Vendez-nous des lasagnes en circuits courts !

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C'est l'histoire d'un fournisseur de viande surgelée qui acquiert sa marchandise auprès d'un trader chypriote, qui lui même sous-traite à un de ses confrères situé aux Pays-Bas... lequel se fournit auprès d'un abattoir et d'un atelier de découpe en Roumanie. La fin de l'histoire : on se retrouve à manger du cheval alors qu'on a commandé des lasagnes au bœuf. Cette tragicomédie est révélatrice du système totalement ubuesque qu'a mis en place l'industrie agro-alimentaire. Une tribune de Jean-Marc Brûlé, président de l'Atelier (centre de ressources régional de l'économie sociale et solidaire) et conseiller Régional d'Île-de-France.

Au-delà du scandale alimentaire qu'il met à jour, l'épisode des lasagnes au cheval est révélateur du système totalement ubuesque qu'a mis en place l'industrie agro-alimentaire. Un système reposant sur des intermédiaires trop nombreux qui dilue la responsabilité des uns et des autres, pousse la marchandisation des denrées alimentaires à l'extrême, le tout pour tirer les prix vers le bas et satisfaire les consommateurs que nous sommes. Avec les conséquences - et les coûts indirects - que l'on connaît sur l'environnement, l'emploi et la santé. Si nous voulons retrouver nos bonnes lasagnes au b?uf (sûrement pas surgelées celles-là...), il est temps de nous interroger sur nos modes de consommation et de tous nous responsabiliser : acteurs de l'industrie agro-alimentaire, pouvoirs publics et bien sûr consommateurs. Arrêtons d'aller chercher de la viande à l'autre bout de l'Europe - pour ne pas dire du monde. Achetons directement nos fruits et légumes aux producteurs de nos campagnes. Diminuons les distances et les intermédiaires entre le champ et l'assiette. Bref, mangeons mieux, mangeons local ! C'est possible, facile et pas cher, contrairement à ce qu'on peut penser. Et il ne s'agit pas de se triturer les méninges pour trouver des solutions nouvelles. Les réponses existent ! L'économie sociale et solidaire et ses entreprises (associations, coopératives, etc.) les proposent chaque jour aux consommateurs soucieux de renouer avec une alimentation saine et responsable.

Que leurs cantines scolaires proposent à nos enfants des fruits et légumes produits à quelques kilomètres des écoles !

On ne compte plus les Amap (Associations pour le maintien de l'agriculture paysanne). Elles permettent à plus de 200 000 consommateurs d'accéder chaque semaine à des fruits et légumes de saison près de chez eux et aident ainsi nos maraîchers à pérenniser leur activité. Et que dire des systèmes d'achat groupé comme « La Ruche qui dit oui » qui offrent la possibilité aux consommateurs de se réunir pour acheter directement aux producteurs de leur région ? Au menu des livraisons hebdomadaires : viande élevée localement, fromages affinés près de chez soi, pain pétri à quelques kilomètres du lieu de livraison et bien entendu fruits et légumes de saison. Citons également la solution innovante proposée par Marché sur l'eau. Cette association livre chaque semaine aux Parisiens des fruits et légumes récoltés en Seine-et-Marne par le canal de l'Ourcq. Les légumes de Marché sur l'eau sont portés par six bras seulement : ceux de l'agriculteur, ceux du livreur... et ceux du consommateur. Cela change des lasagnes au cheval !

Toutes ces initiatives de l'économie sociale et solidaire nous permettent de mieux manger et de savoir d'où viennent nos aliments. Leurs organisations collectives font baisser les prix. Les kilomètres et les emballages nécessaires pour livrer et conditionner les produits diminuent drastiquement. Bref, ces formules sont écologiquement saines, socialement équitables et économiquement viables ! Il nous faut les soutenir. Les acteurs de l'agro-alimentaire peuvent faire leur part en contractualisant avec des producteurs locaux. Certains se sont engagés dans de telles démarches mais ils peuvent passer à la vitesse supérieure et voir dans ces filières locales de véritables relais de croissance (et non pas seulement des opportunités publicitaires). Au temps où le Made in France a le vent en poupe, ils ne peuvent pas passer à côté de ce marché. Les collectivités territoriales ont aussi leur rôle à jouer. Que leurs cantines scolaires proposent à nos enfants des fruits et légumes produits à quelques kilomètres des écoles ! Les consommateurs que nous sommes doivent également affronter la réalité : manger sainement nécessite quelques efforts. Se nourrir n'est pas un acte neutre. Nous devons agir pour reprendre le pouvoir sur notre alimentation et notre consommation. Nous sommes la clé de la souveraineté alimentaire de notre pays. Nous seuls pouvons réhabiliter et exiger la lasagne au b?uf du Thiérache arrosée de sauce tomate venant des Potagers de Marcoussis.

 

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a écrit le 20/02/2013 à 15:54 :
L'actualité désolante de ces derniers jours concernant l'origine douteuse de certains bovins nous prouve encore une fois de plus que OUI il est temps de favoriser et de supporter toutes les initiatives visant à informer le plus clairement possible l'origine de ce que nous mangeons tous les jours.
Mais voilà nous sommes en France avec nos paradoxes qui nous reviennent chaque jour dans la figure.. je m'explique... je suis producteur de fruits et de légumes, exploitation de type raisonnée située à quelques encablures du quartier de la Défense. J'ai souhaité cette année toucher une nouvelle clientèle en dehors de nos marchés du week-end et m'orienter plus vers une activité "ambulante" voire au contact des comités d'entreprises.
Le constat est désolant car personne ne souhaite notre présence sur la voie publique.
C'est quand même affolant de se dire que des gens comme nous qui travaillent 35 heures en 3 jours, qui proposent des légumes frais à la traçabilité plus que française nous ne puissions pas développer nos ventes. Cela me mets dans une rage folle car il y a vraiment une attente de la part des consommateurs de favoriser toutes les formes de circuits-courts.
une idée d'emplacement ou une société susceptible de me recevoir une fois par semaine sur son parking seront les bienvenus.
Bien cordialement,
Arnaud
a écrit le 16/02/2013 à 11:37 :
Il n'y a que le protectionnisme intégral (donc la sortie de l'UE) qui pourra établir des circuits courts et franco-français.
Le reste n'est que blabla.
a écrit le 15/02/2013 à 15:19 :
Si vous n'êtes pas content de ce qu'on vous vend, préparez-les vous-même, vos lasagnes !
a écrit le 15/02/2013 à 14:50 :
le circuit le plus court est celui qui va du boucher bio à votre cuisine puis à votre assiette. n'achetez jamais ces produits de M.... et on ne vous en proposera pas !
Réponse de le 15/02/2013 à 15:24 :
Le problème est qu'un ménage qui tire le diable par la queue va presque toujours reporter ses choix sur les produits les moins cher. Quand au bio ... il pourrais rapidement y avoir "bio et bio" si l'image du bio seule fait vendre.. Moralité = Les fraudes doivent être sanctionnées.
a écrit le 15/02/2013 à 10:38 :
Au vu de tout ces scandales de l agro alimentaire,les expressions de ma grand mère me reviennent :"Bon marché cher me coûte".et devant une affiche de pub proposant un aliment de la mer à un prix tres tres bas: "C'est pas possible ,pour le vendre a ce prix là,ils ont du aller le pecher dans une décharge".Elle a toujours fuit parce que suspecté les prix trop bas,elle achetait peu mais toujours la meilleure qualité."ce que je donnerai pas au boucher,je serai obligé de le donner au pharmacien"dixit.
a écrit le 14/02/2013 à 16:23 :
Voila d acheter a l etranger !!!! Perso on mange pas de plats surgeles chez nous! Ouffffff........ Je pense que si les gros de l agro alimentaire acheterai FRANCAIS cela ne serait jamais arrive tout ca pour faire des economies de bout de chandelles!!!! Qui couteront au final une fortune!!!!!' PAUVRE FRANCE ET DANS TOUS LES SENS DU TERME
a écrit le 14/02/2013 à 15:25 :
Première réaction des "verts" qui ne veulent absolument changer le système, mais en profiter. Appuyer pour que de VRAIS contrôles et que la pénalisation du Droit des Affaires existent et nous en reparlerons après.

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