Drogue et finance : le mariage mafieux de la "déraison économique"

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(Crédits : DR)
[Replay ARTE] L’économie mondiale est de plus en plus irriguée par les narcotrafiquants venus du Mexique. Un documentaire saisissant sur les complicités d’un système financier international pour qui l’argent n’a pas d’odeur.

C'est l'histoire d'une stratégie industrielle très maîtrisée : diversification des activités, conquête de nouveaux marchés, investissements à l'étranger, rien que de très banal dans une économie mondialisée. À ceci près que l'entreprise en plein essor n'est pas répertoriée au registre du commerce mais plutôt fichée au grand banditisme.

Une économie méxicaine dévoyée

Au Mexique, les narcotrafiquants vampirisent l'économie locale. Profitant des largesses d'une police corrompue et d'un système bancaire complice, ils ont fait main basse sur une partie des domaines agricoles, dont ils contrôlent la production et les prix. Même si seulement deux crimes sur cent sont punis au Mexique, une récente loi antidrogue les a conduits à élargir leurs "compétences" : racket, enlèvements, mais surtout vols exponentiels de chargements d'hydrocarbures. Avec une incidence directe sur le coût de la vie locale : les entreprises lésées augmentent leurs prix.

Mais l'impact de ces pratiques mafieuses est avant tout transfrontalier. Le puissant voisin américain en profite largement : il accueille les propriétaires terriens et les chefs d'entreprise rackettés et forcés à l'exil, mais aussi les investissements des narcotrafiquants et les citernes d'essence clandestines.

Argent sale et fluide

Grâce à de nombreux témoignages issus notamment des organismes d'enquête internationaux, Narco-finance, les impunis démonte pièce par pièce les tolérances dont bénéficient ces flux d'argent frais dans l'économie américaine. Un ancien employé de la puissante banque anglo-saxonne HSBC l'accuse frontalement, et non sans crainte pour sa survie, d'être le principal vecteur de blanchiment d'argent sale entre les deux pays.

Les autorités de contrôle et la justice ferment les yeux : un effondrement de HSBC déséquilibrerait le système financier mondial. La banque et ses consœurs peuvent donc aider les cartels à toucher les autres places financières comme Londres ou à s'étendre dans des paradis fiscaux comme le Liban, pour le plus grand bonheur du Hezbollah. Dense et très documenté, le film d'Agnès Gattegno est au final l'histoire d'une métamorphose : celle de criminels aux mains sales devenus narcofinanciers en col blanc. Son documentaire montre comment, grâce à la dérégulation des marchés et à l'obsession du profit qui régit les milieux financiers, les sociétés criminelles comme les cartels de la drogue peuvent s'épanouir mondialement et dans une relative impunité.

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Commentaires
a écrit le 23/10/2014 à 15:09 :
300 milliards de dollar us ( oui vous avez bien lu: 300 milliards !!! ) c' est la cagnotte que la dea avait remonter en 2007/2008 d' un banal cartel de la drogue mexicain... gérer par la hsbc et wichita banck.. ce modeste montant saisi qui aurait à l' époque permit de payer TOUT les subprimes et éviter le marasme dans lequel nous baignons et le sang qui bientôt va couler, au lieu d' aller abonder le trésor américain, comme le veut la bonne pratique, en fait TOUT À ÉTÉ REVERSER à la Wells fargo..... fermer le ban !
a écrit le 23/10/2014 à 13:38 :
Un argumentaire qui oublie l'essentiel des raisons de ce fiasco, la prohibition !
Une utopie idéaliste que l'on est pas obligés de partager, ni de cautionner.

Car ce ne sont pas les millions de gens condamnés par cette ineptie qui l'on demandé, mais bien des financiers milliardaires qui protègent des brevets (pavot, cannabis) en imposant une industrie crapuleuse internationale qui continue de prêcher cette fausse moralité qui prends les citoyens pour d'irresponsables imbéciles.

Mais si le Mexique est un laboratoire du trafic et des lois de prohibitions inconstitutionnelles, la France en prends le même chemin étant donné qu'elle se couche devant cette escroquerie, que d'autres pays ont déjà abolis par voie de légalisation.
a écrit le 22/10/2014 à 18:41 :
Encore un article pour détourner l'attention du fait que la finance est responsable de la crise que nous vivons, des dettes abyssales des états, de l'accroissement de la pauvreté est de la délinquance. Même si l'argent de la mafia est sale, c'est pas la mafia qui a créé la crise. Ce sont les escroqueries financières qui font prospérer la mafia et les combinards, comme les délinquants fiscaux. Il ne faut pas se tromper de cible...
a écrit le 22/10/2014 à 18:28 :
La finance et l'argent sale. Voilà des sujets qui fascinent les gens de gauche. Qu'est-ce que l'argent sale? Est-ce que l'argent fruit de la spoliation fiscale redistribué à des clients politiques ou corporatîons publiques privilégiées est de l'argent propre?
Réponse de le 23/10/2014 à 10:53 :
l'argent de la drogue, du grand banditisme, de la prostitution,...ça vous parait de quel niveau de propreté cet argent ?
Encore une lubie inutile des bobo gauchistes, c'est ça ?
C'est bien de se voiler la face face aux problèmes de notre époque, et de ne pas juste constater des faits, mais ça ne fait pas de vous un visionnaire, rassurez vous.

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