« PS, UMP, FN, FG, EELV, MODEM ... l'abstention est votre défaite à tous »

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Abstention record, encore supérieure celle du premier tour ! La vitalité démocratique n'a pas résisté longtemps à la météo économique nationale, européenne et mondiale ! A nouveau, la majorité du silence a dit non à l'offre politique proposée par les différents partis à l'occasion de ces deux tours de l'élection législative. La défaite démocratique est dans tous les camps. C'est la confirmation d'une profonde crise observée élection après élection, à l'exception structurelle du scrutin présidentiel. Tout y passe, du local au national, des gouvernements locaux aux partis politiques. Le rejet prend désormais une dimension holistique.

L'Assemblée la moins légitime
La prochaine Assemblée Nationale est la moins légitime de toutes celles de la cinquième République. Sur ces bases, elle ne représente au mieux que la moitié des français si l'on ajoute abstentions, votes blancs et nuls et surtout les français qui ne sont pas inscrits.
Comment se réjouir de ce résultat ? Comment expliquer, quelques semaines après la présidentielle, que le souffle démocratique retombe aussi rapidement ? Comme si la conversation s'était arrêtée et l'ennui démocratique avait repris son triste tempo. Une campagne faible, dominée par un affrontement artificiel autour d'arguments politiques de circonstance. Pour les uns, donner une majorité claire à François Hollande, pour d'autres, créer une cohabitation pour sauver la France du péril socialiste, sanctionner l'UMPS ou encore combattre le Front National ... Comme une confiscation indigne d'un temps fort du vécu démocratique de la Vé République, régime parlementaire, l'élection de l'Assemblée Nationale, chambre du peuple, espace du débat démocratique de notre pays.

Mou spectacle politique
Une campagne courte, mou spectacle politique, qui n'a répondu en rien aux enjeux du monde. Qui les évite même. Bien loin des épreuves sociales et des inquiétudes identitaires, fruits amers d'une mondialisation qui s'invite chaque jour d'avantage dans nos quotidiens.
C'est aussi dans l'offre politique qu'il faut chercher la source de cet effondrement si décevant. Une offre politique sans relief, sans véritable renouvellement, de moins en moins connectée au peuple et c'est plus grave, sans espoir à transmettre face aux crises financière et économique qui nous frappent depuis des mois. La classe politique dans son ensemble doit s'interroger, nous devons tous le faire, tant ce score est indigne de notre démocratie.

Certains acteurs durement touchés
Certains acteurs sont durement touchés. Le centre s'est effondré, François Bayrou lui même disparait. Exit aussi Jean-Luc Mélenchon, la nouvelle star de l'élection présidentielle. Il s'agit aussi d'un message déjà sévère adressé au tout neuf Président François Hollande et à sa majorité socialiste, absolue, au delà même des sièges de la basse assemblée, car
des communes au Sénat, le PS écrase la gauche. Trop ? Un message critique qui l'est plus encore à l'attention de la droite parlementaire, des droites même qui n'ont pas su ou pu mobiliser ni au premier, ni au second tour. Si l'UMP n'a pas encore explosé, c'est la troisième défaite majeure de rang. Après le Sénat, l'Election Présidentielle, voicil'Assemblée Nationale. Une série sans équivalent dans l'histoire de la Vé République ! Une nécessaire réinvention s'impose dès maintenant. Une recomposition qui s'achèvera dans la législative en mode proportionnelle en 2017. L'ombre de Nicolas Sarkozy plane déjà au grand dam des leaders de l'UMP... et surtout de Marine Le Pen. Enfin le nini a modifié les contours du dogme et électeurs de l'UMP et du FN pressent pour aller plus loin.

Fluidifier la vie démocratique
Il s'agit surtout et très vite de fluidifier, d'oxygéner la vie démocratique de notre pays. Sans les stigmatiser individuellement, Laurent Fabius est député depuis 1978 et François Fillon depuis 1981 pour ne citer qu'eux. Si nous voulons réellement revitaliser en profondeur la vie politique de notre pays, il faut, avant tout, la rendre plus accessible aux citoyens. La dimension participative constitue un niveau de réponse. Mais oxygéner la démocratie, c'est la renforcer, la renouveler dans sa dimension représentative. Il ne s'agit pas seulement de changer dans un sens ou dans l'autre les différents modes de scrutin des différents échelons. La proportionnelle ne changera rien amenant encore davantage de contrôle par les appareils. C'est en fait du statut de l'élu qu'il est question. Il n'existe toujours pas dans ce pays excluant ainsi une grande partie de nos citoyens, en particulier les salariés du secteur privé, des terres de la représentation politique. Et ce qu'ils soient femmes ou hommes, jeunes ou moins jeunes, de telle ou telle zone géographique. « Le peuple a fait sécession » écrivait avec justesse Michel Maffessoli au lendemain des régionales en 2010. Sil y a eu à nouveau sécession, il n'y a pas de « dissolution du politique » comme l'écrit Tim Jordan. Le rejet des urnes n'est pas désintérêt, nos concitoyens
aiment la politique, et pas seulement sur Twitter.

*Conseil en communication d'influence
Professeur associé à Paris 1 La Sorbonne
Membre de la SEAP Society of European Affairs Professionals

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Commentaires
a écrit le 21/06/2012 à 15:54 :
un statut de l'élu/e, viiiiiiiiiiite! je confirme. Comment faire comprendre à un(e) prétendant(e) que son sacre ne sera qu'à moitié légitime? comment faire comprendre à l'heureux(se) élu(e) que son mandat n'est qu'à demi-valide? il/elle ne vous entend plus. Seul le silence gronde et cette masse grossit mais les édiles ne veulent pas l'entendre tant leur siège est leur objectif exclusif. Il le faudra bien portant.
Réponse de le 21/06/2012 à 17:12 :
Guiwel, il le faudra en effet !
a écrit le 20/06/2012 à 17:15 :
peut on savoir combien de deputés sont issus de la fonction publique : enseignants , collectivites ect .....;;;;et combien sont ils de commercants artisans professions liberales chef d'entreprise s.................. merci
Réponse de le 20/06/2012 à 18:13 :
Claudus, vous mettez le doigt sur l'une ses conséquences négatives du système : l'absence de représentation de très nombreuses catégories de la société française. Et pas seulement démographique, géographique.
a écrit le 20/06/2012 à 9:41 :
Il n'y a pas que le statut de l'élu qui est en cause. Notre démocratie souffre principalement de l'absence d'une opposition réelle au collectivisme. La majorité des Français rejette sans distinction les partis actuels parce que tous ces partis, sans exception, sont d'accord pour augmenter toujours plus le poids de l'Etat. La solution à la crise économique est à portée de main, il ne manque plus que la volonté politique. En l'absence d'opposition réelle au collectivisme, la crise économique va se transformer en crise institutionnelle. Les politiciens et les hauts fonctionnaires ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas, qu'il n'avaient pas été prévenus.
Réponse de le 20/06/2012 à 16:53 :
L'enjeu, Abqence d'opposition réelle, est d'OXYGENER la démocratie de notre pays.
Réponse de le 21/06/2012 à 19:03 :
Absens d'opposition réelle... oui d'accod. L'UMP et le PS, les deux grands partis de gouvernements sont tous deux sur la même idéologie, celle du dogme libre échangisme et de l'euro.
Mais parler d'absense d'opposition au collectivisme pour expliquer l'abstention, la je ne vous suit plus du tout. Les classes sociales les plus abstentionnistes sont les couches les plus fragiles, ceux qui justement profitent le plus du rôle protecteur de l'Etat, pourquoi voulez vous donc en faire des libéraux covaincu... ce seraient les premiers a souffrir de plus de libéralisme.

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