La troisième phase de la grande crise mondiale

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Olivier Passet, directeur des synthèses économiques de Xerfi. / DR
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, la troisième phase de la grande crise.

Par déficit de coordination et par myopie, l'Europe et le monde sont entrés dans la troisième phase de la crise mondiale qui les déstabilise depuis 2008. Une crise qui a pris racine dans un excès d'épargne mondiale, un déficit chronique de demande, donc, et dont chaque étape, chaque complication successive, révèle le vrai visage et la profondeur.

 La première manifestation de la crise fut l'explosion de la bulle de crédit aux Etats-Unis. Ce premier épisode a sanctionné les limites du rééquilibrage de la croissance mondiale par les sur-consommateurs américains. La seconde est celle des dettes souveraines, qui a pris une tournure catastrophique au sud de l'Europe. Elle a marqué les limites du rééquilibrage de la demande par l'endettement public. La troisième phase, qui se précise jour après jour est celle des débouchés et de la déflation.

 Cette troisième phase était inscrite, je viens de le dire, dans les gènes de la crise dès le commencement. Mais elle ne prend corps pleinement qu'aujourd'hui, sanctionnant le fait que, pendant 6 ans, les gouvernements se sont attaqués aux symptômes et non aux causes profondes du mal. Et sa gravité se précisera d'autant plus que sur le gâteau de plus en plus étroit des débouchés, les pays sont entrés en lutte, cédant aux stratégies néo-mercantilistes non coopératives.

Deux pays dans le match

 Et, à ce jeu de surenchère sur l'offre, deux pays ont gagné la bataille : les Etats-Unis et l'Allemagne. Revers de la médaille cependant, en surmontant l'adversité, ils se sont imposés comme modèles de règlement de la crise, et chaque pays s'est aligné sur ce qui faisait figure de stratégie gagnante. Modérer sa demande et doper la compétitivité de son offre, par des dévaluations interne ou externe, et par une réduction de ses chaînes de valeur pour renforcer son territoire.

Chaque région du monde a, de la sorte, participé au renforcement du déséquilibre initial entre l'offre et la demande.

Les Etats-Unis et l'Allemagne ont ainsi remporté une bataille, mais ils n'ont pas remporté la guerre. L'extension de la crise des débouchés est en train de se refermer sur eux comme un piège. Le basculement allemand est maintenant manifeste. Mais le cavalier seul des Etats-Unis suscite également de plus en plus d'inquiétude. Le fait que le mouvement de réappréciation du dollar se soit interrompu est symptomatique du manque de confiance la possibilité de cette économie d'emporter le reste du monde dans leur sillage.

Le scénario noir

Résultat, l'Allemagne, aveuglée et enivrée par le fait de toucher le point de nirvana que constitue pour ses dirigeants le déficit budgétaire zéro, est en passe de faire basculer l'Europe entière dans une déflation longue. Et les Etats-Unis, redevenus les leaders d'un instant, rattrapés par la crise des émergents et de l'Europe, et donc l'affaiblissement de la demande mondiale, risquent de moins en moins d'être en mesure de jouer les sauveurs de la reprise. Seule issue possible, une relance coordonnée à échelle mondiale, autant dire que l'espoir de s'arracher au scénario noir devient de plus en plus ténu.

>> Plus de vidéo sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 01/11/2014 à 4:10 :
Tout ce que j'avais compris de la crise vient de s'effondrer :) .... serieux cette video?! :) *sarcasme*
a écrit le 31/10/2014 à 11:57 :
l'analyse est très convaincante... et démonter que c'est tout le système qui est à bout de souffle. mais par quoi le remplacer, là on butte sur le noir total....
a écrit le 30/10/2014 à 11:01 :
Vous êtes sur de votre analyse ???
Si la crise s'éternise et s'approfondit de jour en jour c'est effectivement en raison d'une épargne trop importante, mais le début de la crise c'est justement l'inverse...
Vous vous rappelé les fameux subprime...
a écrit le 30/10/2014 à 5:41 :
Incroyable cet article ! Vous dites je vous cite "Une crise qui a pris racine dans un excès d'épargne mondiale" ! C'est tout le contraire qui s'est passé, les subprimes sont la conséquence d'emprunt de millions d'Américains qui n'en n'avaient pas les moyens (pas assez de revenus) pour augmenter leurs dépenses — un excès de dépense, tout le contraire d'un excès d'épargne. Cette analyse est totalement fausse, plus grave la compétence de leur auteur ne peut pas être mise en défaut, alors manipulation ?
Réponse de le 30/10/2014 à 7:21 :
Vous êtes sur , vous d'avoir raison ?
Réponse de le 30/10/2014 à 7:36 :
Et vous êtes vous-même sur d'avoir raison ?
Réponse de le 30/10/2014 à 10:13 :
Cet article n'a effectivement aucun sens, la crise n'a surtout pas démarrée avec un excès d'épargne mais des dettes assises massivement sur des emprunteurs qui ont fait défaut de manière systémique. La chute d'activité a ensuite forcé les gouvernements à reprendre le contrôle de leur propre dette au plus mauvais moment. Tout ca dans un monde ou le prix du baril a explosé. Tout le monde s'accorde sur la nécessité d'une relance, mais pas sur les moyens de la mettre en oeuvre. L'Allemagne ne veut rien lâcher sur la dette et elle a raison, si on veut relancer l'activité il faut débrider le privé, pas refaire de la dépense publique non productive. Ca veut dire diminuer l'impot et virer des fonctionnaires, c'est donc impossible à faire pour nos élus, ils vivent du système inverse depuis 40 ans.
Réponse de le 31/10/2014 à 15:15 :
Faudrait penser à lire l'article avant de commenter...

"La première manifestation de la crise fut l'explosion de la bulle de crédit aux Etats-Unis. Ce premier épisode a sanctionné les limites du rééquilibrage de la croissance mondiale par les sur-consommateurs américains."
a écrit le 29/10/2014 à 20:27 :
Tant que l'on sait que 38 personnes les plus riches possèdent autant que le reste de l'Humanité, ça rassure. L'argent est entre de bonnes mains.
a écrit le 29/10/2014 à 20:18 :
Le vrai problème de fond vient de la mondialisation
Nous ne produisons plus rien et nous nous endettons pour garder notre niveau de vie
On croit etre gagnant en achetant aux chinois qui dopent leurs monnaie ne respecte rien en environnement et en social
Sans parler que pour ouvrir une usine en Chine il faut un chinois majoritaire

On s'est fait berné par les Chinois et on a des dettes et des chômeurs
Réponse de le 29/10/2014 à 20:29 :
C'est la faute aux Chinois et à leur pétrodollar. Je l'ai toujours dit.
Réponse de le 30/10/2014 à 0:17 :
gnagnagna maman je pleure, c'est toujours la faute des autres, maman ,gnagnagna, les autres sont tous des méchants !!
Réponse de le 30/10/2014 à 11:00 :
@Christophe
Votre remarque est très juste. La mondialisation est un scandale qui ne sert qu' à enrichir quelques profiteurs.
Réponse de le 30/10/2014 à 17:45 :
La mondialisation existe depuis des milliers d'années, car l'homme s'est installé sur toute la planète et commerce avec tous les peuples.
Ok avant c'était à dos d'anes, maintenant, à dos d'avion, mais c'est pareil.
Que des hommes s'enrichissent n'est rien de nouveau.
Mais accuser la mondialisation d'exister, c'est comme accuser le soleil de briller, une vraie c...
a écrit le 29/10/2014 à 19:55 :
//MORALES//RECAMENT 3TRILLIONS DE DOLLARD EN PROGRAMES DE RELANCE ECONOMIQUE POUR SAUVER LES BANQUES? 1 % DE CE QUI POURRAIT NOURIR 60MILLIONS D ENFANTS QUI ONT FAIN DANS LEMONDE PENDANT 1 ANS???
a écrit le 29/10/2014 à 19:35 :
Inflation, déflation, crise, dettes souveraines, emprunts toxiques, chômage : ces mots ont canibalisé tout l'espace médiatique et même les foyers. Pour quel résultat? des prophéties auto réalisatrices puisque quand c'est la trouille qui domine l'initiative et l'optimisme manquent cruellement. Keep Calm ant carry on comme disent les anglais! La première moitié du 20ème siècle a été bien plus rude et on faisait face, alors relevons la tête et ça ira mieux, au moins dans les esprits!
Réponse de le 29/10/2014 à 19:42 :
Certes. Mais le premier qui relève la tête se la fait trancher...
a écrit le 29/10/2014 à 16:36 :
Un impôt généralisé en une fois de 15 % sur le patrimoine détenu par les ménages français, et c'en est fini de la dette publique ! Cela signifierait 46 milliards d'économies sur le budget de l’État (le montant des intérêts de la dette servi aux créanciers de l’État français), soit plus de la moitié du déficit budgétaire. Pour ceux qui ne peuvent pas payer cet impôt, il faut qu'une loi contraigne les banques à prêter à des conditions proches de celles auxquelles elles empruntent. Les banques parviendront ainsi à utiliser les facilités que la BCE leur consent sans succès à ce jour. Pour ceux qui ne pourraient pas payer même en ayant recours à un emprunt, une possiblité de dation à l'Etat prélevée sur leur succession. Pour éviter que nos hommes politiques ne puissent à l'avenir dépenser inconsidérément l'argent public, il faudra concomitamment se doter d'une véritable règle d'or interdisant le vote d'un budget déficitaire. Et nos enfants pourront peut être grandir et s'épanouir dans un pays où la démocratie aura retrouvé la place qu'elle n'aurait jamais dû perdre.
Réponse de le 30/10/2014 à 10:02 :
Et après demain nos dirigeants éclairés nous ré-endetteront tout aussi vite, puisque on aura accepté de supporter la charge directe de la dette. On paye la nullité de nos élus à travers la dette, si on règle la dette ils continueront à faire du clientélisme sans état d'âme...
a écrit le 29/10/2014 à 16:03 :
Relire "Le talon de fer" de Jack London. Le livre date de 1908 mais tout y est clairement expliqué !
a écrit le 29/10/2014 à 14:30 :
Analyse fulgurante : c'est l'excès d'épargne qui a provoqué la crise. L'excès d'épargne a provoqué l'éclatement de la bulle immobilière au USA, puis la crise des dettes souveraines européennes... A mon avis il manque quelques paragraphes d'explication qui seraient utiles à l'humanité. Mais, bon, je ne suis pas économiste.
Réponse de le 29/10/2014 à 14:50 :
"excès d'épargne"..?? vous voulez donc que les gouvernements de la planète VOLENT la fortune des 38 plus riches personnes qui possèdent autant que la moitié de l'Humanité..??
Mais vous êtes un COMMUNISTE ! Roosevelt n'aurait pas fait ... moins.
a écrit le 29/10/2014 à 13:56 :
L'auteur parle de l'Allemagne, des Etats-Unis et de l'Europe et c'est tout. Un article prix Nobel d'économie?
Réponse de le 29/10/2014 à 14:51 :
Been... manque de temps : sinon, ça donnait un article de la longueur de l'analyse de Piketti...
Réponse de le 29/10/2014 à 15:29 :
Et pour rien dire finalement...
Réponse de le 29/10/2014 à 19:41 :
Piketti NOUS renvoie à NOS responsabilités : nous ne pourrons PLUS dire que nous ne savions pas...
Mais qu'il est plus facile de rêver jusqu'au bout, tant que l'on CROIT être riche...
a écrit le 29/10/2014 à 13:48 :
notre futur : produire moins ,consommer moins, travailler moins, gagner moins , dépenser moins ,
Réponse de le 29/10/2014 à 14:38 :
Je donne 5 + à votre commentaire et je rajouterai que c'est la solution pour vivre mieux.
Réponse de le 29/10/2014 à 18:34 :
@jakarta et ecirtap
Je remplacerai moins par: mieux et sur place.
Réponse de le 29/10/2014 à 19:49 :
EXELENTE ANALISSE ?FRANCK?MAIS FAUDRAIS ARGUMENTEZ VOS IDEES ?? COMMENT ?POURQUOI? POUR QUI???
a écrit le 29/10/2014 à 12:47 :
Avec une inflation de 5% pendant 10 ans, l'essentiel des problèmes serait réglé. La dette fondrait, la consommation repartirait ainsi que l'investissement. Tout est question de confiance. Bien sûr, la France devrait être mise hors d'état de nuire. Sa ruine totale et sa mise sous tutelle serait souhaitable. Éventuellement la désosser et la partager entre des puissances étrangères. A étudier...
Réponse de le 29/10/2014 à 13:15 :
Vous, en 45, on saurait de quel coté vous vous placeriez
Réponse de le 29/10/2014 à 17:56 :
Autant le début de votre commentaire est pertinent, autant la fin est délirante.
a écrit le 29/10/2014 à 11:18 :
Pas un mot sur l'énergie.
a écrit le 29/10/2014 à 9:44 :
Pour relancer la machine, il faut détruire l'épargne mondiale en la dépensant sur des objets que l'on ne récupérera jamais autrement que par la connaissance!
Réponse de le 29/10/2014 à 17:18 :
Pour valoriser l’épargne mondial, il faut baisser les prix partout afin de donner envie aux épargnants de dépenser.
a écrit le 29/10/2014 à 9:25 :
"racine dans un excès d'épargne mondiale" et "l'explosion de la bulle de crédit aux Etats-Unis" ... Déjà, commencer avec une contradiction augure mal de trouver une solution. Et je vous rappelle, en cas d'oubli, qu'un G "20" a immédiatement été constitué. Soit, ce que vous préconisez en solution de "Seule issue possible, une relance coordonnée à échelle mondiale". D'où, il est facile d'en déduire que la solution que vous proposez, déjà faite, ne marche pas. Ou vous ignorez les planches à billets. Mais là, je ne peux rien pour vous.
La "racine" du mal est plus profonde. Les riches ont gagné, pourquoi ne pas le reconnaître..??
Réponse de le 29/10/2014 à 13:25 :
Contradiction ou absence de compréhension de votre part ? 1° ceux qui peuvent épargner ne sont pas les mêmes que ceux qui doivent emprunter. 2° l’épargne qui se dirige vers la sphère financière n'est pas investit dans le sens qu'elle ne profite pas aux entreprises : acheter une action déjà émise n'enrichit que l'ancien possesseur de l'action... Pour avoir un investissement en bourse, il faut acheter les augmentations de capital.
Réponse de le 29/10/2014 à 13:54 :
Picnic, là, par contre, je comprends parfaitement que vous vous placiez dans la ligne de l'article...
Bonne crise à vous.
Réponse de le 29/10/2014 à 14:53 :
Ce n'est pas le moyen du toujours plus qui a provoqué la crise. C'est le toujours plus.
Réponse de le 29/10/2014 à 16:20 :
@yvan +1. La contradiction m a aussi saute aux yeux
@ picnicduille , vous accusez yvan d incomprehension mais la remarque peux aussi se retourner contre vous .
a écrit le 29/10/2014 à 9:05 :
NE PAS ACHETER ALLEMAND TOUT SIMPLEMENT..
Réponse de le 29/10/2014 à 12:18 :
C'est un peu primitif
Si l'ennemi est l'Allemagne , il faut le dire haut et fort
a écrit le 29/10/2014 à 8:40 :
Pour s'en sortir, il faut penser à l'énergie: travail, capital et énergie.
a écrit le 29/10/2014 à 8:24 :
L'ideologie de plus de croissance par plus de dettes nous a conduit au point actuel.
Il sera impossible aux pays endettés à prés de 100% de leur PIB de rembourser leurs dettes sans emettre d'autres dettes etc... et une remise à zéro des dettes = ruine générale et retour au 19° siécle. L'impasse est totale malgré les apparences actuelles

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