Objets connectés : le miroir aux alouettes ?

D'aucuns prédisent déjà aux objets connectés un avenir radieux. Encore reste-t-il quelques freins à lever... Par Luc Legardeur, Président fondateur de Xebia.
(Crédits : Reuters)

Selon une étude de 2013 de Morgan Stanley, il y aura, en 2020, 75 milliards d'objets connectés dans le monde.

Les facilitateurs de cet engouement sont multiples et nous permettent d'envisager pour demain un monde où tout un chacun sera entouré, contraint ou volontaire, par une multitude d'objets collectant de la donnée.

Les technologies sont prêtes

La maturité des technologies et la chute du prix des composants (capteurs, micro contrôleurs), de la bande passante et du coût des traitements  (avec Big Data notamment) permettent d'élaborer des business model à des coûts raisonnables.

Les ressorts sociétaux ont évolué

L'omniprésence des smartphones, que l'on peut considérer comme la première génération de ces objets connectés et les applications qu'ils embarquent ont fait rentrer dans les mœurs la cohabitation entre l'être humain et les objets intelligents.

Les champs d'application sont (peut être) porteurs de valeur

La chaine de valeur de IoT commence par les wearables (santé, bien être), prend place dans l'espace privé de la maison et la voiture pour bientôt finir, de manière plus macro dans la ville. Tous les secteurs économiques seront, à plus ou moins long terme, touchés par cette lame de fond : industrie, santé, public et transport. Les domaines d'applications permettront à chacun de nous de contrôler sa santé, améliorer son confort de vie, réduire sa facture énergétique, accroître sa sécurité,  gagner en productivité, etc.

Si prometteurs soient ils, les objets connectés perdureront seulement si certains freins sont levés.

L'adoption dans la vie privée

Selon Havas Media, plus de 80% des internautes de moins de 50 ans ont entendu parler des objets intelligents mais la moitié ne pourrait en donner une définition exacte.

D'autre part, une grande partie des utilisateurs ont une peur justifiée de la collecte des données et de l'utilisation qui pourrait en être faite. La préservation de la vie privée et la sécurité sont donc des enjeux fondamentaux. Le législateur en France notamment, sera peut être un frein à certains développements.

La simplicité d'usage et l'utilité

L'un des grands enjeux de objets connectés réside dans la facilité qu'auront les clients à les utiliser. En effet, ces objets doivent s'insérer dans le quotidien sans y être intrusifs, présents tout en se faisant oublier, activables à tout instant sans effort de compréhension. De surcroît, au delà de l'engouement qu'ils suscitent, ils devront démontrer qu'ils apportent une réelle valeur ajoutée au risque, sinon, d'être relégués au rang de gadgets.

La collecte et traitement de la donnée

Ces objets vont indéniablement générer un volume très important de données. Leur utilité et la véracité de leur business model sont à chercher du coté du back office.

En effet, il faudra que les marques s'appuient sur des spécialistes du Big Data et des logiciels afférents pour exploiter et traiter les informations collectées.

Les business models

L'eldorado des objets connectés risque de décevoir plus d'un acteur. Comme indiqué précédemment, il y a fort à parier que nombre d'entre eux seront relégués au rang de gadgets à la durée de vie éphémère. Nous constatons en France comme Outre Atlantique que d'importantes levées de fonds se sont faites grâce au Buzz de l'IoT. Combien de ces startups financées auront trouvé, d'ici quelques années, un modèle économique viable ?

La multiplicité des objets et l'hégémonie des Smartphones

Nous constatons à l'heure actuelle qu'il y a autant d'objets connectés qu'il y a d'usages. Cela implique une éclosion de micro-marchés qui restent relativement étanches. Ainsi le marché du Quantified Self se segmente en familles d'usages : la santé, le sport, la consommation énergétique, etc. Les seuls éléments fédérateurs de ces devices d'un genre nouveau sont les smartphones qui deviennent quasiment un passage obligé pour un usage d'une grande partie des objets connectés.

Face à l'incroyable essor de ce nouveau marché, les marques ont besoin d'être accompagnées, tant sur la conception et le design du produit, l'élaboration du business model et du POC que sur le développement des applications métier appuyé par les dernières technologies telles que big data et le cloud.

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Commentaire 1
à écrit le 11/12/2014 à 20:22
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Magnifique publi-reportage. Vous m'en mettrez 6 caisses juste pour la dégustation. Sauf votre respect, et même sans, le net n'a pas eu besoin du cloud et du big data pour se développer. Au contraire, ces pratiques DESSERVENT largement la "confiance"...

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