du chiffre 13 est reliée à la Cène, le dernier repas du Christ, où Judas représente le treizième apôtre, ou bien à Satan, le treizième ange, voire à Loki, le treizième dieu des anciens Vikings. On en trouve trace aussi chez les Perses anciens, qui ont prédit que le Chaos se produira dans le 13ème millénaire après le règne des 12 constellations, et qui conduit aujourd'hui encore les Iraniens des temps modernes à purifier leur âme le treizième jour de chaque année (Sizdah- Be-dar).. 

Dans le monde entier, cette superstition interdit d'être 13 à table, de porter le numéro 13 dans les compétitions sportives ou bien de dormir dans la chambre 13 qu'aucun hôtel ne propose d'ailleurs à ses clients. La phobie du 13 a aussi donné naissance au 12 bis, qui peut utilement nous inspirer pour essayer de comprendre à quoi va bien pouvoir ressembler 2013. 

Car, pour l'Europe comme pour la France, 2013 a de fortes chances d'être pour l'économie une année 2012-bis, une nouvelle année de stagnation où la demande sera contrainte par une austérité budgétaire sans précédent depuis l'après-guerre, où le pouvoir d'achat sera rogné par la hausse des impôts et la baisse des dépenses publiques. C'est ce que nous dit l'Insee avec ses froides prévisions.

L'ancien président de la BCE, Jean-Claude Trichet, parle même de « stabilité compétitive » pour décrire la période actuelle, où nous devons réformer nos modèles économiques et sociaux dans les pires conditions possibles. Croissance zéro, taux zéro... L'Europe est encalminée dans le pot-au-noir dont la traversée est le cauchemar de tous les marins. 

« N'ayez pas peur », disait Jean-Paul II. Même si la prudence s'impose dans la traversée de 2013, conduisant nombre de chefs d'entreprise à y entrer en réduisant la voilure, il faut rappeler que le 13 est aussi, dans certaines cultures, un chiffre de chance, rappelle The Economist. Ainsi, aux douze travaux (pénibles il est vrai) d'Hercule en a succédé un treizième, plein de félicités, où le héros mature vainqueur du terrible lion de Cithéron, fut récompensé pendant cinquante nuits des faveurs des 50 filles du roi Thespius ! Il y a aussi « la rose aux treize pétales » de la Kabbale juive... Et puis, qui n'a jamais été tenté de jouer à l'euromillion un vendredi 13 (il y en aura deux en 2013, en septembre et décembre). 

Les économistes, comme la plupart des gouvernements, escomptent d'ailleurs une lente sortie de crise à partir de la fin 2013. C'est l'horizon attendu par François Hollande pour inverser la courbe du chômage en France. Même pas peur, a d'ailleurs répondu François Hollande ce matin sur Europe 1, le président maintient les prévisions de baisse des déficits à 3% du PIB et son espoir d'une inversion de la courbe du chômage... en fin d'année.

Angela Merkel aussi compte sur 2013 pour se faire réélire, en septembre, à la Chancellerie allemande. Si tel est le cas, elle serait le deuxième dirigeant occidental, avec Barack Obama, à survivre à la crise. Une chose est sûre, en 2013 comme en 2012, Merkel sera la femme de l'année. Dans le Financial Times, elle vient d'égrener la feuille de route pour la plupart des pays de la zone euro avec une déclaration qui marquera les esprits : « l'Europe pèse 7% de la population mondiale, produit 25% du PIB mondial, mais doit financer 50% des dépenses sociales mondiales. Dés lors, il semble évident que les Européens devront travailler très dur pour maintenir leur prospérité et leur mode de vie ». A bon entendeur... François Hollande, qui vient de découvrir un "trou" de 18 milliards d'euros dans les comptes des retraites, malgré la réforme Sarkozy de 2010, saura-t-il trouver le chemin de la réforme juste, sur ce terrain miné ?

Allez, une dernière raison d'espérer quand même : la Grèce vient de racheter avec succès et les bons conseils de la banque Lazard 34 milliards d'euros de sa dette à un tiers de sa valeur. Le plus joli coup de l'année, qui ne suffira hélas sans doute pas pour sauver Athènes, mais qui montre que le pire n'est jamais certain. Pour la zone euro, tout n'est pas réglé pour autant : un nouveau nuage se dresse avec les élections italiennes et une mauvaise fée qui se nomme Silvio Berlusconi dont l'incroyable come-back sera le principal risque à l'horizon du premier trimestre. En attendant, joyeuses fêtes...

Editorial paru dans La Tribune Hebdo du vendredi 21 décembre 2012.

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Commentaires
a écrit le 23/12/2012 à 15:27 :
Et que c'est il passé en l'an 1313 à 13h1313s ?
a écrit le 21/12/2012 à 21:26 :
Avec Hollande et les socialos au pouvoir c'est effectivement la fin du monde.
Réponse de le 23/12/2012 à 9:04 :
ben voyons j'ai perdu 1/3 de mon cacapital placé en bource c'était sous sarko c'est don de çà faute.si je vous suit... un peu primaire non
a écrit le 21/12/2012 à 13:55 :
Je ne suis pas sur que citer J.C. Trichet qui soyons honnêtes n'a jamais rien réussi de sa vie en dehors de son plan de carrière ne soit une rélle plus-value pour votre éditorial au demeurant fort intéressant.

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