Le bitcoin : une exigence démocratique !

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Pierre Noizat, cofondateur de Paymium et auteur de Bitcoin, monnaie libre
Pierre Noizat, cofondateur de Paymium et auteur de "Bitcoin, monnaie libre" (Crédits : Reuters)
Alors que l'Allemagne veut taxer le bitcoin - monnaie virtuelle de plus en plus utilisée par les internautes, Pierre Noizat - le co-fondateur de Paymium - entend bien utiliser cette nouvelle monnaie pour contrecarrer le pouvoir des banques. Après avoir créé la plateforme de trading de bitcoin, la prochaine étape pourrait être... le bitcoin pour tous.

Nul ne conteste l'évidence de la multi-modalité comme gage d'efficacité et de résilience de nos systèmes de déplacements: les transports administrés tels le train, le bus ou l'avion complètent les moyens de transport individuels que sont la voiture et le vélo.

Pourtant , dès lors qu'il s'agit de nos échanges économiques qui transfèrent une somme monétaire d'un point A à un point B, il faudrait que nous soyons contraints d'utiliser un seul système monétaire centralisé comme l'euro. La contre-partie de ce monopole accordé à
l'euro devrait être la transparence et la responsabilité. Or nous n'avons ni l'un ni l'autre.

Jusqu'à l'émergence de bitcoin, les monnaies complémentaires peuvent être critiquées
pour leur manque d'efficacité. Leur rayonnement est soigneusement limité par le code monétaire et financier. Ce code est rédigé par des juristes sponsorisés par les banques et adopté par des élus largement dépendants du système bancaire pour le financement de leur campagne et la réalisation de leurs promesses électorales.

Redonner sa place à l'intérêt général

Le mythe d'un contrôle de la puissance publique sur le système monétaire masque mal la
réalité inverse: la prise de contrôle du pouvoir de l'argent sur le pouvoir politique. Ce mythe est entretenu dans les médias par une communication complaisante envers le système bancaire qui bénéficie d'un temps de parole sans commune mesure à celui accordé aux partisans de la multi-modalité monétaire.

Les tentatives de diabolisation de la technologie bitcoin dans les médias qui ont pour principaux annonceurs les banques attestent de la réalité de la menace qui pèse sur le statu quo. Car les banques centrales voudraient que rien ne change: la mainmise sur les moyens de paiement et l'émission du crédit est bien trop profitable pour accorder sa juste place à une telle innovation de rupture.

Mais il y a un avant et un après l'invention de Bitcoin. La réalisation d'un système monétaire décentralisé à travers l'émergence du réseau Bitcoin a révélé l'obsolescence du vieux concept de monopole monétaire centralisé, incarné par l'euro, le dollar et le yuan. Le découplage du pouvoir politique et des intérêts financiers devient possible pour redonner sa place à l'intérêt général.

La pluralité monétaire : une exigence politique

Cette révélation de la multi-modalité monétaire comme une exigence démocratique s'appuie sur quelques constats simples, longtemps occultés par l'absence d'alternatives crédibles au monopole. D'une part,  la "monnaie" circule désormais essentiellement sous forme de transactions électroniques qui s'enregistrent dans les bases de données des banques. La circulation sous forme de billets et de pièces est un coûteux héritage du passé, devenu marginal et destiné à entretenir le mythe du "contrôle " de la puissance publique sur la monnaie.

D'autre part, l'argent-dette est créé ex-nihilo par la banque lorsqu'elle émet un "crédit". Il suffit au
banquier d'inscrire le montant du prêt simultanément à l'actif et au passif de la banque. A l'actif, il représente la somme qui doit être remboursé par l'emprunteur à la banque. Au passif de la banque figure le même montant car il a été déposé sur le compte de l'emprunteur: le solde positif de ce compte est une dette de la banque à l'égard du titulaire du compte. Ce tour de passe-passe comptable permet la création monétaire par les banque privées.

Les remboursements des prêts sont une destruction monétaire qui vient réduire la masse monétaire en circulation. Evidemment, les émissions de prêts, très rémunérateurs pour les banques, excèdent largement leurs remboursements, de sorte que la masse monétaire est en augmentation constante, exponentielle et difficilement contrôlable.

La monnaie est donc aujourd'hui complètement virtuelle, qu'il s'agisse des bitcoins ou des
euros: le vocable est pourtant employé de manière sélective par les banquiers pour
désigner toute alternative à leur monopole.

La fin du monopole des banques

Qu'est ce qui change avec bitcoin ? Bitcoin ne s'appuie pas sur le principe de l'argent-dette mais sur le modèle mathématique d'un métal précieux: la quantité de bitcoin pouvant circuler sur le réseau est limitée par le protocole bitcoin à une valeur maximale arbitraire de 21 millions de bitcoins. Comme chaque bitcoin est divisible pratiquement à l'infini, cette convention ne limite en rien la capacité du réseau bitcoin à traiter un très grand volume de transactions.

Tout bitcoin ou fraction de bitcoin composant le montant d'une transaction trouve son origine dans une transaction précédente, dite transaction de génération, qui crée 25 bitcoins. Ces transactions interviennent toutes les dix minutes et les bitcoins générés sont distribués par un algorithme complexe aux noeuds du réseau qui vérifient et relaient les transactions.

Parce que tout le monde peut participer ainsi librement au réseau bitcoin, cette technologie change notre rapport de négociation avec les banques, jusqu'à présent entièrement dominé par le banquier pour tous nos échanges économiques.

De même que, grâce à l'email, nous utilisons les services de la Poste lorsqu'ils nous sont
vraiment utiles, nous pourrons désormais décider de passer par la banque seulement quand elle aura une valeur ajoutée réelle.

Le bitcoin, plus pratique et plus sécurisé

Dans la plupart de nos transactions effectuées dans un contexte connu et pour des montants limités (commerce de proximité, amis, famille, etc), la technologie bitcoin sera préférée pour des raisons pratiques et politiques.

Sur un plan pratique en effet, les commissions de transactions sur le réseau bitcoin sont fixées librement par le payeur qui peut les mettre à zéro.  Et contrairement à un virement bancaire ou un paiement par carte bancaire, une transaction bitcoin est diffusée en quelques secondes sur le réseau.

Au plan politique, le citoyen préférera un système de paiement comme bitcoin qui lui laisse maîtriser la divulgation des données de transaction plutôt que la capture systématique de ces données par des multinationales...

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Commentaires
a écrit le 23/08/2013 à 11:10 :
P. Noizat a raison de placer le débat sur ce terrain: quand on parle des bitcoins on tombe toujours sur l'histoire de la bulle, alors qu'il y a bien d'autres enjeux. A lire aussi, ce papier plus développé qu'il a publié dans la ParisTech Review (en français): http://www.paristechreview.com/2013/07/29/bitcoin-bulle-debats/
a écrit le 22/08/2013 à 22:26 :
Si il est libre le concepteur se protège de quoi on se demande ?

Si c'est le gouvernement qui est derrière et qui a mis cette histoire en place, c'est que là c'est leur désir de changer tous le système monétaire par du virtuel et retirer tous les billet et pièce du marché, de rendre les peuples dépendant de système informatique qui seront sous leur contrôle comme la télé, les médias et internet..On ne pourra plus protéger notre argent !!!

Eh oui il faut pas croire que toutes ces choses sont venues pour notre bien, mais pour une raison dont on voit de plus en plus le fond de l'iceberg !!!
Réponse de le 25/08/2013 à 1:08 :
Il n'y a pas de gouvernement derrière cela..... avec des si....

Si vous étiez un peu informé sur le Bitcoin, vous diriez moins de bêtises,

Si vous étiez moins stupides, vous sauriez que le Bitcoin est une crypto-monnaie conçue pour justement échapper à toute autorité centrale... alors bien sûr, ce qui est un avantage, l'anonymat, la non centralisation peut être pour des gens mal-intentionnés du pain bénie puisqu'elle leur permet d'échapper à tout contrôle mais ce n'est pas parce que des gens peuvent utiliser un outil à des fins illicites qu'il faut interdire l'outil...

Si vous êtes assez crétin pour penser que vous pouvez protéger votre argent comme vous le dîtes, le Bitcoin n'est pas une monnaie pour vous, car il faut être informé et pouvoir être responsable ce qui ne semble pas votre cas

Et entre nous je ne pense pas que le peuple ait besoin d'être manipulé pour se rendre dépendant des iMachin...
a écrit le 22/08/2013 à 22:16 :
Encore de la propagande pour une monnaie virtuelle, histoire de nous éloigner des métaux précieux qui sont les seules valeurs réelles d'échange, mais que l'élite entends conserver pour son seul usage régalien.
Porte-monnaie électronique et bitcoins ne sont que des leurres destinés à nous ôter le peu de pouvoir d'achat qui nous reste encore. Y a t'il encore des esclaves pour y adhérer ?...
a écrit le 21/08/2013 à 14:41 :
Dommage, impossible de finaliser son inscription sur l'appli Iphone de l'auteur : Paytunia !
Elle envoi le message d'erreur "Captcha incorrect" alors qu'il n'y a pas de captcha dans le formulaire d'inscription.
C'est franchement dommage !
Réponse de le 22/08/2013 à 12:28 :
Je confirme que les services de Paymium sont suspendus pour une refonte complète depuis le mois de mai. Paymium prévoit de relancer bitcoin-central.net (la plateforme d'échanges Bitcoin/Euro) début Septembre. L'application mobile Paytunia viendra plus tard.
Ce n'est pas le sujet de l'article qui ne mentionne ni Paytunia ni bitcoin-cenrtal ! (modérateur ?).
a écrit le 21/08/2013 à 12:26 :
Ce n'est juste qu'une nouvelle forme de Ponzi. Mais plus maligne puisque cela commence avec de l'argent virtuel et que les premiers arrivés liquident leur virtuel par du cash. Puis effondrement de la valeur de conversion et disparition.
a écrit le 20/08/2013 à 19:01 :
@pierre.noizat
Le concept de monnaie bitcoin est en effet surprenant: un nombre d'unitées totales prédéfini à l'avance ... et donc une possible augmentation de la "valeur" unitaire lors de l'augmentation de son utilisation ...
Néanmoins, je ne comprend pas comment l'investissement / crédit fonctionne-t-il avec ce système: par exemple, pour financer un projet qui nécessite X bitcoins (en valeur d'aujourd'hui) que je n'ai pas: s'il n'y a pas création de monnaie, comment financer le projet X ?
a écrit le 20/08/2013 à 18:38 :
super pour le blanchiment d'argent...
Réponse de le 25/08/2013 à 1:22 :
Le blanchiment d'argent !!!!! Quel argument de poids !!!!

A condition d'être décérébré et de ne pas savoir que de nombreuses banques ont eu maille à partir avec la justice pour cause de blanchiment... et que les trafiquants n'ont pas eu besoin du Bitcoin pour blanchir leur argent.

Ce sera l'argument pour interdire le Bitcoin, car jamais les gouvernements comme les banques ne tolèreront qu'un moyen de paiement puisse échapper à leur contrôle et aux taxes !!!! Et cela se fera avec le soutien de crétins - lire les commentaires de vitevu aka riencompris et consoeur - qui viendront pleurer que leur pouvoir d'achat est en baisse...

Le Bitcoin a un incroyable potentiel et plus ce potentiel va se confirmer, plus le Bitcoin se verra accuser de tous les maux....
a écrit le 20/08/2013 à 17:14 :
Si la réforme de l'attribution des crédits est à revoir, la stratégie bitcoin est illégale et dangereuse. On sait que ce type de manoeuvre finit par voir le prélèvement de gestion augmenter dès qu'elle a réussi et que le risque est fort que les dirigeants partent avec la caisse bitcoin. Comme les stratégies de Law à son époque, cela revient a remplacer de l'argent par du papier ou des clics. L'un a une valeur garantie en intra du moins et fortement protégée sur le marché international, l'autre autodéfinit ses engagements autant dire qu'il n'en a aucun. A éviter.
a écrit le 20/08/2013 à 16:54 :
Le problème du bitcoin est qu'il est lui aussi créé ex nihilo par des "mineurs" qui font pédaler leurs PC pour hasher la matrice, afin de les récupérer. Il ne s'agit donc ici nullement d'une unité d'échange, mais bel et bien d'une nouvelle forme d'or, que les premiers mineurs s'accaparent, a grand renforts de CPU, et qu'ils vendront ensuite aux plus offrants. L'escroquerie est la même que pour la version jaune historique...
a écrit le 20/08/2013 à 16:48 :
Je note que l'on évite soigneusement d'évoquer le blanchiement.La transparence de la gestion d'une monnaie dont la masse et son évolution sont gérées par un algorythme complexe moi ça ne me parle pas.. serais je un vieux con?
Réponse de le 23/08/2013 à 0:39 :
ET m++ est juste un jeune con arrogant .. l''équilibre est préservé.. révez des bitcoin , ça nous fera rire comme l'esperanto... (allez voir les article à l'époque , enthousiasme béat et naif copié collé , et quelques profiteurs qui coulent des jours heureux ..)
Réponse de le 25/08/2013 à 1:31 :
ch

Comparer l'Esperanto et le Bitcoin montre seulement que vous n'avez pas du tout compris ni le concept ni l'esprit du Bitcoin... et si vous êtes du genre à rire des effondrements, il y a fort à parier que vous serez écrouler de rire dans peu de temps... par contre, désolé mais vous allez rire des euros, du dollar... pas du Bitcoin...

En ce qui me concerne, vos commentaires me font penser aux vieux cons qui toujours rabâchent les oreilles de leur proche en leur disant qu'à leur époque c'était mieux... et vu le niveau de votre commentaire, je ne suis pas vraiment surpris que vous n'ayez rien compris...

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