Faut-il réguler le trading à haute fréquence ?

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(Crédits : Reuters)
Le trading à haute fréquence s'est beaucoup développé ses dernières. Une source d'instabilité pour les marchés financiers, même si ce système d'achats informatisés. Faut-il le réguler, et comment? Par Sylvain Fontan, économiste

Le fonctionnement des bourses a fortement évolué au cours des dernières années. Une des évolutions majeures est la place qu'occupe désormais le trading à haute fréquence. Le but de cette technique est le gain de temps afin d'accroître la rapidité à profiter des opportunités de marché. Bien que cette technique soit devenue courante et très importante, les risques potentiels sont importants et certains Etats commencent à s'y intéresser.

Exploiter des écarts de cotation en un temps très court

Le THF vise à exploiter les écarts de cotations dans un laps de temps très réduit. Concrètement, le THF consiste à utiliser la technologie informatique pour exécuter une stratégie d'investissement qui serait irréalisable manuellement. En d'autres termes, le TFH permet d'identifier automatiquement par le biais d'ordinateurs, des opportunités d'investissement sur la base d'algorithmes prédéfinis, et ainsi d'opérer à haute fréquence des millions d'ordres de bourse en une microseconde. Les opérateurs qui utilisent cette technique profitent alors d'un léger avantage (le temps) pour prélever un tout petit bénéfice. Toutefois, la multiplication des opérations permet in fine de dégager des bénéfices significatifs. Au final, c'est la gestion du temps qui est au cœur du THF car il permet d'analyser de gigantesques flux d'informations et de les utiliser pour acheter ou vendre une fraction de seconde en avance.

Un poids du THF de plus en plus important

Le THF occupe aujourd'hui une place très importante dans les marchés financiers. En effet, le THF représente environ 40% du volume total des transactions journalières sur le marché des actions en Europe, et environ 65% aux Etats-Unis. Au-delà de la place quantitative du THF, son importance tient également à ses effets systémiques. En effet, le système est potentiellement instable car des mini-krachs éclairs peuvent apparaître ponctuellement sur certains marchés suite par exemple à un bug informatique. Même si cela n'a encore jamais été le cas, il est possible d'envisager qu'un mini-krach, même localisé, puisse avoir des effets d'entraînement sur l'ensemble d'une place boursière. Dans ce cadre, il convient d'accorder un intérêt particulier à la technique du THF.


Mécanismes menant au THF

Il convient tout d'abord de rappeler certains éléments de base. En effet, le but des marchés financiers et d'assurer la liquidité des transactions pour faire se rencontrer l'offre et la demande de titres. Au final, l'objectif est de financer l'économie est d'assurer le drainage de l'épargne vers les agents économiques qui ont des besoins de financements. Ainsi, les marchés financiers organisent le financement (et le refinancement) de l'économie, en participant à la formation des prix, ce qui facilite l'allocation du capital et la gestion des risques.

D'abord, une transformation institutionnelle

Le THF tient tout d'abord à une transformation institutionnelle. Initialement, la cotation des prix sur les places financières s'effectuait à la criée. Aujourd'hui, la cotation s'effectue en temps réel via des systèmes électroniques. En effet, en 1971, apparaît un marché de capitaux automatisé, le NASDAQ (National Association of Securities dealers Automated), sur lequel les coûts de transaction étaient moindres qu'auparavant lorsque les opérateurs de marché étaient des spécialistes en situation de quasi-monopole. Le processus de fixation du prix d'équilibre est alors devenu plus concurrentiel car chaque ordre d'achat ou de vente pouvait être traité par plusieurs market makers (les teneurs du marché).
Parallèlement, les places financières ont suivi une logique de concentration. Les bourses se sont absorbées les unes les autres pour donner naissance à de grandes entités telles que le NYSE Euronext, le NASDAQ. Egalement, des plateformes totalement automatisées sont apparues comme le Bats et Direct Edge. Au niveau mondial, il existe maintenant une cinquantaine de places qui sont toutes interconnectées. Toutes ces évolutions institutionnelles ont été rendues possibles grâce aux innovations techniques. Théoriquement, le système est devenu plus performant, plus transparent et moins cher. Concrètement, les opportunités sont démultipliées car il offre des possibilités infinies de combinaisons à arbitrer pour les opérateurs de marché.

Transactions informatisées et dérégulation des marchés

Enfin, il convient d'ajouter deux phénomènes. En effet, le THF a été rendu possible grâce au développement continu à partir des années 1980 des transactions informatisées, et la dérégulation des marchés financiers. Concrètement, dès 1999, n'importe quel organisme peut se lancer dans le métier de rapprocher l'offre et la demande de titres. Il suffit pour cela que les agents soient disposés à aller se faire coter chez eux. Ensuite, en 2001, les bourses se convertissent aux cotations avec des décimales après la virgule, ce qui permet de fonder des modèles économiques sur des gains infimes amplifiés par l'effet de volume. Enfin, en 2007, le monopole des bourses traditionnelles est cassé en matière de cotation. Désormais, une action d'une place financière (ex: le CAC 40 à Paris) peut être échangée sur une autre plateforme pas nécessairement basée en France. Au final, les diverses évolutions de l'écosystème des bourses a permis l'émergence du THF.

Avantages et inconvénients

L'image du THF dans le débat public est très négative. Le THF n'est généralement pas compris par ceux qui en parlent dans les médias, et plus largement il est perçu comme l'émanation de la finance "froide", déshumanisée avec des effets sociaux et sociétaux néfastes. Dans ce cadre, il est souvent difficile de parler de façon raisonnée d'un sujet qui déchaîne traditionnellement les passions, c'est-à-dire la finance, et qui est propice au sensationnel, que ce soit dans le discours politique ou médiatique.

Un risque d'instabilité

Dans certaines circonstances, le THF peut avoir des conséquences sur la stabilité des marchés financiers. Hormis les aspects purement techniques liés à des stratégies de trading portant par exemple sur la hausse recherchée de la volatilité, ou d'autres aspects très techniques, le risque principal au niveau global est celui du risque systémique et de l'instabilité du système. Pour certains, le THF est une mutation nécessaire pour s'adapter à l'écosystème des marchés financiers, mais il s'agit également d'une innovation qui accroît le risque de crise financière. Trois raisons principales peuvent entraîner cette instabilité :
- Des boucles rétroactives peuvent se nouer et s'auto-renforcer sous l'effet de transactions informatisées automatisées. Concrètement, un petit changement revenant en boucle, peut déclencher une modification plus grande, bouclant ainsi sur une nouvelle modification, et ainsi de suite. Au final, malgré des processus de gestion et de contrôle bien intentionnés, cela peut amplifier les risques internes et conduire à des interactions et des résultats non désirés.
- Une seconde cause d'instabilité est sociale. Il s'agit d'un processus connu sous le nom de "normalisation de la déviance". Concrètement, c'est le risque que des événements inattendus et risqués (ex: des krachs extrêmement rapides et courts) soient progressivement considérés comme de plus en plus normaux, jusqu'à ce qu'une catastrophe se produise.
- Enfin, il existe un risque non instinctif inhérent aux marchés financiers. En effet, une des raisons de l'instabilité potentielle est que des algorithmes testés individuellement, et donnant des résultats satisfaisants et sécurisants, peuvent dans les faits s'avérer incompatibles avec ceux introduits par d'autres firmes, rendant ainsi le marché instable, bien que chaque algorithme pris séparément soit stable.

En défense du THF...

Certains défendent néanmoins le THF et s'appuient sur trois types d'arguments :
1) Augmentation de la liquidité
La multiplication des ordres passés permet d'assurer la plus grande liquidité sur l'ensemble des types d'actifs, ce qui est fondamental pour le bon fonctionnement d'un marché. De plus, le THF présente l'intérêt de ne pas être soumis aux aspects psychologiques des opérateurs de marché. Typiquement, dans le cas où plus rien ne va sur les marchés, au lieu d'adopter un comportement moutonnier de panique ou "d'exubérance irrationnelle", les ordinateurs vont d'eux-mêmes s'arrêter et attendre le retour à la normale.

2) Baisse des spreads
En d'autres termes, le spread, qui est l'écart entre le prix acheteur et le prix vendeur, est mécaniquement diminué grâce à la hausse de la liquidité engendré par le THF.

3) Les marchés peuvent être plus efficients
En effet, les algorithmes peuvent détecter des anomalies de marché que les humains ne peuvent pas voir du fait de leur capacité cognitive et de calcul limitée. Dès lors, il est possible de réaliser des arbitrages entre différentes classes d'actifs (actions, obligations...) et places boursières (Paris, Londres, New-York) de façon à ce que le prix d'équilibre se réalise sur les marchés boursiers.


Une impossible régulation ?

L'industrie financière s'oppose à une réglementation arguant que les effets seront contre-productifs. En effet, selon cette industrie, et de façon forcément caricaturale, trop de régulation équivaut à moins d'échange, et donc moins de circulation du crédit, ce qui renchérit mécaniquement le coût de ce dernier, avec in fine un accès aux capitaux plus coûteux pour les entreprises, avec des répercutions sur le marché du travail et des biens et services.
Plusieurs pays veulent néanmoins officiellement réguler, voire interdire la THF. Cependant, tout règlement uniquement national n'aura tout au plus qu'une faible portée, puisque le THF sur des valeurs cotées dans ce pays peut s'effectuer depuis des plateformes situées hors de ce pays. Une loi purement nationale présenterait la même faiblesse que toute loi territorialisée face à des capitaux libres de circuler et de s'échanger dans le monde entier. Le seul pays qui serait négativement touché par une mesure allant dans ce sens serait le pays voulant mettre en œuvre unilatéralement une telle régulation. Parallèlement, ce seraient  les autres pays qui bénéficieraient doublement de cette mesure en voyant un pays s'affaiblir tout en renforçant ses partenaires.

Seuls les Etats-Unis pourraient initier une régulation de leur propre chef

Le seul pays dans lequel une telle réglementation aurait du sens est les Etats-Unis. En effet, l'impact serait alors très différent car les plateformes de cotations de ce pays sont incontournables. Hors existence d'un Etat mondial, la seule perspective éventuellement viable à court et moyen terme est une législation au niveau régional. Dans ce cadre, la seule zone capable d'envisager cela sera l'Europe. Hors, il est très improbable que le Royaume-Uni veuille avancer dans ce sens étant donné le poids de son industrie financière. Dès lors, si l'Europe avançait significativement dans ce sens, les pays extra-européens, Royaume-Uni et Etats-Unis en tête, seraient les premiers à en bénéficier. Par conséquent, seule une interdiction pure du THF fréquence au niveau mondial paraît pouvoir être efficace.
Citation
Sylvain Fontan, "Le Trading à haute fréquence", analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 20/11/2013.

l'économiste

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a écrit le 03/11/2014 à 17:33 :
Facile, il suffit de remettre en place un impôt de bourse minime (0,1% par exemple), prélevé sur tous les ordres, qu'ils soient exécutés ou annulés. Et adieu the THF !!!
La raison d'être de la bourse est de financer les entreprises, en leur apportant des capitaux stables, pas d'enrichir les banques et les spéculateurs.
a écrit le 03/11/2014 à 10:22 :
interdire ou réguler.. je dirais plutôt qu'il faudrait entièrement modifier les bases de la finance. On en arrive à croire que la finance sert ... à la finance. La finance est supposée aider l'investissement des entreprises. Mais pas les détruire (et tous les emplois et valeurs humaines qui s'y rattachent) sous prétexte de petit jeu de monopoly. La finance devrait davantage avoir le visage des business angels que des requins qui ne s'intéressent à rien d'autre que la cotation. Ou alors passer majoritairement au crowdfunding, bien plus sain (à développer, même si tout le monde va dire que justement les marchés sont là pour palier à ce manque. Il suffit de penser différement, c'est tout).
a écrit le 02/11/2014 à 17:54 :
meme si on le voulait, on pourrait pas.
a écrit le 02/11/2014 à 13:47 :
pipo
le thf, ca sert a manipuler les cours et on va nous cacher ca derriere des pseudos algorithmes super elabores a base de reseaux neuronaux ou d'algo genetiques!
passez un ordre, vous verrez que le bid/ ask va bouger en fonction, et que bizarrement vous n'etes jamais en haut du panier, meme si vous etes mieux disant....
par contre celui qui emet des ordres pour les annuler immediatement peut tranquillement recommencer une fois que vous avez passez le votre et passera avant...
a écrit le 02/11/2014 à 12:11 :
"Les marchés peuvent être plus efficients" , C'est un euphémisme ! Les marchés ont démontré depuis la dérégulation qu'ils ne savaient faire qu'une seule chose : détruire les économies. Leur seule efficacité est de rendre les riches encore plus riches, et les pauvres encore plus pauvre, au détriment de tous les peuples.
a écrit le 02/11/2014 à 10:57 :
"Le trading à haute fréquence s'est beaucoup développé ses dernières ..........("semaines", "années", "années lumières", "carottes lumières"??). Une source d'instabilité pour les marchés financiers, même si ce système d'achats informatisés ................. ("est informatisé", "n'a aucun sens", "n'est qu'un instrument réservé au banques pour extorquer toujours plus d'argent de l'activité humaine"? Faut-il le réguler, et comment?
Faut il réguler les articles de latribune.fr, et comment?
a écrit le 01/11/2014 à 22:41 :
THF == monopoly dans le vrai monde
a écrit le 01/11/2014 à 22:40 :
Verifiez vos connaissances et vos sources sur les sujets que vous effleurez. Vous arguez que aucun flash krack n'est encore arrivé.

Le premier est arrive le 6 mai 2010. D ailleurs repris dans le cash investiguation de france2 sur les derives du THF.

Aussi le THF represente 80% de la globalite des transactions aujourd'hui.


Ce jour-là, l'indice Dow Jones Industrial Average a perdu environ 998,52 points avant de regagner 600 points, entre 14 h 42 et 14 h 52 au New York Stock Exchange[2],[3]. Une baisse de 9,2 % en l'espace de 10 minutes était sans précédent dans l'histoire. Cet incident a mis au jour l'implication du high frequency trading qui représente désormais les deux tiers[4] des transactions boursière sur le NYSE
Réponse de le 02/11/2014 à 3:31 :
@luciano

Sauf que le THF ne concerne que très peu les bourses mais surtout les échanges interbancaires sur le Forex. La masse monétaire échangée en bourse est ridicule au regard de celle échangée de gré à gré par les banques en devises.
Réponse de le 02/11/2014 à 20:07 :
A l'origine du flash crash du 6 mai, il y a un homme (ou une femme) qui a entre avec ses 10 petits doigts un seul ordre errone - un ordre de vente equivalent a plusieurs fois le volume total quotidien. Ce qui a surpris est que les automates aient si rapidement (et brutalement, c'est vrai) remis les choses en ordre.
a écrit le 01/11/2014 à 20:51 :
Pourquoi la finance serait-elle la seule industrie a ne pas s'automatiser? Les caisses enregistreuses sont remplacees par des bornes infrarouges qui lisent des codes barres plus rapidement, les chaines de montages automobiles sont robotisees pour acceler la cadence, idem pour les peages d'autoroutes.. Mais la bourse ne devrait etre faite que de transactions validees par des clics de souris d'humains? Heureusement que sur ces sujets la decision ne depend pas de l'avis non informes des lecteurs de la tribune.
Réponse de le 02/11/2014 à 9:41 :
Mais elle s'automatise. Bientôt il n'y aura plus besoin de traders, les quants suffiront...
Réponse de le 02/11/2014 à 20:04 :
Et c'est tres bien comme ca. Les hommes font plus d'erreurs que les machines.
a écrit le 01/11/2014 à 18:04 :
réguler non, interdire oui!
a écrit le 01/11/2014 à 17:51 :
Merci aux US de permettre, grâce à leur esprit pionier, l'expérimentation sur une période suffisamment longue du THF. L'instabilité n'est certainement pas dans l'intérêt de la finance. On découvre à postériori que la volatilité passée des marchés était organisée par les traders au bénefice des bonus des traders.Les hommes ne sont pas plus contrôlables que les programmes qu'ils écrivent.
a écrit le 01/11/2014 à 16:40 :
Vivement une taxe dissuasive sur le THF : les jeunes brillants qui sont attirés par ce miroir aux alouettes ne créent rien , n inventent rien . Ils se nourrissent sur la bête.
Réponse de le 01/11/2014 à 17:27 :
Et qu'avez-vous inventé monsieur le professeur?
Réponse de le 01/11/2014 à 23:25 :
On a éveillé l'intelligence de tes enfants, Michel.
Chacun son boulot, les inventeurs inventent, les professeurs leur donnent les bases pour innover.
Et vous, Michel, que faites-vous de votre vie ? Vous êtes rentier ?
Réponse de le 02/11/2014 à 3:18 :
@Fils de Profs

C'est qui le rentier entre celui qui trime dans une entreprise privée pour payer ses impôts et une armée de fonctionnaires pantouflant derrière un bureau sous un statut privilégié? Au fait mes enfants n'ont pas besoin de vos "lumières" pour s'éveiller, ils sont suffisamment dégourdi pour faire fonctionner leur cerveau. Accumuler le savoir n'est en aucun cas une preuve d'intelligence car dans le cas contraire je considérerai des ordinateurs bien plus malin que n'importe quel petit professeur de la corporation de l'éducation nationale.
Réponse de le 02/11/2014 à 17:13 :
Je vois que les préjugés sur les fonctionnaires ont mieux resistés à la crise que leur pouvoir d'achat...
a écrit le 01/11/2014 à 15:13 :
"des millions d'ordres de bourse en une microseconde" chaque ordre est lancé ou exécuté en une microseconde ?? Sinon, ça fait une horloge machine d'un multiple de 10^6*10^6 Hz 1000 GHz (un ordre fait plus qu'un cycle machine, il faut au moins le numéro du produit, l'ordre (achat/vente), la somme). Ou ce sont des ordres simultanés provenant d'un million de machines.
On comprend qu'une taxe sur les achats/vente à ces vitesses là, ça ne les emballe pas. Il faudrait réduire la fréquence des ordres.
a écrit le 01/11/2014 à 14:51 :
"En effet, les algorithmes peuvent détecter des anomalies de marché que les humains ne peuvent pas voir du fait de leur capacité cognitive et de calcul limitée." Certes, cela est vrai de tout calculateur, cependant les dits algorithmes sont créés par des humains et rien ne prouve qu'ils sont infaillibles. Par ailleurs la mathématisation de l'économie repose sur le postulat qu'elle est parfaitement modélisable indépendamment de tout autre aspect. La réalité se charge tous les jours de démontrer le contraire. Ne pas confondre le modèle et la réalité!!
Réponse de le 02/11/2014 à 9:44 :
L'économie n'est ni moins ni plus modélisable que la météorologie. Il vaut mieux un ordre calculé avec un bon algorithme plutôt qu'un clic validé par la soi-disant inspiration humaine du moment...
a écrit le 01/11/2014 à 12:52 :
Le plus pénalisant et générateur d'instabilité est l'annulation massive d'ordres. Le plus simple serait de taxer très faiblement l'annulation d'ordre. Après tout il y a un petit coût de traitement aussi sur l'annulation. Voilà une taxe qui serait utile sans impacter les petits porteurs.
Réponse de le 01/11/2014 à 14:44 :
Plutôt que de toujours taxer un business (pour engraisser des inutiles) pourquoi ne pas plutôt le réguler en limitant le fractionnement des ordres type "Iceberg"? La fréquence est un faux problème car dans la capitalisation d'un titre c'est le poids du capital investi qui importe. Il faudrait encourager les particuliers à retirer leurs économies des banques pour les placer directement dans des titres d'entreprises françaises ce qui aura pour effet de limiter les manipulations de cours et de réduire les bonus des mauvais spéculateurs (ceux qui se sentent obliger de compenser leur incompétence par de la tricherie).
Réponse de le 01/11/2014 à 23:29 :
Alors il y a des "bons spéculateurs" ? Qui sont les parasites inutiles ? Ceux qui vivent de la rentabilité du capital, ou ceux qui créent cette rentabilité par leur travail ?
Poser une question c'est déjà y répondre.
Réponse de le 02/11/2014 à 3:24 :
@Fils de Profs

Vous ne pouvez pas comprendre tant que vous n'avez pas créé un business car entreprendre c'est spéculer sur l'entreprise dont on est l'actionnaire majoritaire. Les parasites sont tous ceux qui taxent du pognon pour s'enrichir sur le dos des productifs au sein de commission Théodule.
a écrit le 01/11/2014 à 12:49 :
La finance est le reflet de ce que nous sommes. Ne nous trompons pas d'ennemi. La finance ne fait que mettre en œuvre nos désirs consuméristes. Depuis que le troc existe, le marché est une réalité, qu'on le veuille ou non son existence est tangible. Il ne peut être détruit, détruire le marché c'est nous détruire nous même. Détruire le marché n'a pas de sens, le marché est à la fois juste et immanent. Pour détruire le marché il faudrait détruire toute relation entre les hommes. Les places financières sont la matérialisation du marché, mais fermer les places financières ne détruit pas le marché, qui continuera à avoir une existence théorique et abstraite. Les places financières, en matérialisant le marché, donnent une opportunité aux hommes de le dompter, tout comme la science physique permet de dompter la matière. Le THF permet de donner le "prix juste" aux choses.

Qu'on ne se trompe pas de cible, le changement est à faire en nous mêmes, dans nos cœurs et dans nos têtes. La régulation ne doit pas porter sur les places financières en elles mêmes mais sur les actifs qu'elles traitent. Les choix que les hommes font dans leurs achats déterminent quelles classes d'actifs seront favorisées au détriment de quelles autres. Ce sont des choix au niveau individuel, qui favorise les arbitrages au niveau des politiques d'entreprise qui par ricochet se traduise par des baisses ou des hausses sur les marchés financiers. Les énergies renouvelables boivent la tasse à cause de la baisse du baril ? Rien de vous empêche de choisir un opérateur énergétique spécialisé dans le renouvelable. Rien ne vous empêche d'installer des panneaux solaires sur votre maison de campagne ou de rouler électrique. Votre nana est superficielle et porte du Hermes et du Gucci, rien ne vous empêche de la larguer pour une militante roots qui fait ses courses au marché bioéquitable du producteur local et porte des pigments naturels.

J'ai parlé.
Réponse de le 01/11/2014 à 13:26 :
Non, le THF ne donne pas le juste prix aux choses et c'est ça le problème. Au contraire , il amplifie les tendances boursières quitte à créer des bulles.
Par contre l'éclatement d'une bulle donne le juste prix aux choses avec pour conséquence des quantités d'argent qui ont été mal investie pour l'économie reelle.
a écrit le 01/11/2014 à 11:31 :
Interdiction pure et simple . Un algorithme à forcément l'avantage sur l'être humain par la rapidité de ses ordres. Par contre un algorithme n'a pas le pouvoir de déceler le potentiel d'une entreprise.
Le trading haute fréquence,pour résumer, c'est contraire à la règle du jeu et certainement nocif pour l'économie réelle.
Réponse de le 01/11/2014 à 14:31 :
Ce n'est pas contraire à la règle du jeu, c'est simplement un substitut à l'intelligence économique ou en d'autres termes, le THF est mis en place par des investisseurs stupides prêts à perdre leur capital sur une panne informatique (matérielle ou logicielle).
Réponse de le 02/11/2014 à 9:40 :
Pas stupides du tout, bien au contraire. En cas d'événement majeur type 11 septembre, les algorithmes de THF seront les premiers informés, grâces aux informations digitalisees fournies par Bloomberg, Reuters, etc... permettant une liquidation des positions en quelques millisecondes. Les banques et Hedge Funds sont ainsi protégées par rapport a tous les autres investisseurs qui perdront plus de temps pour réagir, à un niveau de marche bien plus bas...
a écrit le 01/11/2014 à 11:02 :
Il ne faut pas le réguler, il faut l'INTERDIRE, ce n'est qu'un pur produit de spéculation qui n'apporte rien à l'économie réelle. Il enrichit les riches et asservit les pauvres.
Réponse de le 01/11/2014 à 14:33 :
Pourquoi interdire un business qui offre du travail à des informaticiens sans rien apporter à leurs clients? Au contraire c'est à encourager!
Réponse de le 01/11/2014 à 23:33 :
Affamer le Tiers-Monde en spéculant sur les denrées alimentaires il y a mieux à faire pour des informaticiens de talent.
Mais effectivement c'est légal, à défaut d'être moral. Le fric über alles.
Réponse de le 02/11/2014 à 4:08 :
@Fils de Profs

Pantoufler derrière un bureau de professeur il y a mieux à faire pour une autoproclamée "élite" de la nation. A défaut d'être utile pour le pays, cela permet de limiter le nombre de candidats au pôle sans emploi.
Réponse de le 02/11/2014 à 9:56 :
Pour le pôle emploi du THF, consulter la liste des jobs sur www.automatedtrader.net
a écrit le 01/11/2014 à 10:05 :
Non surtout pas, il ne faut pas réguler le trading à haute fréquence, cela serai gommer les imperfections visibles, alors que ce système n'est que virtuel et doit disparaître dans le chaos qu'elle construit!
Réponse de le 01/11/2014 à 23:35 :
Faites confiance aux informaticiens, ils sont au moins aussi bons que les économistes pour se tromper :D
Réponse de le 02/11/2014 à 10:03 :
@Pacifiste Lucide: c'est le commentaire le plus juste de la série.

Pour tuer le truc sans en avoir l'air, il suffirait peut-être d'imposer une durée minimum de "propriété": Qiand vous achetez, vous êtes propriétaire pour 1/2/3h minimum. J'ai un peu de mal à voir comment ça peut freiner la fluidité des investisseurs légitimes.

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