2013, des voeux pour rénover le politique

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2013 comme les années qui les précédent et celles qui vont suivre nous plonge dans un Monde kaleïdoscopique où se télescopent, entre local et global, révolutions technologiques et culturelles, crises économiques et environnementales, mutations identitaires et géopolitiques. Sur l'ensemble de l'échiquier politique, il y a, face à cette complexité en mouvement permanent, comme une panne. La vision a fait place nette et générale à un discours tétanisé sur la crise et une pratique de plus en plus gestionnaire. Le territoire du futur semble délaissé. Et ce futur, le notre à tous et en particulier celui de nos enfants, a besoin d'avocats dans le présent. En ces temps de v?ux, il est urgent de requérir une rénovation d'une gouvernance politique dont nous pensons qu'elle doit être articulée autour de quatre axes principaux : une démocratie augmentée, la primauté de l'intérêt général, la priorité des enfants et de l'école, et la politisation ainsi que la nationalisation de l'Europe.
Démocratie augmentée
Nous avons besoin d'une vision claire, connectée à la réalité. Des explications, pas de credo, du rêve mais pas d'illusion, de l'engagement mais pas de gesticulation, pas de mollesse non plus. Il faut dire et redire la vérité. Elle souffre trop en ces temps de crise. Ceci est autant un enjeu, un débat pour les droites que pour les gauches. Il faut repenser la place du politique face au marché. Inventer une « démocratie augmentée » pour sortir du tout technocratie par une représentation modernisée, fluidifiée, contrôlée, protégée aussi. La démocratie représentative ne veut pas dire que l'on doit s'abandonner dans la seule représentation pendant la durée du mandat. En particulier quand la notion même de mandat est devenue si floue et si complexe à la fois. Il s'agit de s'investir dans un contrôle, une vérification, une vigilance permanente et citoyenne de l'activité des mandatés, que le terme même « d'élus » convertit de plus en plus en professionnels.
La primauté de l'intérêt général
Il faut incarner et s'engager pour le retour au primat de l'intérêt général collectif sur les intérêts particuliers ou individuels. Sans menacer l'individu, il s'agit de maîtriser le collectif au regard de 2 décennies de glissement vers l'explosion majoritaire des droits des minorités et des communautés dans un espace public qui s'est largement complexifié. La primauté de l'intérêt général c'est aussi clarifier, responsabiliser et réformer sans casser l'administration. La réorienter vers les défis urgents du 21e siècle. Que l'Etat central accepte de décrire ses abandons vers l'Europe et le local et qu'il prenne toute la mesure des ses responsabilités restantes. L'intérêt général c'est enfin équilibrer la France des territoires vers davantage d'équité notamment en direction d'un rural largement porteur d'avenir.
La priorité des enfants et de l'école
La place de l'enfant, pas seulement des jeunes, doit être réaffirmée au c?ur de la stratégie du pays. Les droits, leur protection sont ballotés ou pire, condamnés par la religion du court terme et du présent permanent, par les requêtes des intérêts particuliers décris précédemment aussi. Dans une société qui s'est totalement transformée, dans un monde où le savoir change à une vitesse inégalée, l'école doit être repensée. Elle qui est restée trop figée et trop corporatisée. Elle doit être pensée autour des enfants et seulement. Apprendre, éduquer, préparer, cimenter sont les mots clés d'un futur exigeant et compétitif qui se prépare sur ses bancs.
Politiser et nationaliser l'Europe
Face à la mondialisation il y a deux réponses : celle de la construction de grands ensembles pour résister à d'autres grands ensembles. C'est l'Europe, l'Union indienne, la Chine, les USA ... Ou la tentation de l'autoprotection de chaque nation, de chaque peuple. Notre grand ensemble à nous, l'Union Européenne est à politiser et surtout à nationaliser de manière urgente. L'enjeu européen, au c?ur de la mondialisation, doit être un point essentiel d'une offre politique nationale renouvelée.
Il ne s'agit pas ici de donner de leçon, ni de dicter des solutions pour repenser notre futur, il s'agit seulement de dire modestement où elles se trouvent: avec et pour le peuple tel qu'il est, pas dans le repli sur soi, ni dans les études d'opinion et encore moins dans le combat des chefs. Forward!

*Professeur associé à l'Université de Paris 1 la Sorbonne

Conseil en communication d'influence

Membre de la SEAP, Society of European Affairs Professionals

 

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