La troisième révolution industrielle donnera du travail à tous !

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Jeremy Rifkin, économiste, prospectiviste président de la Fondation sur les tendances économiques
Jeremy Rifkin, économiste, prospectiviste président de la Fondation sur les tendances économiques (Crédits : dr)
[Rencontres économiques d'Aix] Pour le prospectiviste américain Jérémy Rifkin, la troisième révolution industrielle, qui va aboutir à la constitution d'un véritable « Internet de l'énergie », nécessitera la création de nombreux emplois pendant plusieurs dizaines d'années. Aussi bien pour les salariés non qualifiés que fortement diplômés. Par Jeremy Rifkin

À condition de ne pas manquer la troisième révolution industrielle, la question de l'emploi n'en est plus vraiment une aujourd'hui. Transformer les bâtiments pour les mettre aux nouvelles normes énergétiques, constituer des réseaux électriques intelligents, revoir nos réseaux de transport... voilà qui va donner du travail, pour trente-cinq ans au moins, à de nombreux salariés. La relance de la construction, notamment, constitue la clé de l'emploi. Pour des travailleurs non qualifiés comme qualifiés : cela va des simples ouvriers aux architectes en passant par les techniciens...

Chaque immeuble aux nouvelles normes devra être à « énergie positive », autrement dit, producteur d'électricité. La question du contrôle des flux d'énergie au niveau de chacun d'entre eux devient donc cruciale. Cela va induire de profonds changements dans les réseaux électriques. Ils avaient été conçus comme extrêmement centralisés, avec de grosses installations nucléaires fournissant toute une région. Ils vont devoir être repensés, pour connecter une multitude de producteurs d'électricité, sur un mode décentralisé. En France, EDF et GRDF (réseaux) commencent à en prendre conscience. Pour l'État français c'est une vraie révolution. L'État jacobin doit faire sa mue, il doit en finir avec la centralisation de l'action publique. C'est vrai tout aussi bien pour les réseaux électriques que pour ceux de transport, qui doivent être totalement revus et modernisés, dans une optique de réseaux numériques et intelligents. Les Allemands, qui ont beaucoup plus que les Français une culture de la décentralisation, ont déjà entamé cette troisième révolution industrielle, qui joue sur les synergies entre énergies renouvelables et Internet, constituant un « Internet de l'énergie ».

Les Français pas encore. Ségolène Royal, que j'ai rencontrée, pour lui remettre le rapport qu'elle m'avait commandé - et que j'ai corédigé avec Corinne Lepage - sur cette troisième révolution industrielle, en comprend les enjeux. François Hollande, aussi. Mais, à ce stade, nous n'en sommes qu'aux mots.

Comment financer cette révolution ? Les besoins sont immenses. Mais les investissements, au niveau européen, sont chaque année très importants. Même en période de récession. Il s'agit de les réorienter. À cette condition, la question de l'emploi pourra être résolue, et toutes les théories actuelles sur la polarisation du marché du travail et la disparition de la classe moyenne n'auront plus aucune valeur : il y aura du travail pour tout le monde, largement !

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a écrit le 06/07/2015 à 13:56 :
Mmmh : ils vont être contents ceux qui financent et ceux qui travaillent (et ceux qui en dépendent) sur l'EPR de Flamanville ...
a écrit le 05/07/2015 à 1:20 :
Ne pas oublier non plus la révolution qui démarre dans les véhicules 2/4 places. Pour faire des économies durablement et ne pas polluer il n'y a pas plus efficient que les véhicules électro-solaires classe "Cruiser" 2/4 places : - très bonne autonomie y compris de nuit, - 10 fois moins de batterie que pour un EV classique (moins de 60 kg pour 830 km d’autonomie homologués pour l’eVe Sunswift par exemple dont 500 km la nuit à plus de 106 km/h constants), - très peu de bornes de recharges à prévoir, - excellente efficacité énergétique donc également excellent bilan par le minimum de matières premières utilisées, - pas d’impact sur le réseau électrique mais au contraire fourniture d’électricité possible (de 6 à 15 m2 de solaire vitrages inclus), - potentiel d’amélioration (rendement solaire, batteries etc) encore important, etc Voir modèle commercial proche Swinburne Solar X, 4 modèles Hanergy Solar (Chine) en collaboration avec Tesla, déjà autorisées sur route Stella Solar (4 places, 730 km charge pleine et 430 la nuit à plus de 100 km/h), transférable eVe Sunswift Solar 2 places : 500 km à plus de 106 km/h (140 km/h en pointe) avec une seule charge et 830 km avec solaire (test officiellement homologué par la FIA, Guiness etc), Suncruiser Solar, Solarword GT (+ d’1 million de km par tous temps), Calgary Solar, Daedalus Solar, SERVe (Solar Electric Road Vehicle = Tata et Manipal Univ. Inde), Tafe Sa, Solar Mobil Malindra, Midnight Sun XI Solar, Navitas Solar Purdue, Stanford Luminos etc. Efficacité sup. d’un facteur 12 comparé à un véhicule actuel (faible poids, tb aérodynamisme, rendement 98% des moteurs dans roues 1,5 KW, récup. d’énergie de plus de 80% au freinage, minimum de batterie = moins de 60 kg, gestion efficiente de l’énergie, excellents Cx/Cd 0,07 au mieux comparé à 0,24 pour Tesla, coef. de roulement, 6 à 15 m2 solaire avec vitrages évent. 30% rendement actuel et + etc). Jonction en cours avec les véhicules électriques encore nettement moins efficients. Plus de 60 universités de pointe concernées dans le monde (Stanford, MIT, Eindhoven, Twente, Bochum, NSW Univ, Caltech, Calgary, Purdue, Malindra etc) + retombées technos. Il y a accessoirement aussi HySolarKit qui est un kit pour convertir un véhicule à moteur classique en un véhicule hybridosolaire. Le système permet de réduire les consommations de 20 à 40% selon les usages de même que les émissions, avec un coût très faible par rapport à l’achat d’un véhicule hybride.
a écrit le 04/07/2015 à 11:22 :
On aura toujours de l'activité puisqu'on dispose de temps et qu'on déteste s'ennuyer. Après le business model qui fait que cette activité devient un travail parce que la production est vendue nous échappe un peu ; on est sorti de la crise de 29 dans les pays anglo-saxons quand on a décidé d'occuper la population à fabriquer des armes contre l'Axe. Il y aura bien demain quelques catastrophes climatiques qui joueront le même rôle que la 2ème guerre mondiale..
a écrit le 04/07/2015 à 9:16 :
pourquoi faites vous passer pour des visionnaires voire des génies des types qui répètent la parole d'autrui? c'est un journaliste?
ca fait 30ans qu'on en parle et lui se réveille quand la techno est dispo...
comme le disait l'autre les capteurs ca n'est pas nouveau ca s'améliore c'est tout
a écrit le 03/07/2015 à 18:36 :
si chacun produit plus d'énergie qu'il n'en consomme on fait quoi des excédents ? jerémy rifkin est quand même un peu utopiste ,le plein emploi ça fait rêver mais c'est tout !
a écrit le 03/07/2015 à 17:40 :
Ce monsieur vie encore au siècle passé et propose des solutions périmées. Plus besoin de réseau électrique dans le future. Chaque foyer produira lui-même son électricité avec une PAC et/ou du solaire, Plus besoin de grandes infrastructures de transport car les véhicules individuels seront autonomes et en libre service moyennant un abonnement. C'est à cause de "visionnaires" de ce genre que notre société s'enlise.
a écrit le 03/07/2015 à 15:11 :
On se demande si ce boute-en-train cosmopolite croit lui même à ce qu'il raconte. Les hypermarchés ont détruit 5 emplois pour un créé, la IT ici évoquée va en détruire 15 pour une embauche.

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