L'Intelligence Artificielle au service de l'industrie 4.0... et de l'Homme !

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(Crédits : DR)
L'intelligence artificielle (IA) dans l'industrie n'est pas une option ou une bonne idée, c'est une évidence. Avec les objets connectés, les impératifs de productivité ou encore la personnalisation des produits, les technologies permettant de capitaliser sur les données, et leurs analyses permettent de créer plus de valeur. Pourtant, basculer dans l'industrie du futur n'est pas si simple. Comment les entreprises peuvent-elles réussir cette transition ? Quels sont les impacts de la numérisation sur l'industrie et comment se transformer avec succès ? Par Arnaud Merlet, Directeur adjoint SAP France

L'industrie du futur est une réalité : les objets connectés font partie de notre quotidien. D'ici 3 ans, nous pourrons utiliser quelque 50 milliards de ces objets améliorés. Le monde se connecte par des machines, des environnements, des capteurs... Dans de nombreux secteurs d'activité, comme c'est le cas dans l'industrie, les technologies d'IA faible traitant des tâches verticales techniques dépassent l'Homme en termes d'efficacité. Grâce à des capteurs connectés, il est désormais possible d'anticiper des pannes sur des machines industrielles : Total, par exemple, fait ainsi d'importantes économies de maintenance en analysant les données de ses machines tournantes connectées. Sanofi a de son côté réussi à réduire ses coûts en digitalisant ses lignes de production de médicaments, et certainement pas au détriment de la qualité... L'utilisation d'outils de mobilité par les ouvriers est également gage d'efficacité sur l'ensemble de la chaîne de production.

Redonner le pouvoir à l'intelligence des collaborateurs

Les expertises des individus se transforment avec un appui formidable de la technologie. Pour y parvenir, le défi reste la transition vers ce co-fonctionnement Homme/IA. Les entreprises ne sont pas seules à devoir s'adapter ; Ce sont aussi à l'Education Nationale et aux institutions de faire évoluer leur offre de formations. Il faut une refondation intégrale de celles-ci afin de permettre aux futurs travailleurs d'avancer sereinement dans cette nouvelle configuration industrielle. De manière générale, il s'agit de redonner le pouvoir à l'intelligence des collaborateurs sur le terrain en leur offrant plus d'outils et plus d'informations pour qu'ils aient un impact positif sur la vie de leur entreprise.

S'adapter pour gagner

Naturellement, les entreprises doivent faire évoluer leurs modèles en prenant en compte ces technologies. Il s'agit pour elles d'un bouleversement qui peut être difficile à maîtriser, et l'accompagnement vers cette connectivité nouvelle se révèle donc primordiale. L'évaluation des impacts de ce changement de philosophie, le partage des savoir-faire issus de ces observations, le développement de compétences en interne, l'implication des comités de direction, sont autant d'étapes indispensables à respecter pour aboutir à une vraie transformation qui soit un vecteur de développement. Car oui, au-delà des difficultés possibles, ce sont surtout de vraies opportunités que l'IA laisse entrevoir, puisqu'elle accélère et facilite chaque tâche. C'est donc un levier de croissance important pour l'économie.

Un marché encore sous-exploité...

La sécurité des données, dans un environnement interconnecté, constitue bien sûr une question cruciale qui mérite des réponses précises pour rassurer les entreprises. La structuration des informations est la clé du développement des technologies connectées. Aujourd'hui, seules une dizaine d'entreprises internationales possèdent des plateformes d'analyse de données verticales capables de concevoir de l'IA. L'Europe et la France sont clairement en retard. Les entreprises sont exportatrices de données. Il faut donc qu'elles renforcent la souveraineté de leurs données horizontales et encouragent leur exploitation. Mais la simple volonté ne suffit pas ; pour y parvenir, les industriels doivent avancer main dans la main avec les fournisseurs de services informatiques et les scientifiques, avec le soutien des gouvernements.

 ... mais dont l'essor semble éminent

L'impact de la numérisation sur l'industrie concerne également les consommateurs. La relation avec les marques n'a plus rien à voir avec les codes classiques, elle évolue au gré des technologies. Les comportements de consommation sont désormais guidés par l'instantanéité et par une exigence accrue. Cette réactivité est désormais possible au niveau des chaînes de production et d'approvisionnement. L'IA sert aussi l'analyse des données et le marketing digital. Les marques peuvent aujourd'hui mieux comprendre les comportements grâce à des outils éprouvés, et les demandes des clients peuvent même être anticipées grâce au machine learning. Le consommateur final se caractérise en somme comme le déclencheur de l'exploitation des technologies d'IA.

 On l'aura compris, les marques et la société tout entière sont à un réel tournant de leur évolution commune. Le « 4.0 » investit les modes de travail et configure l'industrie du futur. Les fournisseurs de services en technologie ont déjà pris les devants et assument le rôle de « conseillers » dans la conduite du changement des entreprises vers la transformation digitale. Est-ce un gage de succès ? J'ai envie de répondre que l'optimisme est de rigueur, et que le meilleur reste donc à venir !

Arnaud Merlet, Directeur adjoint SAP France

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Commentaires
a écrit le 15/05/2017 à 13:18 :
"De manière générale, il s'agit de redonner le pouvoir à l'intelligence des collaborateurs sur le terrain..." : vision très optimiste mais très éloigné probablement du résultat qui en découlera. La vérité, pour les "élites" (dirigeants d'entreprises, multi-nationales, Etats etc) sera sans doute plus proche de "De manière générale, il s'agit de virer le plus possible de collaborateurs sur le terrain pour qu'on se mette encore plus dans les paradis fiscaux ..." !!
a écrit le 15/05/2017 à 9:42 :
En dehors des classiques compétences et connaissances, il y a malheureusement des freins, psychologiques ou culturels.
Il est évident que le duo humain-machine peut être très performant. Une interaction et une complémentarité qui va de soi. Depuis l’origine n’a t’on pas essayé de mécaniser les taches difficiles.
Le contexte est malheureusement défavorable, puisque une partie de la population rejette cette évolution technologique, sous prétexte qu’elle détruit des emplois. Quitte a être dans une posture contradictoire où l’on bénéficie au quotidien des outils de communication, des appareils de soin, des moyens de transport, etc… tout en rejetant leur évolution pour son propre poste de travail.
1) Il faut en premier lieu résoudre le problème de mobilité au travail, de formation et éventuellement de réorientation. Comme avec l’arrivée de la micro-informatique, il y aura obligatoirement des personnes qui rencontreront des difficultés à s’adapter, sans parler des freins au changement.
2) Tout dépend bien aussi du contexte professionnel et familial et de la période de la vie. L’âge n’étant pas le critère essentiel, sauf peu être pour les capacités de mémorisation. C'est plus une question "d’état d'esprit" (besoins satisfacteurs ou disatisfacteurs et autres ...).

On ne peut qu’être d’accord sur l’impératif d'appropriation et d’exploitation des données et le retard pris par la France. Le pire étant, quand on détient les données mais qu’on est incapable de bien les exploiter. C’est certainement à ce niveau que s’acquiert l’expertise en analyse et en interprétation. C’est comme tout, c’est en forgeant que l’on devient forgeron.
Les outils de BI ont-ils eu le même succès que la phase d’ERPeisation à laquelle on a assisté ? Il me semble qu’en 2010 la France avait beaucoup de retard sur les outils décisionnels.

Informatisation, robotisation, objets connectés,… c’est bien l’information qui est au cœur de ces applications. Le fait que l’information soit numérique ou pas, ne devrait théoriquement pas influer sur les capacités d’analyse et de prise de décision. Sauf que, maintenant, étant donné les volumes et la rapidité nécessaire pour les traiter, cela devient vite un handicap.

Plus on sera lents à agir plus on perdra de « l’efficacité économique ».
Les datas sont partout : l’industrie, le commerce, dans les transactions financières, la santé, la sécurité, l’administration, etc…
Je ne m’inquiète pas trop pour la majorité des secteurs, la loi du marché étant sélective. Pour ne pas se faire "disrupter" il faut tout de même un programme politique digne de ce nom.

Par contre, c’est certainement dans domaine « administratif » que la France à quelque peu raté la transition. C’était pourtant facile vu qu’on a un système très hiérarchisé et que la nécessité est flagrante. Le comble étant, quand même avec des outils modernes, on arrive à reconstruire de vieux processus. Question de culture et presque de philosophie.

Ce n’est pas gagné.

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