Ukraine, la France doit renouer avec l'histoire

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Alors que l'Allemagne est contrainte par sa dépendance énergétique à l'égard de la Russie, la France a un rôle à jouer dans la crise ukrainienne. Par Jean-Chrisophe Gallien, professeur associé à Paris 1 Sorbonne*

Depuis Sochi, popularité en Russie au zénith, Vladimir Poutine ne cesse de surfer sur la vague Olympique de la Grande Russie retrouvée. Des cérémonies d'ouverture et de clôture fictionnelles aux actes bien réels en Crimée, il déroule les épisodes du feuilleton populaire du retour de la Russie. Jusqu'où ?

La séquence la plus grave depuis la fin de la guerre froide

 Il est gagnant, mais jusqu'à quand ? Peut-on gagner seul contre les autres dans ce Monde multipolaire ? Il ne cesse de le clamer : cette zone est la nôtre ! Il vient maintenant de signer le décret reconnaissant l'indépendance de la Crimée. Un pas définitivement franchi. Le prochain pourrait être de trop et entraîner tout le Monde, dont la Russie, vers une défaite partagée. Vladimir Poutine n'est pas infaillible. Il s'est trompé sur le cas de Viktor Ianoukovitch. Surtout il n'avait pas prévu de solution alternative. Il n'a pas intérêt à s'enferrer dans une narration du non retour. Personne en fait !

Comme tous les acteurs de cette séquence, la plus grave en Europe depuis la fin de la Guerre Froide, Il doit penser à saisir la chance d'une sortie de crise digne et économe de dommages collatéraux sans fin. Attention à une guerre de tranchée avec l'issue larvée de guerre civile. Comme un conflit Israëlo Palestinien entre Europe et Russie. L'Ukraine est une terre violente.

 Une course de vitesse pour le contrôle de la zone

Très attendus, impliqués ? Les USA semblent à peine durcir le concept du « leading from behind », leadership en retrait né à l'occasion de l'intervention en Libye et devenu depuis la doctrine diplomatique et militaire de la « Super Puissance Invisible » chère à Barack Obama. On pourrait même croire que l'histoire des USA s'écrit ailleurs désormais. L'enjeu énergétique contredit une analyse trop rapide et propose une vraie source d'éclairage. Les énormes réserves de gaz de schiste offrent aux USA et dès maintenant un autre paradigme d'influence et de business en Europe et notamment dans la zone que revendique Vladimir Poutine comme étant la sienne entre Union Européenne et Asie.

Les autorités américaines ont très récemment ouvert les vannes de l'exportation. Cela concerne les pays d'Europe et d'Asie. Même si les États-Unis ne possèdent, pas encore, les infrastructures permettant d'exporter en masse leur gaz, de nouveaux horizons s'ouvrent pour une production qui pourra, dans quelques années, être vendue, notamment aux pays ultra dépendants aujourd'hui de la livraison russe. Vladimir Poutine le sait. Il y a donc une course de vitesse pour asseoir influence et contrôle de la zone.

Obama ne dépassera pas les incantations, l'Allemagne en "front office"

Son opinion publique ne veut pas de conflit. Barack Obama ne pourra guère aller au delà des incantations, des manœuvres navales en Mer Noire, des sanctions aux portes monnaies des oligarques du premier cercle de Poutine. Face aux actes de Vladimir, les press briefings sans questions ne sont pas d'une grande puissance. Et personne ne croit vraiment à Washington que la nouvelle gouvernance Ukrainienne garantit légitimité encore moins stabilité. Il faut sans cesse le rappeler, ce sont des facteurs économiques et sociaux qui expliquent la nouvelle révolte ukrainienne ! Corruptions, mensonges, prévarications … Les résultats de la première révolution, dite « orange », de 2004, ont tourné court laissant une situation économique et politique totalement en friche seulement contrôlée par des oligarques prédateurs de l'économie du pays.

C'est donc du côté européen que l'on trouve une sorte de "front office" de la coalition. L'Allemagne mène la « conversation » avec la Russie. Choix des USA ? Pourtant l'Allemagne n'est pas l'Union Européenne.

L'Allemagne dépendante du gaz russe, une limite à la souveraineté européenne

Le 12 mars dernier, le Premier ministre polonais Donald Tusk, pourtant plutôt bien en cour à Berlin, a déjà dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : « La dépendance de l'Allemagne au gaz russe peut limiter réellement la souveraineté de l'Europe ». L'Allemagne est-elle la seule concernée ? Principal partenaire commercial européen de Moscou, elle importe un tiers de son pétrole et de son gaz de la Russie. Comme un symbole des intérêts croisés des deux pays, en particulier dans le secteur de l'énergie Gerhard Schröder, ancien chancelier social-démocrate, est à la tête de Nord Stream, l'une des principales filiales de Gazprom. Les patrons allemands, dans leur grande majorité, ne veulent pas de sanctions contre le partenaire russe. Certains militent même pour une zone de libre-échange de Lisbonne à Vladivostok !

Des diplomaties économiques isolées, bilatérales

Où sont les autres européens ? Dans une Maison Europe aux géométries d'alliances de plus en plus complexe. Nous ne sommes pas « européens » dans le réel. Je pense à notre stratégie énergétique, nos diplomaties économiques séparées, isolées, bilatérales, qui font la part belle à la puissance de la diplomatie Gazprom. Trop de blocs séparés, de défenses d'intérêts particuliers. Londres est déjà, depuis l'annonce des sanctions hier soir, soupçonné de double langage !

L'Union Européenne a commis l'erreur de développer son Partenariat oriental sans engager avec la Russie un dialogue réel. Nous faisons face à la situation la plus grave depuis la fin de la guerre froide. Elle pourrait faire exploser, le mot est fidèle, les bases géostratégiques sur lesquelles repose notre sécurité depuis 1991. Comment sérieusement penser « punir » Vladimir Poutine, lorsqu'on peine à le faire concrètement avec le seul Bachar el Assad ?

Et l'Ukraine n'est pas la Libye ! Personne ne pourrait, en Europe, entrer en force en Ukraine. Personne sauf la Russie ! Et attention aux mouvements déstabilisants d'autres acteurs ayant aussi des intérêts dans la zone, territoires chiites, Turquie … Henri Kissinger, Zbignew Brzezinski, ou Hubert Védrine, tous militent que l'on renoue le dialogue et pour une forme de « finlandisation » négociée de l'Ukraine. Cela implique d'ouvrir avec Moscou une vraie négociation de fond sur l'avenir du continent européen dans son ensemble. Pour cela il faut se rencontrer et se parler !

Quelle initiative française?

Et c'est là que nous attendons enfin une véritable initiative française. François Hollande aurait dû devancer Angela Merkel qui, ironie suprême, a appelé Vladimir Poutine depuis Paris ! La France doit s'incarner en puissance latérale, entraînant l'Union Européenne dans une diplomatie renouvelée, indépendante et holistique. Fort de sa relation historique à la Russie, nous devrions initier la matrice européenne et sa mise en œuvre. Non la suivre !

Une diplomatie de la raison et non de l'émotion. Une diplomatie qui cherche la Concorde dans une zone historiquement complexe d'un Monde multipolaire encore plus incertain et à l'équilibre fragile lui aussi. C'est de la paix en Europe et de notre influence dans cette Europe et dans le Monde de demain dont il s'agit. Là bien plus encore qu'en Libye, Syrie, Mali, ou Centrafrique. Sommes-nous encore capables de défendre nos intérêts ? En avons-nous la volonté ? Il est grand temps d'entendre la voix forte et attendue de la France dans cette crise, avant qu'elle ne soit définitivement entraînée dans une politique dangereuse qui n'est pas la sienne. Montrons le chemin de la Concorde !

 *Professeur associé à l'Université de Paris 1 la Sorbonne, Président de j c g a

Membre de la SEAP, Society of European Affairs Professionals

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Commentaires
a écrit le 24/04/2014 à 20:17 :
Une seule remarque concernant le gaz de schiste .En premier lieu c'est pas l'eldorado escompté aux USA les dernieres nouvelles le montrent .En second lieu il y a un vrais probleme de comparaison entre la Russie et les USA .Le Russie produit en rouble, les USA en $.Si la Russie baisse ses prix ce qu'elle peut faire en conservant de belles marges ,pour suivre les americains serront dans le rouge et je doute beaucoup qu'ils aiment ça .Ca vous est pas venu à l'esprit que produire 1m3 de gaz en Russie revenait nettement moins cher que de le produire aux USA !De plus la methanisation et le transport par bateau coute beaucoup plus cher que le transport par gazoduc.Dans une guerre des tarifs c'est toujours celui qui a le plus de marge qui gagne.Mais evidemment vous etes convaincu qu'on preferera acheter cher aux americains que moins cher aux russes !Vous prennez les pays pour des idiots d'autant que la Russie a beaucoup d'autres horizons d'exportations que l'Europe.Mais au fait les exportations européennes vers la Russie !Et si les russes prennaient des mesures de retortions contre les produits européens ! Le luxe français ,entre autre, s'exporte bien là bas .Une bonne campagne anti française dans le population russe et le tour est joué ,d'autres pays sont sur la ligne de depart pour nous remplacer.De plus la Russie deuxieme exportateur d'armes au monde (la France est cinquieme ) pourrait se positionner agressivement sur tous les marchés que la France convoite, pour les céréales idem.La valeur du rouble est tout à l'avantage des russes .La liste est longue des mesures de retortions de la Russie contre la France .Au fait dans le gazoduc Nord Stream, EDF SUEZ n'a pas pris une substantielle participation ? De plus dans les discussions engagées pour le gazoduc South Strean ou l'ENI trés grosse entreprise italienne est engagée, vous pensez que les italiens pour nous faire plaisir vont sacrifier leurs interets et faire capoter le projet ? Allons allons, nous avons dans cette histoire enormement à perdre et si nous somme actuellement les obligés des americains (Chirac ne l'a pas été pour la premiere guerre en Irak ) c'est parce que nous avons besoin de leur logistique dans notre zonne d'influence en Afrique de l'Ouest.Il m'étonnerait d'ailleurs beaucoup que le Quai d'Orsay tienne en sous main avec les russes un tel langage de fermeté ;C'est de la poudre aux yeux pour montrer aux opinions publiques que l'on peut s'opposer aux russes .En fait ce que redoutent les européens c'est que ça se passe mal en Ukraine avec beaucoup de morts et là,face à leurs opinions publiques , le discourt devra etre durcit mais avec des actes réels pas de l'esbrouffe .En Crimée les russes ont réussis un coup de maitre pas un mort ,un seul coup de feu.Ne croyes surtout pas que les americains sont sans arriere pensée dans cette affaire .Tout gel entre européens et russes serra exploités par eux pour avancer leurs pions commerciaux en Russie .Il faut pas etre naif à ce point .
a écrit le 20/03/2014 à 16:36 :
pathos paré de quelques anglicismes pédants auquel on ne comprend rien. Moi rien compris!
a écrit le 19/03/2014 à 22:04 :
"Si tu ne veux pas que l'on te marche dessus, ne te comporte pas comme une ver de terre."
D'après Confucius
Réponse de le 20/03/2014 à 2:55 :
Plutôt vive l'Europe car la France toute seule ne représente pas grand chose et le comportement invasif de Poutine après celui de Staline nous rappelle la nécessité impératif d'un bloc uni avec une défense commune. .
a écrit le 19/03/2014 à 18:44 :
Le problème avec les Russes, c'est quand on joue au con avec eux, on est sur de perdre.... Winston Churchill, 1945.
Réponse de le 20/03/2014 à 2:57 :
La partie n'est pas finie si pour autant il y a lieu de le voir sous cet angle alors qu'il ne s'agit nullement des russes mais de nostalgiques de l'Urss invasive comme Poutine.
a écrit le 19/03/2014 à 17:33 :
" Il est gagnant, mais jusqu'à quand ? Peut-on gagner seul contre les autres dans ce Monde multipolaire ?" depuis quand poutine est seul ?? réveillez vous : de nos jours les lanceurs d'alerte se réfugient en russie...et ceux qui bombardent ce sont nous !! vous voulez une liste ?? irak rasé, libye, mali, syrie qu'on a poussé à se révolter..etc...la planète est contre nous...
Réponse de le 20/03/2014 à 3:02 :
N'importe quoi : en Lybie, au Mali, en Syrie, comment a-ton fait pour les pousser à la révolte ? Vous n'avez pas suivi ces dossiers de près et reprenez bêtement la propagande poutinienne. La Russie est le plus grand pays au monde car ils ont envahi leurs voisins. Staline a envahi l'Europe durablement et aurait été plus loin y compris au Japon sans les américains. Poutine refait de même.
Réponse de le 06/05/2014 à 12:41 :
Auriez vous souhaité qu'Hitler empéche Staline d'envahir l'Europe?
Quand à Poutine qu'a-t-il envahi? Une Crimée qui est russe. Qu'il soit un horrible autocrate est une autre affaire.
a écrit le 19/03/2014 à 13:47 :
A mon humble avis, si la France renoue avec l'histoire, ça ne sera pas avec un président comme Hollande. Il nous faut déjà un homme qui a une certaine idée de la France et qui la mènera fermement et ce n'est pas un homme de compromis qui peut le faire.
Pour que la France avance, il faut que le peuple suive et ça c'est pas gagné pour un gouvernement qui a battu le record d'impopularité.

La France comme l'Europe est malheureusement dirigé par des économistes qui sont prêt à vendre père et mère pour faire du profit. Ils peuvent se faire insulter et humilier ... qu'importe tant qu'ils ne sont pas appauvris. Voyez comme ils se défilent honteusement quand il s'agit de perdre de l'argent (cf : vente BPC et argent russe de la City).
Nos dirigeants ont dépouillé le pays et l'Europe au point que nous ne sommes plus capable de nous défendre sans l'aide des USA. Ils n'ont pas compris qu'ils ne seront pas toujours là pour nous.
a écrit le 19/03/2014 à 12:06 :
la voix de la france n'avait de poids que lorsqu'elle était en dehors du commandement militaire intégré de l'otan. Depuis sa réintégration dans l'otan, elle n'est plus qu'asservie aux interets américains. La russie préférera donc converser avec les usa plutôt qu'avec un pays vassal qui, par définition, n'a d'autres libertés que le mou qu'on lui laisse dans sa laisse.
Réponse de le 20/03/2014 à 3:09 :
La France n'avait au contraire aucun poids ! Voyez l'affaire de Suez ou du "petit télégraphe" du temps de Giscard. De plus elle n'a jamais été totalement éloignée de l'Otan. Ensuite le fait d'être dans l'Otan ne l'empêche pas d'avoir ses positions politiques propres. Enfin la crise en Ukraine rappelle la nécessité de faire l'unité en Europe et avec l'Otan face au réarmement voulu par Poutine et ses visées expantionnistes partout en Syrie, Ukraine, Arctique etc.
Réponse de le 20/03/2014 à 23:09 :
Et comment expliquer la chute de nos exportations d'armement depuis qu'on a réintégré l'OTAN? La Suisse, l'Inde ou le Brésil préfèreront acheter US ou suédois (car non membre d'un bloc) plutôt que français. L'OTAN nous fait perdre des milliards
a écrit le 19/03/2014 à 11:02 :
joue la course de vitesse en sachant que les Européens ne voudront pas trop se mouiller et persuadés qu'ils sont que Poutine va trembler à des représailles insignifiantes surtout si elles touchent des oligarques dont il se fiche pas mal car lui est le plus riche de Russie.
Tout ça est aussi de la responsabilité du personnel de l'UE qui n'ont pas voulu écouté leurs interlocuteurs du partenariat est européen qui évoquaient les très fortes pressions de Moscou pour que ledit partenariat n'aboutisse pas.
Nous sommes malheureusement dirigés par des naïfs et des couards, quand Poutine ne joue que de la force, s'assied sur le droit international et qu'il n'a pas à se soucier des élections car son pays est un simulacre de démocratie.
a écrit le 19/03/2014 à 9:25 :
La popularite des dirigeants "des democraties occidentales'" n'a jamais ete aussi basse, cet episode ne fait que devoiler leur hypocrisie. D'un cote on encourage un coup militaire en Egypte qui a tué plus de 3000 personnes et qui a renversé le premier president elu democratiquement dans ce pays, d'un autre on nie un referendum d'autodetermination.
FH a moins de 20% d'avis positif ... Poutine plus de 70%.
A travers les commentaires dans la majorité des jounaux francais, je pense que vladimir Poutine est plus populaire que FH en France !
Réponse de le 19/03/2014 à 9:41 :
Du cote du Figaro plus de la moitie des commentaires sont pro-Poutine !

Si Poutine se présentait aux elections en France contre Hollande je suis presque sur qu'il l'emporterait.
Réponse de le 20/03/2014 à 3:15 :
En quoi a t-on encouragé un renversement de pouvoir en Egypte ??? En quoi le référendum en Crimée réclamé par un maffieu notoire, organisé à la va-vite, sans débats contradictoires et avec une armée d'invasion et des seuls médias de l'envahisseur est-il recevable ??? Si les médias russes étaient libres en Russie et si c'était une réelle démocratie avec des opposants, Poutine n'aurait jamais été réelu 3 fois ni aurait pu modifier la constitution à son profit et ne serait certainement pas à 70 %.
Réponse de le 20/03/2014 à 11:01 :
La liberté d'expression en Russie est bien plus développée que chez nous, mais on n'a pas le droit de le dire ;)
Réponse de le 20/03/2014 à 11:08 :
Un coup d’oeil sur les classements internationaux, simplement du point de vue des libertés individuelles. Democracy Index : France, 28e dans la catégorie des « démocraties imparfaites ». Press Freedom Index : France, 37e, entre le Ghana et le Salvador. Index of Economic Freedom : France, 62e, entre la Thaïlande et le Rwanda. Pas très brillant pour le pays des Lumières. (…)
Autre chiffre glaçant et moins connu : la France détient la quatrième place des pays les plus condamnés par la Cour européenne des droits de l’homme pour violation de son article 10 protégeant la liberté d’expression – juste derrière la Turquie, l’Autriche et la Russie…
a écrit le 19/03/2014 à 9:22 :
Bravo Poutine ! Un chef d'état qui agit pour les intérêts de son pays et non pas pour ce qu'en diront les voisins .
Réponse de le 19/03/2014 à 11:09 :
En quoi la Crimée est-elle si importante pour la Russie? Mis à part, embêter son voisin dont le président n'est plus un bon soviétique et influencer la vie économique et politique ukrainienne en fomentant des troubles.
Les russes construisent depuis plusieurs années un nouveau port militaire à 300 km plus à l'Est, de l'autre côté du détroit de Kertch. Malgré le renouvellement du bail du port de Sébastopol, la marine devait quitter se port.
a écrit le 19/03/2014 à 8:05 :
Oui la France championne de...l immobilisme et un exemple de democratie ...bananiere...vive BHL comme roi
a écrit le 19/03/2014 à 3:00 :
La France renouera avec l'histoire, quand la France aura accepté de changer son modèle de société, adapte ce dernier à la mondialisation qui ne s'arrêtera pas. Pour faire l'histoire il faut être fort et nous ne le sommes pas. Nous devrions avoir des dirigeants qui comme Poutine, rêve d'un pays fort. Seulement nous avons des professionnels de la politique et non des hommes de convictions. Attention je n'admire pas Poutine qui est dans la tradition despotique de la Russie et qui confond intérêt personnel et intérêt du pays, seulement il est réellement anime d'un esprit patriotique et met en place sa vision que la majorité des russes soutient.
a écrit le 19/03/2014 à 0:17 :
Les membres de la commission en charge du partenariat étaient aveuglés par l'idée que tout le monde aspirait à la démocratie et en premier lieu les dirigeants des pays de l'ex-URSS, pas de chance ils sont plus ou moins des dictateurs.
De plus, ils ne voulaient pas croire que Moscou voyait d'un mauvais oeil ledit partenariat proposé. Or, depuis que Poutine dirige la Russie, les médias retransmettent la propagande anti occidentale que distille le Kremlin.
Cette crise pourrait servir de catalyseur pour constituer plusieurs politiques :
- Europe de la défense,
- Création d'une centrale d'achat énergétique européenne (fini les accords bilatéraux),
- Abandon du projet South Stream,
- Programme d'efficacité énergétique et rénovation rapide de l'ensemble des constructions de l'Union aux normes bâtiments à énergie positive.

Ce qui n'a rien à voir avec la crise ukrainienne, terminer la construction de l'Euro avec la mise en place d'un système de compensation budgétaire entre les pays de la zone.
a écrit le 18/03/2014 à 23:02 :
L'Europe actuelle n'est qu'économique, et elle est dominée par l'Allemagne qui monopolise tous les leviers de décisions depuis 20 ans. Et d'un point de vue strictement économique les différents pays européens sont dorénavant des adversaires et non plus des partenaires, pas de quoi resserrer les liens. L'Europe diplomatique n'existe que dans de rares cas comme le nucléaire iranien, mais de manière générale chaque pays à sa propre diplomatie. Si A.Merkel a téléphoné en russe depuis Paris c'est parce qu'il s'agit de la zone d'influence de l'Allemagne voir celle de la Pologne bien plus que celle de la France, l'Italie ou l'Espagne. L'histoire des USA s'écrit ailleurs effectivement (en Asie) et Obama ne cesse de le répéter, l'Europe doit assumer des responsabilités à la hauteur de sa population et de ses richesses, supérieures à celles des USA ! Les USA nous lâchent la main et nous demande d'avancer seuls. Mais l'Allemagne qui ne partage pas le pouvoir en Europe, n'a pas les moyens d'assumer un leadership diplomatique pour des raisons historiques et militaires et se contente d'engranger des succès à l'export en prenant soin d’éviter ce qui pourrait la pénaliser. D’ailleurs la France et la G.B seules réelles puissances diplomatiques et militaire à l’échelle mondiale se passent de l'Allemagne pour intervenir à l’extérieur. L'Europe est à l'image de l'Allemagne, un géant économique, Poutine et Obama le savent bien.
a écrit le 18/03/2014 à 21:25 :
La France doit renouer avec sa dignité plutôt. Depuis des années les gouvernements s'alternent entre le bling-blig le plus dilapidateur et l'incompétence la plus totale, se mêler de l'histoire des autres c'était toujours la bonne excuse pour camoufler la propre incapacité à résoudre ses problèmes les plus graves.
a écrit le 18/03/2014 à 19:49 :
La solution à tous ces problèmes est simple : faire entrer la Russie dans l'Europe.
Tout le monde sera content : Ukrainiens pro-Europe et Ukrainiens pro-Russie, mais en fait toute "L'europe", puisque la Russie étant membre, on ne sera plus dépendant de quelqu'un...
Les seuls qui ne seront pas contents ça sera les USA.
Réponse de le 19/03/2014 à 11:23 :
Totalement d'accord, j'ajouterais même : scission de la Russie en une partie orientale et occidentale, rattachement de la partie occidentale à l'Europe et de la partie occidentale à la Mongolie et à la Chine. On résout d'un même coup les problèmes démographiques de la Russie et de la Chine.
a écrit le 18/03/2014 à 19:07 :
Et la volonté de la population de Crimée on s'en fout ? Le résultat est clair et net. La population de Crimée veut rejoindre la mère patrie russe qu'elle n'aurait jamais dû quitter en 1954 puisqu'elle n'a, à cette époque, même pas été consultée. On lui avait imposé ce choix. Les pendules sont enfin remise à l'heure. Faut voir la joie et le bonheur de la population de Crimée après le résultat.
Réponse de le 19/03/2014 à 0:00 :
je suis tout à fait d'accord avec vous l'Europe cherche des problèmes la ou il y en pas on sait très bien que la crime était attaché à la Russie depuis très longtemps plongée vous dans l'histoire et vous saurez. Notre patrie la France doit se soucier de ses problèmes chômage insécurité éducation et autres
Réponse de le 19/03/2014 à 6:51 :
N'oubliez pas qu'en France le référendum de 2005 était parfaitement légal.... c'est le résultat qui ne l'était pas !! D'où la suite donnée à ce référendum par les responsables politiques qui n'ont rien à cirer de la volonté des peuples.
Réponse de le 20/03/2014 à 3:29 :
Le référendum de 2005 a été accepté par tous les pays sauf 2 ! Et il a été repris en 2009 et accepté. Rien à voir avec celui de Crimée à la va-vite, sans débats, avec une armée les médias d'envahisseurs. En crimée il y a 58% de pro-russes et le résultat est de 97% avec des urnes transparentes et des bulletins pré-cochés, çà ne vous interpelle pas ? En Russie, plusieurs bureaux de vote ont fait 110% de voix pro Poutine aux dernières élections ? Cà ne vous dérange pas la dictature pour le profit d'une minorité d'oliogarques ?
a écrit le 18/03/2014 à 17:54 :
Très bon papier comme à l'habitude ! N'en déplaise aux suffisants anonymes. Et oui la France peut et doit s'engager.
Réponse de le 18/03/2014 à 21:07 :
La France est mal placée sur ce dossier, au-delà des raisons économiques qui peuvent la contraindre à un peu de raison, La France, contre toute légalité internationale et l'esprit de la décolonisation dont elle même fut l'initiatrice, elle a départementalisé l'île de Mayotte, en l'arrachant des autres soeurs, anciennement colonies françaises. Donc, aujourd'hui, que peut-il faire ou dire à Mouscou, avec la Crimée??? Il faut être réaliste et lucide.
Réponse de le 19/03/2014 à 6:26 :
Ah mais nous c'est pas pareil : nous on est les gentils du camp du bien et les russes de Crimée sont des méchants du camp du mal qui font rien qu'embêter les nouveaux amis de Botul et Fafa ! Ceux qui pratiquent le salut pas inversé du tout !
a écrit le 18/03/2014 à 17:25 :
Ce cher monsieur la seul chose qui a trouvé comme suggestion été que les USA export leur gaz (fracturation hydraulique) en Europe. Il nas pas vue ca ? http://youtu.be/HhnrHCHVHu4
Et il est prof a Sorbonne??? Wowww
Réponse de le 18/03/2014 à 17:56 :
strat68, sortez de votre impasse et lisez : http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/02/12/washington-autorise-gdf-suez-a-exporter-du-gaz-de-schiste_4364902_3234.html
a écrit le 18/03/2014 à 16:56 :
Je crois que cette crise marque la fin de l'avancée de l'UE vers l'est, et très franchement c'est bien ainsi, même quand on est européen convaincu. Quand on réalise les sommes promises à l'Ukraine, je ne crois pas que nos concitoyens considèrent que nos représentants ont pour mission de distribuer de l'argent hors zone UE. il serait bien intéressant de le leur demander.Il faut aussi se demander si l'extention de l'UE, et les pressions sur la Russie contribuent à rendre la région plus sûre: il me semble évident que c'est Non. Alors, que l'Ukraine se débrouille, avec leur gouvernement "légitime" de putchistes, et qu'ils commencent à tricotter gants et chaussettes, car les russes sont fatigués de délivrer du gaz à des mauvais payeurs, et s'organisent pour les contourner .L'hiver prochain sera froid..
a écrit le 18/03/2014 à 16:53 :
Védrine aux dernières nouvelles et derniers interviews a quelque peu abandonné son idée de finlandisation de l'Ukraine au vu des évenéments. Poutine tient particulièrement à la richesse agricole de l'Ukraine. Toute la stratégie russe est bien claire. Avoir un pion même en apparence pro-européen à la tête de l'Ukraine, mais qui passe par en dessous des accords privilégiés avec les entreprises russes lui convient très bien car pendant ce temps il consolide armée, position en Arctique, mise à jour de son industrie etc. Et il y a pire que Poutine par exemple Jirinowski. Parmi les seules solutions pour négocier avec lui est de consolider l'Europe, créer une réelle défense européenne et la rendre moins dépendante notamment de l'énergie ce qui n'est pas si long ni si difficile avec les avancées techniques rapides actuelles. Depuis le 19eme siècle c'est toujours la même différence qui existe entre une multitude de pays de l'Ouest regardée avec défiance par la Russie qui étant très (trop) vaste avec en plus un climat particulier a nécessairement d'autres contraintes et vision (elle a fait sa révolution plus d'un siècle après la France notamment et des gens comme Dostoievski qui représentaient une bonne part de l'opinion disaient que les russes devaient choisir une voie moins coûteuse sur tous les plans, on a vu le résultat en 1917!). Pourquoi se contenterait-il à moyen long terme d'une finlandisation de l'Ukraine d'ailleurs pas évidente à supporter pour les ukrainiens bien moins homogènes et en plus grand nombre que les finlandais, alors qu'il peut espérer encore grignoter une partie de l'Ukraine quand bon lui semblera si l'Europe ne fait pas un bon en avant dans la poursuite de sa construction, de son unité, alliés et de sa défense. En Arctique Poutine entraîne déjà depuis un moment ses troupes et conçoit des navires adaptés à cette région. Que pèseront le Danemark et la Norvége en cas de litige face à la Russie et derrière la Chine qui y est intéressée ? Une finlandisation de l'Ukraine ne serait qu'une perte de temps pour l'Europe si elle ne se renforce pas à la hauteur de son voisin en terme d'unité et de défense. Toute tension dans le monde et elles ne vont pas manquer nous mettront toujours dans cette même position d'équilibristes divisés si l'Europe ne fait pas le poids y compris dans le monde et alors que les Etats-Unis faibliront comparativement au monde. C'est également valable avec la Chine, l'Inde, la Brésil.
a écrit le 18/03/2014 à 16:11 :
@Ankou, je n'apporte rien ! Relisez moi au moins une fois et on en reparle. "renoue le dialogue et pour une forme de « finlandisation » négociée de l'Ukraine. Cela implique d'ouvrir avec Moscou une vraie négociation de fond sur l'avenir du continent européen dans son ensemble. Pour cela il faut se rencontrer et se parler !"
a écrit le 18/03/2014 à 15:58 :
la voix de la France, lol.

C'est reparti comme en 14
Réponse de le 18/03/2014 à 16:56 :
@fabrice, pas si LOL si on saisit cette chance unique ! Sinon on va moins rire, croyez moi !
Réponse de le 18/03/2014 à 19:33 :
La voix de Tel Aviv plutôt...
Réponse de le 01/04/2014 à 14:18 :
+1
a écrit le 18/03/2014 à 15:53 :
Les américains vont pouvoir nous refiler leur gaz de schiste. OK
a écrit le 18/03/2014 à 15:32 :
Quelle voix de la France? Quelle diplomatie? Un dialogue pour dire quoi? Quelle solution proposez-vous?
Voilà les bonnes questions à ce poser, voilà des éléments de réponses à apporter au débat. Pas ce ramassis d'imprécations et de prières vaines.

Quelle est ou quelle doit être la politique de l'UE en Europe de l'Est?
Vous n'apportez rien à ce débat, pourtant majeur pour régler cette crise.
Il ne suffit pas de croire que des hommes raisonnables puissent trouver un accord raisonnable pour faire la paix. Il faut le prouver.
Réponse de le 18/03/2014 à 16:56 :
Réveillez vous!Bernard Henry Lévy n'a pas attendu vos commentaires sur la Tribune pour aller s'impliquer dès le début:non seulement,la France est présente,mais elle est aussi pionnière sur ce dossier
a écrit le 18/03/2014 à 15:17 :
Ce qui est clair c'est que Hollande n'est pas De Gaulle, très loin s'en faut, et que pas un seul dirigeant européen n'est à la hauteur des enjeux, les anglais jouant pour leur part, et comme d''habitude le double jeu comme indiqué dans l'article, bouffant à tous les râteliers, prêts à tirer l'échelle et à nous cocufier comme ils ont l'habitude de le faire (ex : L'Irak, les paradis fiscaux, la régulation financière et bancaire etc....etc...). Les européens n'ont donc ni l'envergure ni l'intelligence, ni la vison stratégique ni les c.... pour défendre les intérêts de leurs concitoyens, les dirigeants européens sont les larbins et des amerlocs surtout de leurs firmes, et des multinationales européennes surtout allemandes et otages de leurs clients fournisseurs chinois. Pitoyable et en plus les textes constitutionnels de certains pays de L'UEM et de l'UE sont interprétés semble t il, par les cours constitutionnelles ou par les tribunaux européens (à voir) pour que le non respect des traités et accords européens puissent paraître conforme... au droit. Un scandale.
Réponse de le 18/03/2014 à 15:51 :
C'est normal puisque l'Europe n'est qu'une Europe des Nations alors qu'il aurait fallu une structure entre Confédération et Fédération selon les aspects communs à traiter. On ne peut pas mettre systématiquement tout sur le dos de l'Europe et vouloir conserver pour des intérêts politiques de courte vue ses petits points de vue personnels de petites nations et là dans ce domaine les séparatistes et populistes qui siègent en plus à Bruxelles et en famille sont champions au plan de la contradiction et du paradoxe, style FN etc. Dans la crise actuelle d'ailleurs, ce sont le Nations qui interviennent, c'est là ou réside l'éternelle faille de l'interlocuteur européen qu'on ne veut pas dans les nations européennes.
Réponse de le 18/03/2014 à 15:53 :
C'est normal puisque l'Europe n'est qu'une Europe des Nations alors qu'il aurait fallu une structure entre Confédération et Fédération selon les aspects communs à traiter. On ne peut pas mettre systématiquement tout sur le dos de l'Europe et vouloir conserver pour des intérêts politiques de courte vue ses petits points de vue personnels de petites nations et là dans ce domaine les séparatistes et populistes qui siègent en plus à Bruxelles et en famille sont champions au plan de la contradiction et du paradoxe, style FN etc. Dans la crise actuelle d'ailleurs, ce sont le Nations qui interviennent, c'est là ou réside la faille.
Réponse de le 18/03/2014 à 15:54 :
L'Europe c'est rien Commentaire parfait, l'Europe, une volonté US pour mettre l'Otan dans les pattes des russes, contrarier leur géopolitique et servir de débouché aux produits US à travers le marché transatlantique à venir en ruinant nos entreprise et notre agriculture à coups d'économie d'échelle, d'OGM et de subventions. En face, que trouve t-on ? Depuis 30 ans, des hommes politiques larbins des US qui n'ont jamais défendu la nation...
Réponse de le 18/03/2014 à 16:58 :
D'accord avec une consolidation de l'Europe avec un président marquant à sa tête. Giscard avait prévu d'être le premier président de l'Europe, il aurait sans doute attiré l'attention. Un de Gaulle à la tête de l'Europe ferait sérieusement avancer cette dernière.

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