Le français est une force commerciale et industrielle

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Contrairement à une idée reçue, la pratique de la langue française est utile au développement industriel et commercial, car elle évite une standardisation absolue des modes de pensée. Par Jérôme Bodin, analyste, Natixis

Plusieurs rapports récents ont mis en avant la francophonie comme un levier important de croissance économique. Nous déplorons toutefois une approche encore trop institutionnelle de la francophonie. Si l'Etat français a un rôle important à jouer via ses nombreux satellites publics, il n'est plus l'unique outil de la promotion du français. L'essentiel du potentiel de rebond se situe dans les groupes privés. C'est précisément ici, qu'à l'heure actuelle, se perd la bataille linguistique. Non pas que les entreprises et leurs salariés ne soient pas attachés au français, mais ils ne sont ni encadrés ni encouragés à promouvoir leur langue et donc leur spécificité. Petit à petit, l'utilisation du français recule dans le monde des affaires. Il convient enfin de reconnaître à l'entreprise privée un rôle central dans la francophonie.

Le Français, une force commerciale

Car contrairement à une idée reçue, le français est une force commerciale et industrielle. Dans la mondialisation, l'uniformisation des modes de pensée (et donc des pratiques linguistiques) est une faiblesse. Promouvoir l'utilisation du français dans l'entreprise, c'est faciliter les échanges entre francophones, mais c'est aussi et surtout permettre de penser et produire en français. Et donc de proposer au monde un bien ou un service construit différemment. Les francophones doivent enfin prendre conscience que leur langue est un facteur de production rare, par nature recherché dans notre monde ouvert.

L'anglais restera pour longtemps la langue véhiculaire du commerce, son utilisation est donc nécessaire et surtout utile. Mais le français doit enfin être perçu comme une autre langue pivot des affaires. A défaut d'autres langues et modes de pensée s'imposeront, avec pour conséquence une perte irrémédiable de compétitivité des entreprises francophones mais aussi des locuteurs francophones sur un marché du travail de plus en plus mondialisé.

 Des mesures simples pour promouvoir le français

 Nous proposons ainsi que l'État français initie une charte par laquelle les entreprises francophones signataires s'engageraient à promouvoir le français en échange éventuellement d'aménagements fiscaux. Ces engagements pourraient être simples et peu coûteux, comme celui d'utiliser systématiquement le français dans les présentations internes, de former les cadres étrangers au français ou encore de libérer une heure de temps de travail à chaque salarié francophone pour former ses collègues non francophones. Ces mesures permettraient de donner une nouvelle impulsion concrète, moderne et efficace à la francophonie mais aussi de renforcer la culture d'entreprise de ces groupes. Elles constituent autant d'atouts pour les groupes privés français et francophones d'accélérer leur ouverture au monde et de s'inscrire beaucoup plus solidement qu'ils ne l'ont pour le moment fait dans la mondialisation. La francophonie s'imposera alors définitivement pour ce qu'elle est : une ouverture vers le monde et non un repli sur soi.

Jérôme Bodin

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a écrit le 21/12/2014 à 12:35 :
Pas facile de défendre la langue française en France, pourquoi ? Pourquoi les Français sont-ils les Francophones à croire le moins à la Francophonie, et, ce faisant, à la langue française sur le plan international ? Pourquoi, alors qu'il y a aujourd'hui sur les murs de Paris plus de mots anglais qu'il n'y avait de mots allemands sous l'occupation nazie, pourquoi n'ont-ils pas l'impression de se faire coloniser par le monde anglo-américain ?
Bien sûr, les Accords Blum-Byrnes et Cie sont passés par là et, depuis, la guerre douce que nous livre le monde anglo-américain pour nous assimiler à sa culture et à sa pensée, n'a cessé de s'amplifier, mais est-ce une raison pour ne pas réagir ? Moi, j'essaie de défendre ma langue, le français, et je me retrouve, souvent, hélas, en milieu hostile. Pourtant, quoi de plus naturel que de vouloir défendre sa langue, et dans son propre pays, qui plus est !
Parfois, devant les réactions franchement anti-langue française de mes interlocuteurs français, j'ai l'impression que si Jean Moulin revenait aujourd'hui, avec ses idées de vouloir résister à l'Occupant, il serait traité pareillement, c'est-à-dire avec le même mépris, comme un vieux ringard dépassé.
Que dire alors, si ce n'est qu'il est grand temps que la Résistance s'organise, afin que ceux qui collaborent aujourd'hui en toute impunité à notre disparition linguistique, sachent qu'arrivera le jour de la Libération et qu'ils auront, forcément, des comptes à rendre.
a écrit le 27/11/2014 à 10:47 :
Selon les rapports de l'ONU, il y aura 800 millions de francophones en 2050.
Réponse de le 27/11/2014 à 13:03 :
merci qui ? merci à nos colonies africaines
a écrit le 27/11/2014 à 10:45 :
Personnellement, j'évite de parler anglais chaque fois que je peux, surtout en dehors de mon travail. Généralement, on arrive à se comprendre, cela suppose aussi que les Français connaissent les rudiments d'autres langues.
a écrit le 27/11/2014 à 10:41 :
L'avenir de la France se situe plus que jamais dans l'espace francophone. L'Europe avec sa politique malthusienne menée par l'Allemagne court à sa perte.
a écrit le 26/11/2014 à 22:47 :
Je vis depuis plus de dix ans à l’étranger et je suis très surpris par le nombre de personnes qui parlent le français parfois bien mieux que moi et par l’intérêt qui suscite encore ce pays. Nous devons y réfléchir.

Je souscris totalement avec l'auteur sur l’intérêt de produire en Français (ou dans une autre langue) lorsque le reste du monde produit en Anglais. Il est frappant de voir l'uniformisation de la pensée qu'apporte la pratique de l’Anglais dans l'entreprise (méthodes et visions identiques même dans des pays différents). Cela ne signifie pas bien entendu qu'il n'est pas important de maîtriser l'Anglais car le client parle au moins cette langue.

On peut donner comme exemple le travail qui a été fait autour de l’exception culturelle et du cinéma. Le cinéma Français s'exporte (350 millions d'euros de recette) et existe, même très modestement a coté du cinéma américain, pour un pays de taille moyenne c'est remarquable.

Par contre je ne crois pas aux aménagement fiscaux. Les pouvoirs publics doivent principalement continuer à défendre et promouvoir le Français et la culture Française mais aussi travailler sur la marque France qui a un vrai potentiel.

Enfin c'est une erreur d'opposer les langues les unes aux autres. Des artistes comme Salif Keita, Rokia Traoré, Alain Mabanckou et bien d'autres nous montrent qu'il est parfaitement possible de vivre dans plusieurs espaces culturels.
Réponse de le 26/11/2014 à 23:17 :
J'ai oublié de remercier Hollande et son scooter. Pour la marque France cette affaire a été du pain béni.
a écrit le 26/11/2014 à 19:29 :
"aménagements fiscaux"... Pas possible de lire ça... Il suffirait juste que les gosses puissent APPRENDRE le français à l'école. MAIS cette volonté de détruire la langue par infestation d'anglo-saxon n'est pas innocente.
Réponse de le 27/11/2014 à 8:41 :
Oui, allégements fiscaux... Finalement, pour un patron, n'importe quel prétexte est bon pour éviter de payer des impôts !
Leur créativité pour échapper à l'impôt n'a d'égale que celle des politiciens pour trouver des boucs émissaires.
a écrit le 26/11/2014 à 18:42 :
On a envie de rire devant une telle idiotie ! La loi Sarkjo qui prévoit que les brevets n'ont plus besoin d'être traduits et la loi Hollande prévoyant les cours en anglais dans les universités font que dans 50 ans au plus, le français sera une langue morte :-) Les langues d'avenir sont l'anglais, le chinois, l'espagnol, le russe et l'arabe :-)
Réponse de le 27/11/2014 à 11:24 :
Mais oui Patrickb, le français mort et enterré, le russe et l'espagnol encensée et adulée partout dans le monde. Allez, retourner faire dodo !
Réponse de le 27/11/2014 à 11:56 :
@frp: c'est plutôt à toi de te réveiller. L'espagnol, c'est, entre autres, tout le continent sud-américain et on dit que la seconde langue (bientôt la première) des US, c'est l'espagnol. Le russe est aussi un quasi continent et probablement la seule ouverture économique de l'Europe, mais surtout de la Chine dont beaucoup de ressortissants apprennent déjà la langue. Même dans les réunions de dirigeants des entreprises grandes et moyennes en France, on parle anglais (de cuisine, mais tout de même). Au pays des bisounours, il faut arrêter de croire qu'on est les plus beaux, Pour rappel, d'autres grands empires, dont la Grèce et Rome, ont disparu corps et âme avec leur langue :-)
Réponse de le 27/11/2014 à 12:41 :
Vous nous donnez des exemples assez futiles... Dans la plus part des pays, la langue de prédilection des affaires est l'anglais. Qu'on soit en Amérique du sud, en Chine, en Europe... Le continent russe la seule ouverture économique de l'Europe ? Si vous voulez un exemple, prenez les chiffres économiques entre les partenaires européens et russes pour comprendre que ce n'est pas vraiment le cas... (merci le gaz). Et l'espagnol quasiment tout le continent sud américain?...c'est omettre l'étendue de la langue portugaise qui comportent autant voire plus de locuteurs dans le continent sud américain... Et je ne suis pas du tout français nombriliste, bien au contraire ! mais c'est un peu l'argument fourre-tout moyen balancé a tout va... NB: vous nous parlez pas des ressortissants Chinois qui apprennent le français ! et...l'anglais... à côté du russe, ça fait pâle figure.
Réponse de le 27/11/2014 à 13:28 :
@frp: tourner autour du pot pour finalement citer l'anglais parmi les langues que j'ai déjà citées, tu fais fort dans ta démonstration que j'ai raison :-) Quant aux autres langues, dont le portugais, ce ne sont pas des langues diplomatico-commerciales, pas plus que l'hindi d'ailleurs. Faut voyager un peu mon gars avant de causer :-) et combien de Chinois apprennent le français chez nous, alors que les grandes unviversités russes sont bourrées de Chinois (je sais pour avoir vérifé moi-même et pas en lisant ta presse de couloir). La géopolitique change et je maintiens que la France ne sera plus rien d'ici 50 ans au maximum sur la scène internationale. Bon, si cela peut te rassurer, j'ai une copine qui apprend le celte...donc jamais rien n'est perdu en matière d'intérêts personnels :-)
Réponse de le 27/11/2014 à 13:58 :
Hélas, c'est bien possible.
Au demeurant, les français et maintenant l'Etat lui-même n'ont aucun désir collectif de défendre leur langue. Mai-juin 40, Dien Bien Phu, Evian, puis Mai 68 sont passé par là. Requiem pour le français...
Réponse de le 27/11/2014 à 14:06 :
On ne sera pas -entièrement- d'accord mais pas besoin d'être méprisant pour autant. Vous n'avez pas du apprendre ça durant vos voyages... Et d'ailleurs on ne se connait pas donc les "lire ta presse de couloir" "moi je voyage je vois tout et sait tout"... Rien de plus subjectif l'argument de "j'ai moi même vérifié l'université russe bourrée de Chinois... Je n'invente rien et j'imagine oui que de plus en plus de Chinois étudient en Russie... (comme partout ailleurs et ça change tout). Langue d'avenir l'anglais oui c'est une évidence. Le français aura un rôle a jouer au même titre que le russe... D'ailleurs c'est surprenant de vous voir évincer une langue qui n'aura de cesse d'avoir davantage de locuteurs à l'inverse du russe, qui lui périclite par exemple. La géopolitique évolue oui et je vous rappel que la France n'est déjà pas grand chose (mais vous devez déjà le savoir!) sur la scène internationale alors vos prévisions d'ici 50 ans sont plus ou moins connues... Et ravi pour votre copine.
Réponse de le 27/11/2014 à 16:28 :
@frp: je suis diplomé en russe de l'Université de Voronej et je sais donc de quoi je parle pour l'afflux de Chinois. En fait, mes profs avec qui j'ai gardé des contacts me disent que maintenant, ce sont les Africains et les Irakiens que l'on voit beaucoup :-) Et l'anglais est la langue incontournable actuellement, mais elle sera détrônée aussi. Le monde change. avec ou sans toi, et que tu sois d'accord ou pas. Le mieux, c'est de constater les réalités plutôt que de croire qu'on a le plus beau nombril du monde :-)
Réponse de le 28/11/2014 à 18:07 :
On a le plus beau nombril du monde ! nous sommes les meilleurs ! et les plus forts !
Je ne crois pas avoir dit ça, mais c'est pas grave. Le monde changera avec et sans moi. Comme vous, nous... Bref, inutile d'épiloguer, bonne continuation. (et soyez un peu plus humble, vous n'êtes pas le seul à voir le monde changer !).
a écrit le 26/11/2014 à 17:40 :
Tout ça est bien naïf.

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