Iran : des opportunités pour les entreprises françaises, mais...

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La levée des sanctions à l'égard de l'Iran offre des opportunités aux grandes entreprises françaises. Mais les défis à relever sont importants. Par Hugues de la Forge, Avocat Associé, Jeantet

Le 16 janvier, l'Accord de Vienne est officiellement entré en vigueur. Cet accord est le fruit d'un long processus entamé en juillet 2015, lorsque l'Allemagne, la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie ont convenu avec l'Iran de l'adoption d'un Plan d'action global conjoint. A la suite de la remise, en décembre dernier, de son évaluation finale soulignant que l'Iran s'est conformé à ses obligations en termes de « normalisation » nucléaire, l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) a donné son feu vert pour la levée des sanctions.

Celle-ci se fera de façon progressive et à des niveaux différents selon qu'il s'agisse de l'Union Européenne, des USA ou de l'ONU.
Après vingt ans d'asphyxie, l'Iran doit faire appel aux capitaux étrangers pour relancer son économie. Le Président iranien, Hassan Rohani, a récemment annoncé que « pour atteindre une croissance de 8% », son pays a besoin « de 30 à 50 milliards de dollars d'investissement étrangers ».

Un marché iranien plus que jamais prometteur

Avec des réserves de pétrole et de gaz considérables, des infrastructures désuètes, des besoins dans les secteurs de la santé, des équipements, de l'agro-industrie, de l'automobile et de l'aéronautique, de la mode et de certains biens de consommation, le marché iranien est plus que jamais prometteur pour les entreprises françaises. Celles-ci sont bien positionnées pour répondre à la demande iranienne du fait des relations politiques et diplomatiques stables entre la France et l'Iran, des nombreuses entreprises industrielles de pointe et de la volonté d'investir. Favorable au développement des relations économiques avec la France, Hassan Rohani a prévu une visite à Paris les 27 et 28 janvier prochains.

 Tous les secteurs concernés

Tous les secteurs de l'industrie sont concernés par ces opportunités économiques. Dans l'aéronautique, l'achat de 114 avions civils à Airbus a été annoncé parmi les mesures phares. Dans l'automobile, PSA et Renault, déjà bien implantés, vont revoir leur stratégie de développement local. Des partenariats avec l'entreprise publique Pars Khodro devraient être annoncés. L'Iran souhaite également s'appuyer sur le savoir-faire français en matière de nucléaire civile ou d'infrastructures. En témoigne le projet de train devant relier Isphahan à Ahvaz d'environ 3.5 milliards d'euros ou encore celui de l'aéroport Imam-Khomeyni, lequel suscite déjà l'intérêt des grands acteurs du secteur.

Des défis pour les entreprises françaises

La vice-présidente de l'Iran avait annoncé, en février 2015, la volonté du pays de développer l'approvisionnement énergétique à partir technologies solaires, éoliennes ou hydrauliques avec pour objectif ambitieux 10 000 MW d'énergie renouvelable d'ici 2020. Les entreprises du secteur de l'énergie auraient leur carte à jouer.
Néanmoins, même si elles sont très bien placées, les entreprises françaises doivent faire face à un certain nombre de défis. La concurrence de la Chine, de la Turquie et de la Russie, qui ont profité de l'embargo pour développer leurs relations commerciales et gagner du terrain sur ce marché, est certaine. Celle des entreprises américaines ou européennes (Allemagne et Italie) ne doit pas non plus être négligée.

Par ailleurs, le dispositif du « snap back », permettant le rétablissement des sanctions en cas de manquement de l'Iran à ses obligations au titre du JCPOA, pousse les entreprises françaises à la prudence. Surtout, la capacité de financement des grands projets dépendra largement de l'attitude des banques françaises en particulier celles qui ont des intérêts aux Etats-Unis. Les récentes sanctions infligées à BNP Paribas, Commerzbank ou Crédit Agricole pour violation de l'embargo iranien et au motif que les transactions concernées étaient libellés en dollars, pèsent encore lourdement dans les mémoires et freinent les velléités de retourner ou démarrer l'activité sur place. La mise en place d'une assurance-crédit qui devrait être annoncée, lors de la visite de M. Rohani à Paris, pourrait néanmoins redonner un souffle aux financements.

Il appartient donc à la France et à ses grandes entreprises d'anticiper sans tarder cette reprise en nouant des partenariats locaux, en mettant en place des financements innovants et en profitant des atouts du label français.

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Commentaires
a écrit le 22/01/2016 à 15:39 :
Oui mais il y a eu Fabius qui comme a son habitude s'est mis a dos l'Iran 'alors les entreprises Françaises n'auront que les restes que personne ne veut!
a écrit le 22/01/2016 à 11:40 :
@ BONJOUR : OUI mais il faut d'abord que le caniche demande l'autorisation à son maître monsieur OBAMA avant que les industriels français puissent commercer avec l'IRAN ! Le caniche a déjà sacrifier les intérêts des agriculteurs bretons au profit des intérêts stratégiques américains avec l'affaire des bateaux russes plusieurs milliards, très utiles a nos agriculteurs .. jetés par les fenêtre mais de cela silence pas un mot !

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