Vite, un Grenelle du numérique !

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La France aurait raté le tournant du numérique, expliquent certains analystes. Pour rattraper ce retard, deux acteurs de cette économie en plein essor, Xavier Corval et Arno Pons, proposent d'appliquer au secteur la méthode qui avait réussi pour l'environnement : organiser un Grenelle du numérique qui favoriserait la prise de conscience du grand public et des décideurs politiques.

Il y a quelques années, le « Grenelle de l'environnement » a permis de généraliser la prise de conscience et l'intégration des enjeux de développement durable dans la société française et dans les instances de décision publiques et privées. Nous proposons que se crée la même dynamique pour le numérique, pilier de croissance et de solutions.

Une énergie qui peut répondre aux besoins du pays
Le numérique produit une énergie au potentiel quasi-illimité: il est facilitateur d'échanges, libérateur de talents, fournisseur d'idées. C'est la nouvelle source d'énergie du XXIème siècle. Ce tournant numérique est une évolution technologique majeure et, surtout, une révolution provoquant la transversalité des modèles de pensées et d'actions sociétaux, culturels, commerciaux et politiques.

A l'heure où les contraintes budgétaires menacent l'innovation, où la morosité pèse sur les initiatives économiques, « l'énergie » numérique est une véritable opportunité de rebond pour la collectivité nationale. Cette énergie peut alimenter toutes les forces entreprenantes, publiques comme privées ; elle devrait être considérée systématiquement, méthodologiquement, comme ferment de solutions pour répondre aux besoins des acteurs et du pays. Elle a déjà montré sa capacité à générer de l'emploi et des réponses nouvelles, mais insuffisamment aux regards des enjeux actuels et de son propre potentiel.

Le digital est une aubaine à saisir maintenant
Innover et exploiter la transversalité sont indispensables pour faire face aux défis du moment et, au- delà, aller vers un modèle de croissance raisonnée et durable intégrant d'autres indicateurs que le seul PIB. Le numérique porte un potentiel pour créer des solutions et des richesses, grâce notamment à sa capacité à relier les acteurs. L'Etat (stratège) a un devoir de maximiser ce potentiel, en orientant l'innovation vers les politiques publiques qu'il détermine sans pouvoir les prendre financièrement en charge.

Le contexte impose à l'Etat de restreindre ses dépenses et de stimuler la croissance. Le digital est une aubaine à saisir, vraiment, maintenant : il porte des promesses collectives qui, en outre, sont relativement peu coûteuses parce que principalement fondées sur de la « matière grise », des capacités et des formations parmi les meilleures au monde. Actualisons et concrétisons le slogan des années 70 : « en France on n'a pas de pétrole mais on a le digital ! » Que nous manque-t-il pour qu'émergent dans notre pays les Google et Facebook de demain, images d'une primauté des Etats-Unis persistante grâce à l'innovation numérique en dépit de leur affaiblissement financier ? C'est à ce débat que nous invitons...

Dans une réflexion sur son rôle, l'Etat français ne peut plus appliquer uniquement les modèles préexistants pour décupler la créativité, faciliter l'interconnexion des différents acteurs et être utile autrement. Il dispose d'une chance unique et historique d'associer à ses objectifs toutes les administrations, les entreprises et notamment les start-ups et tous ceux qui, entrepreneurs, fonctionnaires et salariés, sont prêts à mettre en oeuvre leurs capacités d'innovations dans un système entièrement repensé pour être gagnant.

Maximiser le potentiel d'innovation au service des politiques publiques
Au moment où la crise empêche d'investir massivement dans l'innovation, l'État a l'occasion d'externaliser l'absolue nécessité d'innover en assumant sa délégation aux initiatives locales et privées. A l'instar d'un Apple qui a su construire pour l'Iphone un business model non pas sur la téléphonie mais sur l'ouverture aux applications, notre pays doit imaginer et expérimenter un modèle politique-économique qui soit « open innovation », reposant sur la conviction que, désormais, l'innovation créatrice de richesses économiques et sociétales peut émerger de partout.

Chaque entité publique (ministère, collectivité, administration...) pourrait s'inviter à réévaluer et à enrichir son rôle au prisme du digital, en se considérant comme une plateforme ouverte aux initiatives qui permettent l'accomplissement de ses missions. Au final, le bénéficiaire principal restera le citoyen qui aura accès à de nouveaux services et n'aura pas à financer, en tant que contribuable, l'effort d'investissement.

Vecteur de cohésion sociale et d'émancipation personnelle
L'Etat stratège déciderait quant à lui des orientations à prendre et orchestrerait les moyens pour y parvenir. Ce dont il s'agit, c'est de créer le partenariat gagnant entre l'Etat, les collectivités locales, et  les acteurs afin de maximiser le potentiel d'innovation.

Une telle organisation dont la fluidité et l'efficacité sont intrinsèquement liées serait une vraie révolution et l'occasion pour la France de montrer que l' « économie numérique » est autant une indispensable voie de sortie de crise qu'un vecteur de cohésion sociale et d'émancipation personnelle. La France n'avait pas inventé la démocratie...mais c'est elle qui l'avait rendue universelle avec la Révolution française.

Créer des synergies numériques
Nous tendons donc la main à tous ceux qui veulent accompagner ce mouvement, partager et approfondir nos propositions et devenir les co-acteurs d'un changement et d'une ère de nouveaux modèles de développement. Nous proposons de porter ensemble, acteurs publics et privés, un Grenelle de l' « énergie numérique » en regroupant les idées, talents, initiatives du monde digital, pour définir avec l'Etat, les collectivités locales et pourquoi pas européennes quels sont les axes et étapes prioritaires de ce développement.

Les tournants décisifs en France passent par la reconnaissance politique et symbolique : @llons-y ! Et comme le digital est par définition facteur de collaboration, les résultats de ce nouvel élan seront ceux de toutes les parties prenantes. En sortant de l'illogique du fonctionnement en silos, ce Grenelle des synergies numériques marquera le début d'une nouvelle approche des relations publiques-privées. Cette grande concertation serait alors la première étape d'un nouveau type de croissance: la croissance collaborative.

 

*Par Xavier Corval. Dirigeant fondateur de « Eqosphère » (société de transactions et services innovants appuyés sur les Technologies de l'Information et de la communication) et Arno Pons, Directeur Général de « 5eme Gauche » (agence de communication digitale).

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a écrit le 21/06/2013 à 7:54 :
Si on le fait il faut aller au bout du raisonnement, et créer un poste équivalent au "federal chief information officier" comme c'est le cas en Grande-Bretagne, ou un vice premier ministre en charge de 'intégration du digital pour effectivement sortir de la logique de silo, et pouvoir orchestrer ce grenelle sans craindre les prérogatives des différents ministères. Hollande a donc une chance historique d'amorcer la modernisation de l'Etat.
a écrit le 20/06/2013 à 18:43 :
Top cette idée d'open innovation. Ce grenelle c'est un peu hackathon géant.
Moi je bosse sur le net depuis 9 ans, j'aimerais bien qu'on nous considère comme des acteurs du changement. Le nouveau rêve américain c'est la Silicon Valley, pas Dallas.
a écrit le 20/06/2013 à 18:08 :
Le Grenelle du numérique a déja été fait, en douce, bien sur et au détriment des + défavorisés, comme toujours.
Fonds national pour une société numérique, créé par Sarko, validé par Hollande et géré par la Caisse des Dépots:
3,6Md'? dont 2,5 pour le très haut débit, donc en fait pour les boites de TP qui n'ont plus bcp de ronds points à faire donc de pots de vin à redistribuer aux partis politiques.
1,1Md'? pour les entreprises du numérique
Rien pour la formation de plusieurs millions de personnes, souvent peu ou pas qualifiées, qui seront ainsi de +en +, totalement exclues de la société
15 quartiers numériques en prévision; quid des collectivités (départements, agglo, communauté de communes, etc...) qui ne seront pas dans les 15 dont les plus démunies? Qu'elles crèvent !
Fonds NATIONAL pour une SOCIETE Numérique: cela signifie que ceux qui galèrent sont volontairement exclus de la nation et de la société.
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Réponse de le 20/06/2013 à 18:35 :
Pour moi le Grenelle c'est mettre autour d'une table les acteurs pour imaginer remettre un plat un systeme et créer un electrochoc dans la société. Ce n'est pas une pseudo comission qui décrete d'un budget (et donc d'un impot supplémentaire).
Il faut stopper ce mode opératoire et remettre tout à plat. Nos politiques doivent comprendre qu'à l'heure d'internet les solutions ne sont pas Top Down, mais collaboratives. Je trouve que ces 2 types mettent le doigt où il faut: c'est au privé de produire des idées en accord avec les forces publiques qui doivent apporter leurs soutiens (infrastructures, maillage,...).
On demande tous plus de moyens. Mais ce n'est pas forcément de l'argent du gouvernement.
Je leur souhaite bon courage, pas sûr que le gouvernement se lance dans une telle révolution
a écrit le 20/06/2013 à 15:49 :
Moi je dis chiche! Honnêtement le numérique mérite autant un grenelle que l'environnement. Regardez les USA, avec Al Gore vice-président ils avaient pris le virage de l'internet dès les années 90. Résultat c'est le numérique qui porte aujourd'hui le dynamisme du pays. Que serait l'amérique aujourd'hui sans Google et Facebook?
a écrit le 20/06/2013 à 15:19 :
Ça me fait toujours marrer qu'une personne venu du monde de la com' (le DG de 5ème Gauche ...) vienne nous expliquer la vie au niveau des nouvelles technos et du virage numérique que l'on n'a jamais pris. Ce n'est franchement pas à une petite boîte de com' de nous dire cela. Ça aurait du être les SSII qui auraient du montrer la voix il y a 10 ans voir 20 ans de cela. Citez moi une boîte genre FB, EBAY, etc qui a été montée par un DG de boîte de com' ...
Réponse de le 20/06/2013 à 15:42 :
Si ces gens des SSII avaient fait le job, un communicant n'aurait pas à le faire.
Ce n'est pas l'émetteur qui compte c'est le message ;-)
a écrit le 20/06/2013 à 9:33 :
Un pays qui a un impôt sur la fortune à la française ne sera jamais générer une société comme Microsoft, Facebook, Google. Un «Grenelle» est une perte de temps. Un régime fiscal favorable aux entreprises peut aider.
Réponse de le 20/06/2013 à 23:51 :
Les acteurs existent grace aux logiciels libre il y a tous les outils pour reussir a condition de se debarasser de apple microsoft et cie !
a écrit le 20/06/2013 à 7:47 :
Je trouve cette initiative très positive. Ça nous change du mouvement des pigeons. Ils ne revendiquent rien pour eux et proposent une action constructive. Il est temps en France que l'on donne une vraie place aux énergies du futur, et que l'on construise un nouveau modèle!
a écrit le 20/06/2013 à 0:55 :
quand on prends quelques minutes pour lire ces merveilleux commentaires constructifs d'experts en développement digital, on est rassuré.
a écrit le 19/06/2013 à 21:47 :
Ce titre ne veut rien dire, et Grenelle n'a rien à voir là.
a écrit le 19/06/2013 à 19:58 :
C'est quoi cet attrape nigaud qui ne fonctionne que comme les boites de nuit qui autorise l'entrée gratuite à la gent féminine pour attirer le reste de la population? Qui ne veut qu'imiter google et facebook pour divulguer toute son intimité! Le virtuel ne nourrit pas son homme si celui ci ne pense qu'a rêver!
a écrit le 19/06/2013 à 18:35 :
Il faite arrêter de faire des "Grenelle" pour tout et n'importe quoi. Un grenelle par corporatisme, on ne va pas s'en sortir. Le seul Grenelle dont on devait s'occuper, c'est le Grenelle de "Réduire notre dette pour pouvoir s'occuper sérieusement de l'emploi". Ou a la limite un Grenelle "Flinguer les corporatismes".
Réponse de le 19/06/2013 à 23:18 :
+1
Réponse de le 20/06/2013 à 8:01 :
Justement si on comprend bien leur idée c'est que le numérique peut aider à réduire la dette en créant une croissance qui ne soit pas liée à une dépense de l'Etat, mais a une nouvelle organisation de la relation public/privé pour faire des entrepreneurs les co-procteurs de l'innovation sous l'égide de l'Etat stratège.
Les emplois de demain se feront effectivement en changeant le paradigme de la politique publique.
On voit bien qu'avec le système actuel on va dans le mur...
Réponse de le 20/06/2013 à 8:04 :
@ Mecatroid+simple citoyen : pourquoi pas une Grenelle contre les Grenelles????
Demain à la sortie du lit je vous proposerai une Grenelle contre mes conneries......
a écrit le 19/06/2013 à 17:51 :
Typiquement français...

du TOP DOWN .... Vous voulez du numérique faîtes le, pas besoin de faire boire une vache qui n'a pas soif.
Réponse de le 19/06/2013 à 18:00 :
Le top down c'est la recette francaise depuis Colbert avec des echecs mais aussi des reussites, comme celles de Colbert...
a écrit le 19/06/2013 à 17:38 :
Si c'est l'Etat qui doit s'occuper de cela, il y a une belle réserve humaine qui attend cela depuis longtemps... Tous anciens cadres de BULL...celui qui allait relever le défi d'IBM...
Jamais eu peur du ridicule en France! Laissez le privé s'en occuper et demandez plutôt à l'Etat d'apprendre à gérer ses citoyens...et à ne pas s'endetter de trop!
Réponse de le 20/06/2013 à 21:42 :
Haha ! +1
a écrit le 19/06/2013 à 17:03 :
wai encore une usine à gaz ... histoire de griller du fric !
a écrit le 19/06/2013 à 15:39 :
Impossible de se connecter sur "eqosphere.com" ! Pour des spécialistes du numérique, cela démarre mal...
Réponse de le 19/06/2013 à 17:05 :
ben si .... ça marche !
Réponse de le 19/06/2013 à 17:08 :
http://eqosphere.com/#partenaires vu les partenaires on sait passe nos impôts !
a écrit le 19/06/2013 à 15:02 :
ce sera sans doute l'occasion d'inventer la redevance tablette ou une redevance smartphone ou encore une taxe bidule ...
a écrit le 19/06/2013 à 15:01 :
"le « Grenelle de l'environnement » a permis de généraliser la prise de conscience et l'intégration des enjeux de développement durable dans la société française et dans les instances de décision publiques et privées"... Ah bon? Il me semblait que cela avait surtout permis de faire plaisir à une coterie de bobos, de transférer des richesses artificiellement vers des secteurs qui ne le méritent pas plus que d'autres, d'alourdir fiscalité et réglementation, de créer un glacis de faux spécialistes dont la seule compétence est l'appartenance à des réseaux d'influence financés sur nos deniers... J'en oublie?
Réponse de le 19/06/2013 à 15:34 :
Le bonus/malus qui pénalise les acheteurs de voitures essences, les crédits d'impôts et autre bonus écolo pour faire financer ses panneaux photovoltaïques par le con tribuable...voilà quelques mesures du Grenelle de l'Environnement !
a écrit le 19/06/2013 à 14:50 :
Ce grenelle de l'environnement, cette "chose" pour permettre à nos technocrates de mettre en place de nouvelles écotaxes ! En revanche, rien à l'horizon pour permettre à des futurs start up de devenir des google ou facebook à la française !
Réponse de le 20/06/2013 à 9:38 :
Je suis d'accord le but c'est de faire émerger les Facebook et Google français. Si le Grenelle est le moyen, et bien pourquoi pas essayer (Grenelle, états généraux,...on se fiche du nom c'est l'intention de créer une impulsion nationale qui compte)
a écrit le 19/06/2013 à 14:06 :
"le « Grenelle de l'environnement » a permis de généraliser la prise de conscience et l'intégration des enjeux de développement durable dans la société française et dans les instances de décision publiques et privées" ... Incroyable de lire cela... Le climat devient un souk d'enfer au point que les deux pays les plus "puissants" au monde ont réussi à se mettre d'accord pour essayer d'éviter d'aggraver trop la situation avec les hfc... Déjà, grenelle, c'est de la poudre aux yeux, mais le numérique détourné, c'est encore pire... Le greenvachinge, c'est bon, on connait.
Réponse de le 19/06/2013 à 15:02 :
Hahahaha! Je viens de vous lire après avoir moi-même répondu au fil de l'eau. +1
Réponse de le 19/06/2013 à 17:42 :
C'est tout bon...
a écrit le 19/06/2013 à 13:45 :
svp.préciser : une Grenelle pour le Pays entier.Il ne faut pas etre si égoiste.....
a écrit le 19/06/2013 à 13:31 :
Un peu utopique, mais néanmoins réalisable... Faudra juste "déboguer" nos dirigeants politiques... Et il est vrai, réellement porteur de développement durable...

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