Sécurité énergétique : le rôle stratégique du transport

 |   |  922  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : DR)
Les réseaux de transport d'énergie (électricité, gaz) comptent parmi les infrastructures d'excellence de notre pays. Leur développement est indispensable pour assurer notre sécurité énergétique, la compétitivité de notre économie et la réussite de la transition énergétique. Les voies de cette transition vers un bouquet d'énergies plus équilibré et plus sobre en émissions carbonées sont largement ouvertes. Quel que soit l'itinéraire choisi, le gaz naturel et son réseau de transport joueront un rôle essentiel : le gaz naturel parce que sa complémentarité avec les énergies renouvelables facilite leur essor ; le réseau de transport de gaz naturel car il représente une composante majeure du « smart grid », vecteur de solutions énergétiques d'avenir, du biométhane au stockage de l'électricité. Cependant, l'énergie gaz ne pourra jouer parfaitement ce rôle que si les conditions (stabilité, attractivité, visibilité) sont réunies pour stimuler l'investissement.

La France importe la quasi-totalité du gaz naturel qu'elle consomme, l'Europe plus des 2/3 et cette part pourrait dépasser 85% en 2035. La croissance de la demande en Asie et le développement du gaz de schiste aux Etats-Unis bouleversent le paysage énergétique et entraînent des écarts de prix très importants d'un continent à l'autre.

Dans ce contexte, la mise en service de nouveaux gazoducs et de nouvelles capacités d'importation de GNL est plus que jamais indispensable pour sécuriser les approvisionnements et permettre aux fournisseurs du marché français d'accéder aux offres les plus compétitives au bénéfice des consommateurs finaux.

La situation géographique exceptionnelle de la France confère au réseau de GRTgaz une position clé. Connectée par gazoducs aux marchés du nord, de l'est et du sud de l'Europe, la France dispose aussi de façades maritimes remarquablement situées pour accueillir le gaz naturel liquéfié (GNL) importé du Golfe persique, du bassin méditerranéen et de l'Atlantique. La France est le seul pays d'Europe à offrir à ses consommateurs un accès à des ressources gazières aussi diversifiées.

Un réseau vecteur de la transition énergétique

Dans sa « Feuille de route 2050 » publiée fin 2011, la Commission européenne estime que « le développement d'infrastructures nouvelles et flexibles est une option «sans regret» susceptible d'accompagner plusieurs trajectoires (...) », et que « le gaz sera essentiel dans la transformation du système énergétique » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour produire de l'électricité en appui des énergies renouvelables intermittentes.

Quel que soit le bouquet énergétique qui sera retenu, le transport de gaz par canalisations enterrées est un moyen sûr et économe pour acheminer et stocker de grandes quantités d'énergie. Ce mode de transport présente aussi l'avantage de préserver les paysages et la biodiversité.

Mais le réseau de transport de gaz se veut aussi le vecteur de solutions énergétiques d'avenir, à commencer par le biométhane, une énergie verte, disponible au c?ur de nos territoires et dont le potentiel reste à développer, notamment en France. D'autres techniques sont prometteuses. Demain, le réseau pourrait contribuer à stocker l'électricité éolienne et photovoltaïque excédentaire sous forme d'hydrogène. Dès aujourd'hui, nous pouvons y injecter jusqu'à 6% d'hydrogène sans modifier le fonctionnement des équipements. Après demain, l'hydrogène couplé à du gaz carbonique permettra de produire du méthane de synthèse, un nouveau gaz combustible renouvelable aux caractéristiques identiques à celles du gaz naturel. Il convient d'engager dès maintenant les recherches nécessaires pour pousser plus loin ces réflexions.

 

Des investissements au service de la compétitivité

Depuis sa création en 2005, GRTgaz a investi plus de 3 milliards d'euros pour moderniser ses installations, renforcer les interconnexions et contribuer à la création d'un marché attractif du gaz naturel afin que la France se positionne comme le carrefour des échanges de gaz en Europe. Ces derniers mois, GRTgaz a décidé de renforcer son réseau afin d'accroître ses capacités d'échange du Nord au Sud et d'acheminer le gaz qui sera déchargé en 2015 dans un nouveau terminal méthanier actuellement en construction à Dunkerque.

A l'horizon 2016, les achats générés par ces développements majeurs sur le réseau français s'élèveront à 2 milliards d'euros dont une part significative reviendra à des entreprises implantées sur le territoire national. Nos achats sollicitent ainsi plus de 4 000 entreprises chaque année, parmi lesquelles de nombreuses PME. Avec l'appui des collectivités territoriales, GRTgaz fait le maximum pour optimiser les retombées locales de ses chantiers, notamment en France.

Toutefois, ces investissements ne suffiront pas : la liaison entre le Nord et le Sud de la France reste tendue et source d'importants écarts de prix entre ces deux zones (jusqu'à 6 euros du MWh pour un prix de gros d'environ 26 euros du MWh au premier semestre 2012). Pour faire face à cette tension accrue, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) s'est prononcé le 19 juillet dernier pour la création d'une place de marché unique en France à l'horizon 2018. Cette ambition est à notre portée sous réserve que les investissements nécessaires soient réalisés à temps. Des investissements sur le réseau de transport qui, faut-il le rappeler, concernent seulement 7 % du prix final pour le consommateur mais lui assurent un bénéfice durable en consolidant notre indépendance énergétique.

Compétitivité, sécurité d'approvisionnement, transition énergétique : les infrastructures de transport de gaz sont au c?ur de ces défis et un formidable atout pour la France et pour l'Europe. Le réseau de GRTgaz est au service de la croissance et de l'emploi. A condition bien sûr que ces évolutions puissent s'inscrire dans un cadre législatif, réglementaire et régulatoire qui assure aux opérateurs la stabilité et la visibilité indispensables à des activités de long terme à forte intensité capitalistique.

Prochainement, la Commission de régulation de l'énergie décidera d'un nouveau tarif d'acheminement et une nouvelle rémunération des investissements dans les réseaux de transport de gaz pour les quatre prochaines années. La stabilité des conditions de cette rémunération est un point essentiel pour maintenir une dynamique qui a commencé à porter ses fruits et ne pas décourager les opérateurs de réseaux qui veulent contribuer à la relance de notre économie et à la réussite de la transition énergétique.

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/04/2013 à 9:35 :
toute les energies sont bonnes si c est fait intelligament sans risque pour la population qui vivent dans les regions ou il seras extres l independensse au tout petrole passe aussi par la?
a écrit le 02/11/2012 à 8:43 :
Et encore un papier de lobbying ! Et encore de fines allusions au gaz de schiste ! Le gaz n'est pas l'avenir, le gaz est une bulle spéculative, le gaz n'est pas une énergie de demain, le gaz est ultra polluant. Le gaz est ultra subventionné par l'état en Amérique et les prix chutent de plus en plus; non ce n'est pas la poule aux oeufs. Et ceux qui sont menacés par les intérêts gaziers ne les laisseront pas détruire leur vie et leur environnement ! No pasaran!
Réponse de le 02/11/2012 à 12:37 :
Le gaz (de schiste) n'est pas l'avenir, le gaz (de schiste) est une bulle spéculative, le gaz (de schiste) n'est pas une énergie de demain, le gaz (de schiste) est ultra polluant.

Le gaz conventionnel n'est pas ultra (les grands mots !) polluant, il l'est bien moins que le gaz non conventionnel ("de schite"), le charbon, le nucléaire et même un peu moins que le pétrole.

Si vous ne voulez pas non plus utiliser le gaz conventionnel pour la transition énergétique, éteignez donc votre ordinateur et arretez de poster des commentaires "ultra"(sic) polluants sur Internet.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :