Elite, où es tu ?

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Diana Filippova, OuiShare Connector et responsable programme du OuiShare Fest. / DR
Diana Filippova, OuiShare Connector et responsable programme du OuiShare Fest. / DR (Crédits : DR)
« Les élites, qu'elles utilisent la ruse, la violence, n'ont d'autre fin que de perpétuer leur domination », la maxime que Pareto a formulée voici un siècle n'a jamais aussi juste que ces dernières années. La succession de crises dans les Etats occidentaux a certes mis fin à la confidentialité de l'alliance stratégique, voire de l'identité, entre les élites administrative, économique et politique. Mais il y a autre chose.

Qu'elles soient l'étendard des mouvements populistes ou l'espoir secret des amoureux des trente glorieuses, un constat fait l'unanimité : elles ne remplissent plus le rôle de moteur de la société française qui leur a été confié aux lendemains de la seconde guerre. Rétives au changement, incapables de se renouveler et méfiantes devant les nouvelles technologies, elles refusent de tester de recettes inédites, tout en s'agrippant jalousement aux rênes du pouvoir.

L'espoir du changement est donc à chercher ailleurs, dans ce qui est couramment qualifié "d'écosystème de l'innovation" ou encore "scène entrepreneuriale". En réalité, il s'agit d'un ensemble plutôt hétérogène, qui va de l'employé dans une association qui se consacre à l'économie sociale et solidaire à l'ingénieur qui a lancé sa startup web. Peut être partagent-ils un héritage économique commun, comme leur appartenance à une classe moyenne éduquée qui a lourdement investi dans l'éducation de ses enfants et regarde avec désarroi la dégradation de leur conditions de vie.

Une grande partie du secteur de l'innovation à la limite de la pauvreté

Aussi, voient-ils souvent la crise comme une opportunité de ne point suivre les chemins tous tracés, et, pourquoi pas, un changement de modèle socio-économique, voire politique.

Pourtant, cette masse hétérogène qu'on regroupe sous le nom d'"entrepreneur" est absente de la scène publique et des lieux où la vieille élite prend les décision. La première raison tient à la relative pauvreté de cette jeunesse : il est bien connu qu'un citoyen affamé n'a pas la tête à la vie politique de la Cité. Si l'entrepreneur français prend les mêmes risques que ses homologues anglo-saxons, ses chances de lever des fonds et conduire la startup jusqu'à une sortie lucrative sont bien moindres.

Les startups les plus prometteuses vont souvent se faire incuber et lever des fonds hors de France, tandis que les « techos », ingénieurs et autres scientifiques plus ou moins experts en programmation informatique, vont souvent chercher meilleure fortune dans la Silicon Valley. Quant aux secteurs associatifs, encore appelés "non profit", ils sont traditionnellement peu attractifs pour les fonds privés, et les premiers à subir le départ des fonds publics en temps de disette budgétaire.

C'est ainsi que la plus grande partie de cette scène de l'innovation vit à la limite du seuil de pauvreté, payant le lourd tribut d'un pays rongé par la rente immobilière et la dette publique. Il n'est pas étonnant que l'initiative French Tech de Fleur Pellerin, et en particulier la Bourse French Tech destinée à l'innovation non technologique, soulève autant d'espoirs.

L'entrepreneur et les vieilles structures : je ne t'aime pas et moi non plus

Mais la raison la plus importante est que beaucoup d'entre eux estiment qu'il n'y a plus rien à faire dans les allées traditionnelles du pouvoir parce que l'impact et l'influence se construisent par la base, de façon organique et décentralisée. A l'instar de leurs homologues de San Francisco, les entrepreneurs voient dans leur activité un potentiel d'impact sur le monde bien plus large qu'une action macro via les institutions et les organisations du vieux monde.

Face à la bureaucratie et la lenteur des processus de décision officiels, l'entrepreneur n'hésite pas longtemps : il « hack » le système ou trouve une solution plus efficace. C'est ainsi que Tim Draper, investisseur technologique bien connu, a déposé officiellement une demande de création d'un état fédéré ad hoc à la Silicon Valley, histoire d'avoir les moyens politiques de ses fins économiques.

Mais le désamour des institutions n'est rien à côté de la méfiance face aux partis politiques. Au mieux, ils sont perçus comme des résidus du vieux monde, au pire, comme des organisations mafieuses dont le seul objectif est de se faire (ré)élire. D'où un refus clair de participer à l'action publique avec les moyens du bord - partis, débats, militantisme, élections. Pourtant, et contrairement à ce qui est souvent reproché à la scène de l'innovation, elle ne manque pas de vision politique. C'est juste qu'elle estime que le business et l'entrepreneuriat sont des canaux plus efficaces - et plus honnêtes - que l'administration et la tribune politique

La stratégie du changement de modèle bottom-up

En France, cette théorie du changement par la base et l'action organique se structure autour de l'innovation sociale et se trouve portée par les mouvements citoyens, à l'instar de OuiShare.

A la suite de Michel Serres, ils reprennent en choeur : « Ce n'est pas une crise, c'est un changement de monde ».

Ils pointent la contradiction fondamentale entre la volonté de changer de modèle et le désir de le faire au sein de structures héritées du vieux monde, qui vivotent grâce à la résistance des vieilles élites.

Ses origines sont à chercher des origines de l'Internet et de la philosophie des hackers : inventons un modèle ou une technologie à petite échelle qui marche mieux que tous ceux qui existent, et il finira par être adapté à grande échelle. C'est aussi la stratégie développée par de nombreuses startups dont l'objectif est de "disrupter" un secteur, quel qu'il soit. Transposée à l'échelle politique, on peut l'interpréter ainsi : les nouveaux modèles testés à l'échelle d'une startup ou d'une association finiront bien par provoquer un changement de modèle à l'échelle de tout un secteur économique, voire de l'ensemble d'une société.

Peut-on espérer qu'un nouveau modèle de société remplacera l'organisation actuelle, sans passer par la case débat public ? Une transition de grande ampleur peut-elle se faire sans passer par les conflits, mouvements sociaux, et tout l'arsenal utilisé de tous temps par ceux qui ont choisi de se rebeller de l'ordre établi ? Un modèle qui a fait ses preuves dans un secteur économique particulier est-il transposable à l'ensemble d'une société? Un changement organique porté par une communauté innovante peut-il avoir un impact sans passer par les organisations classiques ?

Du côté français, cette stratégie est encore loin d'avoir fait ses preuves : l'influence réelle de la scène de l'innovation sur la prise de décision à l'échelle nationale et l'évolution de la société est aujourd'hui quasi-inexistante. C'est probablement ce qui la différencie le plus de son homologue « tech » à San Francisco. Car l'entrepreneur américain pourrait parfaitement s'investir dans les affaires publiques s'il le souhaitait, les passerelles et les changements de carrières étant encouragés et reconnus aux Etats-Unis. En France, cependant, la vieille élite a soigneusement verrouillé toutes les entrées dans son cercle, que ce soit par le biais des diplômes, les barrières sociales ou l'obligation d'en accepter les rites et us.

Au sein de la scène numérique nationale, seuls quelques entrepreneurs stars disposent d'un véritable pouvoir d'influence, accompagnés de quelques membres de l'élite qui ont préféré l'excitation de l'entrepreneuriat au confort des administrations ou grandes entreprises. En réalité, en dehors de l'entre-soi entrepreneurial, les modèles économiques et organisationnels innovants sont pratiquement inconnus de la population française. 

La Silicon Valley : l'ENA de la tech

A l'inverse, le cas de la Silicon Valley illustre quant à lui les effets pervers d'un changement de modèle poussé par le seul secteur privé. La relative stagnation économique de la Baie de San Francisco dans les années 90 a laissé place depuis ces dix dernières années à l'une des plus grandes concentrations de richesse dans le monde, aux côtés de Wall Street et de la City. Aussi c'est aujourd'hui l'État le plus inégalitaire des Etats-Unis si l'on en juge par son taux de pauvreté actuel (23,8%), le plus fort du pays. La hausse très forte et très rapide du coût de la vie, due à l'enrichissement concomitant d'une nouvelle élite « tech », jeune et milliardaire, chasse les habitants historiques d'une ville où ils ne peuvent plus rien se payer, du café bio au logement, en passant par l'éducation. Certes, l'entrepreneur porte baskets et t-shirt et ne jure que par l'impact socio-économique de l'entrepreneuriat. Il n'en reste pas moins un nanti qui a l'esprit tout aussi business que son ancêtre de chez Arthur Andersen. Il n'a plus rien à voir avec le bidouilleur du garage des années 70, image mythique du papa de l'ordinateur personnel et de l'Internet.

Mais le problème n'est pas dans cet esprit business, qui a été et reste un moteur incontestable pour cette région qui à attire les talents les plus brillants du monde entier, y compris de la France. Jusqu'en 2006, année où la région a enregistré le plus faible taux de pauvreté depuis 20 ans (12%), l'ensemble de la population en a bénéficié. Mais depuis quelques années, la conjonction entre l'affirmation de son statut d'élite et son refus de prendre la moindre responsabilité publique est un facteur clef de l'aggravation des inégalités. Dans la Valley, la population est classée uniquement en fonction de son employabilité et productivité dans un seul secteur économique : la « tech ». Le formatage culturel suit déjà le rôle d'homogénéisation socio-économique de la région, moquée par le roman de Dave Eggers, The Circle.

Le mot d'ordre de la Silicon Valley n'est même plus « Ce qui est bon pour la Silicon Valley est bon pour les Etats-Unis » - déjà fortement critiquable - mais « Ce qui est bon pour notre business est bon pour l'humanité ».

Cette maxime, érigée en loi universelle, est en réalité une forme de légitimation intellectuelle de la socialisation des risques et de la privatisation des bénéfices par une classe donnée. Généralisé sans débat public ni implication de la population qui est étrangère au monde  de la « tech », ce modèle socio-économique fait pourtant aujourd'hui dire à Eric Schmidt, PDG de Google, que les inégalités qu'il a provoqué sont la principale menace pour les démocraties occidentales.

Si l'on aime s'essayer à l'anticipation, l'époque actuelle laisse présager des soulèvements dont la violence n'a rien à envier aux révolutions populaires. Historiquement, c'est lorsque les élites n'assument plus leurs responsabilités face à la population, tout en captant l'essentiel du capital et de la valeur, que ces dernières ont éclaté.  Les révoltes contre les Google Cars, ces navettes presque futuristes qui transportent les employés de Google, ne devraient pas être regardées comme un événement anodin, pas plus que le départ massif et forcé des habitants historiques de la Baie de San Francisco. Les populismes y trouveront tout à fait leur compte, en pointant du doigt les ghettos dorés de cette nouvelle élite, aussi fermée que l'élite traditionnelle et beaucoup moins vulnérable, puisqu'elle ne peut être révoquée par le vote.

Plaidoyer pour le retour de l'entrepreneur dans la Cité

Souhaite-t-on vivre dans un monde où une mince couche capte l'essentiel des richesses et où un seul type de talents et compétences sont valorisés? Où seuls survivent ceux qui ont un ensemble de compétences très spécifiques, beaucoup de chance ou un héritage? Si la réponse est non, l'écosystème de l'innovation français doit encourager quelques uns membres à prendre des responsabilités publiques au sein d'institutions, aujourd'hui quasi-exclusivement investies par les vieilles élites.

Il faudra beaucoup d'efforts, de débat et d'échecs pour que les idées aujourd'hui portées par le monde du numérique trouve une expression concrète à plus large échelle. Il n'y a pas de structuration claire qui se dégage aujourd'hui, pas de mouvement qui prenne le pas sur un autre - la conceptualisation théorique des courants et forces en présence n'est même pas engagée, sans parler de leur traduction en action. C'est cela qui en fait la richesse : il n'y a pas un modèle mais plusieurs visions, pas une seule batterie de solutions mais des propositions multiples et agiles.

La première des conditions pour que ce retour dans la Cité soit possible est que cette jeunesse puisse penser à autre chose que de la façon dont elle financera son projet ou bouclera ses fins de mois. Ce n'est pas le propos de cette tribune d'en déterminer les modalités, mais cela suppose probablement de l'argent à la fois public et privé. L'initiative French Tech est un bon début.

La seconde condition tient à ce que la vieille élite se résigne à passer le pouvoir à ceux qui font preuve de courage, d'imagination et de compréhension fine du monde d'aujourd'hui. En premier lieu, cela concerne les partis politiques et l'élite administrative, terreaux par excellence de la hiérarchie à l'ancienne. Il ne suffit pas qu'elles se réforment, il leur faut, s'ils souhaitent survivre, attirer les entrepreneurs et tous ceux qui travaillent dans l'innovation, quelle qu'elle soit.

Ces deux premières conditions sont en réalité si indépendantes de la volonté des citoyens français, qu'il vaut mieux compter sur soi-même et passer à une stratégie proactive.

Cette stratégie consiste à s'adresser à un public plus large que le public habituel et limité de la scène de l'innovation, c'est à dire à l'ensemble de la population. Aussi, doit-elle s'interroger dès maintenant ce qu'elle à offrir à un citoyen moyen qui n'a pas grand chose à voir avec le monde du numérique où elle tourne. Cela suppose de tester dès maintenant la viabilité de certains modèles micro à une échelle plus macro. On l'a vu, les modèles issus de l'innovation « tech » ont tendance à renforcer l'écart entre les privilégiés et les autres si elles sont appliquées sans agir sur les autres leviers classiques que sont l'éducation, la politique sociale, les réformes des structures économiques, pour n'en citer quelques uns.

Enfin, une vision qui touche et qui inspire la population est aujourd'hui plus que jamais nécessaire, autre que les idéaux périmés et les tendances identitaires. Si l'on ne souhaite pas voir nos sociétés gagnées par les extrémismes ou des insurrections violentes, il faudra tôt ou tard s'adresser dès maintenant à cette majorité invisible qui dépose de plus en plus souvent un bulletin bleu marine dans l'urne.

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* Diana Filippova, OuiShare Connector et responsable programme du OuiShare Fest 

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Commentaires
a écrit le 10/03/2015 à 12:48 :
Je souscris à 100% à cette analyse ! il faut sortir la France de l'ornière de la reconduction des élites. C'est aux élites (dont elle fait partie, dont je fais partie) d'ouvrir et de partager leur connaissance et leur pouvoir pour éviter de juste moisir sur place du fait de l'immobilisme ambiant. Poussons pour amener un nouveau système, une nouvelle république !
a écrit le 04/12/2014 à 18:38 :
Très belle analyse. 100% fan: l'innovation et l'entrepreneuriat seront les deux mamelles de la prochaine civilisation, ici ou ailleurs.
a écrit le 10/11/2014 à 14:27 :
Chère Diana,
C'est très bien d'écrire sur les élites et la captation qu'elles font du pouvoir etc...Le problème c'est que les HEC , SCPO et ENA dont vous faites partie ( et moi accessoirement), après avoir fait un hold up sur la finance, la politique, les entreprises, le haut fonctionnariat etc...aujourd'hui depuis 20 ans s'approprient l'ESS, l'entrepreneuriat social, les ONG , le conseil en DD et RSE...et toutes les formes d'économie alternative. Pourquoi? Parce que c'est chic d'avoir un discours humaniste mais de pratiquer la cooptation, l'endogamie et le mépris social. Des exemples? groupe SOS, mouves, UP campus, oui Share, etc....tous HEC, tous potes et tous à double face. Ecoeurant de déni de la réalité, d'auto satisfaction et de manque d'esprit critique. Restez entre vous et foutez la paix à la société car vous mettez la démocratie en danger
a écrit le 04/04/2014 à 14:23 :
Whaou! C'est vraiment une purge à lire ce truc!
a écrit le 04/04/2014 à 12:24 :
Quelle soupe ou plutôt kakaia kacha !! ;-)
Quelle est la définition du mot "élite" dans ce texte ? On semble passer au début d'élite à "entrepreneur" mais au nom de quoi un entrepreneur fait-il partie d'une élite et au nom de quoi "'entreprendre" est un signe d' "élite" ?? Et puis c'est quoi "entreprendre" ?
Dans ce domaine aussi, quel mélange !
"Si l'entrepreneur français prend les mêmes risques que ses homologues anglo-saxons, ses chances de lever des fonds et conduire la startup jusqu'à une sortie lucrative sont bien moindres."
En vertu de quelle logique comparer les 2 systèmes ??? Est-ce qu'entreprendre c'est "lever des fonds" et "mener jusqu'à une sortie lucrative" ? Beau raccourci de pigeon que cette idée .. En vertu de quelle logique l'étudiant de grande école française prendrait des risques alors que de bonnes places lucratives l'attendent dans le système pour lequel IL a travaillé et a été formé ? Doit-il être adepte SM pour devenir respectable ?
Quelle étroite vision aussi que l'explication du désintérêt politique .. Pourquoi ne pas envisager aussi que bcp ne s'intéressent pas à la politique non par rejet mais simplement par indifférence (pofigism). Ne voit on pas que les gens se comportent en clients fournisseurs avec les politiques et en attendent simplement + ou - un entretien des infrastructures et le - d'emm possibles ( Et qd ceci n'est pas là, on les vire).
Comment ne pas voir aussi que les nouvelles technologies ont rassemblé les gens par strates horizontales, ce qui affaiblit l'organisation habituelle verticale (en pays, en sociétés) et donc que des questions comme "Souhaite-t-on vivre dans un monde où une mince couche capte l'essentiel des richesses et où un seul type de talents et compétences sont valorisés? " sont des questions qui voient le monde actuel à travers le référentiel du passé ?
Quelle es la signification de cet "appel" de la fin du texte ? ("Enfin, une vision qui touche et qui inspire la population est aujourd'hui plus que jamais nécessaire, autre que les idéaux périmés et les tendances identitaires. Si l'on ne souhaite pas voir nos sociétés gagnées par les extrémismes ou des insurrections violentes, il faudra tôt ou tard s'adresser dès maintenant à cette majorité invisible qui dépose de plus en plus souvent un bulletin bleu marine dans l'urne. "). Si Marine Le Pen ou autre arrivent au pouvoir que se passera-t-il ? Rien du tout car justement les élites (mot du titre mais quasiment absent du texte et surtout de la fin) ne sont plus en politique et ne vivent plus dans un monde où le pouvoir est politique.
Etonnant de voir une jeune fille parler du 21ème mais vivre dans le 20ème siècle
Réponse de le 04/04/2014 à 19:45 :
Exactement. Beaucoup de raccourcis sur les comparaisons de systèmes anglo saxons et français (mais il est vrai que l'on a juste besoin de voyager 1 an ou moins dans un pays pour en connaître tous les rouages, je m'excuse donc de cette remarque). De plus ces raccourcis sont mêlés de contradictions qui mènent à de l'enfumage total parce que c'est bien écrit, en tous cas bien mieux que moi (vous voyez chère auteure on sait être positif en France). Allez c'est pas grave au final vous avez raison : tout va mal et personne ne fait rien ! Tant que ça vous fait vous lever le matin c'est ce qui m'importe.
a écrit le 03/04/2014 à 14:06 :
L'élite , la seule , c'est la finance internationale. Tout le reste , c'est des bobos retardés.
a écrit le 03/04/2014 à 14:04 :
Galbraith l'a dit il y a 40 ans...et mieux.
a écrit le 03/04/2014 à 12:23 :
Haa oui, je viens de comprendre... : un capitalisme nouveau, meilleur et plus humain. Tout changer pour ne rien changer, comme d'hab'.
a écrit le 03/04/2014 à 10:39 :
De quelles élites parlons nous?

Celles sélectionnées sur concours qui finit en "secrétaires en costume/tailleur" du Corps des Mines ? Celles des "petites écoles" qui cherchent à créer ?
a écrit le 03/04/2014 à 8:53 :
Idee interessante mais je vois pas tres bien comment nos elites politiques vont faire de la place a qui que ce soit. Il leur faudrait enorment de lucidite pour se rendre compte que s ils ne lachent pas du lest, le systeme va exploser et ils feront parti des perdants. En 1789, l immense majorite de la noblesse et du clerge etaient contre les idees nouvelles. Bilan : revolution et beaucoup y ont perdu leur tete et leurs biens. D un autre cote, nos elites ne sont quand meme pas les seuls coupable. car au final c est bien nous (les citoyens) qui les elisons et les reelisons. Qui a reelu Balkany ou Gaudin (pour prendre des ex recents) ?
a écrit le 03/04/2014 à 6:45 :
"exclusion" et "domination" sont à la base. Alors mentez, trichez, manipulez cela fonctionne pendant des années jusqu'à que la branche soit sciée. Puis on recommence sur une autre entité. Cela rapporte financièrement bien et toujours. Pareto avait raison. Surtout ne vous intéressez pas au Q.I, les grosses quittent la France !
a écrit le 02/04/2014 à 22:42 :
Belle tribune, mais vous ne poussez pas le raisonnement assez loin.
Au fond, ce que vous dites, c'est qu'il est non seulement légitime mais indispensable de permettre à chacun de prendre des risques et pour ce faire de lui laisser une part congrue de ce qu'il créé.
Sous prétexte de redistribution on capte le capital en formation et on retire la liberté d'entreprendre. Toutes les mesures législatives ou presque reviennent à augmenter ou sanctuariser des barrières à l'entrée des secteurs. Le modèle dominant de création de richesse n'est plus l'entreprise mais la rente et donc les monopoles et autres cartels.
Cette tendance lourde, puisque impulsée par un acteur dominant qui possède le monopole de la coercition et de l'écriture des règle (ou leur viol) se retrouve partout par percolation. Ainsi dans l'apparition de "services" qui n'ont d'autre mission que de capter à leur tour de la création de richesse au nom de l'application de législations bureaucratiques etc. Et cela ne touche pas seulement l'argent comme ressource. Cela commence à concerner également le temps comme ressource, ce qui est encore plus grave, car il obère y compris le seul atout compétitif qu'il restait à l'entrepreneur: sa capacité d'engagement personnel.
Quand à l'offensive sur les thèmes sociétaux, elle ne rend pas qui que ce soit plus libre, mais augmente simplement le périmètre d'intervention de l'état, créant des espaces dédiés à de nouvelles clientèles qu'il faudra bien faire vivre au nom de leur combat. On dévoie ainsi tant la nature de ces combats que la liberté des autres que l'on réduit arbitrairement, créant pour l'entrepreneur de nouveaux obstacles et contraintes sans rapport avec son objet. Par contre bien entendu, toutes ces mesures sont accueillies et favorisées par les détenteurs de privilèges que sont les capitalistes (on pourrait aussi bien dire socialistes) de connivence qui trouvent là moyen de renforcer leur domination.

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