Comment l'hôpital connecté réinvente la relation patient

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Laurence Delattre. DR.
Laurence Delattre. DR. (Crédits : DR)
Explosion de la mobilité, numérisation du dossier patient, régionalisation de la gouvernance des systèmes de santé, virtualisation : la révolution numérique et l'évolution des besoins en matière de soins forcent l'hôpital à se réinventer, explique Laurence Delattre, responsable des ventes Santé chez Alcatel-Lucent Enterprise France.

L'accès à l'information et les nouvelles technologies ont changé les relations entre médecins, entre patients et médecins, et entre patients. La santé est une science collaborative. En effet, les médecins collaborent au sein d'une équipe de spécialistes pour partager leur expertise et optimiser le soin aux patients. La relation singulière entre le patient et son médecin s'est transformée en parcours de soin intégré. Les patients sont mieux informés et donc plus exigeants et deviennent des acteurs responsables de leur santé. Dans ce contexte, les technologies de télécommunications sont devenues stratégiques et les dirigeants des établissements de santé doivent désormais prendre en compte ces changements culturels et mettre en place les innovations technologiques nécessaires.

Les tablettes numériques répondent aux besoins croissants

De nombreux nouveaux usages apportés par la technologie illustrent ces nouvelles pratiques collaboratives et mobiles dans la santé. Notons la convergence des usages existants, désormais accessibles sur les nouveaux terminaux smartphones et tablettes. Le multimédia ou les réseaux sociaux également ont modifié les pratiques. En effet, les tablettes numériques répondent aux besoins croissants de mobilité pour le suivi des patients à distance, ou, au contraire, au plus près du patient, c'est-à-dire au pied de son lit.

La médecine évolue vers plus de spécialisations et nécessite une coordination accrue entre les disciplines. La coordination des soins sort des murs de l'hôpital, renforce la relation médecine de ville-hôpital et mobilise également les acteurs du médico-social ou des services du bien-être, essentiels pour l'accompagnement des pathologies de longue durée. Il est devenu indispensable de faciliter et coordonner les communications entre tous ces acteurs lors des réunions de concertation pluridisciplinaires ou lors du suivi thérapeutique, grâce à des outils de collaboration multimédia, disponibles au lit du patient et donnant accès à toute l'information nécessaire pour délivrer des soins de qualité de manière efficace.

Une chaîne privée sécurisée de type « YouTube »

Le web et la vidéo permettent aussi de grandes avancées pour le partage des informations médicales et de remise à niveau des connaissances. Par exemple, la consolidation des informations dans des encyclopédies multimédia de pratiques médicales permet une formation pédagogique pour le personnel soignant ou une éducation thérapeutique à destination des patients. L'innovation réside dans la capacité à s'approprier le média vidéo pour produire et publier des informations, et les partager dans un environnement sécurisé.
Par exemple, dans une chaîne privée sécurisée de type « YouTube ». L'usage peut être la description d'une prise en charge, la description d'une intervention, ou celle d'un traitement pour informer le patient, l'impliquer et dédramatiser la situation, ce qui contribue à une meilleure guérison.

Chacun sait que la prise en charge à l'accueil de l'établissement de santé est une phase clé du parcours de soin. Pour cela, les établissements s'équipent d'afficheurs dynamiques qui diffusent des vidéos didactiques, ludiques ou préventives. C'est également un excellent moyen pour l'établissement de communiquer sur son identité et valoriser son image auprès de l'extérieur. Pour désengorger l'accueil physique, il est possible également d'installer des kiosques patients en libre-service, qui permettent aux patients de s'orienter sur un plan interactif de l'établissement, de connaitre le temps d'attente prévisionnel ou de solliciter l'aide d'une opératrice à distance en interagissant sur une borne tactile.

Des services proposés tout au long de son parcours de soin

Pour optimiser les temps d'attente aux consultations, la mise en place de centres de contacts permet de gérer au mieux la prise de rendez-vous, de réduire le nombre de rendez-vous non honorés, notamment pour les consultations spécialisés ou coûteuses (ophtalmologie, IRM, scanner ...) en rappelant automatiquement les rendez-vous par SMS. Tous ces services à l'attention des patients sont proposés tout au long de son parcours de soin. On parle alors de « relation patient ».

L'évolution de la relation patient a des impacts forts sur les réseaux informatiques. En effet, ces services doivent se reposer sur une infrastructure réseau fiable et sécurisée, qu'elle soit fixe et/ou mobile. La criticité de l'information (il peut s'agir de données vitales par exemple) nécessite une continuité de service (PRA, PCA) qui doit être assurée par une architecture résiliente.
L'optimisation de la bande passante et la gestion de la sécurité QoS doivent être gérées pour prioriser les flux (voix, données, image).
L'accès à distance aux données médicales, permis par la virtualisation des postes de travail dans les hôpitaux et le BYOD (Bring Your Own Device), ainsi que les besoins en haut débit, notamment pour la radiologie numérique, amènent les réseaux informatiques à évoluer vers des DataCenter. Ceux-ci peuvent être localisés au sein de l'établissement ou bien externalisés, chez des hébergeurs de données de santé en mode cloud xAAS.

La multiplication des appareils connectés dans la santé démontre bien le besoin croissant d'infrastructures fiables, souples et sécurisées pour faire transiter et stocker les données critiques. Pour doter les personnels soignants d'outils innovants et efficaces, et faire bénéficier les patients en situation d'hospitalisation, en ambulatoire ou en suivi d'une excellente expérience médicale, le réseau informatique est la colonne vertébrale numérique indispensable à un service médical de qualité. C'est ainsi que l'hôpital connecté d'aujourd'hui se réinvente pour améliorer la relation patient.

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Commentaires
a écrit le 30/05/2013 à 13:33 :
Avant d'avoir accès à son dossier , sur grenoble, sans parler des urgences , il faut minimum
6 mois pour avoir un RDv avec un dermato. Pas la peine de téléphoner , personnes ne décroche .....
a écrit le 29/05/2013 à 8:34 :
j'ai pu voir à l'hôpital l'évolution du secret médical avec le développement de l'informatique : une catastrophe !!
a écrit le 28/05/2013 à 23:05 :
vu la file d'attente des urgences il y a du boulot .pas trop vieux , pas trop amoché
Réponse de le 29/05/2013 à 7:09 :
Bonjour,

En même temps si les gens n'allez pas aux urgences pour un simple mal au crâne cela irai mieux aussi :)

En tout cas l'hosto fait des efforts ça va donc dans le bon sens ....
Réponse de le 29/05/2013 à 8:11 :
Oui il y a de l'attente, je suis allé aux urgences et j'ai attendu 4h, mais devant moi sont passés des accidentés de la route et un arrêt cardiaque, qui eux, bien heureusement n'ont pas attendu. L'attente aux urgences ce n'est pas comme à la Poste...on attend en fonction de la gravité de son soucis. Si gros soucis pas d'attente, si attente soucis de santé "non urgent"...Vos propos "y a de l'attente" c'est comme dire "je préfère le soleil à la pluie" ;=)
L'attente est priorisée...Je pense qu'il y a pas mal de pédagogie à faire la dessus.
Bcp de gens aux urgences, ont aussi trop tardé à voir leur médecin traitant, on attendu le dernier moment où ils sont plié en quatre.
Réponse de le 29/05/2013 à 15:28 :
Ne pas oublier non plus SOS Médecins qui est un service à domicile, sans dépassement d'honoraires, et avec une approche mixte qui comble le trou existant et bien réel entre généraliste et urgentiste.
Exemple: quand on est en pleine crise de lombalgie en raison d'une hernie discale et donc non déplaçable par ses propres moyens, on est content d'avoir SOS Médecins 1h plus tard à la maison pour une piqûre... au lieu de 3 pompiers 15 min plus tard (et qui ne pourront pas faire de piqûre par ailleurs...) puis les urgences, ce qui a un coût infiniment supérieur pour la collectivité.
C'est aussi à chacun de se responsabiliser, beaucoup de choses peuvent attendre un peu... mais à contrario ne pas hésiter à faire le 15 pour douleurs thoraciques ou autre!

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