Donald Trump peut être un bon Président des Etats Unis

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Notamment parce qu'il pourrait dérèglementer l'économie au profit de la croissance, Donald Trump pourrait être un président moins catastrophique qu'on ne le dit. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l'ESSEC

L'élection de l'homme d'affaires Donald Trump à la plus haute fonction des Etats-Unis apparait comme une énorme surprise pour la majorité des français ayant suivi la campagne électorale à travers les informations véhiculées par la presse écrite ou la télévision. Pendant les deux mois de campagne, les élites françaises n'ont pas cessé de nous transmettre leur attachement à la candidate démocrate, à leurs yeux plus proches des valeurs progressistes qu'ils affirment être les leurs. De plus, il s'agissait de la première femme présidente des USA, donc les a priori positifs trouvaient une amplification dans cette singularité distinctive. Pour les medias qui adorent les singularités permettant de mieux vendre une information moralisante et mobilisatrice, c'était du pain béni.

Le vrai candidat atypique, Donald Trump

Et pourtant, le vrai candidat atypique était Donald Trump. C'est un événement d'exception de voir arriver à la fonction présidentielle un candidat qui n'est ni le produit d'un parti, ni un politicien de métier. Tout au contraire, Hillary Clinton est une politicienne professionnelle, lancée sur la scène politique par Bill Clinton, son mari, qui l'avait chargée en 1993 d'une reforme importante de son premier mandat, puis sénatrice de New York, puis Ministre des Affaires Etrangères pendant le premier mandat de Barak Obama. Donald Trump a gagné sans le soutien des ténors du parti républicain dont il avait obtenu l'investiture populaire, et ceci malgré l'hostilité ouverte de certains d'entre eux comme Mitt Romney ou John McCain. C'est cette réelle singularité de Donald Trump qui rend son succès encore plus remarquable, dans un pays comme les USA où on voit se maintenir des dynasties politiques (Kennedy, Bush, Clinton). L'élection de Donald Trump prouve que la démocratie américaine est capable de se renouveler et de faire monter à la fonction de président une personne qui n'appartient pas à la caste des politiciens.

Trump est riche, mais les Clinton aussi...

Donald Trump a une autre caractéristique qui le rend désagréable pour les élites françaises, c'est un homme d'affaires et un milliardaire. L'élite française nous dit que les riches ne peuvent être qu'égoïstes, rapaces, autocentrés et leur richesse provenir de l'exploitation des travailleurs. Les richesses admises sont celles des artistes, des sportifs et les salaires élevés tolérés sont ceux des politiciens professionnels. Ainsi, la famille Clinton peut avoir un train de vie très confortable, et des revenus très importants, issus du capital politique du couple et fructifiés pas la Fondation Clinton, sans que cela ne pose le moindre problème à quiconque. Comme relève le très sérieux quotidien The Economist, l'ancien président Clinton n'a pas cessé d'enchainer des discours, contre des rémunérations allant jusqu'à 500 000 $, ce qui ne semble choquer personne. Aux USA cependant, il n'y a pas de stigmatisation des hommes d'affaires, les électeurs n'étant pas contaminés par les restes de l'idéologie collectiviste. Au contraire, ils voient plutôt dans une personne riche le signe du succès et le signal que la personne a bien les compétences qui lui permettront de faire croître l'ensemble de l'économie.

Un homme d'affaires président? Impossible en France

En France, il est impensable que nos élites acceptent qu'un homme d'affaires puisse faire de la politique à un haut niveau national. A leurs yeux, créer une entreprise dont l'objectif est de faire du profit disqualifie à vie. Peu importe combien d'emplois cet investissement a crée, combien de biens sont produits et quelle sera la compétitivité des firmes. Investir pour gagner de l'argent en exploitant des travailleurs et en les licenciant c'est mal. Il est donc peu recommandable de donner le pouvoir politique à une personne compromise par la création de richesses. Bien évidement, cette attitude n'est pas sans conséquence. A toujours préférer les politiciens qui ne se sont pas « compromis » avec l'entreprise, on fini par avoir une classe politique exclusivement composée d'individus qui ne comprennent pas vraiment l'entreprise, et qui, pour une grand nombre d'entre eux, la méprisent. Il ne faut ensuite pas s'étonner des résultats économiques médiocres de l'ensemble du pays. Heureusement pour les américains, être un homme d'affaires est plutôt vu comme une qualité que comme une tare.

Donald Trump a proposé un programme économique vague, et parfois contradictoire. Il s'est tout particulièrement engagé à créer des emplois. « Mon programme économique se résume en trois mots : emplois, emplois, emplois ». Ce sera sûrement une promesse facile à tenir, car l'économie américaine crée en moyenne 180 000 emplois nets par mois depuis 2010. Pour maintenir ce bon rythme, il suffit donc de ne rien faire, une recette utilisée avec succès par Bill Clinton.

Malheureusement pour les américains, de nos jours les travailleurs non-qualifiés sont plus touchés par la globalisation, leurs revenus ayant progressé nettement moins vite que ceux des qualifiés. Donald Trump a promis des réductions d'impôts massives. Au-delà de la réduction de l'impôt sur les sociétés, il faudrait envisager une réduction des charges sur les bas salaires. Voila une mesure que bien des socialistes français devraient plébisciter.

S'attaquer à la politique commerciale chinoise n'est pas saugrenu

Donald Trump a également distillé un message protectionniste, allant jusqu'à une éventuelle renégociation du NAFTA (le traité de libre échange de l'Amérique du Nord). Très probablement il s'agit d'une promesse électorale qu'il ne suivra pas, car en tant qu'homme d'affaires, il sait que le commerce est bon pour la croissance. Que ce soit un représentant du parti Republican qui s'interroge sur la manière de rendre les inégalités salariales moins flagrante ne devrait surprendre personne. Les Démocrates aux USA, tout comme les socialistes en France, n'ont pas le monopole de la défense des intérêts de la classe moyenne. Hillary Clinton avait des promesses du même type, elle avait également défendu un protectionnisme commercial accru. Donald Trump accuse également la Chine de concurrence déloyale grâce à un taux de change artificiellement sous-évalué, ayant pour conséquence des destructions d'emplois viables dans les industries américaines concurrencées par les importations de Chine. Ce point de vue n'est pas totalement saugrenu. Plusieurs experts estiment que la politique de développement chinoise, basée sur un yuan maintenu faible par des interventions massives de la banque centrale chinoise est une des causes des déséquilibres macroéconomiques mondiaux.

Réformer l'Obamacare? C'est nécessaire

La reforme du système d'assurance santé, mise en place par Barak Obama en 2014, le Affordable Care Act, a inclus 20 millions d'américains dans le système d'assurance santé, 30 millions restant toujours hors du système. Ce résultat positif est terni par une très forte hausse des primes d'assurance supportée par les citoyens déjà assurés et une complexité ubuesque qui le rende impopulaire. Que l'« Obamacare » doit être profondément revue est une évidence pour la majorité des américains. Hillary Clinton avait promis une révision profonde du système, Donald Trump, avec ses excès verbaux, avait proposé le retrait pur et simple de la reforme. Premier signal de pragmatisme, après l'élection, il a changé d'avis, pour s'engager à maintenir au minimum les mesures en faveurs des personnes les plus pauvres.

Enfin, Donald Trump, c'est insurgé contre l'immigration illégale. Si certaines des ses phrases sont, sur la forme, inacceptables, sur le fond, tous les pays développés contrôlent leurs flux de migrants et ne laissent pas leurs frontières ouvertes sans restriction. Certes, si les flux de personnes sont limités, des gouvernements libéraux doivent encourager la circulation des marchandises, comme principal moyen de développement des régions les plus pauvres. Ce n'est pas le cas de Donald Trump, et nous le déplorons. Mais à ce jour, il faut reconnaitre que peu de gouvernements européens, voire aucun d'entre eux, ne défend l'idée d'une suppression des frontières à l'immigration. Le choc économique et social qui en suivrait mettrait un terme à notre organisation sociale, ce qui explique pourquoi ce projet n'est défendu que par une minorité d'anarchistes illuminés.

Dérèglementation intelligente de l'économie

Quant à nous, qui défendons depuis longtemps le projet libéral, nous n'avons pas de motif particulier de nous réjouir : ni Donald Trump, ni Hillary Clinton ne proposaient de programme libéral. Mais nous faisons davantage confiance à Donald Trump d'arriver à la conclusion que pour redistribuer il faut d'abord produire de la richesse, et qu'il pourra arriver à ce résultat en déréglementant de manière intelligente l'économie, plutôt qu'en suivant les recettes peu efficaces de l'actuelle administration US. Le temps nous dira si la classe moyenne retrouve en partie son pouvoir d'achat et si l'économie américaine continue de croître. Mais pour l'instant, rien ne permet de dire que le nouveau président n'a pas la compétence pour arriver à ce résultat, bien au contraire.

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Commentaires
a écrit le 24/11/2016 à 23:03 :
Marc, il va falloir songer à solder le cahier de dette et à partir s'aérer un peu l'esprit hein. Bisous.
a écrit le 14/11/2016 à 23:50 :
"En France, il est impensable que nos élites acceptent qu'un homme d'affaires puisse faire de la politique à un haut niveau national. "
Ben... et Chirac alors ? Et Sarkozy? Et Tonton? Et Juppé ? C'étaient pas des hommes d'affaires peut-être!

A part ça, article inénarrable. Abyssal d'idéologiques platitudes.
a écrit le 14/11/2016 à 21:06 :
même si je ne suis pas d'accord avec Trump, il a raison sur beaucoup de points mais ce
a écrit le 14/11/2016 à 17:30 :
Ahahah! Vous dites: "En France, il est impensable que nos élites acceptent qu'un homme d'affaires puisse faire de la politique à un haut niveau national."
Do you know Mister Bernard Tapie???
A l'ESSEC ils doivent vraiment se mettre à deux pour pondre ce genre de fumisterie?
Réponse de le 14/11/2016 à 21:17 :
Je confirme quelle vulgarité cette article, qui caresse a peine le sujet tout en creusant le fond du trou des idées creuses !! Mais cela doit sûrement bien révêler l'état d'esprit frustré de ces 2 pantins qui peuvent enfin jouir a haute voix d'une apparente victoire de la mèche folle ! Et bien malheureusement en temps que professeurs, qui doivent bien bourrer les petites têtes immatures de l'ESSEC de leur vomi impulsif. Tout simplement écoeurant.
a écrit le 14/11/2016 à 15:45 :
Chers Professeurs de l'ESSEC, c'est plutôt l'inverse ! Obama, démocrate a fait produire de la richesse, et "manageant" de manière intelligente l'Economie, plutôt qu'en suivant les recettes peu efficaces des administrations US républicaines, puisque la croissance américaine est de 2 à 3 % par an depuis l'accession au pouvoir d'Obama en 2008, année de la crise sous le régime des subprimes républicains. l'économie s'est relevée (certes grâce à la FED et au programme TARP de 770 milliards de $) et que le taux de chômage est passé de 9% sous l'ère républicaine à 4,5% aujourd'hui sous Obama, le plein emploi, même s'il est vrai qu'il y a des laissés pour compte, comme les ouvriers. Ces laissés pour compte existeraient de toute façon avec trump ou les républicains, même plus avec les Républicains! puisqu'ils sont pour la baisse d'impôts des plus riches, et de plus pour financer un plan de relance d'idée socialiste, ils vont devoir taxer la classe moyenne ou ouvrière, puisqu'ils veulent aussi baisser les impôts des grandes entreprises et desplus rches. donc l'inverse de ses promesses d'aider les plus pauvres! pour info, la classe moyenne américaine a donc retrouvé en partie son pouvoir d'achat depuis Obama et l'économie américaine continue de croître avec les démocrates, taux de chômage de 4.5% aujourd'hui ! et inflation modérée. CQFD.
a écrit le 14/11/2016 à 15:34 :
déréguler dites vous? mort de rire...pour que ces banquiers s en foutent encore plein les poches...
a écrit le 14/11/2016 à 15:09 :
"il faudrait envisager une réduction des charges sur les bas salaires. Voila une mesure que bien des socialistes français devraient plébisciter."

Et les milliards du CICE ( 80% des hausses d'impôts) déja oublié ?
a écrit le 14/11/2016 à 13:51 :
tout à fait d'accord pour le retour des deux clowns qui prône la dérèglementation dans le pays développé le plus dérèglementé. ah oui! c'est vrai la disparition de la classe moyenne vient d'une trop grande réglementation voyons!
Ils sont les exemples mêmes que l'économie n'est pas une science exacte!
a écrit le 14/11/2016 à 13:41 :
Il faut comparer les économies nationales avec les salaires, et le prix de l'énergie nécessaire pour utiliser le capital (l'outillage). La différence provient des "charges sociales" qu'il faut répartir sur la production et sur la consommation. C'est cette répartition qu'il faut analyser. En France, nous chargeons la production (les entreprises). En Allemagne, c'est la consommation d'énergie. Aux USA, au Japon, c'est différent. Essayons d'harmoniser la situation de la France avec celle de l'Allemagne. La situation de L'Allemagne est plutôt favorable.
a écrit le 14/11/2016 à 13:09 :
VIVE TRUMP
Réponse de le 14/11/2016 à 16:32 :
LoL
a écrit le 14/11/2016 à 12:18 :
Quel article intéressant! j'y ai appris que "nos élites sont collectivistes" gangrenées par les idées de gauche etc.

Bon courage aux étudiants de l'ESSEC pour assimiler de tells débilités!
a écrit le 14/11/2016 à 12:10 :
Et nos 2 clowns favoris, totalement déconnectés de la réalité sont de retour. Une preuve supplémentaire qu'au moins en FRANCE, l'incompétence, voir la nullité est valorisée.
(Le bon côté, c'est que nous donnons leur chance à n'importe qui...)
En effet, que dit la réalité :

1°) La crise des subprimes n'a certainement pas été provoquée par un excès de réglementation, mais par un défaut de réglementation. Comme la crise INTERNET

2°) La crise grecque, n'a pas été provoquée par un excès d'Etat, mais par un défaut de l'Etat

3°) La faillite de l'ARGENTINE, a été provoquée par une libéralisation tout azimuth, hors de tout contrôle.


4°) Depuis 25 ans, le monde entier libéralise et déréglemente sans arrêt, sans que la croissance n'arrive. Le peu de croissance se fait uniquement à crédit. Le déficit privé atteint des records, sans compter le déficit public.
Les inégalités explosent.

Mais ne vous inquiétez pas, le NIRVANA va arriver un jour, en continuant. On se croirait en Union Soviétique.


Mais la leçon de tout cela, c'est que quand vous êtes incompétents, peu vous importe la réalité. Et il n'y a aucune leçon à tirer de la réalité. Il suffit juste de répéter en boucle, et de trouver des personnes qui n'y connaissent rien pour vous croire. (mais excusez, eux, car ce n'est pas leur boulot).

On dirait les stratèges de Louis XV, nommés par Mme de POMPADOUR, durant la guerre de 7 ans, qui ont mené la FRANCE au désastre, et qui venaient donner des leçons de stratégie à la cour de VERSAILLES, en se gargarisant de soi-disant résultats, qui n'était que des désastres.
Réponse de le 14/11/2016 à 16:35 :
LoL Vas y René! Défends-toi !
a écrit le 14/11/2016 à 12:09 :
Pas sur que les mères de famille qui enchainent trois boulots précaires dans la "journée" pour nourrir et loger leur 3 enfants dans un motel partagent la joie de ces journalistes bien pensants et satisfaits de la déréglementation du marché du travail US !!

la dérégulation de l'économie c'est l'explosion des " poor workers", chacun le sait....;
Réponse de le 14/11/2016 à 15:12 :
"de ces journalistes bien pensants et satisfaits de la déréglementation du marché du travail US !!"

Généralement ceux qui ne sont pas concernés par cette déréglementation y sont favorable.
a écrit le 14/11/2016 à 11:49 :
Hého, réveillez-vous, il n'y a pas que l'économie et la croissance dans la vie! Un bon politicien est avant tout quelqu'un qui sait rassembler pour faire avancer les choses. Et Trump, comme Hilary d'ailleurs, est surtout fort pour diviser (diviser pour mieux régner?). Du moins pour l'instant.
a écrit le 14/11/2016 à 11:44 :
On le verra à l’œuvre vite à la prochaine crise financière, soit il laisse tomber les établissement financiers et vous aurez vu juste, soit il va de nouveau les soutenir et là du coup difficile de ne pas penser que ce modèle économique est plié, seulement bon à jeter car ne pouvant rien y changer.

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