Ce que devrait être l'entreprise numérique

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(Crédits : DR)
La transformation numérique concerne tous les secteurs. Voilà ce qu'elle implique. Par Bassem Asseh, Directeur France d'Alfresco

Pour tous ceux qui ont suivi des cours de management dans les années 90, la chaîne de valeur d'une entreprise ressemble peu ou prou au schéma linéaire ci-dessous :

entreprise

Une rupture da la chaîne de valeur traditionnelle

La planification stratégique des entreprises partait de cette hypothèse de linéarité. Or les changements en cours depuis une décennie (transformation numérique, BYOD, interopérabilité, etc.) altèrent fortement la linéarité de cette chaîne et installent une forte instabilité dans l'exécution des stratégies. Les chaînes de valeurs traditionnelles sont désormais rendues caduques.

 La transformation numérique

Les facteurs de ces changements sont intimement liés aux processus et à la prise en compte de l'information dans les organisations. Ces processus et informations sont désormais systématiquement englobés dans des logiciels interopérables. C'est ainsi que se vérifie la fameuse phrase de Marc Andreesen : "Le logiciel mange le monde" (WSJ, Août 2011).

Le logiciel est de plus en plus présent dans la chaîne de valeur. Il en est l'élément le plus concret que ce soit dans la relation avec les fournisseurs (bon de livraisons, bon de commande, etc.) ou dans la relation avec les clients (factures, commandes, description des services et produits, etc.) sans parler de toutes les étapes intermédiaires internes à une même entreprise. Le logiciel tend même à s'hybrider avec le matériel jusqu'à rendre ce dernier connecté. Ainsi progressivement, le logiciel modifie radicalement la chaîne de valeur.

Caractéristiques de l'entreprise numérique

Pour répondre à la disruption de la chaîne de valeur, de nouveaux modèles économiques et de nouveaux modèles organisationnels deviennent nécessaires. Ils doivent prendre en compte les processus et les flux d'information radicalement modifiés par les nouveaux moyens technologiques qu'offrent les logiciels, de plus en plus puissants et interopérables pour ne pas dire ouverts. Ces nouveaux modèles doivent intégrer bien plus que précédemment les personnes, les règles métiers et les objets (appareils) ainsi que les évolutions de ces trois facteurs qui constituent les entreprises modernes.

Les clients et partenaires font désormais partie de la chaîne de valeur : l'entreprise n'est pas seule. Elle vit dans un écosystème auquel elle est de plus en plus reliée grâce à l'interopérabilité des logiciels qui permettent une intégration bien plus fine et donc bien plus créatrice de valeur.

Tous les secteurs sont concernés

Ces changements impactent tous les secteurs d'activité. Il n'y a presque plus de secteur sans que le logiciel en soit partie prenante, si ce n'est son épine dorsale permettant au reste du métier de se mouvoir.

Un exemple qui a fait ses preuves suffirait : Amazon vend potentiellement tout ce qui peut se vendre sans aucun point de vente physique. Le logiciel permet les opérations de logistique, de promotion, de passation de commande, etc. Mais ce n'est pas tout, les produits eux-mêmes deviennent des logiciels : livres numériques, morceaux de musiques MP3, etc. Avec Amazon Web Services, Amazon va un cran plus loin en rendant sa propre infrastructure matérielle et logicielle disponible sous forme d'infrastructure cloud en mode locatif. On est donc face à une sorte de "mise en abyme" : Amazon ouvre sur l'extérieur ce qui était au cœur même de sa chaîne de valeur !

 Prenons un deuxième exemple qui peut être intéressant pour montrer à quel point le logiciel modifie radicalement des secteurs pourtant en théorie très éloignés de ses préoccupations technologiques. Lorsque les voitures de tourisme avec chauffeurs (VTC) se développent au travers du logiciel cela incite les sociétés traditionnelles de taxi à s'y mettre également. Uber n'est rien d'autre qu'une société de logiciel, mais son logiciel est suffisamment ouvert pour permettre de s'appuyer sur des personnes (chauffeurs) et des objets (voitures et téléphones) qui a priori sont en dehors de sa propre chaîne de valeur. Ainsi le processus, l'information, les personnes et les objets permettent de créer une nouvelle chaîne de valeur inimaginable sans le logiciel.

D'innombrables autres exemples existent.

 La nouvelle chaîne de valeur

Mc Kinsey qui, dans son étude de juin 2014 sur les tendances du numérique, identifie auprès des plus grandes entreprises mondiales les priorités suivantes :

Mc Kinsey chaîne de valeur

Les décideurs d'entreprise en sont conscients : c'est le client et ce qu'on lui vend qui sont au cœur de la nouvelle chaîne de valeur.

Cette dernière est ainsi constituée : l'entreprise avec ses partenaires d'une part et le client d'autre part. Entre les deux un certain nombre de données - portées par des processus et apportées par le client - permettent de créer des services et des produits générant à leur tour des données pour améliorer ces produits et services.

 Au-dela des quatre murs : l'entreprise étendue

L'entreprise ne peut donc plus autant limiter les accès à ses systèmes. Les salariés mobiles, ceux travaillant sur leurs propres terminaux (BYOD), parfois même les clients comme l'écosystème de partenaires, fournisseurs, sous-traitants doivent pouvoir se connecter aux systèmes de l'entreprise, sans en rompre la sécurité, pour y déposer des données et ainsi enrichir sa chaîne de valeur. Le cloud hybride peut être une solution à cette quasi-quadrature du cercle alliant ouverture et sécurité.

entreprise étendue

Le logiciel donne les moyens de mettre en place les processus reliant l'entreprise à son écosystème et les outils de collaboration manipulant les contenus, quel que soit le domaine d'application de ces processus, de cette collaboration et de ces contenus.

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