Manuel Valls, jusqu'où ?

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Jean Christope Gallien, professeur associé à Paris 1 Sorbonne
Jean Christope Gallien, professeur associé à Paris 1 Sorbonne (Crédits : DR)
Sur les traces d'un Nicolas Sarkozy ministre de l'intérieur, Manuel Valls grimpe en popularité et perturbe l'UMP. Et après? Par Jean-Christophe Gallien, professeur à associé à la Sorbonne*

Manuel Valls fut le Ministre le plus médiatique de l'été. Entre Bretigny, Trappes, l'intimité des vacances en famille, le Ministre fut à l'œuvre. Fer de lance auto positionné d'un Gouvernement en villégiatures contrôlées.

Valls voulait montrer, tout au long de ce feuilleton estival, qu'il décide, agit et n'hésite pas à dire sa vérité, qu'elle plaise ou non, tout en revendiquant une totale et fidèle appartenance au Gouvernment. Là même où il pioche pourtant ses meilleurs « ennemis ». Christine Taubira, Cécile Duflot symboles féminins de l'ouverture du Parti Socialiste aux autres familles de la gauche. Pas de guerre interne mais une vraie guerilla installée depuis des semaines, qui crée des points de repères politiques et aussi de valorisation médiatique.

Exploiter la pratique présidentielle

Comme d'autres, plus que d'autres peut-être, Manuel Valls exploite la pratique présidentielle de François Hollande. Sur le terrain national, le Président se comporte comme un chef assumé d'une polyphonie. L'objectif semble être de ne déplaire à personne et surtout pas en période de préparation de la campagne des municipales. Manuel Valls profite aussi de l'autorité faible, désormais authentifiée, du premier ministre Jean-Marc Ayrault qui gouverne en empilant débats et concertations.

Un Manuel Valls populaire, qui mobilise de la confiance

Manuel Valls est populaire. Il veut le rester. Il collectionne les sondages d'opinions favorables. Et ses prises de positions sur les grands enjeux en titre de son ministère mais aussi sur ceux qui croisent les compétences régaliennes d'autres ministères, en particulier celui de la Justice, sont régulièrement très populaires et partagées par une majorité de nos concitoyens.

Une popularité qui se maintient malgré des résultats, notamment en matière de délinquance, qui tardent à s'affirmer et une actualité dominée par la multiplication des faits divers qui renforcent le sentiment d'insécurité, Manuel Valls fait régulièrement grimper sa part d'audience politique et médiatique personnelle. Il semble mobiliser ce qui manque à l'Elysée et Matignon : de la confiance. Enfin Manuel Valls provoque l'agacement de nombreux de ses pairs et concurrents du paysage politique et notamment de celles et ceux qui pensent à la Présidence. On retrouve là certains traits de parcours et de stratégie de l'un de ses prédécesseurs récents Place Beauvau, Nicolas Sarkozy.

Perturber l'UMP

Il est vrai que comme tous les Ministres de l'Intérieur, Manuel Valls ne se trouve pas en responsabilité ni des chiffres du chômage, ni des taux de la fiscalité, encore moins de l'évolution du pouvoir d'achat, il n'envoie personne faire la guerre, … autant de secteurs d'une géographie gouvernementale qui disqualifient le plus souvent leurs ministres, même les plus ambitieux.

Il peut compter au sein de son parti, à travers le pays, sur les relais des élus locaux socialistes qui veulent unanimement de l'action et des résultats en matière de sécurité des personnes et des biens.

Au delà, Manuel Valls perturbe la performance de l'opposition, en particulier celle d'une UMP pas si homogène que ça sur les enjeux ou sujets de compétence de la Place Beauvau et qui pourtant devrait profiter des combats internes au Gouvernement et surtout du mécontentement populaire sur le terrain de la sécurité. Même le Front National et sa présidente semblent, sinon en difficulté, en attente de l'opportunité d'une prise solide à exploiter dans la garde de Manuel Valls. Une situation qui tarde à se présenter.

Quelle suite?

Reste à entrevoir quelle suite les prochaines joutes et évolutions gouvernementales à venir vont proposer au Ministre de l'intérieur ? Jusqu'où Manuel Valls pourra mener son ambitieuse barque personnelle ? Ce qui est certain c'est qu'Il ne peut en rester là et se fondre en douceur dans un collectif même renouvelé. C'est trop tard, ce serait dommage. L'exil sur un Aventin n'est pas crédible. Un autre Ministère ? Bercy ? Matignon ? Finalement c'est encore François Hollande qui tient les clés de ce destin en devenir.

 

*Professeur associé à l'Université de Paris 1 la Sorbonne, Président de j c g a, membre de la SEAP, Society of European Affairs Professionals

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Commentaires
a écrit le 05/10/2013 à 10:58 :
Au fond en France nous avons le choix entre les relents de Pétain avec les Sarkozy Ghéant Hortefeux Chirac Estrosi Copé Raffarin Fillon de l'UMP et les relents de Franco avec Valls et le PS... nous voyons bien ou l'on veut nous mener ...
a écrit le 05/10/2013 à 10:50 :
Et si Hollande changeait de politique et mettait en oeuvre ses engagements de campagne ?
Ca ferait une politique , il suffirait alors de trouver une vingtaine de personnes décidées à travailler plus qu'à paraître à la TV .
a écrit le 05/10/2013 à 7:40 :
Une marionnette fabriquée par ses communicants. Pour brosser le petit franchouillard dans le sens du poil, il va bientôt annoncer qu'il va passer le karcher (ça ne vous rappelle rien ?). Il fréquente aussi assidûment une certaine communauté qui tient le pouvoir en France (indice : ce n'est pas la communauté des bretons de paris mais ils ont des petits chapeaux ronds aussi)
a écrit le 04/10/2013 à 20:44 :
qu'il retourne dans son pays , le maroc , on n'a pas besoin de lui
Réponse de le 04/10/2013 à 21:39 :
Les auteurs de propos de caniveau devraient éviter de déposer de telles insanités aux relents malsains. Voilà qui prouve que Le Front National et ceux qui le soutienne sont bien d'extrême droite.
Réponse de le 05/10/2013 à 1:31 :
Pourquoi vous parlez du Front National c'est vous qui avez des relents malsains, vous risquez une plainte de Marine le Pen.
a écrit le 04/10/2013 à 20:38 :
Une brelle qui se donne aux médias en ministre de l'intérieur, comme Sarko, le même inefficace, mettez le à l'économie, qu'on rigole !
Réponse de le 05/10/2013 à 1:28 :
Vous devez plaisanter il est déjà nul alors à l'économie il prouvera son incompétence notoire. Il est par contre très fort dans la production du vent.
a écrit le 04/10/2013 à 20:16 :
Les braquages et les cambriolages sont faits par des gens qui vous connaissent et qui savent c que vous faites à chaque instant. Comme on l'a vu dans le cambriolage de ma propre maison. Il a été fait par des gens qui nous connaissaient bien. Les  éléments que nous avons trouvé nous le prouvent bien. Également à la télé, sur les cambriolages, une dame a été cambriolé et elle a dit qu?elle connaissaient très bien les cambrioleurs. Comme nous. Mais nous n'arrivons à le dire à personne qui travaille dans l'administration. Notamment au commissariat. À cause de leur démagogie, nous ne pouvons pas aller les voir. Or, le Ministre de l'Intérieur a parlé sur les braquages et les cambriolages.
a écrit le 04/10/2013 à 20:16 :
Les braquages et les cambriolages sont faits par des gens qui vous connaissent et qui savent c que vous faites à chaque instant. Comme on l'a vu dans le cambriolage de ma propre maison. Il a été fait par des gens qui nous connaissaient bien. Les  éléments que nous avons trouvé nous le prouvent bien. Également à la télé, sur les cambriolages, une dame a été cambriolé et elle a dit qu?elle connaissaient très bien les cambrioleurs. Comme nous. Mais nous n'arrivons à le dire à personne qui travaille dans l'administration. Notamment au commissariat. À cause de leur démagogie, nous ne pouvons pas aller les voir. Or, le Ministre de l'Intérieur a parlé sur les braquages et les cambriolages.
a écrit le 04/10/2013 à 18:21 :
Lamentable de devoir assister à tous ces débats et interprétations sur les petits jeux politiques. Pendant ce temps là, les français sont harcelés quotidiennement dans la rue et dans les transports par des voleurs à la tire, et quittent leurs domiciles le matin avec la crainte des cambriolages. Tout cela est lamentable et ces politiques sont vraiment indignes dans la grande majorité de leurs fonctions.
Réponse de le 04/10/2013 à 19:03 :
TM petits jeux politiques et / ou conscience politique ? les effets si action il y a toucheront les français.
Réponse de le 04/10/2013 à 19:55 :
Commenter c'est déjà un peu voter ! C'est ce qu'il nous reste entre 2 moments de survie.
Réponse de le 04/10/2013 à 20:37 :
Pa seulement @james, pas seulement, vous pouvez voir autre chose sur UPR.fr, vous pouvez vous réinformer, vous pouvez adhérer, en homme libre...
a écrit le 04/10/2013 à 17:52 :
Petit teigneux, mais beaucoup de paroles et point d'actes ! pense aussi à sa carrière ô que oui !!
Réponse de le 04/10/2013 à 19:03 :
Comme tous et toutes !
Réponse de le 04/10/2013 à 19:56 :
Après tout qu'il montre ses petits muscles encadré qu'il est et qu'il agisse et nous serons contents.
a écrit le 04/10/2013 à 14:14 :
Pas mal ce texte qui replace dans le contexte les enjeux de nos chers gouvernants ! Pas tout à fait d'accord du Jean Christophe Gallien sur votre conclusion. Hollande ne maîtrise rien.
Réponse de le 04/10/2013 à 15:06 :
Merci JAMES pour votre commentaire. Je pense que François Hollande garde la main sur l'agenda personnel de tous ses ministres et d'une partie des cadres du PS. Il fait le casting.
Réponse de le 04/10/2013 à 18:49 :
celui qui aura balancé la plus grosse bêtise gagnera le pompon , mais ils oublient que le pompon ce sera Marine Lepen qui ne fait que engranger le casting de Hollande
Réponse de le 04/10/2013 à 22:39 :
MARINE ! VIITTTTTTEEEEEEE!
a écrit le 04/10/2013 à 14:10 :
Le Sarkovalls reste à créer ! Les 2 en même temps ?
Réponse de le 04/10/2013 à 19:57 :
Il faut qu'il soit plus efficace que le Sarko !
a écrit le 04/10/2013 à 13:57 :
ce type c est une baudruche comme sarkozy, tout dans la com et les mots ,pour faire oublier son absence d actes voire meme des actes inverses a son discours . il se degonflera en temps voulu
a sa decharge il doit se coltiner taubira a la justice
Réponse de le 04/10/2013 à 14:16 :
agathe, bauduche est trop fort. Il est encore trop "jeune" c'est tout. ET comme le dit Gallien, Taubira, Duflot et les autres sont ses meilleurs rampes de lancement.
Réponse de le 04/10/2013 à 14:33 :
Dans les faits, Manuel Valls est un transfuge de l'UMP disciple de Ghéant Hortefeux ... et Valls est au PS ce que Kouchner a été à l'UMP
Réponse de le 04/10/2013 à 14:51 :
Certes, il y a de la com et il rappelle Sarkozy, mais au niveau des actions il faut attendre et regarder. Au moins les gens, que je connais, qui vivent dans les ZUS, confirment que la présence de police y a considérablement augmenté et la délinquance y est en baisse.
Réponse de le 04/10/2013 à 15:08 :
Ex-Moscovite, vous apportez là des éléments de démonstration qui précise la dimension de l'action. Vous y ajoutez même un commencement de preuve de résultat. A voir.
Réponse de le 04/10/2013 à 15:39 :
Valls Kouchner, tu vas loin ! Trop loin. Il a un passé même court mai il a un passé qui te contredit.
a écrit le 04/10/2013 à 13:41 :
Bien que ne me situant absolument pas du même bord politique que notre ministre de l'intérieur, il faut bien avouer que ses prises de position me semblent pertinentes. Le souci pour lui sera de pérenniser sa cotte de popularité actuelle et ses convictions (si celles-ci sont sincères), dans un gouvernement et une majorité qui lui sont ouvertement hostiles (hormis éventuellement les élus de terrain). A un moment donné, et s'il veut rester cohérent, la question de sa démission (pour mieux rebondir) se posera inévitablement, les divergences entre la garde des sceaux et le premier ministre n'étant plus conciliables. Là sera pour lui et les français le moment de vérité...
Réponse de le 04/10/2013 à 14:01 :
Pitcho, ce scenario est possible mais je ne le crois pas encore probable. C'est un peu tôt et Valls encore une marque politique en devenir.
Réponse de le 04/10/2013 à 14:16 :
Il attendra la fin du mandat pour se retirer !
Réponse de le 04/10/2013 à 15:09 :
JAMES, vous avez probablement raison. C'est un bon scénario.
a écrit le 04/10/2013 à 13:36 :
Tout est clairement énoncé sur la trajectoire de Manuel Valls. Par contre, François Hollande a peu de latitude dans ses choix à son égard, comme Jacques Chirac en son temps, à l'égard de Nicolas Sarkozy. Pour éclairer ce paradoxe il faut remonter à la décision de faire coïncider la présidentielle et les législatives. Cet aménagement en apparence anodin, a recentré, par la suite, de façon quasi permanente, l'attention médiatique sur les possibles futurs prétendants à la Présidence. Manuels Valls fait partie de ces nouvelles égéries des médias, avec tous les avantages et tous les inconvénients que cela comporte.
Réponse de le 04/10/2013 à 14:00 :
Cerise, toujours aussi précise. Je crois cependant que François Hollande conserve encore une large partie du destin de ses ministres candidats. Mais plus on approchera de 2017 plus ce sera agité.
a écrit le 04/10/2013 à 13:16 :
Pour les photos il faudrait faire un effort, franchement pour lecteur cela 'apporte pas grand chose qd on modele il gagne peu.
Concernant Valls c'est une des bonnes surprises de ce gvt. S'interroger sur son avenir est bien, meme si je pense que l'interesse n'a besoin de personne dans ce domaine. Ce qui serait mieux c'est que cet exemple en inspire d'autres, car il y a aussi des ministers ayant le statut eux aussi d'espoirs vraiment a desesperer. Sans vouloir tirer sur l'ambulance, le logement par ex c'est pas tres constructif....
Réponse de le 04/10/2013 à 13:57 :
DRRW ok sur la photo et sur le reste
Réponse de le 04/10/2013 à 14:17 :
Elle est très bien cette photo ! Mais un petit rappel du sujet par l'iconographie serait pas mal en effet.
a écrit le 04/10/2013 à 13:05 :
A vouloir plaire à tout le Monde, on ne plait à personne (Hollande?), et réciproquement (Valls?). J'accorde toujours un crédit supplémentaire à ceux qui ont des convictions, et qui les défendent..et un discrédit à ceux dont on sent bien qu'ils ne souhaitent qu'exister..(la liste est bien trop longue..).
Réponse de le 04/10/2013 à 14:09 :
C'est très vrai Bili Hari. Convictions ? J'y crois peu.
a écrit le 04/10/2013 à 12:25 :
Il est clair que Manuel Carlos Valls, né le 13 août 1962 à Barcelone devrait aller exercer ses talents en Espagne. En France le risque est imminent qu'il déclenche une guerre civile, avec un risque de gazage du peuple par ses valets CRS.
Réponse de le 04/10/2013 à 12:44 :
le gazage ce n'est pas pour le moment le peuple fait le gros dos, les politiques jubiles lors d'une reunion preparatoires aux echeances electorales un synthese et apparut concernant les chomeurs des feneants et des larves region nord de france
Réponse de le 04/10/2013 à 13:47 :
@debut. Et bien, ce n'est pas avec vous que l'on va avancer beaucoup! un français plus que perfectible, des stéréotypes éculés, mais aucune idée ou opinion constructice! Vous abstenir de tout commentaire serait une libération pour les autres lecteurs...
Réponse de le 04/10/2013 à 17:10 :
faut etre honnette nos dirigants on honte de rien pour ecraser le peuple
Réponse de le 04/10/2013 à 18:28 :
En quoi le pays de naissance de M Valls vous dérange t il ? Seriez vous xénophobe ?
a écrit le 04/10/2013 à 12:15 :
Voila un exemple d?intégration réussie, jusqu?au sommet peut être. Il sait de quoi il parle en matière de non intégrables.
Réponse de le 04/10/2013 à 13:38 :
Il a les yeux ouverts ...il assume ses CONVICTIONS ...un HOMME D' ETAT qui peut remettre TOUT LE MONDE au TRAVAIL ( mot tabou actuellement pour ceux qui se sentent fatigués depuis ..longtemps ..)
Réponse de le 04/10/2013 à 14:08 :
jules attention même s'il est prometteur c'est encore très jeune !
Réponse de le 04/10/2013 à 14:18 :
Pas d'emballement tout reste à faire, prouver et gagner pour ce garçon. Et il aime trop le Barca !

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