ALERTE... le moral des chefs d'entreprise flanche

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui: alerte sur la croissance, le moral des chefs d'entreprise flanche

Cela commence à faire beaucoup, beaucoup trop pour les chefs d'entreprise. Il y a d'abord la détérioration du climat social. Commencées le 9 mars, les manifestations contre la loi El Khomri se sont poursuivies en avril pour prendre de l'ampleur en mai avec, en sus, le blocage des raffineries et des dépôts de pétrole. Des manifestations qui ont couru tout le mois de juin pour se terminer le 5 juillet.

Quand on fait le compte, c'est 4 mois de grève perlée, et ce n'est peut-être pas fini, les syndicats ont d'ores ayant déjà promis un second round à la rentrée de septembre. Pas étonnant donc que le moral des chefs d'entreprise ait du mal à tenir le choc. D'autant que les pertes d'activité sont déjà bel et bien là inscrites dans les comptes.

C'est une évidence : dans l'industrie où les chaînes de production ont été très perturbées, avec à la clé une chute sévère de l'activité en juin selon les industriels. Idem dans les services (principalement les services aux entreprises) qui souffrent en plus de pressions folles sur leurs prix : il faut au moins en fournir plus aux clients pour maintenir les tarifs, ou casser les prix à prestation égale. Ce n'est pas mieux dans le commerce, touché de plein fouet en plus par une météo calamiteuse, et sans espoir de rattrapage. Le coup est rude et la fin du deuxième trimestre est plombée.

Et soudain, le 24 juin... le Brexit

Pour beaucoup d'analystes, l'effet sera limité aux simples impacts sur les exportations françaises vers le Royaume-Uni et les flux d'investissements directs réalisés par les Britanniques en France. C'est prendre le problème par le petit bout de la lorgnette. Avec le Brexit, c'est le saut dans l'inconnu, une plongée dans le brouillard. Pour un automobiliste, le réflexe salvateur consiste à lever le pied en attendant que l'horizon se dégage à nouveau. Pour un chef l'entreprise cela revient à différer les embauches, à geler les investissements, à mettre en veille les projets, bref à jouer la carte de la prudence.

Et la mécanique est infernale : ce sont des comportements auto-réalisateurs et c'est bien là le principal danger. D'autant qu'il ne faut pas limiter l'analyse au patronat français, mais l'étendre à l'Europe tout entière. Autre effet collatéral du Brexit, la chute des bourses, notamment de la place parisienne qui a cédé près de 10% de sa valeur en quelques jours seulement. En d'autres termes, pour les détenteurs d'un portefeuille d'actions, principalement les chefs d'entreprise, les managers, la pilule est amère d'autant que les craintes d'un grand craquement sont réapparues. Ce qui participe bien entendu à la morosité ambiante et à la chute du moral. Enfin, dernière couche : la prochaine élection présidentielle en mai 2017.

On le sait, la période pré-électorale rend les entreprises frileuses. Surtout que l'issue du scrutin est très incertaine et qu'une redistribution totale des cartes est probable. Climat social + Déflation + Brexit + Krach boursier + Elections à haut risque, la coupe est pleine pour les chefs d'entreprise et le risque pour la France est bien celui d'une chute brutale de la croissance à partir du 3e trimestre.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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