Fibre optique : l’urgence du raccordement des territoires

 |   |  651  mots
(Crédits : DR)
Par Marie-Claude Chazot, Directrice générale de Colt France

L'État, les collectivités locales et les opérateurs télécoms s'accordent aujourd'hui sur un objectif : l'établissement sur le territoire français d'une couverture internet performante par l'installation d'un réseau de fibres optiques. Mais, nous ne parlons ni de l'ensemble du territoire ni du court terme. Le plan Très Haut Débit prévoit notamment que 80% des logements devraient être éligibles aux réseaux de fibres optiques... d'ici 2022.

La France doit accélérer le rythme de l'installation de ses infrastructures numériques, tant les enjeux économiques relatifs à leur qualité et leur homogénéité sont cruciaux. Il en va de la capacité des entreprises de tous territoires à exploiter ce formidable gisement d'opportunités qu'est le numérique.

Un lien direct entre fibre, attractivité et croissance des territoires

Le potentiel de croissance économique que la transformation numérique augure est à la portée des territoires qui offriront aux entreprises des conditions d'infrastructures attractives.

Par exemple, selon l'Institut Montaigne, le seul développement de l'Internet des Objets (IoT) offrirait un potentiel de création de valeurs sur le PIB français de 74 milliards € en 2020, et jusqu'à 138 milliards d'euros en 2025 ! Cette valeur se répartirait dans l'augmentation de la productivité et des économies de temps monétisées pour les entreprises, et des gains de pouvoir d'achat pour la population.

Les réseaux fibrés sont les seuls capables de supporter les flux toujours plus massifs de données qui vont de pair avec la transformation numérique. Ce qui implique que seules les sociétés situées dans les territoires équipés de réseaux fibrés pourront opérer leur propre transformation numérique, et rester compétitives sur les marchés de demain. Ainsi, seuls les territoires équipés pourront accueillir ces entreprises performantes et créatrices d'emplois.

L'installation est en cours... en ordre dispersé

Permettre aux entreprises de se battre sur les marchés nationaux et internationaux de demain implique de se préparer aujourd'hui !

De nombreux territoires avancent dans l'installation de leur réseau de fibres optiques, en étroite collaboration avec les opérateurs. Notamment, le territoire de la Communauté d'Agglomération de Lens-Liévin (CALL) sera couvert à 100% par la fibre en 2020. Il en sera de même, à la même échéance, pour les 26 communes de la métropole bordelaise. Des grandes agglomérations aux territoires ruraux, des avancées significatives sont constatées.

Mais d'autres territoires ne vont pas au même rythme. La Haute-Garonne, par exemple, ne sera entièrement raccordée à la fibre qu'en 2030...

Les territoires, premiers porteurs des projets d'installation de la fibre

Les territoires doivent plus que jamais être conscients des enjeux économiques liés à l'installation de la fibre. Là où ces infrastructures sont les plus avancées, ce sont bien les territoires qui sont les premiers moteurs des discussions.

Ce sont eux qui garantissent aujourd'hui la standardisation à grande échelle des réseaux de fibres optiques. Il leur incombe aussi d'inciter les opérateurs eux-mêmes à investir, notamment lorsque certains hésitent entre installer son propre réseau fibre sur un territoire donné ou laisser l'initiative à un concurrent.

L'exemple de la Haute-Garonne montre simplement que chaque territoire nécessite un accompagnement différent de la part de l'État et des opérateurs. Or, l'État requiert des efforts budgétaires importants de la part des départements et des communes. Ces derniers luttent aujourd'hui pour maintenir à niveau leurs investissements dans l'installation de la fibre, que l'État devrait pourtant leur permettre d'accélérer.

Afin d'appuyer la compétitivité internationale de la France, il est primordial que les territoires continuent d'assumer leur rôle structurant dans l'installation de la fibre. Les territoires ont aujourd'hui besoin des opérateurs et de l'État pour rompre la fracture numérique. À l'inverse, les opérateurs et l'État ont besoin des territoires pour concrétiser leurs engagements respectifs.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/08/2016 à 14:17 :
Sans aucun doute, l’aménagement numérique constitue l’enjeu économique majeur pour les années à venir et la France est à la traine…
L’expertise d’ALSATIS sur le sujet est très pertinent et notre succès est en partie associé à la fracture numérique du début du 21ième siècle.

On note que la prise de conscience tardive du gouvernement à ce sujet (incarné par la mission THD) doit se renforcer pour conforter l’économie française et palier aux choix capitalistiques des opérateurs qui négligent bien volontiers de nombreux territoires dont les caractéristiques ne sont pas jugés compatibles avec les modèles économiques retenus… http://www.alsatis-entreprises.com/internetetreseaux/la-montee-en-debit-med-pourquoi/
a écrit le 03/08/2016 à 1:07 :
Pff... SFR a signé une convention dans ma ville mais n'a rien fait. En effet, il est urgent... mais pas chez SFR visiblement..
a écrit le 28/07/2016 à 14:51 :
Si on veut que les médecins s'installent dans des coins "perdus", et que le dossier médical informatisé se développe, il faut que la fibre soit présente, pareil pour es entreprises "modestes" n'ayant pas de marchandises à véhiculer en masse mais besoin d'un accès web pour leur travail dans un cadre aéré et tranquille.
Le vieux plan fibre a fait pschiiiit et couté pas mal de Francs, espérons que le nouveau va déboucher hors grandes villes.
En Suède, l'an passé, j'ai vu pas mal de zones où des tranchées étaient creusées dans les champs, parallèlement aux routes, pour la fibre, même sur l'ile Gotland (touristique mais des gens y habitent aussi).
a écrit le 28/07/2016 à 13:43 :
Plus concrètement les territoires doivent payer quand la rentabilité pour les opérateurs n'est pas au rendez vous...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :