Plan Ayrault : les "Moineaux" font leurs propositions

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Un accord confiance start-up qui permettrait de déroger provisoirement à certaines contraintes du code du travail, un guichet unique pour les start-ups dans chaque région... Le mouvement des "Moineaux" fait ses propositions après l'annonce du pacte Ayrault. Apparu après celui des "Pigeons", ce mouvement, fondé par trois jeunes créateurs d'entreprise, considère que la focalisation du débat sur la question des plus-values a masqué les vrais problèmes que rencontrent les jeunes entrepreneurs.

Si le gouvernement a pris la mesure de l'urgence de la situation économique, les réponses apportées ne semblent pas suffisamment tournées vers ce qui peut faire la force économique d'avenir de notre pays : les start-ups et PME. En commandant à Louis Gallois un rapport sur l'industrie, le gouvernement s'est penché sur seulement 12% des emplois en France. Certes, il est vital de réindustrialiser la France, mais nous pensons qu'il est également important de donner les moyens à ce qui peut permettre à la France de tirer son épingle du jeu dans la compétions mondiale : l'innovation et les services à fortes valeurs ajoutées. Les moineaux font des propositions pour les start-ups et les PME Nous sommes des jeunes entrepreneurs, issus des mouvements des moineaux. Nous voulons faire de nos jeunes projets, des champions mondiaux. Nous avons les capacités pour croître et recruter. Nous acceptons de prendre des risques pour créer, mais les freins administratifs qui brident notre développement peuvent nous être fatals. La structure de marché entre les grands groupes et les start-ups/ PME n'est pas la même. Nous faisons face à des carnets de commandes inconstants et nos structures ne peuvent pas absorber efficacement les coûts administratifs, les rigidités du marché du travail et l'instabilité fiscale. Il est temps d'être audacieux.

Voici nos propositions.

1. Accord confiance Start-up

a/ Dans nos entreprises, les salariés sont, sans doute plus qu'ailleurs, mobilisés, impliqués et acteurs des défis que leur entreprise doit relever. Nous demandons à ce que l'on fasse confiance aux entreprises et aux salariés pour qu'ils puissent bâtir ensemble leur projet avec plus de liberté. Cela impliquerait, pendant les trois premières années après création : de pouvoir déroger au code du travail et notamment aux durées conventionnelles du travail; de créer un contrat start-up dont les conditions sont plus souples, et dont une partie de la rémunération peut être facilement alignée sur les résultats et des objectifs fixés.

b/ Les charges sociales devraient être exonérées pour les deux premiers salariés sur une période de deux ans pour inciter au développement de l'activité et la création d'autres emplois.

c/ Les premières années, à défaut de pouvoir attirer des talents avec des salaires élevés, nous souhaitons les intéresser au capital. Nous demandons la mise en place d'un système simple d'attribution au salarié d'actions gratuites ou à prix réduit, sans taxation sur les plus-values lors ces attributions.

d/ Le statut d'auto-entrepreneur devrait être étendu pour les SARL, qui ont les mêmes niveaux de chiffres d'affaires. Ainsi, le statut autoentrepreneurial pourra être le premier étage de la fusée pour toute nouvelle entreprise.


2. Un Small Business Act audacieux

a/ Nous demandons la création d'un guichet unique des start-ups dans chaque région avec une assistance comptable, juridique, financière, en ressources humaines, propriété intellectuelle etc. Cette mesure peut s'accompagner d'un chèque service à dépenser chez les professionnels afin de faciliter l'accompagnement des entrepreneurs. C'est à ce même guichet que l'entrepreneur ferait toutes ses démarches administratives qui devront toutes être dématérialisées. Ces dernières sont un coût très important pour une jeune structure et doivent être simplifiées. A ce titre, nous regrettons que la réduction des charges n'aient pas été privilégiée aux crédits d'impôts qui représentent une n-ième niche fiscale complexe et qui nécessitera la mobilisation de ressources humaines et financières pour en obtenir le bénéfice. Nous sommes favorables à un dispositif « gagnant-gagnant » afin que cette mesure ne conduise pas à l'augmentation des dividendes des grands groupes, mais bien à l'investissement et l'emploi.


b/ L'attribution de 40% des marchés publics à horizon 3 ans aux PME. Nous demandons pour ce faire l'ouverture des données publiques (« Open Data ») en matière d'attribution des marchés publics afin de garantir une transparence totale.


c/ Peu d'acteurs font confiance aux start-ups et PME, notamment la première année, ce qui rend le recours aux crédits très difficile et complique la gestion de trésorerie. Les PME n'ont pas les capacités pour faire respecter à leurs clients les délais de paiement, ou au risque de perdre ce dernier. Ainsi, nous demandons à ce qu'un dispositif d'incitation à l'investissement dans les PME soit mis en place.

Nous lançons ainsi un appel pour une véritable collaboration participative de tous les entrepreneurs via la tribune http://moineaux.smart-tribune.com/ et souhaiterions être reçu par le gouvernement pour lui faire part de nos propositions.

*Benjamin Suchar, 25 ans, fondateur de Yoopies et CheckMyMetro

*Bastien Le Coz, 24 ans, fondateur d'AstreaCo et de la marque Bachelier

*Frédéric Pelouze, 29ans, fondateur D'Alterlitigation

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Commentaires
a écrit le 10/11/2012 à 16:33 :
Honnetement je pense qu avec ces moineaux la on va se faire plumer.
a écrit le 10/11/2012 à 6:48 :
Vous savez ce que cela donne quand une nuée de moineaux s'abat sur un jardin ? Il est ravagé.
a écrit le 09/11/2012 à 14:24 :
Bonne nouvelle pour vous: tout est déjà fait pour l'accord de confiance !
a/ Les cadres peuvent travailler au forfait mensuel et les accords d'annualisation ce n'est pas fait pour les chiens. Les nouvelles entreprises ne sont plus tenues aux 35h. J'imagine que les associés, eux, ne vont pas pointer.
Aligner une partie des résultats sur des indicateurs de perfromance ? Signez un accord d'interessement, ça existe depuis les années 60 !
b/ Si vous êtes innovant vous êtes une JEI, bonne nouvelle une partie des charges sont exonérées, assiette de 100% les 4 premières années !
c/Faites une SAS, depuis Dutreil votre pacte peux proposer des actions en échange de travail. Vous pourrez les transformer en parts norminales par la suite
d/Disons que les SAS et SARL devraient bénéficier des avantages du statut plutôt. Mais beacoup a été fait.

Allons, sortez vos oeillères, parfois idéologiques, et etudiez l'existant attentivement. Notre pays ne fonctionne pas toujours moins bien, mais parfois simplement différement. Certes il y a beaucoup d'usines à gaz, mais ce n'est rajouter une couche de droits particuliers qui arrangera l'affaire.

Pour le 'small business act', c'est du même acabit. Pour les AO, optez pour les réponses conjointes ou adossez-vous à des entreprises à même d'emporter la confiance des acheteurs publics, qui ne peuvent miser tous leur deniers sur des prestataires encore fragiles.
Réponse de le 09/11/2012 à 15:10 :
Non, toutes les start-ups ne sont pas innovante et ne peuvent pas bénéficier du statut de JEI.
a écrit le 08/11/2012 à 21:03 :
Et pourquoi pas une loi pour chaque citoyen français a ce rythme ? Celui qui fait parler de lui à droit à sa loi personnalisée. Que le gouvernement agisse et se tienne à ces choix, l'instabilité nuit à la compétitivité.

Ces personnes n'ont aucun capitaux, aucune idées innovantes, aucunes compétences, aucune légitimé en terme d'économie.

20 ans, 60h/semaine, à peine le SMIC ? C'est le deal, mec. Quand tu te lance dans l'aventure de l'entrepreunariat, il faut avoir des fonds pour survivre 1 an, au moins, sans faire aucun bénéfice.

1.
La rémunération basée sur les résultats ? Rien de nouveau ici, ça s'appelle "être associé". Un employé est régit par le code du travail, donc SMIC. Sinon, autant aller en Chine, ils garantissent 2?/h.

Cela va fausser les chiffres donc impossible d'embaucher ou de développer l'activité avec des chiffres erronées par rapport à la réalité.

Existant.

C'est déjà le cas.

2.
Une assistance de l'état ? Avec les pépinières d'entreprises, vous possédez déjà un local, un téléphone, une ligne internet... Pourquoi pas quelqu'un pour faire votre boulot ?
Qui paye cet assistanat ? Le mec qui va accepter votre contrat "Start-up" quand il aura gagner 1 euro.

40% des marchés publics ? Tu les auras quand tu auras prouvé que tu es compétent.

Un crédit pour ? Vous montez des industries ?


Soyons sérieux, on parle de compétitivité là. Vous proposez sous prétexte que les PME sont l'avenir qu'on devrait vous offrir un salaire de 5000euros dès le premier mois, engagez des talents pour faire le travail à votre place...

Sorti d'école de commerce, ils ont des idées, mais ils ne savent pas les concrétiser, ils leur font donc des esclaves compétents à prendre en stage pour réaliser leur projet, voir que celui ci est non viable et se payer des vacances avec l'argent des bourses qu'ils auront obtenu en vendant leur gueule devant une assemblée de gens pensant investir dans le nouveau "Facebook".
a écrit le 08/11/2012 à 15:00 :
Plusieurs de ces propositions me plaisent mais 40% des marchés publics pour des PME, c'est juste infaisable! je suis d'accord pour réserver une partie des marchés publics aux PME mais ce chiffre de 40% me parait totalement farfelu!
a écrit le 08/11/2012 à 12:13 :
Tous les AE n'ont pas les épaules pour passer aussi rapidement en SARL, ce qui donnera un chiffre croissant de chômeurs en +++... bravooo alors que c'est déjà alarmant... !!!
Et question tarification, tous les AE ne font pas une concurrence déloyale aux artisans en société... il faudrait arrêter de mettre TLM dans le même panier... !!!

BREF... en prévision, beaucoup de retour "travail au black", est-ce que c'est mieux franchement ? posez-vous la question ! Pfffff bravoooo pour cette belle bêtise catastrophique... !!!
Réponse de le 08/11/2012 à 12:44 :
un AE ne touche pas le chomage, je comprend pas tellement votre raisonnement
Réponse de le 08/11/2012 à 15:32 :
Je n'ai pas dit qu'un AE touchait le chômage... mais que les AE contraints d'arrêter devront aller ou retourner pointer au chômage... !!!
a écrit le 08/11/2012 à 11:53 :
J'espère que le gouvernement sera aussi attentif à ce nouveau collectif, qui propose pour le moment de bonnes idées , simples à mettre en place. Je penses que la France a beaucoup à apprendre de ces jeunes entrepreneurs.
L'open data est une priorité absolue pour les prochaines années, il faut accélérer le mouvement.
Il faut aussi faciliter au maximum l'investissement direct des français dans les petites structures ( startup , PME ),car l'innovation en France ne peut venir que de petites structures.
a écrit le 08/11/2012 à 11:35 :
eolivier tu na pas tort la franchement il y a de quoi quitté la france pour allé vivre dans un autres pays pourquoi pas ?
Réponse de le 08/11/2012 à 18:46 :
Pour le français, ce n'est pas votre fort!!! alors un autre pays une autre langue , phonetique pourquoi pas
a écrit le 08/11/2012 à 11:01 :
Après les pigeons les moineaux, il y a beaucoup de "piafs" en France. Il suffirait qu'il y est moins d'état pourtant. Là ça donne juste l'impression que c'est a celui qui fera le plus de bruit devant l'Elysée pour récupérer le plus de couverture et de grain pour passer l'hiver.
a écrit le 08/11/2012 à 11:00 :
Les idées sont bonnes, mais notre gouvernement actuel - comme les autres - manque d'audace et d'innovation. Les petits n'intéressent pas car ils ne bénéficient pas de puissants lobbies comme les gros du CAC 40. Bref tout est fait pour décourager les petits et ça continuera (je doute que Flamby soit capable de relever un tel défi), et je parle en connaissances de causes pour avoir fait tourné une Sarl pendant 5 ans. Aujourd'hui la Sarl est radiée et je bosse en Suisse : j'invite tous les français entrepreneurs à quitter la France, ils seront mieux respectés ailleurs !

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