Chute du rouble : l'impact sur le tourisme en France

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(Crédits : DR)
Avec la crise, les touristes russes ont-ils déserté la France? Ils sont de fait moins nombreux, mais les plus aisés continuent de venir , à Paris notamment. Par Philippe Gélis, Kantox

La France, tout comme d'autres destinations touristiques du Sud de l'Europe, devra compter sans les touristes russes cette année. En raison de la chute du rouble, les destinations du Sud de l'Europe sont désormais un luxe pour la majorité des Russes. Seuls seront au rendez-vous ceux qui ont un plus grand pouvoir d'achat.

Le nombre de touristes russes a chuté de 39% en France durant les six premiers mois de l'année. À Paris, le tourisme russe a diminué d'environ 30% l'hiver dernier par rapport à la même période de l'année précédente. Cela représente environ 185 millions d'euros de bénéfices en moins.

Les classes moyennes russes ne sortent plus du pays

Après la crise de 2008, le tourisme intérieur ainsi que celui en provenance d'autres pays de l'Union Européenne avaient considérablement diminué, mais par chance ce vide avait été rapidement comblé. La Russie était alors un pays en forte croissance économique, dotée d'une monnaie solide, et d'un pouvoir d'acquisition enviable. Le touriste russe était le plus dépensier, et de beaucoup.

L'an dernier, la crise de Crimée et la chute des cours du pétrole ont provoqué une chute de plus de 50% de la valeur du rouble, ce qui a forcé les classes moyennes russes à se limiter aux destinations intérieures. Résultat, depuis 2014, les « locomotives » françaises - le luxe et l'hôtellerie - en ressentent les effets :

o Dans le luxe, les dépenses des touristes russes ont baissé de 51,2% en janvier (après une première baisse de 44%). Au final, les ventes des groupes de luxe en Europe n'ont baissé que de 1,5% du fait de la hausse des dépenses des touristes chinois ;

o Dans l'hôtellerie, dès l'été 2014, la baisse des touristes russes en Europe était déjà de 30% - dont 20% sur la côte d'azur - et , cet hiver, la baisse dans les Alpes fut de 10%. Il faut dire que la location d'un chalet à 1000 euros est passé de 45000 à 80000 roubles en quelques mois...

Moins de touristes, mais plus riches

Les Russes viennent toujours. Ils sont moins nombreux, mais ils dépensent plus. Cela signifie-t-il la fin du tourisme russe ? Non. Bien que leurs visites aient diminué d'entre 30 et 50%, le fait est que ceux qui continuent à venir ont un plus grand pouvoir d'achat et, par conséquent, sont ceux qui génèrent le plus de chiffre d'affaire. Ils constituent toujours un public de grand intérêt, mais il est plus compliqué d'y accéder avec un rouble faible et une situation volatile.

Cette incertitude se traduit par plus de difficultés pour les entreprises de la zone euro qui facturent leurs services en roubles, comme par exemple les agences de voyages ou les chaînes hôtelières. Dès la fin 2014, 9 voyagistes russes avaient faits faillite du faite de la chute du rouble. Néanmoins, il existe en Russie un public dont l'accès mérite la peine de s'y intéresser. La clé pour le faire est d'utiliser les outils adéquats pour se protéger des fluctuations des taux de change.

Limiter les pertes

Il est impossible de prédire l'avenir, mais l'on peut prendre certaines mesures pour limiter ses pertes :

1- La gestion du risque peut se traduire par une amélioration des marges. Lorsque l'on travaille avec des devises, il est indispensable de se protéger des fluctuations soudaines des taux de change. Il existe des mécanismes pour assurer un taux de change avantageux pour une période pouvant aller jusqu'à 12 mois, afin d'éviter qu'une fluctuation soudaine à la baisse fasse disparaître votre marge.

2- L'indépendance rend plus fort. Le fonctionnement du secteur touristique a beaucoup évolué, mais la technologie également. Des systèmes sont en place aujourd'hui qui fournissent des outils avec lesquels se défendre.

3- Se diversifier est essentiel. De manière logique, plus notre public est grand, plus le risque de souffrir de graves conséquences suite aux changements d'un marché spécifique diminue.

Le tourisme a beaucoup changé ces dernières années, il est aujourd'hui plus global, mais également plus sensible. En même temps, la technologie a évolué pour fournir des mécanismes nous aidant à nous protéger, voire à nous adapter, à ces changements. Connaître ces outils peut se révéler être un avantage commercial décisif.

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Commentaires
a écrit le 07/10/2015 à 9:41 :
Les Russes ont toujours aimé a France, mais à situation particulière, mesures particulières. Je pense que les Russes, par mesure de solidarité et pour répondre à l'agression permanente de nos socialistes envers la Russie, ne devraient plus mettre les pieds en France tant que Hollande et ses comparses seront là !!!
Réponse de le 07/10/2015 à 11:14 :
Pas sûr que vous ayez tout compris... La "France" ne veut aucun mal à la Russie. Elle (avec d'autres) prend juste quelques mesures pour faire comprendre à la mafia au pouvoir (dirigée par la plus grand voleur au monde) que les méthodes "à la Adolf", ça suffit. Les russes "normaux" sont les bienvenus.
Réponse de le 07/10/2015 à 12:15 :
Une bonne partie des Russes restent au pays maintenant et notamment en Crimée ! Car les criméens sont bien content d'être rattachées à la Russie et d'avoir de l'argent qui arrive à travers le tourisme.
J'y suis allé pour le voir de mes propres yeux. Les destinations touristiques intérieures en Crimée sont très intéressantes !
(Il y a encore l'aspect écologie a bien améliorer par contre :s)

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