L'Allemagne : un modèle économique à l'origine de ses propres fragilités

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L'Allemagne est présentée comme un modèle pour la France. Romain Sarron, économiste à COE Rexecode et spécialiste de ce pays, note que le modèle a toutefois des failles, et que l'Allemagne aura a faire face à un certain nombre de défis dans les années qui viennent.

Exception faite de l'épisode récessif de 2009, les bonnes performances économiques allemandes initiées au cours de la deuxième moitié des années 2000 ont porté aux nues les vertus du « modèle allemand », encensé non seulement en France mais aussi à travers toute l'Europe. Fondé principalement sur la compétitivité des entreprises et la maîtrise des comptes publics, ce dernier est apparu comme un recours aux modèles visant à stimuler la croissance par la consommation et l'endettement, qu'il soit privé ou public.

A la lumière des débats récents, il semble qu'une distinction doive être faite entre ce que l'on désigne communément sous l'appellation de « modèle allemand » et les mesures adoptées en Allemagne au début des années 2000 dans le cadre de « l'agenda 2010 » fixé par le Chancelier Gerhard Schröder et poursuivi depuis par Angela Merkel. Ces réformes ne doivent d'ailleurs pas être perçues comme une remise en cause des principes fondamentaux du « modèle allemand » mais plutôt comme une réponse aux nouveaux défis posés par l'intensification de la concurrence internationale et par les pertes de compétitivité endurées par les entreprises allemandes durant les années 1990.

Le modèle allemand : une économie sociale de marché

Le modèle allemand, fondé sur l'économie sociale de marché, tire ses origines de l'analyse de la crise de 1929 et s'est construit au sortir de la seconde guerre mondiale en réponse aux modèles totalitaires nazi et communiste en RDA. Il place les entreprises au c?ur de la stratégie économique et de l'intégration sociale. La croissance économique et par la suite le niveau de la consommation dépend de leur compétitivité. Celle-ci reste un moyen et n'est pas une fin en soi. Le Mittelstand, tissu d'entreprises compétitives de taille moyenne et tournées vers des stratégies de long terme, est l'incarnation de ce modèle.

Au début des années 2000, le climat conjoncturel est relativement dégradé en Allemagne, qui est présenté comme « l'homme malade » de l'Europe et qui doit en plus absorber le choc engendré par la réunification. L'activité est peu dynamique (1,3% de croissance par an en moyenne entre 1997 et 2005). Les déficits publics s'établissent au-delà de la limite de 3% du PIB fixée par le Pacte de stabilité et de croissance. Les entreprises ont perdu en compétitivité. Le taux de chômage reste figé aux alentours de 10%. Face à ce constat, les autorités allemandes ont essayé de répondre de manière pragmatique. De nombreuses mesures ont été adoptées (Lois Hartz I, II, III et IV sur le marché du travail entre 2003 et 2005, réforme de l'assurance-maladie en 2003, introduction d'une TVA sociale en 2007). Des accords de compétitivité ont été conclus au sein des entreprises et ont entraîné une politique de modération salariale, conditionnée le plus souvent par le maintien de l'emploi et le renoncement à des plans de délocalisation.

Ces mesures ont permis de restaurer voire de renforcer les atouts structurels de l'économie allemande (industrie exportatrice haut de gamme, compétitivité coût, fiscalité favorable à l'emploi et à la croissance, utilisation de la main d'?uvre qualifiée des pays émergents, équilibre des finances publiques, profitabilité des entreprises). Elles ont toutefois renforcé les fragilités inhérentes au « modèle allemand ».

Un modèle à l'origine de ses propres fragilités

La croissance allemande provient excessivement de la capacité à exporter du secteur industriel et de l'investissement productif des entreprises. Le ralentissement conjoncturel qui se manifeste actuellement outre-Rhin est pour partie expliqué par l'affaiblissement de la demande des pays européens, principaux clients à l'exportation de l'Allemagne (60% des exportations). Les anticipations négatives en termes d'exportations pèsent aussi fortement sur les décisions d'investissement des chefs d'entreprise qui restent dans une position d'attente. L'investissement en biens d'équipement des entreprises s'est contracté de plus de 7% depuis un an. Ce manque d'investissement accroît l'obsolescence du capital productif et abaisse à terme la croissance potentielle. Un affaiblissement durable de la croissance en Europe aurait donc un effet négatif relativement prononcé sur l'économie allemande.

Le « modèle allemand » se caractérise également par la faiblesse de la demande des ménages. Celle-ci s'explique notamment par la déformation des conditions de répartition des gains de productivité au profit des entreprises qui est à l'origine de la phase de modération salariale intervenue au cours des années 2000. La consommation des ménages est également pénalisée par le niveau élevé deleur taux d'épargne, conséquence du vieillissement démographique. Si cette faiblesse relative de la consommation privée a rendu l'Allemagne dépendante de la situation économique de ses partenaires commerciaux, il est à relever qu'elle progresse désormais plus vivement qu'au début des années 2000 et qu'en France. Le niveau de consommation par tête est redevenu significativement supérieur en Allemagne par rapport à la France.

Dualité du marché du travail

Les réformes menées sur le front de l'emploi ont conduit à une dualité du marché du travail selon que les emplois soient soumis ou non à cotisations sociales. Ces réformes ont permis de réinsérer sur le marché du travail des personnes auparavant sans emploi. Un pas a donc été franchi. Mais il reste désormais à assurer la transition de ces personnes d'un emploi précaire vers un emploi durable. Sur ce point, les avancées semblent plutôt lentes. Par ailleurs, la loi Hartz IV, qui a durci le régime d'indemnisation des demandeurs d'emploi, a contribué à l'augmentation du risque de pauvreté des demandeurs d'emploi. Ainsi, 70,3% des chômeurs sont pauvres en Allemagne, contre 33,5 % en France. En revanche, les taux de pauvreté au travail sont identiques de chaque côté du Rhin avant transferts fiscaux et sociaux. Ce n'est qu'après redistribution que les taux de pauvreté au travail divergent en défaveur de l'Allemagne.

Le principal défi auquel l'économie allemande est d'ores et déjà confrontée est celui de la démographie. La rareté relative de la main d'?uvre qualifiée, notamment dans les secteurs les plus exportateurs, a permis d'expliquer la forte rétention de main d'?uvre pendant la récession. Cette tendance devrait s'amplifier à plus long terme. D'ici à 2050, la population active se contracterait d'un tiers. Il faut ajouter à cela l'allongement de l'espérance de vie. En 2010, on comptait en Allemagne 2,9 personnes de 20-64 ans pour une personne de 65 ans ou plus. En 2060, ce ratio passerait à 1,5. Ces évolutions sont de nature à remettre en cause la pérennité des régimes sociaux. A l'avenir, les dépenses de pensions de retraite devraient augmenter plus vite en Allemagne (+2,6 points de PIB entre 2010 et 2060) qu'en France (+0,5 point). Mener une politique d'immigration soutenue permettrait de surmonter la dynamique démographique défavorable à laquelle l'Allemagne est confrontée. Ce n'est pas le cas aujourd'hui.

 

par Romain Sarron, diplômé de l'ENSAE et titulaire d'un Master 1 d'économie de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a rejoint Coe-Rexecode en 2011 en tant qu'économiste. Il y est chargé du suivi des pays d' Europe centrale et orientale ainsi que de l'Allemagne au sein du département Conjoncture.

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a écrit le 07/12/2012 à 17:53 :
http://www.lesechos.fr/opinions/analyses/0202433964605-les-trois-limites-du-si-envie-modele-allemand-518361.php
a écrit le 07/12/2012 à 8:12 :
Du à l?énorme excédent commercial allemand (16 Milliards par mois, je répète : PAR MOIS, en moyenne et ceci depuis 17 ans) l'Euro est surévalué pour la plus part des autres pays de l'Union monétaire. Cela favorise les importations et pénalise les exportations, de la le déficit de la balance commerciale de la plus part des pays de la Zone Euro dont la France, le chômage en général mais surtout des jeunes et les déficits budgétaires qui en découlent par manque à gagner.
Pire encore, les bénéfices réalisé par les entreprises allemandes dans les pays déficitaires de la Zone Euro sont en grande partie réinvestis en dehors de celle-ci, souvent dans les pays de l'ancien bloc soviétique, ce qui en fait n'est autre qu'une fuite de capitaux légale. Consequence, le centre politique et économique se déplace vers l'est, plaçant ainsi l'Allemagne au centre de celle-ci.
Le chômage surtout des jeunes qui en découle oblige beaucoup de jeunes hautement qualifiées à chercher fortune sur d'autres continents, ce qui est non seulement une la tragédie humaines mais équivaut à un drainage de cerveaux qui à long terme s?avérera tragique économiquement pour toute l'Europe.
Il faut revoir les traités pour pouvoir arriver à une plus grande convergence des économies de la zone Euro et à une répartition horizontale du travail entre les pays membres si nous voulons réussir l'Europe.
Réponse de le 07/12/2012 à 12:20 :
1. L'Allemagne a excédent commercial depuis qu'elle existe; enfin 1ere année de sa création en 1950 (création politique 1949), elle a dû investir, donc elle était en déficit puis en équilibre en 1951, donc depuis 1952, la RFA a un excédent commercial. Cela fait donc 60 ans d'excédent et non pas 17!
2. Je ne vais même pas le vérifier mais l'excédent commercial n'est pas de 16 milliard par mois en moyenne, sauf si éventuellement vous prenez la moyenne par mois sur les dernières 17 années: votre approche analytique laisse prédire qu'au niveau professionnel vous êtes inemployable.
3. Oubliez l'euro ou la force du DM dans l'explications des échanges, la preuve, maintenant 2/3 tiers des exportations allemandes vont hors zone euro.
4. La force exportatrice des entreprises allemande emploi des millions de personnes dans la zone euro hors allemagne
5. Entre drainage de cerveau et drainage de cerveau, il y a une différence. Le déni est un drainage de cerveau, une fuite de la réalité qui explique votre contribution, vos difficultés à vous insérer dans le monde réel du travail et vos difficultés seront les miennes, car nous faisons partie de la même société qui s'autodraine les cerveaux.
a écrit le 06/12/2012 à 17:29 :
Depuis environs 17 ans l'Allemagne a un excédent de la balance commerciale de 16 Milliards PAR MOIS en moyenne. Excédent réalisé principalement en Zone Euro et grâce à l'endettement des pays importateurs de biens allemands (y compris l'armement pour la Grèce). Malheureusement les bénéfices ainsi réalisés par les grosses entreprises allemandes ont très souvent été réinvestis en dehors de la Zone Euro dans les anciens pays du bloc soviétique et non pas dans les pays ou ils avaient été réalisés, avec pour conséquence le chômage des jeunes dans les pays déficitaires dont la France. L'Allemagne déplace ainsi le centre de gravité économique et politique de l'Europe vers l'Est, ce qui la met au centre de l'Europe.
La France est en partie responsable de ce développement, les accords imposés par l'axe franco-allemand aux autres membres de l'UE avantagent surtout l'Allemagne, la France n'ayant pa su en profiter !
Réponse de le 03/10/2014 à 22:18 :
Si c'est vrai, c'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c'est évidemment pour le pouvoir d'achat des salariés. La mauvaise c'est pour les dirigeants d'entreprises dont on ne peut que questionner l'honnêteté, la responsabilité et le bon sens puisqu'ils pleurent sans cesse par ailleurs au prétexte d'une baisse de leurs marges???
a écrit le 06/12/2012 à 16:28 :
Toutes ces critiques sur la pauvreté en Allemagne sont fausses. Car en France, on a plus de chômeurs, et ils sont plus pauvres que les Allemands; Et en Allemagne, les loyers sont moins chers et la nourriture aussi. En Allemagne, ils ont deux fois moins de fonctionnaires qu'en France. Ils dépendent des exportations, mais la France aussi, avec Airbus, Alsthom, etc. Alors l'Allemagne est dans une situation un million de fois meilleure que la France.
Réponse de le 06/12/2012 à 16:56 :
Je vous conseille d'aller vivre dans le Land du Brandebourg. Vous y verrez si la misère est plus acceptable qu'en France. Perso, c'est pas mon ressenti.
Réponse de le 07/12/2012 à 0:16 :
Je vous conseille d'aller vivre dans les départements les plus pauvres de France, la Seine-Saint-Denis, le Pas-de-Calais, la Creuse... Vous verrez si la misère est plus acceptable qu'en Allemagne.
Réponse de le 07/12/2012 à 14:30 :
Et bien, en l'occurrence, j'ai vécu dans le Brandebourg et dans le Pas-de-Calais (et carrément le Bassin Minier).

Maintenant, ce que j'ai vu dans le Brandebourg, ce que j'appelle l'Allemagne de l'Est, je l'ai pas toujours vu dans le Pas-de-Calais et vice-versa. Mais je me garderais bien de comparer l'un à l'autre.

Et puis je sais que c'est pas cher la vie dans le Brandebourg mais quand un quart de la population active travaillant gagne 400 euros ou moins, même si les loyers sont moins chers, ça permet pas de vivre décemment. Même en Allemagne de l'Est.
a écrit le 06/12/2012 à 15:34 :
Ainsi, 70,3% des chômeurs sont pauvres en Allemagne, contre 33,5 % en France.
Je rêve : on a l'impression à lire l'article que c'est bien d'avoir de riches chômeurs en France ! Alors qu'il y aurait à redire sur le nombre de personnes aisées qui émargent au chomdu en attendant tranquillement l'extinction des droits avant de lever le bout d'un petit doigt.
Perso, à une période, j'ai préféré renoncer à m'inscrire au chômage alors que j'aurais pu y prétendre et j'ai passé un an et demi sans allocs, sans filet, à créer et retaper un gîte, avant même de relancer une autre activité... Enfin, à chacun sa vision des choses.
Réponse de le 06/12/2012 à 22:25 :
L'écrasante majorité des personnes qui se retrouvent au chômage ne peut pas se payer le luxe de refuser ses droits au "chomdu".
a écrit le 06/12/2012 à 14:07 :
* Pour l'Allemagne, attirer une main d'oeuvre qualifiée ne parait pas une difficulté insurmontable : d'ailleurs, elle attire déjà des diplomés européens espagnols en recherche d'emploi.
* Même si cela prend un peu de temps et peut provisoirement ralentir sa croissance, l'Allemagne rééquilibrera ses échanges en faveur des BRICS et au détriment de l'europe déclinante, et le tour sera joué.
Réponse de le 06/12/2012 à 14:46 :
L'article de Mr Sarron est maintenant bien "caché". J'avais parlé du réequilibragre et dynamisme impressionant des exportations allemandes qui sont bizarrement déformé dans cette article; donc je vous "colle" un autre cocorico de ce jour du Handelsblatt :
44 % des exportations vont donc hors Europe; contre 40 % l'année dernière et en contraste 80 % des exportations françaises restent en Europe, et 60 % en zone euro, maintenant 3 fois plus que l'Allemagne qui exportent moins de 20 % en zone euro;

Ausfuhren in Länder außerhalb der Eurozone haben für Deutschlands Exportwirtschaft die Folgen der Staatsschuldenkrise in den vergangenen Monaten mehr als ausgeglichen. Deutschland exportierte von Juli bis September Waren im Gesamtwert von 275,4 Milliarden Euro - ein Plus von 3,6 Prozent gegenüber dem Vorjahresquartal, wie das Statistische Bundesamt am Dienstag mitteilte. Besonders der Export in die USA und Länder Asiens zog an.

Um satte 9,9 Prozent wuchsen die Ausfuhren in Länder außerhalb der EU gemessen am Warenwert, wie die Statistiker mitteilten. Ihr Anteil erhöhte sich im dritten Quartal demnach auf 44,4 Prozent der deutschen Exporte. Die Ausfuhren in Länder innerhalb der Eurozone gingen hingegen im Zuge der Eurokrise um drei Prozent zurück, wie die Statistiker mitteilten.
Laut Bundesverband Großhandel, Außenhandel, Dienstleistungen (BGA) überschritten die deutschen Exporte Ende November erneut die Billionen-Grenze. 2011 hatte Deutschland erstmals Waren und Dienstleistungen im Wert von über einer Billion Euro ausgeführt. 2012 wird sich der Wert der Ausfuhren nach Berechnungen des BGA voraussichtlich auf 1103 Milliarden Euro belaufen. Das wäre ein Anstieg um vier Prozent im Vergleich zum Vorjahr.
a écrit le 06/12/2012 à 13:49 :
Ce que montre l'article, c'est que si il y a un modèle allemand, il n'est en aucun exportable aux autres pays européens. En effet, il est impossible de n'avoir en Europe que des pays exportateurs alors que nous échangeons principalement entre nous. Eh oui, première leçon d'économie : "toute chose égale par ailleurs".

Ensuite, ce que l'article n'indique que très brièvement, c'est la montée des inégalités et de la pauvreté en Allemagne. 70% des chômeurs pauvres en Allemagne, c'est affligeant ! Peut-on, dans le soucis d'avoir des comptes publics équilibrés et une économie dynamique, accepter de laisser sa population s'affaiblir ? L'économie ne devrait-elle pas être au service de l'homme et non l'inverse ?

Et plus globalement, à l'échelle européenne : ne pourrait-on pas réfléchir à un modèle de croissance économique aujourd'hui qui repose sur l'enrichissement de tous et non pas d'une minorité ?
Réponse de le 06/12/2012 à 14:19 :
+100
Réponse de le 06/12/2012 à 14:51 :
Vous posez la vraie question ! OUI ,c'est tout à fait possible de faire en sorte qu'il y ait une juste répartition des richesses --que nous savons produire en quantité de plus en plus importante -- de façon à ce que les plus humbles aient le nécessaire pour vivre , ce qui ne manquerait en aucune manière aux autres """il y a tellement de Gaspillage ! "" . Nos hommes politiques se font élire dans ce but --c'est ,du moins,ce qu'ils prétendent être prêts à faire dès que le vote les désignera ...-- MAIS ,il parait que l' OUBLI est la Première Qualité de l'Homme (d'après un grand philosophe !!!) mais on ne veut tout de même que l'on n'oublie PAS certains détails !!!
a écrit le 06/12/2012 à 11:52 :
Montrer les limites d'un modèle ne veut pas dire condamner un modèle. Après je suis d'accord avec beaucoup, le problème du modèle français est qu'il marche suffisamment bien pour se contenter d'une situation médiocre. La France est un élève doué qui n'a pas besoin de beaucoup travailler pour réussir (moyennement). Un élève qui se contente de notes moyennes qu'il obtient sans trop effort. Jaloux les nations qui aimeraient s'en sortir avec si peu d'efforts, sévères celles qui estime que notre pays gâche ses immenses talents....
a écrit le 06/12/2012 à 11:22 :
le problème du modèle allemand n'est pas sa démographie.
le problème du modèle allemand est - toute proportion gardée - le même que celui de la Chine que tant ici et ailleurs décrient. l'allemagne a choisi de favoriser ses exportations au détriment de sa consommation intérieure. elle dégage ainsi (et non seulement pas sa compétitivité industrielle) des excédents commerciaux énormes. Plus important encore que la Chine.
L'Allemagne doit rééquilibrer son modèle en favorisant la consommation de ses ménages soit en baissant leurs impôts (TVA impôt sur le revenu etc...) soit en augmentant leurs revenus. Tout le monde y gagnera : la croissance économique allemande qui accélèrera fortement, les ménages allemands et les économies du sud de l'Europe qui auront de plus grands débouchés dans la principale économie de la Zone.
Réponse de le 06/12/2012 à 12:07 :
Mr Sarron l'écrit: " Le niveau de consommation par tête est redevenu significativement supérieur en Allemagne par rapport à la France." Enfin il ne donne aucune source pour ses chiffres, mais de mémoire, je sais que le niveau de consommation est proche, légèrement plus faible en Allemagne, mais la "dynamique" aurait bien pu changer. Donc encore une fois, pas d'erreur dans ''analyse". Par contre un grand poste de conso sont les vacances des allemands et ceci souvent à l'étranger et en Europe. Une conso qui va directement dans la poche d'autres pays; la France a besoin de touristes! L'économie française plongerait si elle ne pouvait pas exporter ses produits en Allemagne; L'Allemagne est la plus grande machine d'importation d'Europe, rien ne marcherait plus si les échanges (dans les 2 sens) s'arrêteraient. Une grande partie des importations sont transformées est revendues, donc ne sont pas consommées! Puis revenons sur terre, les ménages vont bien en Allemagne, mais ils sont libres à consommer ce qu'ils veulent! Par contre, la stimulation de la demande par la fiscalité est difficile à faire quand on se porte garant pour les finances des autres états. Pas une mauvaise idée à long terme, mais l'Allemagne est aussi toujours très endetté. Donc il y a trop de facteurs tangibles pour "réver à la française".
Réponse de le 06/12/2012 à 13:47 :
http://www.senat.fr/rap/r10-663/r10-66319.html La consommation intérieure de l'Allemagne est supérieure à celle de la France.
a écrit le 06/12/2012 à 10:12 :
"Romain Sarron, économiste à COE Rexecode et spécialiste de ce pays, note que le modèle a toutefois des failles..." Certes, mais au moins, c'est un modèle qui a le mérite d'exister et de fonctionner. Les français critiquent tous leurs voisins depuis 40 ans, sans oublier les méchants américains, mais ne font rien et laissent leur pays partir à la dérive, c'est bien la pire des attitudes.
Réponse de le 06/12/2012 à 11:44 :
Enfin "spécialiste" de ce pays, je mettrais ça en "". Le Handelsblatt publie un "cocorico" sur la performance supérieur de l'économie allemande en Europe et ceci en termes d'innovation. Mr Sarron pourrait nous le commenter? il est payant.... puis comme il est fait partie des "triomphalistes démographiques", pourrait-t'il parler des effort de l'enseignement (assez mauvais selon PISA) qui ont été entrepris en Allemagne, tandis qu'en France le chômage des jeunes augmente fortement et le niveau d'enseignement baisse régulièrement? Il y a tellement de domaines sur lesquelles l'Allemagne fait mieux que la société française qu'il faudra un jour enfin arrêter de parler d'un "modèle allemand". il n'existe pas; la réalité est beaucoup plus complexe. Mais je vous rejoins, la critique permanente des USA et de l'Allemagne est une maladie cérébrale. Heureusement que ce n'est pas contagieux, contrairement à la maladie de "la vache folle"! Sommes nous des veaux?
Réponse de le 06/12/2012 à 13:42 :
D'après De Gaulle, oui !!!
« Les Français sont des veaux »
De toute manière, on a les politiques que l'on mérite.

Le bateau coule et les français, tout en dansant sur le pont, disent qu'il y a une montée des eaux...mais surtout pas qu'ils coulent, car la grandeur de la France que l'on nous rabâche nous aveugle.

Réponse de le 06/12/2012 à 13:53 :
@déni de réalité. Au fond je suis d'accord avec vous, il n'existe pas de modèle allemand et c'est peut-être cela la clef de leurs nombreuses réussites ces dernières années. Il existe des problématiques concrètes auxquelles les allemands ont su apporter des réponses, certes imparfaites, mais des réponses qui fonctionnent globalement. A contrario, les français ont un "modèle" un "schéma intellectuel préétabli" pour toute chose et dont ils ne peuvent se défaire, même lorsqu'il se pulvérise sur la réalité qui les entourent. Une drôle de mentalité normative qui explique notre goût immodéré pour l'administration et la planification. C'était très vrai ces 10 dernières années avec l'UMP, ça l'est malheureusement encore plus aujourd'hui avec le PS.
Réponse de le 06/12/2012 à 16:11 :
Je vous rejoins, votre contribution est une explication intéressante pour le "déni" très et trop français. Une mentalité normative, oui, qui doit être absolument préserver. A tous prix. Coûte que cela coûte...Et depuis trop longtemps.
a écrit le 06/12/2012 à 10:00 :
Des explications décousues et un article sans erreurs factuelles; est-ce suffisant pour décrire la réalité économique d'un pays? Espérons que Coe-Rexecode va pardonner à sa nouvelle recrue cet article. J'avais plutôt une bonne image de cet organisme. Il n'y aucun passage dans cet article qui tient debout, car l'analyse des faits mène à la désinformation. Quelques exemples:
Situation dans les années 90:
" l'intensification de la concurrence internationale et par les pertes de compétitivité endurées par les entreprises allemandes durant les années 1990."
Quand une bombe explose à coté d'un journaliste, il ne devrait se limiter à dire que des débrits aurait endommagés un bus et l'entré d'une banque. Il faut mentionner la "bombe". Aucun pays de l'Europe occidentale ( j'exclu la grèce) n'a jamais connu une telle descente aux enfers économiques que l'Allemagne après sa réunification. Les coûts de la réunification sont évalués jusqu'en 2009 à environ 1.3 à 1.6 billions d'euro et augmentent d'environ 100 milliards d'euro par an. (1 billion = 1000 milliards).
A la fin de cette descente en 2001 ou 2002 un allemand disposait le même (faible) pouvoir d'achat qu'un français! L'écart a été pourtant supérieur d'une vingtaine de points sur une base de 100 (eurostat) au début de la réunification. Une France qui se sentait forte grâce à "l'homme malade" de l'Europe. Une forme de déni. Aujourd'hui et depuis, l'écart de creuse de nouveau entre les 2 pays et le pouvoir d'achat de l'allemand réunifié dépasse celui du français de 13 point en 2011 (120 contre 107 sur base de 100 pour l'Europe) Le pouvoir d'achat des français ne cesse de décliner en passant de par des phases de stagnation. Le contraire en Allemagne et 2012 sera encore une année ou l'écart grandira comme en 2013 et 14 et 15 etc.
2 eme point d'une analyse désastreuse: "Le ralentissement conjoncturel qui se manifeste actuellement outre-Rhin est pour partie expliqué par l'affaiblissement de la demande des pays européens, principaux clients à l'exportation de l'Allemagne (60% des exportations)." L'omission est dans le manque de comparatif et l'omission de dire que l'évolution des exportations est très bonne en Allemagne: 40 % justement sont destinés aux pays dynamiques hors Europe et 20 % dans une zone hors euro plus dynamaique (sauf UK) Exportation zone euro Allemagne : en baisse (relative) à moins de 20 % des exportations / France presque 60 % sont exporté en zone euro: 3 fois plus! Allemagne 60 % des exportations vont en Europe tandis que presque 80 % des exportations française restent en Europe.
Incapacité de comprendre les chiffres : "Ainsi, 70,3% des chômeurs sont pauvres en Allemagne, contre 33,5 % en France"; donc quand il 2 fois moins de chômeurs en Allemagne qu"en France (et la dynamique; c'est à dire l'avenir n'est pas le même!) il y autant de "pauvres" en % dans les 2 pays. Ommission grave:très peu de chômeurs jeunes en Allemagne; 2 à 3 fois plus en France.
"Mener une politique d'immigration soutenue permettrait de surmonter la dynamique démographique défavorable à laquelle l'Allemagne est confrontée. Ce n'est pas le cas aujourd'hui." Plus que constestable! l'Allemagne est le principal pays d'acceuil dans le monde après les USA. Une politique d'immigration "choisi" se met en place, jamais l'Allemagne a acceuilli autant d'immigrants européen, de pays qui ont des taux de naissance identique à l'Allemagne (Italie, Espagne, Portugal par exemple) Mr Sarron vous donnez l'exemple d'un économiste qui ne sait pas effectuer une pourtant très simple analyse d'un pays exemplaire des ces richesses de bases de données économiques. Après cet article, vous garderez tout de même votre emploi? Il est rare de lire autant de sottises et qui sont "inconstestables" en plus! Plutôt qu'un déni, je dirais que ceci est une déformation voulu de la réalité. Oublions un peu les allemands, mettez leurs difficultés en avant mais relativisez les informations par ce qui se passe en France! C'est urgent et important. La France va devoir prendre le chemin des réformes.

Réponse de le 06/12/2012 à 11:45 :
Bien analysé et surtout "réaliste" . A compris que les journalistes sont (presque toujours) à la botte . C'est leur gagne-pain ! Déformer la réalité rapporte plus au scribouillard !!!
a écrit le 06/12/2012 à 9:56 :
Bien sûr que le modèle allemand à des faiblesses, mais quel modèle n'en a pas? La France à certe un fort taux de natalité, mais également un fort taux de chômage chez les jeunes (25,5%), donc moins de cotisant pour les caisses de retraite, et plus de pression sur les prix des logements qui mange une part grandissante des revenus (loyer ou prêt). Concernant l'immigration, l'Allemagne commence a attirer de plus en plus de jeunes du Sud de l'Europe qui fuient le chômage. Ces jeunes sont pour la plupart qualifiés et ne trouvent pas d'emplois dans leur pays (55,9% de chômage chez les jeunes espagnols), il y a même en Espagne et en Grèce une explosion de demande pour des cours d'allemand.
a écrit le 06/12/2012 à 9:21 :
la démographie prouve que les allemands ont tort ?
On est franchement jaloux de ce modèle de réussite avec ses quelques failles alors que nous nous accrochons pour ne pas être sortis comme des malpropres. Je travaille dans l industrie ( ce qui n est pas le cas du rédacteur de l article ) et je constate la force très supérieure des entreprises allemandes en nombre et en dynamisme. Nous , les français avons quelquefois des produits meilleurs mais nous ne sommes plus beaucoup perçus comme crédibles.
a écrit le 06/12/2012 à 8:48 :
Et si la décroissance démographique de l'Allemagne était une chance ? Ils auront moins de chômeurs à charge et peu de problèmes de logement : des économies de plusieurs milliards d'euros par an. Tant qu'ils resteront riches, ils n'auront pas de problème pour attirer des jeunes qualifiés de toute l'Europe. Notre croissance démographique, vu l'absence de places pour les jeunes, nous est une charge, d'autant que les meilleurs de nos jeunes partent à l'étranger.
Réponse de le 06/12/2012 à 14:01 :
Vous imaginez le marche du travail comme un bus qui serait déjà rempli et donc dans lequel il faudrait faire sortir des passagers (vieux, étrangers, femmes) pour en faire rentrer d'autres (jeunes diplômés). Le marché de l'emploi est ainsi fait qu'il est plutôt un accordéon. Empiriquement, ce qu'on remarque au niveau européen, c'est que plus vous avez une forte proportion de personnes recherchant un emploi en comparaison à la population totale, moins le chômage est fort. C'est paradoxal à première vue. Mais plus y'a de gens qui côtisent, plus y'a de gens qui consomment. Plus l'économie est dynamique. C'est pour cela que les pays recevant le plus d'étrangers (à l'heure actuelle, l'Allemagne, l'Australie, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne) et ceux ayant un âge de retraite très reculé (pays scandinaves) ont les économies les plus dynamiques. Si il suffisait de vivre dans un pays de moins de 10 millions d'habitants pour ne plus avoir de chômage, ça se saurait. A contrario, des pays comme l'Italie ou la Grèce ayant une faible proportion de femmes recherchant un travail, subissent un chômage élevé.

Par contre, avoir une démographie galopante, si c'est bon pour l'économie, c'est dangereux pour la planète.
Réponse de le 06/12/2012 à 15:39 :
Didier, ça ne marche pas comme ça. Je rejoins Cyrille. J'ai bossé il y a quinze ans pour des newsletters destinées à des présidents d'université où l'on annonçait la fin du chômage pour les années 2010 avec le départ massif à la retraite des baby boomers. Qu'en est-il ? Exactement l'inverse. Quid des Japonais ? Depuis le nombre d'années où leur démographie est en berne, ils devraient carburer. Or, leur PIB/hab est repassé dessous celui de la France, la stagnation s'est installée. Une démographie dynamique ne fait pas tout, mais c'est un moteur, parmi d'autres, d'une dynamique économique.
Réponse de le 06/12/2012 à 17:10 :
http://www.touteleurope.eu/fr/actions/social/emploi-protection-sociale/presentation/comparatif-sur-le-taux-d-emploi-des-femmes-et-des-hommes-dans-l-ue.html

Ecart du taux d'emploi des hommes et des femmes : Allemagne, 9 points
France, 8 points.

En France, la population active (en emploi ou en recherche d'emploi) continue d'augmenter, mais les départs de Baby Boomers constituent bien un ballon d'oxygène. En Allemagne, elle commence à baisser.

Ce n'est pas politiquement correct, mais c'est comme ça : plus de chômeurs, ça coûte et ça n'aide pas à payer les retraites, ça ne soutient pas la consommation, ça détruit le lien social. Après, il ne suffit pas d'avoir moins de jeunes pour résoudre les problèmes, je suis d'accord, mais l'exemple de l'Allemagne est à méditer.
a écrit le 06/12/2012 à 7:08 :
Quand il n'y aura plus d'allemands, les problèmes de l'Allemagne seront réglés, ben ça c'est sûr ! Croquignolesque le commentaire du rentier arc-bouté sur sa petite cassette et qui a peur de la jeunesse ...
a écrit le 06/12/2012 à 0:27 :
La baisse de la démographie n'est pas un problème pour peu qu'il y ait une bonne politique d'immigration.
Est-ce que la France profite de sa natalité a part grossir les rangs des précaires?
a écrit le 05/12/2012 à 23:29 :
Il faut prendre en compte de la ponction démographique que les allemands font sur tous les pays avoisinants dès qu'il ont besoin de peuplade.
Réponse de le 06/12/2012 à 8:38 :
Je vous conseil une bonne camomille et au dodo.
Réponse de le 06/12/2012 à 13:55 :
@Adolf Hitler. Ce qui n'est bien évidemment pas le cas de la France. Quelle blague !
a écrit le 05/12/2012 à 23:02 :
l'Allemagne futur pays de vieux raleurs et égoistes.
Réponse de le 06/12/2012 à 12:28 :
La France, déjà un pays de vieux égoistes et raleurs...
Réponse de le 06/12/2012 à 15:02 :
Vous oubliez que la France est aussi un pays de vieux râleurs et égoïstes, mais c'est plus facile d'accuser les autres pays de ses propres défauts.
a écrit le 05/12/2012 à 20:39 :
globalement d'accord sur l'article, bien que je n'ai pas vu ' les syndicats ne sont pas la pour faire la lutte des classes et couler les boites comme en france', le dialogue social y est en general largement meilleur ( ca n'empeche pas les crispations)... pour le recul de l'investissement productif, c'est juste que les allemands anticipent, ca ne greve en rien leur capacite future, cash is king, ils feront ce qu'il ft en temps voulu... la faiblesse de la demande interieure est aussi due au ft qu'ils y a bcp de vieux, c'est ca la limite

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