Europe : l'erreur qui se prépare

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En construisant l'union monétaire européenne, les dirigeants politiques n'ont pas envisagé toutes ses conséquences, ce qui a conduit à des défauts structurels majeurs. Pire encore, ils ne semblent pas avoir tiré le moindre enseignement de cette expérience, car ils sont sur le point de commettre des erreurs analogues avec la construction de l'union politique.

La crise financière pousse l'Europe vers plus d'intégration, ce qui suppose de créer de nouveaux mécanismes d'expression politique. Bien avant la crise, l'UE était perçue comme souffrant d'un "déficit démocratique". Maintenant que beaucoup d'Européens critiquent l'UE en raison des mesures d'austérité et de son cortège de souffrances, ce déficit soulève de plus en plus de protestations. Aussi les dirigeants politiques envisagent maintenant d'y remédier.

Malheureusement, l'Europe souffre d'un autre déficit : l'absence de leadership politique. Il n'existe pas aujourd'hui l'équivalent des personnages charismatiques du milieu du 20° siècle : Churchill, Adenauer et de Gaulle. Les citoyens européens associent avant tout l'UE à la grisaille bureaucratique et à la rationalité technocratique.

Les responsables européens veulent combler ce déficit en démocratisant la Commission européenne. Son président, José Manuel Barroso, propose que lors des prochaines élections au Parlement européen, les partis politiques idéologiquement proches constituent des "familles" politiques qui soutiendraient une candidature commune pour la présidence de la Commission. De cette manière, les électeurs seraient impliqués plus directement dans le choix du dirigeant de l'exécutif européen. Ils auraient l'impression de choisir un gouvernement et les candidats chercheraient à faire preuve de davantage de charisme pour être élus.

Des sommités telles que l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair sont favorables à cette solution. Elle a été accueillie assez favorablement, parce qu'en apparence elle n'entraîne aucune diminution du pouvoir des différents Etats-nations, et pourrait être adoptée prochainement. Mais cela ne suffit pas à en faire une bonne idée. Le fait qu'elle tende à instituer au niveau européen un système politique à deux partis dominants, les sociaux-démocrates d'un coté et les "partis du peuple" de l'autre, pose problème.

Le modèle parlementaire qui repose sur deux grands partis est apparu au 19° siècle en Grande-Bretagne. Les électeurs choisissaient leur représentant à la Chambre des communes et le parti majoritaire désignait ensuite le Premier ministre. A la fin du 18° siècle, l'opérette comique Iolanthe ironisait en présentant tout nouveau-né comme un libéral ou un conservateur en devenir. Mais si ce n'était pas tout à fait vrai ?

Le modèle britannique est stable dans la mesure où si un parti se radicalise, il perd son électorat centriste. La concurrence entre partis politiques est saine, bien qu'elle pousse à des solutions basées sur un large consensus social. Mais cet aboutissement institutionnel n'est pas inévitable et ne va probablement pas perdurer, même en Grande-Bretagne.

Les juristes britanniques recommandaient ce modèle aux autres pays, notamment aux anciennes colonies britanniques d'Afrique qui accédaient à l'indépendance. Le résultat fut désastreux. Les gens ne comprenaient pas pourquoi on attendait d'eux qu'ils se positionnent selon un axe gauche-droite. Ils ont reformulé leur choix en fonction des clivages traditionnels entre groupes ou ethnies.

L'Amérique contemporaine est loin elle aussi de fournir la preuve que la rivalité entre deux grands partis conduit à plus de modération et à une politique centriste. Au contraire, au sein des deux partis, la lutte partisane peut jouer en faveur des extrêmes.

L'idée qu'un système politique à deux partis dominants favorise la stabilité n'est applicable que si les principales différences entre eux concernent la redistribution des richesses, conformément à un modèle simple répondant à un déterminisme économique de type quasiment marxiste. La gauche veut davantage de redistribution et la droite moins, mais pour attirer les électeurs du centre, l'une et l'autre doivent faire des compromis - au point de se rapprocher jusqu'à se ressembler.

Néanmoins, dans un monde globalement interconnecté, se développe une nouvelle manière de faire de la politique. Tant à gauche qu'à droite, certaines franges craignent avant tout que la concurrence ou l'influence étrangère ne vienne limiter leur capacité à façonner les choix politiques. Elles en viennent à privilégier la résistance à ce qu'elles considèrent comme des menaces extérieures. Le vieux clivage gauche-droite n'est plus opérationnel.

Créer artificiellement un système politique européen basé sur le clivage droite-gauche engendrerait de nouvelles tensions - et raviverait les plus anciennes - en matière de redistribution. La seule chose qui réunirait la gauche serait la demande de plus de redistribution, mais en faveur de qui et régit par quel mécanisme ?

Il n'est pas certain que les socialistes espagnols soient politiquement plus proches des sociaux-démocrates allemands que de leurs concitoyens de droite. Chaque camp idéologique tend à se fracturer selon des lignes de rupture nationales complexes, susceptibles de se traduire dans une concurrence entre politiciens à qui sera le plus charismatique. Au lieu de favoriser l'apparition d'un nouveau Churchill ou d'un nouvel Adenauer, cette situation pourrait donner naissance à un imitateur de Hitler ou de Staline.

Il existe un meilleur modèle, qui a été expérimenté au c?ur géographique de l'Europe dans un contexte de diversité linguistique, culturelle et religieuse : le modèle suisse de Konkordanzdemokratie. Dans ce système, plusieurs partis sont en concurrence, mais aucun ne vise à diriger le pays à lui tout seul. Tous les grands partis sont représentés au gouvernement, et sont donc obligés de faire des compromis. C'est parfois la loyauté régionale qui motive les membres du gouvernement fédéral, et à d'autres moments leur engagement idéologique, mais ils doivent négocier avant toute décision.

La solution suisse consistant à élire un gouvernement qui représente l'ensemble de l'échiquier politique tend à générer une politique qui manque d'élan - au point que la Suisse a la réputation d'être un pays dont le président qui change chaque année est un quasi inconnu.

Les hommes politiques charismatiques agissent en polarisant, en galvanisant et en mobilisant leurs partisans. Par contre la politique au quotidien nécessite de maintenir profil bas et d'accepter les compromis. Aujourd'hui l'Europe n'a pas tant besoin de dirigeants qui fassent vibrer les foules et suscitent un élan populaire, que de leaders qui forcent le respect et qui soient capables de travailler dans un monde complexe et multidimensionnel.

Harold James est professeur d'Histoire et d'Affaires internationales à l'université de Princeton et professeur d'Histoire à l'Institut universitaire européen de Florence. Son dernier livre s'intitule Making the European Monetary Union.

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a écrit le 15/01/2013 à 10:16 :
c'est vrai et c'est pas vrai à la fois ce que dit Lutner, il y avait bien avant la christianisation un ensemble celto gaulois assez cohérent en matière de langue, us et coutumes et qui couvrait la france actuelle, la belgique et la suisse. Néanmoins on ne peut nier que la religion catholique a pris une part très importante dans le façonnage de l'europe actuelle.
Peut être pas forcément pour son bien ! Imaginons ce qui aurait pu se passer si la culture gallo romaine avait pu s'imposer après la chûte de rome plutôt que des monarchies absolues mises en place par des tribues plus barbares, héritées de dieu et toujours promptes à plumer le peuple avec la bénédiction de l'Eglise. Là on aurait vu s'installer bien avant 1789 et peut être dès le 5ème siècle, la République et la Laicité et assurément beaucoup plus de justice et d'équité. ça aurait eu plus de gueule non ?
a écrit le 12/01/2013 à 12:02 :
Je pense qu'il sera très difficile de concrétiser un jour une véritable intégration fiscale, économique et sociale de zones aussi différentes dans leurs mentalités que les pays hanséatiques et les pays méditerrannéens (l'angleterre étant encore un troisième cas de figure). On a sans doute fait l'erreur d'avancer avec une Europe beaucoup trop intrusive dans la vie quotidienne et intérieure des états sur ces sujets non strictement régaliens (même aux US sur certains aspects les états sont plus autonômes)...alors qu'il aurait été plus utile de construire une Europe strictement régalienne se concentrant sur ce qui se passe aux bornes et à l'extérieur de ses frontières. D'ailleurs un petit pays comme la France a-t-il encore les moyens d'entretenir un bouclier nucléaire et d'assurer la sécurité de l'Afrique à lui seul ? Je pense que si l'Europe se concentrait sur cette seule mission, elle dérangerait moins les peuples européens. Quant à la monnaie c'est un faux sujet : dans l'avenir il y aura des zones monétaires supranationales et les états ne resteront plus seuls décideurs de leurs déficits car ça déséquilibre trop les échanges internationaux.
a écrit le 10/01/2013 à 7:56 :
Bonne année a tous, mon souhait c'est que le 2013 nous porte la disparition de l Europe et le retour des pays nations avec le retour du contrôle de ça propre monnaie et c'est propre lois.

Impossible me dite vous, il faut bien rêver.
Réponse de le 12/01/2013 à 7:01 :
La disparition de l'Europe se fera par la RUE. "Quand des millions de personnes se rendront compte que l'on ne peut plus vivre comme par le passé, la révolution sera logique et inévitable". Suivant le livre idéaliste "les corps indécents". C'est fort possible, peut-être pas en 2013 mais plus sûrement en 2014.
a écrit le 10/01/2013 à 2:54 :
Tony Blair favorable à la démocratisation de la Commission européenne, ça fait au moins un démocrate, c'est toujours ça.
a écrit le 10/01/2013 à 1:41 :
"Tony Blair" est favorable... Ben voyons, si les Anglais sont "favorables", c'est qu'il y va de leur intérêt, pas de celui de l'Europe. Non Merci. Nein Danke. Grazie Mille...
a écrit le 09/01/2013 à 21:33 :
le problème n'est pas dans les peuples, mais dans la différence entre la démocratie, et la république.
a écrit le 09/01/2013 à 20:54 :
Un exemple (mieux) pertinent: la Belgique dont le fédéralisme constitutionalisé et les entités fédérées en découlant contraignent précisément à de telles négociations/concessions...Cette réalité est interne à la Communauté européenne, pas besoin de chercher ailleurs: feriez mieux d'affermir votre connaissance de l'Europe, jeune homme !
Réponse de le 10/01/2013 à 7:13 :
La Belgique? On parle bien de ce 'pays' mort il y a quelques années n'est-ce pas?
Réponse de le 10/01/2013 à 7:31 :
Non ne crois que c'est "toi" qui est mort il y a quelques années.
Réponse de le 14/01/2013 à 12:53 :
Tellement mort qu'il a réglé le problème du mariage homo et de l'adoption il y a plus de 10 ans....La France toujours une longueur d'avance..pour critiquer..
Réponse de le 14/01/2013 à 21:15 :
Donc je confirme, mort il y a une décennie... Les blagues Belges sont tellement subtiles et drôles (sic). Mais vive la Wallonie et son coq hardy!
a écrit le 09/01/2013 à 19:38 :
Le système suisse n' est pas tranposable à l'Ue.Trop de diversités entre les 27....Quant à son opinion
d'anglosaxon..sur l'Euro elle ne nous intéresse pas. Il a survécu à la fin du monde du 21/12/12.
a écrit le 09/01/2013 à 16:59 :
Bonjour et BONNE ANNEE 2013 à tous les Français (non exilés) et à tous les Suisses !

Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous une petite blague, vous nous avez débarrassés de Johnny, on vous doit une fière chandelle !

Quelle est la différence entre un Suisse riche et un Suisse pauvre ?

Le Suisse pauvre lave lui-même sa Mercedes.

(à l'origine c'est une blague Polonaise sur les Allemands, mais elle peut aussi marcher avec les Suisses, non ?)

Les Suisses ont de très bons chocolats et beaucoup d'humour, et il en faut pour se taper les exilés fiscaux arrogants d'Italie, de France, d'Allemagne, et d'ailleurs.

Un pays qui en 2015 aura vécu 500 ans SANS GUERRE ! Ça force l'admiration, bien que le commerce des armes vers la Yougoslavie il n'y a pas si longtemps ait un peu écorné cette image pacifique.
Réponse de le 10/01/2013 à 5:16 :
et la guerre civile suisse?
a écrit le 09/01/2013 à 15:48 :
ah,la suisse,son aura et son enpreinte exemplaires sur le monde depuis tant d'annees (y compris 1939 . 1945 ) ,son influence culturelle universelle..etc....nous en revons tous !
ne sommes nous donc plus capables d'innover ,d'avoir assez d'ouverture d'esprit pour inventer de nouveaux modeles ,plutot que de vouloirs singer de telles ( references ) ?


a écrit le 09/01/2013 à 15:06 :
Pour bien connaître la Suisse, c'est tout sauf un modèle! D'ailleurs on n'en parle pas beaucoup mais c'est un pays qui a également ses problèmes politiques, institutionels et même communautaires. Il y a un point sur lequel je suis d'accord c'est qu'à l'avenir la vraie différence politique sera entre les fédéraliste et les souverainistes. Cette distinction existe déjà mais ne se révèle que lors de choix importants sur l'europe. On a bien vu en 2004 comment gauche et droite ont explosé sur le sujet du TCE. Dans le cadre de réformes institutionnelles à venir, Il est prévu d'importants abandons de souveraineté au profit de l'échelon européen. Ce sera à nouveau l'occasion de mesurer à quelle point ce clivage est plus réel que notre bon vieux droite/gauche des familles.
a écrit le 09/01/2013 à 14:45 :
J'adore les leçons d'Europe lorsqu'elles viennent d'Anglais ou d'Américains qui, depuis toujours, souhaitent qu'elle échoue. Cette dissertation n'est qu'élucubration et ne mérite rien d'autre qu'un classement vertical.
a écrit le 09/01/2013 à 13:40 :
"José Manuel Barroso, propose que lors des prochaines élections au Parlement européen, les partis politiques idéologiquement proches constituent des "familles" : Et si le parti anti-européeen devenait majoritaire ? Un parti antilibéral qui affirmerait, avec un peu de démagogie,qu'il veut limiter le pouvoir du Bruxelles pourrait rassembler des nationalistes de tous les pays aux communistes. Voila un vrai clivage ni de gauche, ni de droite et pour lequel je voterais bien volontier.
Réponse de le 09/01/2013 à 14:47 :
On peut être anti-libéral (ou altermondialiste) et pro-européen, mais pour répondre à votre commentaire je voudrais faire le parallèle avec notre République : il y a eu (probablement encore) de la corruption, du népotisme, des abus en tous genres, mais faut-il pour autant jeter la République à la poubelle ? Pour moi la réponse est NON. Que l'on travaille à améliorer les choses pour transformer la République et l'Union Européenne vers plus d'intégrité, de transparence et de réelle démocratie sans tout détruire, car ce sont des décennies d'efforts qui seraient réduits à néant. Que de temps perdu, donc, si l'on repartait de zéro.

Concernant les partis populistes/nationalistes/antieuropéens, je considère qu'il est totalement improductif de confier des responsabilités au niveau Européen à des gens qui souhaitent la fin de l'Europe pour satisfaire leur électorat ou leur carrière voire pantoufler pour toucher un bon salaire. C'est un peu facile de toucher la paye de parlementaire Européen et de cracher dans la soupe ou bloquer toute avancée. (comme la GB) N'oublions pas que le parlement Européen est majoritairement à droite, et que c'est à eux (et aux grandes entreprises ou lobbies qui rédigent les textes de loi) que l'on doit l'évolution libérale de l'Europe, avec le chômage de masse qui en résulte. L'espace le plus compétitif du monde qu'ils disaient...

A mon avis le meilleur moyen de lutter contre toutes les dérives est de commencer par faire le ménage chez nous afin d'être plus crédible au niveau Européen et international. Cela concerne la CORRUPTION qui a ravagé notre pays, de Giscard à Sarkozy, en passant par Mitterrand et Chirac. On ne peut avoir une Union Européenne sans corruption si les Etats membres sont corrompus. Et il y a de quoi faire, en France, en GB, en Italie... partout !
a écrit le 09/01/2013 à 11:33 :
oui mais les suisses n'ont pas une culture communistes
Réponse de le 09/01/2013 à 13:59 :
Certains Helvètes n'ont pas eu beaucoup de scrupules pour accueillir l'or volé des nazis. Tous les Suisses que je connais ont une culture HUMANISTE, mais aucun ne travaille dans la finance, ceci explique peut-être cela.
Réponse de le 10/01/2013 à 17:00 :
sans compter le trafic d'or des dents juives arrachées dans les camps de la mort nazis échangé contre devises pour financer les achats du régime hitlérien ! Pas de scrupules quand il s'agit d'accueillir l'argent sale, ..vieille tradition séculaire !
Réponse de le 12/01/2013 à 7:08 :
Notre France, pays des droits de l'homme, est exemplaire n'est-ce pas ? France 3ème marchand de canons au monde. Komeyni y avait ses quartiers, Bokassa ses châteaux, Mobutu la plus belle villa de la Côte d'Azur et même Kaddafi accueilli comme un Roi etc.etc. ... que des scrupules...vieille tradition séculaire !
a écrit le 09/01/2013 à 10:28 :
"..... Des sommités, telle que Tony BLAIR..." effectivement, avec de telles références, on atteint ... les sommets....
a écrit le 09/01/2013 à 9:49 :
En tant que français et européen, je n'attends aucun avis pertinent d'un anglais ou d'un américain . Cependant, ce qu'écrit Mr James est EVIDENT. Il n'y a depuis toujours (traité de Rome) qu'un seul modèle pour l'Europe et c'est la SUISSE. Nos politiciens sont tous trop arrogants, incompétents et malhonnêtes pour le dire, car le Suisse est perçue comme un "petit" pays ( ce qui ne plait pas aux héritiers de l'immonde Bonaparte) , mais la suisse et ses habitants est ce qu'il y a de mieux en Europe !!!. La suisse est un excellent modèle pour unir des populations ayant les mêmes valeurs majoritairement judéo-chrétiennes (le nier est une connerie) et des langues et cultures différentes .
Vive la Suisse..y compris son système fiscal ..signé un français( et européen) qui sera forcé de devenir helvétique si son Europe ne devient pas une GRANDE SUISSE !!!
Réponse de le 09/01/2013 à 10:34 :
Systeme suisse mis en place par Napoleon...
Réponse de le 09/01/2013 à 14:54 :
La Suisse n'est pas dans l'OTAN, et est probablement plus indépendante des intérêts US que l'UE. De plus, avec les fortunes des dictateurs planquées dans ses banques, elle peut se permettre d'avoir une fiscalité douce. D'autre part, il est plus facile de bien gérer un petit pays comme la Suisse plutôt qu'un grand pays de 500 millions d'habitants comme l'UE.
a écrit le 09/01/2013 à 9:26 :
L´Europe unie se fera par les faits visibles de l´exterieur: il faudra
- une seule armée avec un seul etat-major.
- un seul ministere des affaires étrangeres, avec un ministre qui parlera et agira pour tous.
- une justice uniforme qui couvrira toute l´Europe.
- Une présidence qui a elle seule sera représentante de l Union à l´étranger.
- un systeme social uniforme et basé sur les memes règles.
- une base d´imposition uniforme dans tous les pays.
Aussi longtemps que chaque chef de tribue pourra faire sa petite gueguerre sans mandat (comme en Lybie) , il n´y aura pas de vraie Europe.

a écrit le 08/01/2013 à 23:59 :
Je doute profondément des racines Judeo Chrétienne de l'Europe... Ainsi, le peuple français, de 1789 à aujourd’hui, a signifié qu'il ne voulait plus reconnaître les rois et les Églises. Il se sent républicain et laïque, parce qu’il a compris que c’était une condition nécessaire à la paix sociale et à l'émancipation du débat politique. La France, comme tous les pays Européens, a des racines multiples. C'est ce qu’on appelle l'Histoire avec le "H" majuscule. Ces racines sont multiples, ramifiées, contradictoires. Elles portent des symboles ambivalents et contradictoires. C'est pourquoi il est nécessaire de s'intéresser aux ruptures. Car c'est de là que se dégagent les nouvelles valeurs qui guident et encadrent le comportent social. Prenez les "Gaulois", comme se plaisaient a les nommes les Romains. Nos fameux ancêtre n'avaient rien de Chrétiens et pourtant leurs différences de croyances ne les ont pas empêche de s'unifier et de commercer entre eux puis avec d'autres bien avant les invasions romaines.


a écrit le 08/01/2013 à 22:34 :
Hé bé, le système économique anglo-saxon est sur le point de s'effondrer et on vient nous faire des commentaires sur la construction de l'Europe... bah il suffit d'attendre, le RU sera le premier à flancher... les USA ont une dette tellement colossale que celles des pays européens en est presque ridicule... mais bon c'est un économiste alors on lui doit autant d'attention et de respect que la voyante/cartomancienne du coin ;-)
a écrit le 08/01/2013 à 22:17 :
On ne comprend rien à tes propos mon gaillard, c'est de la bouillie pour chat, pire que certains chroniqueurs à la mode sur certains journaux français du soir ET QUI NE VALENT PAS UN KOPECK;
a écrit le 08/01/2013 à 21:13 :
Tout ceci est très sympathique mais à quoi bon voter pour la coalition machin ou le parti bidule puisque de toute façon il n'y a jamais d'alternative possible. A chaque fois, les eurocrates européistes nous ressortent la même chanson l'Europe ou le chaos. Il y a 50 ans, De Gaulle se moquait des européistes sautant comme des cabris en criant : l'Europe, l'Europe ! Aujourd'hui ils crient le fédéralisme, le fédéralisme... Quel fédéralisme ? Comment ? Pourquoi faire ? Personne ne répond. Si aucun dirigeant européen ne souhaite aller dans la voix du fédéralisme c'est parce que les citoyens dans leur majorité n'en veulent pas. Au lieu de nous parler de la Suisse, ce monsieur devrait se demander pourquoi.
a écrit le 08/01/2013 à 19:01 :
il y a 2 projets en Europe entre lesquels les états européens n'arrivent pas à choisir : un projet politique qui visait à une intégration politique de plus en plus poussée via l'économie dans une premier temps puis 2ieme un projet purement économique/commercial ie assurée un marché fluide des capitaux et des biens afin de rendre plus "efficace" les économies européenne mais sans déférer aucune souveraineté Politique. L'Angleterre (et pas nécessairement le Royaume Uni d'ailleurs bien que la position du gouvernement britannique soit celle ci), les pays d'Europe Centrale et les pays scandinaves dans une certaine mesure sont pour le projet économique. Ils poussent d'ailleurs à l'intégration économique en souhaitant une intégration de la Russie et de la Turquie du fait de leurs potentiels économiques.
D'autres pays ont exprimé le choix d'une intégration politique poussée.
On pourrait résumer ce noyau de pays engagés vers une union de fait aux pays fondateurs auxquels on ajouterait sans doute la péninsule ibérique qui - bien qu'ayant intégré la communauté ultérieurement - a demontré avec une grande constance en faveur d'une union politique de par leur histoire et leur capacité historique d'envisager la nation, l'organisation politique de manière plus flexible et "ouverte" que des pays comme la France (qui vit sur le mythe du centralisme et de l'uniformité de la nation).

L'Europe dans son format actuel ne tiendra pas et se transformera. Peut être avec une union politique pour quelqu'uns et une

L'histoire de l'Europe démontre que l'union politique de peuples différents est possible et peut perdurer. Sa perennité doit reposer sur des structures suffisament flexibles pour permettre le respect des différences "nationales" tout en reconnaissant l'Union politique des peuples qui la compose: aujourd'hui aucun pays en Europe n'est à proprement parlé uniforme et basé sur un seul "peuple". Le Royaume Uni lui même ne se résume pas à l'Angleterre. La France elle même (pays le plus centralisé d'Europe n'a jamais été résumé à Paris et à sa langue le Français.

Les monarchies Européennes ont pendant des siècles gouverner des peuples de langues et de culture différentes
La constrution moderne de l'Etat nation qui est apparue au XIX siécle, a ses limites. Ce concept vit sur le mythe de nations européennes homogènes que l'histoire et les faits encore aujourd'hui prouve n'être qu'un mythe. Aujourd'hui tout comme hier l'identité de chaque citoyen en Europe est un mille feuille. Un jeune breton fier de ses traditions millénaires est aussi citoyen français depuis des siècles et fait partie plus globalement de la culture européenne.
Cette civilisation européenne existe la civilisation européenne existe belle et bien. Comme les civilisations chinoises , indiennnes etc... qui ont peu à peu cimenté des peuples aussi variés que les peuples européens pour créer les états modernes que nous connaissons.
Les européennes partagent - dans leurs différences - des valeurs des visions communes du monde. Différente d'un "chinois" , d'un indien. Peut être par la tradition judéo chrétienne....
Il nous appartient à nous Européens de voir prendre ce recul et de comprendre que ce qui nous unit.
Et aussi de bien comprendre une chose : le luxe que nous pouvions nous payer (alors que l'europe dominait le monde politiquement économiquement et militairement) ce temps est désormais revolu et donc ou ils s'adaptent ou ils disparaitront.
Réponse de le 09/01/2013 à 16:14 :
Je vous suis sur certains points, bien que l'Histoire de l'Europe est riche de contre-exemples : la fin du Premier Empire Français ou de l'Empire Austro-Hongrois démontrent qu'on ne peut unir des territoires ou des peuples par la force indéfiniment. Concernant le projet politique et l'organisation de celui-ci, je souhaite partager avec vous mon idée de confédération de régions européennes, car elle me semble meilleure que le fédéralisme d'états-nations.
1/ Certaines régions sont peuplées de "minorités" et sont revendiquées par un état voisin. (la Transylvanie par exemple revendiquée par la Hongrie depuis 1919) Le fédéralisme ne résoudra pas ce type de querelle, une confédération de régions autonomes permettrait aux territoires disputés de ne plus dépendre de tel ou tel état, mais de s'administrer directement, si les partis politiques ne sont pas établis sur une base religieuse, linguistique ou ethnique. Un exemple d'actualité : la Belgique.
2/ De grands territoires sont plus difficiles à gouverner que des petits. Le pouvoir est plus proche des citoyens en région, et les citoyens ont plus de capacité à infléchir le pouvoir en leur faveur en cas de désaccord. Ceci renforce la démocratie décentralisée au lieu de concentrer tous les pouvoirs "à l'étranger" (Bruxelles ou Frankfurt)
3/ Je rejoins le commentaire de "ventrachoux" sur la nécessité de règles fiscales et sociales communes, diplomatie et armée unifiée pour que l'Europe joue son rôle au niveau mondial. On ne peut donc pas copier le modèle Suisse où les Cantons ont une autonomie assez large pour faire du "dumping fiscal", voire environnemental.

Tous différents, tous égaux.
a écrit le 08/01/2013 à 18:56 :
Pas étonnant, de la part d'un américain ! Blair "sommité" ! ce caniche de Bush dont plus personne en Europe ne veut entendre parler ! La Suisse comme modèle... 26 ! cantons; dont l'éventail de richesses est plus qu'ouvert; dont la plupart d'entre eux "ne peuvent pas se sentir"; le seul ciment qui tienne la Suisse, c'est surtout la xénophobie (pas celle de l'argent, lequel n'a, c'est bien connu, pas d'odeur...). Oui il existe des processus de démocratie directe en C.H.; mais il faudrait en mesurer la portée ! L'erreur à venir en Europe, c'est plutôt d'y conserver certaines aberrations telles l'U.K. (torpille sous marine), voire la C.H. (qui bénéficie de quasiment tous les avantages de l'U.E. sans en faire partie). Quant à l'émergence d'un "grand homme", c'est un peu court. L'Europe n'a "avancé" qu'en présence d'un couple motivé. Franco Allemand souvent. La probabilité que A. Merkel fasse partie d'un tel équipage est plus que réduite (positionnement, fragilité électorale, radicalisation d'une population vieillissante,...). Le seul "grand homme" à courte échéance ce serait Cameron... s'il avait le courage de faire le référendum annoncé... et d'en tirer toute la mesure.
a écrit le 08/01/2013 à 18:40 :
Il faudrait écrire .... "plus de distribution... ....et régie par quel mécanisme ?" - avec un "e" et non pas "régit" avec un abominable "t."
Les plus beaux articles, comme les plus beaux CV et les plus belles lettres d'amour perdent toute crédibilité avec "les plus belles" ...fautes d'orthographe ! Le piège mortel de l'Europe c'est que les Européens ne parlent pas et n'écrivent pas la même langue. Nous, Européens nous avons construit la maison Europe en commençant par le toît et les cheminées.........
a écrit le 08/01/2013 à 18:06 :
Pour cela il eut fallu créer l'Europe des peuples et non l'Europe des marchands... Faut pas s'étonner que tout le système se casse la figure aujourd'hui.
Réponse de le 08/01/2013 à 19:38 :
Les hommes politiQues qui ont essayé de créer l'Europe des peuples n'ont pas réussi à convaincre les autres hommes politiques. Seul un marché commun à pu se faire, et pas facilement en plus. Pour se construire l'Europe doit avoir l'accord de tous les pays. Il suffit d'un pays pour s'opposer, par exempter à une harmonisation fiscale ou sociale. Pour avancer quand même certaines dispositions comme schengen, l'euro... Se sont faites entre les pays qui se sont mis d'accord, ce qui revient a une Europe a plusieurs vitesse.comme vous je regrette que l'Europe fonctionne sur la règle si contraignante de l'unanimité et non pas de la majorité.
a écrit le 08/01/2013 à 17:34 :
La démocratie européenne a été confisquée aux peuples par des bureaucrates et technocrates non élus qui font la pluie depuis de trop nombreuses années. Les intentions du départ ont été totalement dévoyées. Et la financiarisation a pris le dessus, apportant chômage et austérité, à l'inverse des promesses. Enfin, on a laissé entrer dans l'UE trop de pays insuffisamment préparés et aux intérêts trop divergents. D'où le sentiment d'échec dont il va être très difficile de se relever.
a écrit le 08/01/2013 à 17:07 :
ah, parce que de Gaulle était charismatique ???
première nouvelle !! c'est plutôt lui qui nous a mis dans cette merde !!
Réponse de le 08/01/2013 à 19:50 :
Je ne vois pas le lien entre charisme et Le fait de mettre dans la m...comme vous dites. Vous êtes sur de connaitre la définition de "charismatique" ?
Réponse de le 09/01/2013 à 10:58 :
effectivement... connait-il bien la définition de "charismatique" ?
et connait-il bien De Gaulle et l'histoire du xxème ?
a écrit le 08/01/2013 à 17:07 :
J'aime bien votre référence suisse. Il semble que les Habsbourg (Maison d'Autriche) puissent nous inspirer eux aussi : plusieurs siècles de règne sur des pays fort différents.
a écrit le 08/01/2013 à 16:55 :
Comment échafauder l'idée même d'une alliance lorsque par exemple un pays comme la France qui prétend être champion de la démocratie et des droits de l'homme, (non non, ce n'est pas une boutade), écarte de sa vie parlementaire les représentants de 6500000 électeurs?.
Il y a du travail sur la planche!.
Réponse de le 08/01/2013 à 17:18 :
100% D'accord, si vous prenez une vraie démocratie comme la Suisse et bien tout le monde est représenté, il y a un leader qui change et très souvent des "votations" chez nous c'est globalement le contraire, alors qu'on arrête de nous bourrer le mou avec "laicité" "tolérance" "solidarité" .. la France n'est en rien une démocratie.
Réponse de le 08/01/2013 à 19:32 :
En rien une démocratie ? Vous êtes sur de ce que vous dites ? Pourquoi être si excessif. ? Dites seulement que vous regrettez que la France ne soit pas plus démocratique...
Réponse de le 08/01/2013 à 21:11 :
@Excessif
A votre avis, si la France était si démocratique, pourquoi Depardieu a choisi de s'extrader dans un pays si décrié, la Russie?.
Réponse de le 09/01/2013 à 11:32 :
Probablement parce qu'il a fondu les plombs définitivement ?
Réponse de le 09/01/2013 à 17:04 :
J'espère qu'il acceptera le poste de Ministre de la Culture du Goulag, comme ça il sera vraiment dans la peau du personnage "Raspoutine".
a écrit le 08/01/2013 à 16:47 :
Fuir cette Europe c'est le rêve de toujours plus de personnes. Cette Europe est absolument indigeste.
Réponse de le 08/01/2013 à 17:30 :
C pour ça que l'europeb est le premier continent d'immigration au monde... Soyez réaliste .c encore pire ailleurs....voyagez et vous verrez ...
Réponse de le 08/01/2013 à 18:06 :
L'immigration nous est imposée (article 67, 69 et 79 du Traité de fonctionnement). Ceux qui arrivent n'arrivent pas pour nos beaux yeux mais pour les avantages et aides qui n'existent pas dans leur pays. Je voyage sans doute plus que vous. 4 avions par mois ! Bien sûr par rapport à l'Afrique c'est nettement mieux. Des pays comme l'Australie, le Canada, la Suisse et d'autres encore me semblent offrir plus de perspectives. Normal d'après vous que l'on reçoivent rien qu'en France (officiellement) 200.000 personnes par an alors qu'on a un chômage record ? Croyez-vous que ceux qui arrivent trouvent immédiatement un travail, un logement, une assurance maladie etc. ? Ils sont ni plus ni moins à la charge de ceux qui travaillent. Raison pour laquelle ceux qui sont matraqués d'impôts cherchent leur salut ailleurs.
a écrit le 08/01/2013 à 16:46 :
J'associe l'Europe à un tas de privilégiés grassement rémunérés et qui ne servent à rien !
Réponse de le 08/01/2013 à 19:29 :
Ce n'est pas parce que vous ne savez pas ce qu'il font qu'ils servent à rien. Aller sur des sites web pour vous informer sur le rôle et les réalisations des différentes instances européennes.
Réponse de le 09/01/2013 à 0:04 :
Vous êtes donc d'accord sur le fait qu'il s'agit de privilégiés grassement rémunérés !
a écrit le 08/01/2013 à 16:28 :
Je lis "Les citoyens européens associent avant tout l'UE à la grisaille bureaucratique et à la rationalité technocratique" On associe RIEN c'est la réalité ?! En quoi l'Europe est autre chose ?
Réponse de le 08/01/2013 à 17:37 :
L'objectif premier de l'Europe, en tant qu'Etat fédéral, était d'éviter tout nouveau conflit armée d'envergure mondiale. Ce pari est réussi, pour le reste...vous critiquez surement à juste titre, mais n'oublions pas que l'UE n'a que 20 ans, que nous parlons au moins une dizaine de langue différente et que quand je vois les différences d'opinions parmis les lecteurs de ce site il est facile d'imaginer qu'à l'échelle européenne tous ça n'est pas aisé à mettre en place...
Réponse de le 08/01/2013 à 18:13 :
merci pour votre réalisme. Il faudrait peut-être rappeler aux citoyens que le France (d'où vient le nom?) ou l'Hexagone, s'est faite sans l'avis des peuples - Savoyards, Bretons, Corses, Lorrains, Alsaciens..... qui, à l'époque a demandé leur avis? Il a fallut combien de temps pour la France devenir une nation? Les deux derniers échecs l'Indochine et l'Algérie, ils ne voulaient pas être Français. sont ils ingrats?
Réponse de le 08/01/2013 à 18:18 :
L'UE n'est en rien responsable de la paix en europe : c'est la paix qui a rendu possible l'europe. Et cette paix n'est liée qu'à la démocratie ayant cours dans les pays européens. Le commerce n'a jamais entraîné la paix : si les hommes politiques ne tablaient pas sur l'ignorance des citoyens, ils ne mettraient jamais en avant ceci car contraire à l'Histoire.

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