Dette : la montagne qui surplombe et vacille

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François Leclerc, chroniqueur de l'actualité de la crise sur le blog de Paul Jorion et auteur de "La grand perdition", aux éditions "Osez la République sociale !", explique pourquoi certains grands responsables d'institutions bancaires, notamment le président de la BCE, Mario Draghi, se répandent en déclarations alarmistes. Inquiétant.

« Il y a une première évaluation, puis une deuxième, une troisième, une quatrième... Il s'agit de la pire façon possible de faire les choses. Tout le monde finit par faire la chose à, faire, mais au plus haut coût ». Qui donc parlait hier des pertes des banques et de la politique des dirigeants européens de manière si sévère ? Le président de la BCE, Mario Draghi, à l'occasion d'une audition devant le Parlement européen.

Avec ses collègues du conseil des gouverneurs, il enfonce un même clou, soutenant la création de l'« Union bancaire européenne » proposée par la Commission, avec comme première étape la constitution d'un fonds de garantie des dépôts. Appuyé par le gouverneur de la Banque d'Italie, Ignazio Visco, qui se prépare à monter en première ligne. Les taux obligataires italiens sont entraînés à la hausse par ceux de l'Espagne, la récession est selon les sources estimée pour cette année de -1,4 à -1,7 % et le taux de chômage officiel a dépassé 10 %.

Devant la réalité, il faut à un moment ou un autre s'incliner. Et ce moment est venu, se manifestant par des sorties massives de capitaux de l'Espagne, chiffrées par la Banque d'Espagne à 66,2 milliards d'euros pour le seul mois de mars (derniers chiffres disponibles). Le retrait des dépôts n'est pas un fantasme prenant la forme de longues queues devant les distributeurs automatiques (ce qui peut toujours survenir) : ce sont les détenteurs de capitaux et les entreprises qui fuient le pays.

Additionné à la déroute d'un pan entier du système bancaire espagnol, ce phénomène a soudainement pris le pas sur la crise de la dette publique et son corollaire le traité de discipline budgétaire visant à la résoudre. Pratiquant l'esquive, Angela Merkel affirme que la situation espagnole n'est pas le résultat de la stratégie d'austérité qu'elle préconise, mais le fruit de l'éclatement d'une bulle immobilière née bien avant sa mise en pratique. Comme si la première n'alimentait pas la seconde.

Anticipant la suite et toujours aux avant-postes, Charles Dallara de l'Institute of International Finance a averti qu'il n'était pas question de rééditer l'opération de restructuration de la dette grecque, vu la taille de celle de l'Espagne. De partout, la politique d'improvisation permanente du gouvernement de Mariano Rajoy est mise en question, mais il s'agit de bien autre chose. Car cette dernière reflète l'impossibilité d'appliquer la stratégie qui était préconisée par ceux-là mêmes qui le critiquent.

Des rumeurs font état d'intenses discussions préludant à d'importances annonces du gouvernement allemand. « J'ai toujours dit que nous avons besoin de plus d'Europe » rappelle en attendant Angela Merkel. Un pas en avant dans l'intégration européenne est en gestation, dans le cadre d'une politique inchangée, que la chancelière exprime ainsi : « Austérité et discipline budgétaire, réformes structurelles et croissance. Tout cela fait partie du même ensemble ».

Des euros-obligations, d'accord, mais en échange d'un nouveau traité bétonnant une politique budgétaire commune ! Parallèlement, Pierre Moscovici a rejoint la conception qu'en ont Jean-Claude Juncker et Mario Monti : les euro-obligations ne financeraient que la part de la dette ne dépassant pas le seuil de 60 % du PIB, le reste au-delà de ce cap devant l'être au taux du marché. Les dirigeants européens continuent de chercher les termes d'un compromis entre eux, à quatre semaines de leur sommet. Mais ils ne prennent en considération que l'écume de phénomènes plus profonds qu'ils continuent de superbement ignorer.

Le système financier est en train de connaître une douloureuse contraction qui est à l'origine de dysfonctionnements dans ses profondeurs. Le plus puissant n'est pas le plus visible, aboutissant à instaurer une rareté croissante dans un système de trop plein financier : celle des collatéraux, ces actifs apportés en garantie de leurs emprunts par les établissements financiers.

Dans tous les domaines, les exigences en cette matière sont devenues plus fortes. Les régulateurs, pour les besoins du renforcement des fonds propres ; les chambres de compensation, qui élargissent leur champ d'action, pour exercer sans péril leur activité en augmentant leurs appels de marge ; les établissements financiers entre eux, pour se prêter des fonds après avoir perdu la confiance qui présidait à leurs échanges.

Le constat est éloquent : afin de tenter de renforcer le système, on le fragilise, car une pénurie de collatéraux s'instaure progressivement. Cela revient à faire reposer sur une pointe de plus en plus fragile la pyramide renversée du crédit, le système financier n'ayant plus de point d'appui suffisant dans une économie réelle qu'il perturbe grandement.

Cette rareté - dont la BCE a tenu compte en diminuant ses exigences de qualité des collatéraux pris en garantie - a encore été accrue par le délestage qu'opèrent actuellement les banques afin de diminuer la taille de leur bilan et respecter les obligations de renforcement de fonds propres de l'EBA (l'Autorité bancaire européenne). Attaquée pour l'avoir préconisé à contretemps, l'EBA vient de réaffirmer ses exigences sans les changer, avec effet à la fin du mois. De son côté, Goldman Sachs se positionne publiquement pour jouer les intermédiaires dans la vente à bas prix des actifs soldés par des banques européennes prises à la gorge, après avoir estimé que 600 milliards de dollars d'actifs allaient être cédés cette année, et qu'il en resterait derrière 400 milliards pour les deux prochaines années.

La BCE en vient à admettre qu'un troisième LTRO (prêts massifs à trois ans à faible taux d'intérêt) pourrait survenir. Ignazio Visco vient de résumer la position de celle-ci en rappelant la devise des boy-scouts : « Toujours prêt ! ». La donne a considérablement évolué en très peu de temps : à la perte de confiance entre les banques a succédé parmi les autorités - toujours en retard d'un train - la perte de confiance qu'ils ont dans les banques. Mais on en vient à se demander ce qu'il faut le plus regretter : leur impuissance ou leurs initiatives ! Les grandes entreprises ont sans attendre trouvé la parade en obtenant une licence de banque. EADS est prête à sauter le pas, suivant l'exemple de Volkswagen, Daimler et Siemens. Avec comme motivation de mieux protéger ainsi leurs liquidités qu'en les plaçant dans leurs banques, afin qu'elles soient disponibles à tout moment !

Comme un malheur ne vient jamais seul, Bill Gross, le directeur du plus important des acteurs sur le marché de la dette, PIMCO, vient de lancer un cri d'alarme à propos du versant public de la montagne de la dette. Il s'inquiète de la baisse des rendements enregistrés sur le marché de la dette américaine, le taux à 10 ans étant actuellement de 1,57 %. « Afin de prévenir une décote des 200.000 milliards de dollars que représente globalement notre système monétaire , les autorités fiscales et monétaires ont accru les risques et diminué les retours sur les obligations souveraines qui représentent son c?ur ». En d'autres termes, c'est l'effet du transfert de la dette privée sur la dette publique.

Selon Bill Gross, on est proche d'un point de rupture du système. Il en décrit le mécanisme comme suit : cette baisse du rendement peut aboutir à ce que les investisseurs - dont la Chine, le principal d'entre eux - se reportent vers le marché des matières premières et des actifs « réels », aboutissant en fin de compte au déclenchement d'une inflation permettant de réduire les dettes privées et publiques accumulées. Même, peut-on ajouter, si dans un premier temps les capitaux privilégient la recherche d'un refuge quitte à accepter des pertes quand les taux deviennent inférieurs à l'inflation. Car cela n'est pas tenable longtemps, sauf à prendre par ailleurs tous les risques, pour compenser, avec les conséquences que l'on sait...

Pénurie de garanties pour la dette privée et baisse du rendement de la dette publique qui en est « le c?ur », c'est à dire la garantie suprême : on est loin des bouts de ficelle que tentent de nouer les dirigeants européens, tellement courbés sur leurs petits problèmes qu'ils ne voient pas la montagne qui les surplombe en train de vaciller...

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Commentaires
a écrit le 04/06/2012 à 16:12 :
c'est très intéressante , mais j'ai rein compris.
Dois-je aller vider mes comptes et tout depenser avant que ma monnaie ne valle plus rien?
a écrit le 04/06/2012 à 11:28 :
Il suffirait qu'un politicien couillu parle de la création monétaire ex-nihilo :

http://www.youtube.com/watch?v=ZE8xBzcLYRs

et le peuple fera le reste...
Réponse de le 04/06/2012 à 15:32 :
Tout à fait d'accord !!!!
Réponse de le 04/06/2012 à 17:40 :
Si un politicien comprend la création monétaire comme elle est expliquée dans cette vidéo, il est bon pour se payer un nez rouge et aller faire le clown triste dans un cirque...
a écrit le 04/06/2012 à 11:21 :
Il y a un truc qui m'échappe et donc AUCUN économiste ou journaliste:quid des réserves d'or des banques centrales?A quoi donc elles servent?Pourquoi pas à gager des emprunts?
Réponse de le 04/06/2012 à 13:50 :
les réserves d'or des banques centrales sont d'un ordre négligeable, elles ne couvrent la masse monétaire que pour une fraction infiniement petite.
Réponse de le 04/06/2012 à 17:35 :
Les réserves d'or du réseau des banques centrales de la zone euro sont proches de 11000 tonnes. L'or n'a pas pour fonction de gager des emprunts. Ce qui garantit un emprunt, c'est la capacité à rembourser du débiteur.
a écrit le 03/06/2012 à 10:08 :
Einstein avait trouvé la formule E=MC²; C'est valable pour la finance à savoir
Emprunts égalent Monnaies pour les Capitalistes au carré pour tenir compte de l'effet de Cavalerie. Il s'agit de relativité non restreinte. La solution c l'effet boomerang en se rappellant que l'Univers est courbe grace à la gravité au sens physique du terme ,la gravité qui pour l'instant nous entraine vers quelques trous noirs.
Les masses monétaires nous entrainent vers l'abime et ce n'est pas quelques fusées éclairantes qui y changeront grand chose.
Cela dit je suis d'accord avec un commentaire sur le dollar qui dit de rompre avec le système anglo-saxon de la planche à billet sans fin.La dette américaine a un facteur 100 avec les notres et ils nous pompent.
a écrit le 03/06/2012 à 7:57 :
Les intérêts annuel de la dette, c'est environ 52 milliards d'euros, augmenter cette somme des 75 milliards de niches fiscales dont près de 35 sont jugées par les rapports de bercy comme inefficace et vous avez au moins 87 milliards soit le retour à l'équilibre budgétaire sans hausse d?impôt (hormis pardon ceux qui perdent les avantages fiscaux.....mais il faut faire baisser la dette alors il faudra bien accepter les hausses d?impôts et une rationalisation des dépenses de l'état.
Pour ma part je pense qu'il faut supprimer au moins les niches fiscales listées dans le rapport de bercy
Relancer la croissance par l'abaissement du taux de l'impot sur les société à 5 % sur les bénéfices réinvestie dans les EBM (Éléments de biens mobiliers), la recherche et développement et le désendettement de la société, en contrepartie de cette baisse une hausse de l?impôt sur les société à 50 % sur les bénéfices distribués portés à 70 % lorsque l'associé ou actionnaire est un résident d'un paradis fiscal. Car si le particulier consomme, les entreprises aussi sont des acteurs importants d'emploi et de croissance.
Porter l?impôt sur le revenu des non résidents ayant des pensions de retraites ou salaire ou autres revenus de source française à un taux d'imposition forfaitaire de 40% (au lieu de 20 %) car il ne participe pas à la consommation en France et échappe à la tva (19.6) et bénéficie parfois de l'assistance militaire ou consulaires et de la protection sociale (cas des retraités partis à l'étranger qui bénéficient de la sécurité sociale mais dont les dépenses sont faites à l'étranger et remboursées par la sécu)
Quant à la baisse des dépenses publics, elle pourrait passer par la prise en compte de tous les revenus (y compris sociaux) à l?impôt sur le revenu (à revenu égal imposition égale, mais aussi par la mise sous condition de ressource de toutes les aides versées par la caf et collectivités territoriales.
La suppression d'organisme public et parapublic souvent mis en place en parallèle d'autres administrations et dont l'utilité reste à prouver pour bon nombre d'entre elles
La réorganisation du schéma des implantations d'aéroport en France est-il normal de voir 2 aéroports dans des rayons de 200 km2 ?
etc etc.......

Réponse de le 03/06/2012 à 9:24 :
Vous oubliez la cavalerie sur les dettes passées, au moins 100 milliards par an. En réalité, ce sont plus de 200 milliards que l'Etat doit lever, chaque année, en 2012 et 2013, et 2014 etc... Plus de 10% du PIB, 20% des seules dépenses publiques, sécu et retraites comprises ! Il n'y a pas d'alternative à la baisse massive des dépenses publiques avec une politique volontariste de reflux de l'Etat jusqu'à ses missions régaliennes.
Réponse de le 03/06/2012 à 10:54 :
Allez au bout de vos rêves! Privatisez aussi l'état tant qu'on y est... Polices privées, plus de sécu, système de santé financé par les labos.... Une bonne et saine concurrence à l'américaine ou personne ne restera sur le carreau!...
Réponse de le 03/06/2012 à 13:46 :
absolument , ça réveillerait les Français !!
Réponse de le 03/06/2012 à 13:59 :
Le jour ou les Français se réveilleront, je crains qu'ils ne déçoivent profondément vos idéaux...
Réponse de le 03/06/2012 à 19:28 :
Les idéologies constructivistes, autoritaires ou providentielles, nationalistes ou internationalistes, ont toutes échoué les unes après les autres, minées par leurs violences, leurs bureaucraties, leurs gabegies, leurs pénuries et leurs dettes. L'Etat minimal régalien conserve uniquement un monopole sur la police, la justice et l'armée. Le reste, notamment la sécu ou les retraites, relève de la libre contractualisation, s'organise dans un cadre concurrentiel et trouve ses ressources dans les contributions individuelles versées volontairement. Une idéologie nécessite de transformer l'Etat en acteur ; l'Etat minimal régalien n'est qu'un arbitre des conflits. A l'inverse des idéologies qui s'imposent à tous par la violence, l'Etat minimal régalien représente l'absence d'idéologie, ou plus exactement la mise en concurrence pacifique des idéologies, mais sans qu'aucune ne soit plus en mesure de s'imposer à tous.
Réponse de le 04/06/2012 à 11:37 :
Yes "Absence d'idéologie", le monde artificiel parfait, vous avez adoré Terminator, moi aussi, mais c'est de la fiction.... Heureusement!
Réponse de le 04/06/2012 à 12:35 :
@ lutner:
et si vous étudiez un peu le libéralisme ? vous découvrirez que c'est la seule philosophie qui tienne, car c'est la seule basée sur la Raison.
ERt si vous vous renseigniez un peu, vous découvririez que tous les clichés que l'on dit sur les pays libéraux anglo saxons, c'est du flan. Lisez "candide au pays des libéraux", cela date de 1999, et cela décrit des pays libéraux avant que le socialisme (clinton, bush, obama, blair) ne détruise l'oeuvre de reagan tchatcher ...
Réponse de le 04/06/2012 à 20:09 :
Excellent, maintenant on a une doctrine économique élevée au rang de philosophie, encore un petit effort et nous aurons une religion... Le meilleurs pour la fin avec pel mel Bush, Clinton... Considérés comme renégats socialistes anti libéraux quant à Reagan, elevé au rang d'idole du liberalisme, lequel au juste? Le cow boy d'Hollywood ou le mari de Nancy?
Réponse de le 05/06/2012 à 10:54 :
Lutner, si vous pensez que vos imprécations sont originales, lisez Revel. Il parlait de vous dans "La Grande Parade".
a écrit le 02/06/2012 à 13:59 :
Admettront-ils leurs échecs ou vont-ils poursuivre ainsi cette course folle destructrice des conditions sociale des peuples ? Leurs combats étant sans issue vont-ils se rendre ? Que doit-on faire nous les peuples si ce n'est résister et passer enfin à l'offensive émancipatrice sociale planétaire, universelle ! Tous réjouissez-vous...le vieux monde s'écroule...un autre tarde déjà à apparaître ! Qu'attendons-nous ? " Osons la République Sociale" !
Réponse de le 04/06/2012 à 12:36 :
les incantations à un monde de bisounours plein de bonheur pour tout le monde c'est bien gentil, mais cela nesert à rien.

Donc, arrêtons le constructivisme, et faisons du libéralisme !!!
Réponse de le 04/06/2012 à 20:58 :
Le rêve c'est ce qui nous reste! Ça ne s'achète pas à crédit et on ne le vous reprendra pas! Votre libéralisme n'est un cauchemard éveillé qui n'a d'égal que son oppose extrême: le communisme soviétique. Comme lui il est à présent fini.
Réponse de le 05/06/2012 à 11:02 :
Lutner, si vous pensez que vos imprécations sont originales, lisez Revel. Il parlait de vous dans "La Grande Parade".
Réponse de le 05/06/2012 à 13:33 :
Ok et donc? ...
a écrit le 02/06/2012 à 9:52 :
Tout à fait d'accord avec le commentaire des "guignols de l'economie" qui ne fait qu'exprimer du bon sens : je ne peux dépenser longtemps + que ce je gagne , si je m'endette trop , je ne peux plus rembourser etc...mais chut !!! c'est du "néolibéralisme" gros mot que l'on jette à la figure de quiconque émettrait un avis semblable .alors continuons à imaginer que l'on va pouvoir s'en sortir sans une sévére purge ,et un changement radical de notre niveau de consommation ....
Réponse de le 02/06/2012 à 11:21 :
qui ont pris depuis 60 ans la mauvaise habitude d'accumuler des dettes en temps de croissance folle, et qui n'ont pas été capable d'infléchir leur train de vie lorsque la bise fut venue. Après tout c'est eux qui ont profité de tout deuis 60 ans... et qui sont encore aux commandes ! Place aux quadras et aux genX &Y car c'est eux qui paient les pots cassés!!
Réponse de le 02/06/2012 à 13:52 :
La faute aux baby-boomers : que veut donc signifier 'genX&Y ? soyez explicite les baby écrivent ,parlent ,ne comprennent que le Français !Et vos parents qui sont-ils ? des assistés ou vous ont -ils inculqué que cette maniére de vivre avec les aides qu'eux memes ,baby -boomer financent !
Réponse de le 02/06/2012 à 14:14 :
à la faute aux babybommers:
Vous connaissez mal votre histoire économique contemporaine:
En 1976, j'étais patron et comme tel je payais aux allocations familiales URSSAF 3 000 F. par trimestre et comme père de 3 enfants je recevais 7F50 par mois! A cette époque la moyenne enfants par famille était de "2,20" à méditer. l'Etat se servait déjà du social pour faire rentrer de l'argent sur le dos des familles !!!
Réponse de le 02/06/2012 à 21:07 :
Pour info c'est en 1975 que fut mis en place le système du crédit en France. C'est aussi à cette periode que les salaires n'ont plus réellement augmentés. Quant à la faute aux baby boomers?... Je ne vois pas trop le rapport si ce n'est tenter de rendre responsable le consommateur de l'epoque de la situation dont il se plaint et pourquoi pas de la guerre des Malouines tant qu'on y est?
Réponse de le 02/06/2012 à 22:38 :
Les salaires n'ont pas augmenté depuis 1975 en France ??? En voilà une révélation, digne d'un Jorion au top de sa forme !
Réponse de le 03/06/2012 à 1:09 :
Prouvez le contraire?
Réponse de le 04/06/2012 à 12:18 :
Il y a eu 260% d'inflation depuis 1978 d'après http://france-inflation.com/calculateur_inflation.php ce qui fait que le pouvoir d'achat n'a absolument pas progresse en trente ans.
Réponse de le 04/06/2012 à 12:39 :
@ lutner qui vit dans un autre monde, celui de ses fantasmes :
le système de crédit existe en France depuis le 17 ème siècle, et les salaires n'ont fait qu'augmenter depuis 1975 ...
Les baby boomers sont actuellement à la tête de l'état, ils se sont voté la retraite à 60 ans et un système de santé et de retraite qui pétera après leur mort et qui ne laissera que des dettes à leurs enfants, mais ouvrez les yeux !!!
Réponse de le 04/06/2012 à 12:40 :
@Karl der gross :

le fait qu'il y ait de l'inflation ne veut pas dire qu'il n'y a pas de progression du pouvoir d'achat. Cette progression est mesurée chaque année par l'insee en intégrant l'inflation, et il ap rogressé chaque année depuis 30 ans, on vit bien mieux maintenant qu'il y a 30 ans ...
Réponse de le 04/06/2012 à 14:08 :
Pürééééééé, John galt, vous en tenez une sacrée couche vous! Du grand LOL
Réponse de le 04/06/2012 à 17:15 :
"Purée", "sacrée couche", "grand LOL" : voilà une argumentation de poids qui fera date ! Avec des amis comme ça, Jorion n'a pas besoin d'ennemis.
Réponse de le 04/06/2012 à 20:44 :
Désolé, mais quant je lis qu'aujourd'hui on vit mieux qu'il y a trente ans ou même quarante et voire se faire donner des cours d'economie par une personne qui zappe la moitié des faits sur une telle période, au bout d'un temps ça lasse. Apres si vous voulez commenter des illusions...
Réponse de le 05/06/2012 à 10:57 :
Le précédent commentateur est victime du syndrome de l'âge d'or.
Réponse de le 05/06/2012 à 13:33 :
"le Syndrome de l?Age d'Or", une sorte rêverie nostalgique qu'on traduirait tout simplement par un "c'était mieux avant". Évidemment, on est toujours attiré par ce qu'on n?a pas connu, car du passé on ne retient que le meilleur. Reducteur mais amusant, amusant mais hors sujet. La suite...?

a écrit le 02/06/2012 à 9:24 :
1- on a commencé avec le surendettement des individus
2- on est passé au surendettement bancaire (junk bonds, Dexia, et autres)
3- on a mutualisé au niveau des états - no comment
4- maintenant que les états craquent, on veut mutualiser au niveau européen...
next ?

comme disait C Saint Etienne, le meilleur investissement maintenant, c'est un fusil et des boites de conserve....
Réponse de le 02/06/2012 à 11:44 :
Dexia, banque publique dirigée par des fonctionnaires qui prêtait à d'autres fonctionnaires pour financer l'achat de votes aux élections... Rien de privé dans cette dette-là ! Dexia va coûter plus à la France que l'aide européenne à l'Irlande : un gouffre bien français qui n'a rien à voir avec les banques mais tout avec le secteur public.
Réponse de le 02/06/2012 à 18:52 :
Dexia est l'exception qui confirme la règle. Sinon "je résume" a tout dit.
Réponse de le 02/06/2012 à 22:23 :
En France, en quoi Dexia confirme-t-elle une règle ? Quelle autre banque française aurait fait faillite et aurait été sauvée par l'Etat ?
Réponse de le 03/06/2012 à 0:15 :
Heuu, C.L si je ne m'abuse?
Réponse de le 03/06/2012 à 7:59 :
L'origine est la décision unilatérale des USA en 1971 de décider la non convertabilité du dollar en or. Tous les autres pays ont capitulé, guerre froide oblige. Depuis, les capitaux anglo-saxons déferlent sur le monde grâce à la planche à billets et aux obligations américaines. On a commencé effectivement en 1975 à introduire le crédit partout et à promouvoir cette doctrine libérale anglosaxonne d'endettement. Tout le monde est endetté : les particuliers, les entreprises, les Etats, les banques... Pour un rison simple : ces liquidités ne correspondent à rien, c'est de la cavalerie. Seule solution : décider que cette monnaie de singe (le dollar) ne vaut rien et annuler les dettes pour repartir sur un système sage, tel que l'Europe, la CHine et d'autres l'avaient avant que la finance anglosxonne nous ait bouffé tout.
Réponse de le 03/06/2012 à 9:19 :
CL : très bon exemple ! Crédit lyonnais, banque publique à l'époque. Dès que l'Etat gère directement une banque, cette dernière fait faillite. C'est normal : les hauts fonctionnaires à la tête des banques sont par nature irresponsables puisqu'ils ont l'habitude de disposer sans effort et en quantité astronomique de l'argent "gratuit" spolié aux populations. Au prétexte de l'intérêt général, ils ne s'intéressent qu'à leur intérêt personnel : qu'une banque fasse faillite ne les concerne pas (le contribuable est toujours là pour payer à leur place). En revanche, ils consacrent beaucoup de temps à gérer, avec une grande efficacité, leurs réseaux relationnels et les structures qui les maintiennent au pouvoir.
a écrit le 02/06/2012 à 0:41 :
Pas terrible votre photo...
a écrit le 02/06/2012 à 0:08 :
En lisant ça, je me dis que même à 1600$ l'once, ça vaut le coup d'investir dans l'or métal (le vrai, pas du papier)...
Réponse de le 02/06/2012 à 22:36 :
Sauf que l'or, le vrai, ne vaut pas plus de 400 à 600 dollars l'once...
a écrit le 01/06/2012 à 23:01 :
Enfin une analyse synthétique, non partisane et claire, on peut discuter certains détails mais la base et ses projections décrivent la réalité que nous vivons depuis le début de l'euro. Finalement, il faut que les pays de la zone euro aient le même gouvernement économique pour appliquer impérativement la même politique économique. A partir de là, une inflation organisée et compétitive pourrait accompagner une diminution des déficits publiques en demi monnaie de singe mais avec une perspective de revalorisation à moyen terme par création de richesse objective de la zone euro. Cela est infaisable avec des organisation économiques disparates et des gouvernements dépendants d'échéance électorales désordonnées.
Réponse de le 02/06/2012 à 0:06 :
Pourtant une seule logique économique et financière est mise en place progressivement en Europe, celle de la troïka? Tous les gouvernements sont d'accord à la quasi unanimité pour l'appliquer et aucun ne propose une réelle alternative pour au moins tenter de s'enfoncer encore plus. Alors, qu'attendre de bon de la part de ceux qui nous ont mis dans le ravin et prétendent nous en sortir?
Réponse de le 05/06/2012 à 11:00 :
Les premières victimes de l'inflation sont les salariés du privé, ceux qui sont les plus éloignés des cercles du pouvoir étatique. L'inflation provoquée par les Etats est un crime contre les peuples.
Réponse de le 05/06/2012 à 16:52 :
L'inflation provoqué par les états... Le vrai problème, c'est que les gens n'ont pas assez d'argent. Il faut donc augmenter les salaires. D'accord vous allez me dire qu'en le faisant, on risque de créer de l'inflation. Mais on ne crée de l'inflation que si on ne baisse pas simultanément la part qui va aux investisseurs et aux dirigeants d'entreprise. Aujourd'hui, on trouve curieux qu'un patron gagne 300 fois plus que la personne la moins bien payée dans son entreprise. Mais au début du XXe siècle, cette relation était de l'ordre de dix ou quinze fois. Cette disproportion n'est pas une simple curiosité, c'est un problème économique fondamental. Car ces grands salaires pompent énormément d'argent des entreprises.

a écrit le 01/06/2012 à 18:48 :
Je crois aussi quelque chose de semblable, finalement le siècle a débuté en 2010 sur la fin de l'empire des dettes. La vraie question est réformerons-nous l'administration? Il semble que non, donc la logique est le riche paiera. Vu l'ampleur des divers déficits, retraites, sécu, Etat et collectivités, c'est toute la fortune des riches qui sera engloutie et même plus. A moins de pointer du doigt nos problèmes institutionnels. Ne nous leurrons pas, même si nos taux sont bas, la capacité d'endettement est limitée...
Réponse de le 02/06/2012 à 11:52 :
Même avec l'euthanasie de tous les 'riches', ça ne couvrira même pas 5% de la dette publique. Les 95% restant, ce sont les classes moyennes qui doivent payer. Les dettes publiques sont faites sur le dos du peuple. L'administration survit à tout prix contre nous, pas pour nous.
Réponse de le 06/06/2012 à 12:37 :
C'est marrant cette idée fixe qui focalise uniquement sur la dette publique. Ignorez vous le poids de la dette privée et le lien étroit qu'elle entretient avec la dette publique?
a écrit le 01/06/2012 à 18:24 :
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ??!!! Il y a des gens qui se régalent là-dedans...

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire viennent aisémment...
Réponse de le 03/06/2012 à 11:48 :
Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement?
a écrit le 01/06/2012 à 17:38 :
Comment peut-on nier l'évidence et tordre les faits à ce point ? La situation de surendettement des pays de l'OCDE, à divers degrés, ne peut pas être le résultat d'une stratégie d'austérité puisque l'austérité n'est véritablement mise en oeuvre nulle part. Dès lors, la logique de cette verbeuse et fragile démonstration s'effondre. Certes, le système bancaire est malade, mais il est malade des dettes publiques. Contrairement à cette croyance farfelue, quasi sectaire, que les dettes publiques seraient la garantie suprême, les dettes publiques sont en réalité le risque suprême, absolu, inéluctable. Partout dans le monde, les banques sont gavées de ce risque immense au-delà de toute mesure. Qu'ils soient commentateurs, politiciens ou banquiers, ce que les guignols de l'économie sont incapables d'admettre, c'est que cette crise marque la sortie définitive mais dans la douleur du XXe siècle collectiviste, notamment du collectivisme socialiste ou social-démocrate surendetté. L'endettement public est incompatible avec le nouveau monde en émergence. Plus nous attendrons pour réaliser l'attrition des dépenses publiques et des dettes qui les accompagnent, plus ce sera douloureux. Ce processus, sans alternative, est porteur d'espoir s'il s'accompagne de la réduction conjointe des taxes et des réglementations ubuesques. A cette condition, la baisse des dépenses publiques ne produira pas l'austérité mais la certitude du retour à la liberté, du respect retrouvé pour les individus et pour leurs propriétés privées et la redécouverte de la prospérité pour les populations productives de nos pays.
Réponse de le 01/06/2012 à 17:55 :
Trois Pater et deux Avé mon fils, le seigneur vous pardonnera ...
Réponse de le 01/06/2012 à 20:18 :
Le retour à la liberté de l'industrie financière d'aliéner toujours plus à la dette.

Delphin
Réponse de le 01/06/2012 à 22:20 :
Allons Guignols, osez prendre des risques et allez confronter vos opinions et votre vision personnelle de la situation sur le blog de Jorion. Vous y trouverez un auditoire et un débat à la hauteur de vos ambitions... Va falloir quant même un peu plus argumenter pour défendre vos thèses.
Réponse de le 02/06/2012 à 8:06 :
Il n'ira pas car sur le blog, on ne peut effectivement pas se contenter de réciter son petit catéchisme néo-libéral !
Réponse de le 02/06/2012 à 21:13 :
Henri, je suppose que Guignol s'est dejà fait éjecter du blog de Jorion et fatalement, il ne lui reste que la Tribune pour tenter de faire illusion sans grand risque de contradiction... Bref il se rassure comme il peut.
Réponse de le 03/06/2012 à 19:31 :
De quoi avez-vous donc peur, si vous êtes aussi sûrs des bienfaits de votre idéologie néo-marxiste ? Si elle est aussi efficace que vous le prétendez, pourquoi cherchez-vous à l'imposer à tous ?
Réponse de le 04/06/2012 à 11:26 :
Idéologie néo Marxiste?? Je ne vois pas trop là... Vous me faites peur.
Réponse de le 04/06/2012 à 17:12 :
Lutner a peur. Serait-ce le début de la sagesse ?
Réponse de le 04/06/2012 à 22:14 :
Oui, tout à fait, c'est flippant de lire et de constater donc, l'état d'aveuglement mellé d'ignorance de la sitution vus certains commentaires. c'est ça un dogme, on a beau expliquer en long en large et en travers que ça part en sucette mais rien y fait il faut continuer et accélérer même. Quant à la sagesse, François Leclerc a suffisamment de recul et de connaissance pour en imposer à certains! Mais il ne pourra rien pour qui ne veut pas voir ou comprendre.
a écrit le 01/06/2012 à 16:20 :

Est-ce que la mutualisation des dettes au niveau européen porterait sur
l'endettement global des Etats ou seulement les emprunts futurs?
Réponse de le 01/06/2012 à 17:14 :
Je pense sur la totalité... Car pour le futur l'Europe essai de n'avoir plus de déficit de toute façon... C'est plutôt les dettes monstrueuses qu'il y a actuellement.
Réponse de le 01/06/2012 à 17:38 :
vous ne pouvez pas mutualiser les dettes passees, sauf a changer les temres des contrats d'emission
Réponse de le 01/06/2012 à 20:46 :
60%. C'est noté dans l'article. Essayez de lire, la prochaine fois.
Réponse de le 02/06/2012 à 14:44 :
On ne peut effectivement pas modifier les termes d'un contrat passé. Les eurobonds consistent à collectiviser le rollover sur les dettes nationales qui arrivent à échéance (plus de 100 milliards par an rien que pour la France), parce que les politiciens refusent de les rembourser pour échapper maintenant aux efforts nécessaires. Mais c'est idiot : les Etats devront quand même rembourser leur part un jour ou l'autre. Avec les eurobonds, les collectivistes espèrent simplement gagner du temps de survie (encore une minute, monsieur le bourreau !), parce qu'ils n'ont pas compris que nous avons changé d'époque. Les eurobonds sont également une prime aux corrompus, car les Etats irresponsables exerceront en permanence le chantage à la sortie de l'euro contre les Etats vertueux. Comme toutes les solutions collectivistes ou socialistes, les eurobonds représentent exactement ce qu'il ne faut pas faire : en cas de collectivisation d'une richesse ou d'une dette, c'est toujours le vertueux qui est la victime du chantage de l'irresponsable volontaire. L'irresponsable détourne toujours à son profit la vertu de l'autre ; le spoliateur profite toujours de la richesse produite par les vertueux ; le criminel espère toujours que les vertueux ne lui feront pas ce qu'il leur fait subir.
Réponse de le 04/06/2012 à 15:09 :
Joli discours. En termes économiques ça donne quoi ?
Réponse de le 04/06/2012 à 17:10 :
Pas compliqué : remboursement des dettes publiques avec interdiction d'en contracter de nouvelles.

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