Transition numérique : les cinq étapes du déni

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(Crédits : Antoine Duhamel)
A chacune des cinq étapes de la transition numérique d'une filière,il y a de bonnes raisons de se dire "jusqu'ici, tout va bien". Par Nicolas Colin, fondateur de "The Family"

La transition numérique affecte moins les entreprises que les filières. Une filière, rappelons-le, est un ensemble d'entreprises qui travaillent ensemble tout au long d'une chaîne de valeur. Elles sont comme des engrenages qui s'engrènent parfaitement, liées par une culture et des procédures installées et optimisées pendant plusieurs décennies.

Chaque maillon d'une filière correspond à un secteur : des entreprises qui exercent la même activité et se partagent les parts d'un même marché (B2B en amont, B2C en aval). L'édition est un secteur, la librairie est un secteur : toutes les deux appartiennent à la filière du livre. La grande distribution est un secteur, qui appartient à plusieurs filières mais s'inscrit de façon privilégiée dans celle de l'agro-alimentaire. La banque de détail est un secteur, un maillon parmi d'autres de la filière financière. Les chauffeurs de taxi forment un secteur clef de la filière du transport individuel.

Au sein d'une même filière, les secteurs s'engrènent parfaitement les uns dans les autres pour servir des marchés de masse.

Pourquoi la transition numérique affecte-t-elle moins les entreprises que les filières ? Parce que l'activité d'une entreprise n'est pas fondamentalement modifiée par la transition numérique de sa filière : une maison d'édition continue d'éditer ; un libraire, de vendre des livres ; un grand distributeur, de vendre des produits alimentaires ; une banque de détail, de collecter l'épargne et d'accorder des crédits à des particuliers ; un chauffeur de taxi, de conduire ses clients. En revanche, deux choses changent — radicalement :

  • la première, ce sont les relations entre maillons de la filière : à mesure des progrès de la transition numérique de la filière du livre, les relations qu'entretiennent les libraires et les éditeurs ne sont plus les mêmes. Une entreprise numérique s'est immiscée dans la filière : Amazon. Les engrenages commencent à moins bien s'engrener ;
  • la deuxième chose qui change, c'est la répartition de la valeur entre les différents maillons. Même si tous continuent à exercer la même activité, tous doivent céder une partie de leur marge aux nouveaux entrants, les entreprises numériques. La transition numérique déforme la chaîne de valeur et redistribue la valeur entre les entreprises en place, dont l'activité reste inchangée, et les entreprises numériques, qui s'immiscent dans la filière, y déploient de nouveaux modèles d'affaires et y captent une part croissante de la valeur.

Bien sûr, ce n'est pas parce que la transition numérique n'affecte pas les entreprises que celles-ci ne doivent pas changer. Mais il faut être conscient de la nature de ce changement : l'enjeu n'est pas de transformer son organisation ou sa gestion des ressources humaines, mais de redéployer ses ressources pour prendre une position dans la filière, souvent loin de son coeur de métier. Si l'enjeu est de préserver sa quote-part de la valeur, alors l'enjeu est moins la transformation interne que le redéploiement. Il s'agit de préempter les positions vers lesquelles la valeur se déplace du fait de la transition numérique.

Notre étude "La transition numérique au coeur de la stratégie d'entreprise", à télécharger ICI.

Toujours de bonnes raisons de penser que rien ne doit changer

Le problème, pour les entreprises en place, est qu'à chaque étape de la transition numérique, il y a toujours de bonnes raisons de considérer que rien ne doit changer. TheFamily a publié une étude de place intitulée La transition numérique au coeur de la stratégie d'entreprise, en partenariat avec le Groupe Caisse des Dépôts et le Groupe La Poste, qui décompose la transition numérique d'une filière en cinq étapes. Plusieurs mois après, il est temps d'affiner la représentation graphique de ces cinq étapes et expliciter les formules de déni qu'opposent les entreprises en place à chacune de ces étapes.

Avant la transition numérique

Avant d'entamer sa transition numérique, une filière est toujours structurée plus ou moins de la même façon. (A ce sujet, lisez cet autre billet.)

En amont, un maillon banalisé  — les entreprises sont de petite taille, sans cesse mises en concurrences, forcées de baisser leurs prix et donc captant une faible quote-part de la valeur. Songez aux auteurs dans la filière du livre, aux équipementiers dans la filière automobile ou aux entreprises de construction dans la filière du bâtiment.

Bruce Henderson, légendaire fondateur du Boston Consulting Group, a édicté la "rule of three and four".

Au milieu, un maillon fort  — quelques entreprises, devenues grandes, ont combiné plusieurs activités de façon à créer un goulet d'étranglement dans la chaîne de valeur. Ensemble, elles captent l'essentiel de la valeur de la filière et se font concurrence sur un marché très concentré. Comme l'avait observé Bruce Henderson avec la "rule of three and four", trois entreprises placent le marché en situation d'oligopole et la première n'est pas plus de quatre fois plus grande que la troisième. Il s'agit des groupes d'édition dans la filière du livre, des constructeurs automobiles dans la filière automobile, des centraux de réservation dans la filière du taxi ou des promoteurs immobiliers dans celle du bâtiment.

Une filière traditionnelle, dominée par son maillon intermédiaire (oligopolistique) et servant une masse de clients finaux de façon indifférenciée.

En aval, un maillon asservi, dont la fonction ne consiste qu'à vendre au client final dans des conditions largement prescrites par les entreprises qui dominent la filière un peu plus en amont. A l'image des agents d'assurance, des concessionnaires automobiles ou des chauffeurs de taxi affiliés à un central de réservation, les entreprises de l'aval ne distribuent les produits que d'une seule marque. Ou encore, à l'image des cafés et restaurants, elles sont dépendantes de circuits de distribution amont dont les conditions (en particulier les tarifs) ne sont pas négociables. Enfin, comme les libraires, elles sont parfois dans l'impossibilité de moduler le prix des produits vendus. Ces entreprises ne sont donc pas des commerçants mais des passe-plats : comment peut-on prétendre faire du commerce quand on ne dispose d'aucune autonomie, ni sur l'achat ni sur la vente ?

Dans une filière traditionnelle, les clients finaux sont tous traités de la même manière. C'est le propre de l'économie de masse que d'imposer le même produit aux mêmes conditions à tous les clients — et pour ceux qui ne sont pas contents, eh bien c'est le même prix ! Il fallait cela pour faire grandir des entreprises de production de masse : c'est en écoulant de longues séries de produits standardisés sur des marchés de débouchés sécurisés par le système bancaire et la protection sociale qu'elles ont pu atteindre leur maturité et créer plus de valeur ajouté.

Bien sûr, il existe des exceptions à cette modélisation des filières traditionnelles : certaines d'entre elles ont une valeur plus concentrée en amont (l'énergie), d'autres sont plus concentrées en aval (l'agro-alimentaire). Mais trois éléments sont présents dans toutes les filières avant leur transition numérique : i) la maturité et la rigidité des relations entre les différents maillons, ii) la captation de la valeur par le maillon fort, structuré en oligopole et iii) le traitement de masse réservé aux clients finaux (sauf dans la filière du luxe).

Etape 1 — L'irruption numérique

 La première étape de la transition numérique d'une filière s'intitule l'irruption numérique. Elle est marquée par un double bouillonnement : celui des cabinets de conseil et agences de toutes sortes, qui commencent à démarcher leurs clients pour leur vendre du "conseil en transformation digitale" (sic) ; celui, aussi, des entrepreneurs, qui commencent à créer des startups à tous les niveaux de la chaîne de valeur pour essayer de déployer de nouveaux modèles d'affaires partout dans la filière.

L'irruption numérique n'est qu'un bouillonnement à peine perceptible, sans impact sur la filière.

L'irruption numérique n'a aucune conséquence sur la filière. Les entreprises restent parfaitement engrenées les unes dans les autres. Personne ne se sent trop concerné par ce bouillonnement indifférencié, à peine perceptible. A cette étape, la formule du déni relève de l'indifférence : "Nous ne sommes pas concernés". La transition numérique de la filière est un objet intellectuel, un sujet de conversation, une mission de consultant — mais elle n'a aucune conséquence sur la conduite des opérations ou la stratégie des acteurs.

Le déni, étape 1 = "Nous ne sommes pas concernés"

En phase d'irruption numérique, des entreprises numériques commencent à apparaître dans tous les secteurs. La pointe signifie la personnalisation de l'offre.

Sur le schéma ci-contre, les startups sont représentées par des pointes parfaitement affûtées. La différence majeure entre une entreprise traditionnelle et une entreprise numérique est en effet la suivante : la seconde cherche systématiquement à servir son client de façon personnalisée, en épousant et en devançant même ses moindres besoins, tandis que la première ne sait les servir que de façon standardisée, conformément au paradigme de l'économie de masse. A cette étape précoce, il est trop tôt pour que les individus prennent conscience du fait qu'ils peuvent être servis de façon personnalisée : ils restent tous sur la même ligne, passifs et même résignés — des clients indifférenciés aux yeux des entreprises de la filière.

Etape 2 — L'éveil de la multitude

 L'étape suivante se caractérise par l'éveil de la multitude. Parmi les nombreuses startups qui se sont lancées en ordre dispersé à l'assaut de la filière, certaines commencent à rencontrer leurs premiers utilisateurs. Le bouillonnement des startups n'est plus indifférencié : de plus gros bouillons commencent à se former là où s'éveille la multitude.

La multitude s'éveille généralement en aval de la chaîne de valeur, sur les marchés grand public, plutôt qu'entre les maillons intermédiaires, où les relations d'entreprise à entreprise sont plus difficiles à défaire. Ce n'est pas un hasard si la plupart des grandes entreprises numériques se sont amorcées et ont grandi sur des marchés B2C : comparativement aux entreprises, les particuliers sont à la fois plus accueillants à l'innovation (les décisions d'achat ne sont pas bureaucratiques) et plus nombreux (ce qui permet d'exercer de plus puissants effets de réseau).

Lorsque la multitude s'éveille, les entreprises en place ne peuvent plus exprimer la même indifférence qu'à l'étape précédente. La traction de quelques startups montre bien que la transition numérique de la filière est engagée. A ce stade, les cabinets de conseil et autres agences ont d'ailleurs redoublé d'efforts, à tel point que toutes les entreprises en place ont lancé en leur sein diverses initiatives qui contribuent à les rassurer : "Nous le faisons déjà". On trouve ici ou là un projet pilote, une direction de l'innovation, un incubateur interne, un produit innovant expérimenté sur un marché lointain, une application mobile, une campagne de marketing viral.

Le déni, étape 2 = "Nous le faisons déjà"

Lorsque la multitude s'éveille, certaines entreprises numériques rentrent en phase de croissance et commencent à déformer la filière en aval.

Dès l'étape 2, la transition numérique commence à déformer la filière. Les entreprises de l'aval, incapables de résister du fait de leur asservissement, commencent à s'affaiblir (les libraires face à Amazon, les chauffeurs de taxi face à Uber). Alors que la multitude s'éveille, les clients finaux cessent d'être une clientèle ou une audience et affirment leur individualité. Ils commencent à réagir et à exiger d'être mieux servis : de moins en moins soumis aux entreprises de la filière, ils interagissent entre eux, se coordonnent, échangent des informations, s'allient contre les entreprises qui les servent mal ; insatisfaits d'être indifférenciés et placés sur la même ligne, ils exigent d'être écoutés, reconnus et servis de façon personnalisée. Aiguillonnée par les entreprises numériques en pleine traction, la masse des clients finaux commence à devenir une multitude. Comme l'avaient prédit les auteurs du légendaire Cluetrain Manifesto, l'économie numérique marginalise les organisations par rapport aux individus et accélère la prise du pouvoir par le consommateur.

Etape 3 — Le rapport de force

 La troisième étape (sur cinq) de la transition numérique se caractérise par l'apparition brutale d'un rapport de force entre les entreprises traditionnelles, habituées à travailler entre elles d'une façon routinière, et les entreprises numériques, qui sont les nouveaux entrants dans la filière. A cette étape, certaines entreprises numériques ont crû de façon si spectaculaire en aval qu'elles commencent à grignoter les marges des entreprises qui dominent le milieu de la chaîne de valeur. C'est le "moment Napster", celui où les puissantes entreprises en place nourrissent encore l'espoir de neutraliser les nouveaux entrants et d'interrompre la transition numérique en cours.

La déformation de la filière provoque une réaction des entreprises en place : elles dénoncent la "concurrence déloyale" et entament un bras de fer avec les entreprises numériques, souvent sur le terrain réglementaire.

Tant que la transition numérique n'affectait que les petites entreprises de l'aval (les libraires, les concessionnaires, les chauffeurs de taxis, les agents d'assurance), la transition numérique ne méritait pas un rapport de force. Mais si les marges des grandes entreprises qui dominent la filière commencent à être affectées, alors il faut commencer à résister. En général, la manière la plus spontanée de résister consiste à se dire que la transition numérique peut encore être contenue. A l'étape 3, la formule du déni nous est très familière : "Allons voir le Ministre". De nouvelles dispositions législatives ou réglementaires, voire la mise en garde de vue de chauffeurs UberPoP, suffiront à rétablir l'ordre et à faire cesser cette "concurrence déloyale".

Le déni, étape 3 = "Allons voir le Ministre"

Lorsqu'une entreprise numérique atteint la taille critique, un rapport de force s'établit avec les entreprises en place — durci sous la pression des individus, qui s'affirment en multitude.

L'établissement du rapport de force est la conséquence d'un bouleversement systémique. La masse des clients finaux est devenue multitude. L'individu n'est plus seul, mais systématiquement entouré de pairs qui l'assistent dans ses décisions d'achat et élèvent son niveau d'exigence. Désormais habituée à être servie au plus haut niveau de qualité par les entreprises numériques, la multitude commence à exercer une pression irrésistible sur l'aval de la filière. Les entreprises numériques alliées à la multitude exercent de si puissants effets de réseau qu'elles rognent une part significative des marges des entreprises traditionnelles habituées à dominer la filière. Certaines des entreprises de l'amont disparaissent, incapables d'encaisser ce choc. Les autres commencent à se replier en essayant de résister à cette pression venue de l'aval. Rien n'est encore perdu : après tout, il ne s'agit que de vulgaires startups et ces grandes entreprises, si résilientes, en ont vu d'autres.

Etape 4 — L'arrivée des géants

 Le sentiment que rien n'est perdu disparaît à l'étape 4 : d'un seul coup, ce n'est pas seulement à des startups que les entreprises traditionnelles ont affaire, mais à des géants de l'économie numérique. Dans certains cas, la startup qui est parvenue à prendre une solide position en aval est rachetée par Google : du jour au lendemain, ce n'est plus YouTube, petite startup créée par Steve Chen et Chad Hurley, que les entreprises de la filière audiovisuelle ont en face d'elles, mais Google, aujourd'hui la deuxième entreprise du monde en termes de capitalisation boursière, et dont la puissance financière, industrielle et d'influence est sans égale. Dans d'autres cas, la croissance de la startup est telle qu'elle devient elle-même un géant : tel est le cas d'Uber, créée en 2009 et qui a levé depuis lors près de 4,5 milliards de dollars pour financer sa croissance. Uber est un géant surgi de nulle part en seulement... cinq ans !

Le projet de fusion entre Publicis et Omnicom visait à "survivre face aux géants du numérique".

Le rapport de force se retourne donc et inspire aux entreprises une quatrième formule de déni : "Achetons notre principal concurrent". Les entreprises en place qui demeurent, forcément les plus puissantes, cherchent à consolider leur position en orchestrant des fusions et acquisitions : ce faisant, elles espèrent atteindre la taille critique nécessaire pour pouvoir résister à la pression exercée par les entreprises numériques alliées à la multitude. C'est suivant cette logique que le nombre des majors de la musique est passé de cinq à trois (Sony a racheté BMG, puis Universal a racheté EMI) ou que Maurice Lévy et John Wren ont conçu le projet (avorté) de fusion entre Publicis et Omnicom.

Le déni, étape 4 = "Achetons notre principal concurrent"

A l'étape 4, le rapport de force se renverse et devient favorable aux entreprises numériques, devenues des géants.

A l'étape 4 de la transition numérique d'une filière, le secteur constituant historiquement le maillon fort se concentre d'une manière spectaculaire. Seules quelques grandes entreprises, les plus résilientes, parviennent à rester en vie. Elles compensent la baisse de leurs marges par la recherche de la taille critique et de douloureux efforts d'optimisation : à mesure qu'on serre les boulons à tous les étages, les emplois sont détruits en masse — songez aux licenciements massifs dans les secteurs de la presse ou des maisons de disques. Mais rien n'y fait : grâce aux effets de réseau qu'elle exerce, l'entreprise numérique sortie du lot en aval de la filière a fini par s'installer en position dominante. Elle contrôle désormais l'accès à la multitude et opère pour les utilisateurs de ses applications une expérience sans cesse plus fluide et plus personnalisée.

Etape 5 — La remontée de la chaîne

 A ce stade de la transition numérique, l'entreprise numérique dominante se fait l'écho des attentes des utilisateurs : ils veulent mieux, moins cher, sans cesse renouvelé, toujours plus simple, fluide, stimulant, personnalisé. Les entreprises en place, repliées sur l'amont de la filière, font la sourde oreille : "Nous ne changerons rien et continuerons de faire comme nous avons toujours fait. Même si les téléspectateurs souhaitent regarder tous les épisodes d'une série d'un coup (binge watching), nous continuerons de les diffuser au rythme frustrant d'un épisode par semaine. Et les clients des taxis commandés à l'avance auront toujours une course d'approche au compteur + nous ne prenons pas la carte bleue. Si vous n'êtes pas contents, c'est le même prix."

Lorsque la transition numérique est avancée, une impatience se fait jour : impatience des clients, lassés d'être mal servis ; impatience des entreprises numériques, qui décident de prendre les choses en main.

A cette étape, la formule du déni est empreinte à la fois d'arrogance et de désespoir : "De toutes façons, on aura toujours besoin de nous". Toujours besoin des cinéastes pour tourner des films ; toujours besoin des journalistes pour couvrir l'actualité de manière impartiale ; toujours besoin de la SNCF pour faire rouler les trains ; toujours besoin de L'Oréal pour fabriquer des crèmes et des onguents ; toujours besoin des constructeurs automobiles traditionnels pour assembler des voitures. Jusqu'au terme de la transition numérique, il y a toujours de bonnes raisons de nier que celle-ci à l'oeuvre — et qu'elle va, en réalité, disloquer la filière. La seule manière de s'en sortir, pour les entreprises en place, sera de redéployer leur modèle d'affaires et de reprendre des positions là où tout se joue : en aval de la chaîne de valeur, auprès de la multitude.

Le déni, étape 5 = "De toutes façons, on
aura toujours besoin de nous"

L'étape 5 correspond à la maturité numérique de la filière. Celle-ci est dominée par une entreprise numérique, qui a forgé une alliance avec la multitude. Les entreprises traditionnelles, repliées en amont, sont banalisées.

L'étape 5 s'appelle "remontée de la chaîne" car c'est à ce stade que les entreprises numériques, qui dominent la filière en aval, montrent des signes d'impatience et décident d'évincer de la filière les entreprises traditionnelles qui refusent de changer. C'est par impatience et pour prouver qu'on peut faire mieux et moins cher que Netflix commence à produire des séries, qu'Amazon lance une activité d'édition, que Tesla a appris à construire des voitures, que Google commence à déployer de la fibre à Kansas City et à Austin. L'entreprise numérique venue de l'aval capte une part croissante de la valeur et force les entreprises traditionnelles à serrer les boulons se replier toujours plus en amont de la filière.

Au terme de la transition numérique, la concurrence change de nature : non plus pour conquérir des parts de marché, mais pour déployer autour des utilisateurs une boucle de valeur.

Au terme de la transition numérique, la concurrence s'est déplacée et a changé de nature. Nous ne sommes plus dans le paradigme de l'économie de masse, où les entreprises se faisaient concurrence au sein d'un secteur pour se répartir les parts d'un marché. Dans le paradigme de l'économie numérique, les entreprises se font concurrence pour capter la ressource stratégique qui leur permet de continuer à croître : la multitude. Capter cette ressource consiste à déployer autour des individus une boucle de valeur, "où tout prend place dans un tout cohérent, entièrement pensé autour de la qualité de l'expérience utilisateur, et où la valeur d'ensemble est difficile à segmenter". Dans cette boucle de valeur, théorisée par Henri Verdier puis récemment reprise par Bassem Asseh (directeur EMEA de GitHub), l'utilisateur est comme enveloppé, cajolé, dissuadé de regarder ailleurs et de céder aux sirènes des autres entreprises numériques. On devine dans cette boucle de valeur la supériorité du logiciel, annoncée par Marc Andreessen et revendiquée par des entreprises comme Twilio.

Les entreprises numériques qui parviennent à déployer une boucle de valeur s'en servent pour capter les ressources que recèle la multitude et les valoriser dans leur modèle d'affaires.

En d'autres termes, il ne s'agit plus de se disputer les parts d'un marché mais de contrôler les 24 heures de la journée d'un utilisateur — ou les 5 pouces de l'écran de son smartphone. La puissance des entreprises se mesure désormais au périmètre de l'expérience qu'elles créent pour leurs clients, à la solidité de la boucle de valeur qu'elles déploient autour d'eux. Cette boucle de valeur est à la fois un pacte d'alliance avec les clients ("Puisque je trouve ici tout ce dont j'ai besoin, je ne vais pas voir ailleurs") et une manière de capter toutes les ressources que recèlent la multitude (des informations, des données, des services, des biens, des capitaux), en évinçant les autres entreprises numériques qui (très affûtées elles aussi après qu'elles ont disloqué d'autres filières) cherchent à rentrer dans ce périmètre privilégié.

Bien que pièce maîtresse du modèle d'affaires des entreprises numériques, la multitude n'est pas un actif : elle ne peut faire l'objet d'un titre de propriété ni ne peut être valorisée dans un bilan. En revanche, la boucle de valeur déployée pour faire alliance avec cette multitude est probablement la meilleure manière d'objectiver la valeur et la puissance des entreprises numériques qui dominent aujourd'hui l'économie globale.

 lien vers l'article: https://medium.com/welcome-to-thefamily/les-cinq-%C3%A9tapes-du-d%C3%A9ni-a7a06072c9fc

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Commentaires
a écrit le 11/05/2015 à 20:33 :
Je constate que beaucoup de personnes amalgament des domaines divers : le numérique dans la société vise avant tout l'atteinte du point optimal dans tous les domaines de la société. En effet, le consommateur est plus avisé, mieux averti, informé plus rapidement et peut donc en contre partie demander à son fournisseur une meilleure tarification. Amalgamer les closes léonines ou abusives, bof, ça n'a rien à voir avec le numérique. Les bâtiments à énergie positive ? idem, rien à voir avec le numérique, c'est juste un calcul basique d'optimum. En fait le numérique est bien plus vaste que cela : c'est identifier parfaitement chaque consommateur, évaluer ses forces et faiblesses pour en tirer un maximum de profit. Vos téléphones, vos CB, vos passeports, vos ordinateurs, vos logiciels, les forums, vos voitures collectent des informations sur votre profil pour être ensuite traitées et revendues. Les villes intelligentes ? pour optimiser la fourniture d'énergie pour ensuite en augmenter son cout au kw/h, les supers promos sur le web ? pour la plupart de fausses promotions mais comme on vous vend le concept de ventes privées, tout le monde fonce tête baissée au détriment de la qualité (certaines marques ont des lignes conçues pour ces "évènements"). Donc le numérique, c'est déployer de la capacité de calcul et de collecte d'informations dans tous les objets touchant votre vie privée et professionnelle. Ensuite, l'usage qui en est fait est soit scientifique, économique, militaire, éducatif, etc. Après, le marketing se charge de vous faire croire que c'est super novateur : non, c'est juste plus pratique, ce n'est pas de l'innovation. l'innovation c'est par exemple le passage du cathodique au lcd puis à l'oled (ou autre techno). En cela, les capacités de calcul permettent d'accélérer les cycles d'innovation, mais bon, les salaires ne suivent pas le même rythme. Mettre un bazar d'écran lcd sur un frigo pour afficher la température et y intégrer un serveur web/mail qui va se faire pirater pour spammer, je n'appelle pas cela de l'innovation, tout au juste un gadget foireux mal conçu. Les objets connectés ? une aliénation à la machine pour contrôler son corps, et dans quel but ? la durée de vie des cellules est programmée, accélérer leurs cycles de renouvellement ne fera que vous faire mourir plus vite...super le progrès, on en oublie juste l'essentiel : le renouvellement cellulaire est fini en terme de cycle et on ne sait pas encore reprogrammer ou réparer notre adn pour qu'il ne s'use pas avec le temps : ce sera cela la véritable innovation : transformer l'homme en machine car réparable à l'infini sans artifice bionique. On ne vaudra pas plus qu'une vache.
a écrit le 13/04/2015 à 14:35 :
Et le gagnant sera celui qui manie le mieux " l'optimisation " fiscale.
a écrit le 13/04/2015 à 13:05 :
On ne doit pas vivre dans le même monde. Je constate jour après jour l'augmentation des rentes obligatoires, publiques comme privées. L'expression du "pouvoir consommateur" est une rigolade. Essayez par exemple d'obtenir des informations fiables et opposables quant à (au hasard) la qualité du courant que vous recevez, la durée d'acheminement du courrier, le traitement de vos échanges documentaires avec le RSI, la durée de vie réelle des ampoules basse consommation, la qualité de votre débit ADSL, l'état de votre véhicule de moins de 10 ans... ou de refuser un compteur électrique qui permettra de commercialiser vos données personnelles sans votre accord...
Réponse de le 13/04/2015 à 15:03 :
Bonjour,
Effectivement, vous voyez le verre à moitié vide plutôt qu'à moitié plein. Quel besoin avez vous de connaitre la qualité du courant que vous recevez du moment ou vous êtes un particulier et qu'il suffit de vous équiper d'un onduleur pour quelques centaines d'euros pour vos équipements sensibles. Concernant la durée d'acheminement du courrier elle est dans la moyenne des pays de l'OCDE, certes améliorable mais encor une fois il existe des services privés plus rapide que la poste qui sera de toutes les manières privatisée sous peu. Le RSI personne ne le conteste a de très gros problèmes de compétence, d'organisation et de cohérence il va d'ailleurs probablement y avoir une enquête parlementaire sur le sujet. La durée de vie réelle des ampoules basses consommation dépend de la technologie, du constructeur et de l'usage que vous en faites. Personnellement cela fait pratiquement 10 ans que je n'en ai changé aucune, bien entendu mes douilles sont de bonnes qualité, mon réseau électrique est au norme et il n'y a pas ce type d'ampoule, dans les WC, la cuisine et la salle de bain qui sont des endroits de passages fréquents qui provoquent l'usage prématuré de ce type d'éclairage. LE débit ADSL dépend de votre lieu de résidence par rapport au DSLAM, plus vous êtes loin moins vous avez de débit et plus votre ligne téléphonique est vieille moins vous avez de débit. Au delà de 2km du DSLAM il vaux mieux envisager la fibre si votre ville est fibrée. L'Etat de votre véhicule de moins de 10 ans dépend de l'entreten que vous en fait, de la gamme achetée et bien entendu de vos moyens financiers. Il est évident qu'une clio à 10K mal entretenue tiendra moins longtemps qu'une BMW à 50K bien entretenue. Vous ne pourrez pas refuser le compteur électrique connecté car il ne vous appartient pas mais appartient à votre fournisseur d'énergie, de plus cela permettra de mieux gérer les approvisionnement des différentes régions via les réseaux intelligents en cours d'installation. Ce qui est ciblé ce ne sont pas vos consommations de particulier mais les usages communaux afin de fournir la bonne énergie au bon moment et au meilleur tarif à l'usager en revendant l'excédant aux entreprises et pays limitrophes.
Réponse de le 13/04/2015 à 15:04 :
On peut aller plus loin. Il existe une maladie, bien française, très répandue dans des entreprises très "numériques", qui se manifeste de la façon suivante: il est IMPOSSIBLE de communiquer avec elles par voie numérique. L'écrit au "service client" s'impose... et décourage. Vive le numérique...
Réponse de le 13/04/2015 à 15:06 :
Je tenais à m'excuser pour mes fautes d'orthographes et de grammaire sur mon commentaire précédent, je ne me suis pas relu. C'est inexcusable de ma part.
Réponse de le 13/04/2015 à 16:05 :
Vous avez raison, sauf qu'il s'agit de paramètres déterminants quant à la signature du contrat. Vous répondez d'ailleurs systématiquement à côté. Je me moque par exemple de savoir ce qui est ciblé, cela repose sur l'affirmation péremptoire d'une autre partie. On parle de droit. De vente liée par exemple, ou de conditions léonines, ou de non respect d'un caractère substantiel du bien ou service. Documentez-vous si vos êtes sincère dans votre réponse. Pour info, il existe des centaines de dispositions léonines ou contraires à la loi dans les conditions contractuelles, obligatoires de fait puisque imposées, parmi celles de fournisseurs cités. Les associations de consommateurs et autres hautes autorités le constatant sans relâche. Comment cela est-il acceptable? Comment est-il acceptable de répondre que les assurances couvrent les risques électriques quand bien même il est de la responsabilité du fournisseur de veiller à la qualité de son produit? Ce type d'excuse, très courant, ne vaut pas. En effet, l'assurance (qui est d'ailleurs proposée systématiquement) n'est pas gratuite. Autre moyen classique, le recours à l'état (quel qu'il soit). Ainsi, quand une collusion renchérit criminellement le prix d'un type de biens et qu'une amende est imposée suite à une procédure menée, les bénéficiaires ne sont jamais les spoliés, mais l'état. C'est d'autant plus significatif quand une action judiciaire est menée à son terme, car dès lors selon le principe de la chose jugée, il devient impossible d'obtenir soi-même réparation. Les exemples sont légion et ne relèvent pas de l’interprétation.
Réponse de le 13/04/2015 à 19:44 :
@légère distorsion spatio temporelle... : Je comprends parfaitement votre propos, que je n'avais pas saisi lors de votre premier commentaire.
Il est effectivement vrai qu'il y a une maladie généralisée en France qui consiste à mettre des clauses abusives dans les contrats que ce soit des contrats de service, des contrats de travail ou autre. Le droit définit la possibilité d'attaquer en justice les entreprises soupçonnées de fraudes (et de considérer les clauses abusives comme réputées non écrites) mais ne permet de le faire qu'au travers d'associations de consommateurs qui porteraient elles même l'action en justice via des critères plutôt restrictif sans pouvoir comme aux USA en passer par un recours collectif et effectivement c'est le procureur de la nation qui en tire bénéfice en terme de condamnation et d'amende pour des dommages et intérêts réduits à leur partie congrue afin de ne pas créer une jurisprudence trop sévère mais de ce fait elle est en conséquence totalement laxiste concernant le préjudice subit par le citoyen ou le consommateur et l'indemnisation/réparation de ce dit préjudice. Il y a effectivement deux poids et deux mesures qui sont alimentés par un lobbying très fort des entreprises qui ne veulent pas se voir astreintes à de lourdes répercussions financières comme aux USA ou en Chine et Japon en cas de faute avérée et d'autre part l’État souhaite éviter la faillite de ce ces mêmes entreprises afin d’éviter de perdre en TVA et impôts sur les sociétés. Il faudrait donc mettre en place probablement un cadre législatif très strict contrôlé par la DGCCRF de manière systématique et les inspecteurs du travail 'Cela impliquerait de multiplier par 5 ou 7 les inspecteurs des 2 organismes ce que ne veulent surtout pas les entreprises notamment du CAC40 car pas vu pas pris) concernant les contrats de services, de vente lié et les contrats de travail cela éviterait à l'avenir les fraudes et abus et même si cela renchérirait un peu les coûts de SAV de ces entreprises cela serait un mieux pour l'ensemble de la société. Malheureusement l’État est très loin de ces considérations et nous considère comme des robots payeurs qui ont le droit de consommer et n'ont pas voix au chapitre, c'est le prix de la démocratie représentative. Le modèle Suisse serait plus approprié afin de mettre en place les lois par le peuple et pour le peuple,une forme de sixième république. Mais pour cela il faudrait remettre en question toute la structure pyramidale construite sur la cinquième et donc l'existence même des partis politique ainsi que de leur financement occultes ainsi que l'exercice de la justice (qui est formaté en tout répressif au lieu de créer de la réinsertion et de la formation) tel qu'ils sont conçus et exercé aujourd'hui. Bref on parle d'un Mai 68 N°2 ou d'une prise de conscience collective à l'Islandaise avec concertation populaire pour réécrire la constitution. J'adorerais mais la majorité de la population n'y comprends goutte et reste trop imbriqué dans les difficultés du quotidien alors de là à susciter une adhésion massive ... . Mais il faut effectivement continuer à mettre cela sur le tapis continuellement et à informer jusqu'à ce que la société dans son ensemble s'empare du sujet afin que le peuple battisse son propre avenir et ne soit plus simplement "géré" par des élites politiques en déliquescence sans morale ni efficience. 100% de nos problèmes en France peuvent se régler avec de la technologie, de la science, de la formation et de l'organisation. Hors Les politocards (la faute est faite sciemment) pensent que tout se règle avec de l'argent et des lois. Le système montre l'inaptitude fondamentale des énarque dans la pensée sociale du 21ème siècle et dans la gestion du progrès technologique au service du bien commun. Des polytechniciens formé en philosophie et économie feraient bien mieux mais ils sont systématiquement écarté au profit de professionnels de la politique qui n'est pourtant pas censée être un métier, ni même rémunérée ... .
Réponse de le 14/04/2015 à 3:38 :
Une solution serait non pas de fonder une VIème, qui à mon avis ne verra pas le jour de sitôt, l'UE aura entre temps réduit les états-nations à des chapelles néo-féodales appelées régions, mais de pousser des initiatives de type plateforme collaborative avec proposition de contrats (expression par les utilisateurs de leurs demandes et formulation des propositions avec liste des contractants potentiels signables par les fournisseurs intéressés, j'espère être clair). En d'autres termes, faire exploser le paradigme actuel par la base en inversant effectivement le rapport de force. Cdlt
Réponse de le 14/04/2015 à 14:05 :
@légère distorsion spatio temporelle... :
Ce changement de paradigme est en cours depuis l'avènement des grosses firmes Internet. Mais les entreprises traditionnelles refusent d'abandonner leur business et leur part de marché aussi simplement. L'article décrit d'ailleurs très bien cela.
De plus pour qu'il y ait un changement de paradigme si on peut qualifier cela de paradigme, il faut une adhésion massive des consommateurs et usagers et nous en sommes très loin. Lorsque les BabyBoomers seront tous des Papyboomers à la retraite peut-être qu'effectivement ce changement s'opèrera mais en attendant c'est lent et localisé sur certaines activités uniquement. Et pour que cela fonctionne il conviendra nécessairement de faire évoluer le droit mais aussi les institutions de la république. Concernant l'UE, je doute fortement de votre vision car nous sommes dans un statu quo ou les États ont décidé qu'ils ne cèderaient pas plus de prérogatives à Bruxelles pour le moment. Donc pour le moment le parlement européen vote des lois qui sont approuvés ou non par le conseil européen qui est l'expression directe de la volonté des État-nation de l'Europe. Donc dans les faits l'Europe est encore une communauté de Nation relativement indépendante et cela pour longtemps tant qu'il n'y aura pas des ministres de l'Europe chargé de coordonner la politique commune européenne ce que les USA et la Chine ne souhaitent surtout pas (diviser pour mieux régner ...). Je pense que ce qui va vraiment se passer c'est que la plupart des communautés de citoyen en Europe vont se saisir des fablab, des imprimantes 3D et de tout un tas d'outils de conception et de création et vont devenir relativement autonomes sur tout un pan de l'économie concernant la production d 'objet usuels.
Réponse de le 15/04/2015 à 2:05 :
C'est une vision assez optimiste. Je vois mille et une opportunités pour le scalping à bon compte de ce genre d'initiative (en termes de marge) via les normes etc. Et je ne suis pas certain de la pertinence générationnelle. Quant au devenir de l'UE, il me semble que les faits sont en faveur de mon scenario. Regardez l'avance de la régionalisation. Regardez le contenu qui est négocié sur le traité transatlantique (qui permettra de shunter efficacement les blocages nationaux), regardez l'utilisation politique de l'Euro. Saviez-vous par exemple que contrairement à ce qu'on nous laisse entendre, l'adoption de l'Euro n'est pas optionnelle (convergence) au sein de l'UE? Je ne fais pas la liste, mais en gros l'appareil technocratique est devenu indépendant et hors d'atteinte (lisez les conditions extraordinaires des statuts du MES ou de la BCE et de son personnel, c'est sidérant). Or il a seul la maîtrise de l'agenda et peut (ce qu'il fait) remettre le même agenda sur le tapis, jusqu'à ce qu'une majorité, fut-ce elle de circonstance, l'approuve. Aucune marche arrière n'est possible. D'ailleurs, il n'est plus rare de lire ou d'entendre des commentaires détendus du genou expliquant qu'il est nécessaire et louable de mentir au peuple, de lui limiter l'accès à une contestation (voir le funeste destin de la procédure de référendum qui fut pourtant vendu comme contre-pouvoir efficace à leurs dérives), qu'on ne peut sortir de l'une ou l'autre institution ou montage, que la démocratie ne peut rien (notre bon Juncker) etc. Mais je salue néanmoins votre optimisme.
a écrit le 13/04/2015 à 12:54 :
Bonjour,
LA transition numérique a également pour effet de simplifier les usages et beaucoup de métier et est donc perçue en partie comme la fameuse création destructrice de Schumpeter. Par exemple dans cinq ans il n'y aura plus besoin d'armée d'informaticiens pour déployer et administrer les baies de stockages des grands constructeurs qui vont tous vers la simplification et l'automatisation, il n'y aura plus besoin dans dix ans d'avoir à faire à un chauffeur de taxi car les automobiles se conduiront seules, il suffira d'insérer sa carte bancaire ou de payer sans contact avec son téléphone.Dans 20 ans la production énergétique sera totalement décentralisée car tous les immeubles et noueaux habitats seront à énergies positives ce qui permettra à de nombreuses entreprises de revendre l'énergie en gros sur le marché et aux particuliers propriétaire d'en profiter financièrement, les États disent qu'il est impossible nettoyer le plastique des océans et déjà de nombreuses startups créent des engins capable de le récolter et de le valoriser mais également d’empêcher dorénavant son déversement dans les eaux de la planète, et j'en passe des meilleurs. La numérisation de l'économie permet de nouveaux usage et accélère la mise à la retraite des babyboomers qui sont d'un seul coup ringardisé malgré une vie entière de création, de travail et d'innovation dans les entreprises traditionnelles. Cela va donc impliquer une sérieuse prise en charge en terme de formation, de remise à niveau et de gestion des faillites de la part de l’État providence. Les prochaines années s'annoncent à la fois passionnante et tumultueuses. Effectivement nous ne sommes qu'au début de la numérisation de l'économie et bien entendu cela va faire des heureux et des malheureux comme lorsque le chemin de fer a été généralisé au 19ème siècle et que cela a supprimé 90% des filières et métier autour du cheval. C'est dés à présent que la formation pro, l'école et les universités doivent imposer des UE de formation au numérique dans toutes les filières afin que jeunes et moins jeunes puissent s'intégrer dans cette nouvelle société numérisée et globalisée.
a écrit le 13/04/2015 à 10:25 :
Réveillez vous, nous ne sommes plus à la fin des années 90, c'était il y a presque 20 ans.
Parler de transition numérique en 2015, c'est commettre une énorme bourde, avoir 25 ans de retard, dommage pour nos consultants et personnels politiques qui n'ont que ce mot à la bouche.
Vous feriez mieux de parler de sujets plus actuels....
Réponse de le 13/04/2015 à 12:18 :
@rutabaga la transition serait donc finis pour toi? Plus rien à faire. 20 ans qu'on en parle, mais elle vient en réalité seulement de commencer. Le plus gros est à venir. Donc oui, il faut tjrs en parler. Le principal problème est que l'apparition de nouveaux modes de consommation et de nvx besoins, les entreprises du cac40 sont incapables de les comprendre en profondeur. 90% du CAC40 etait le même y a 20 ans, le numérique à jusqu'à maintenant modifié leur process de travail mais pas leur marché. Aujourd'hui c est les marchés eux mêmes qui sont attaqués. On en reparlera dans 20 ans et tu verras si le numérique n avait pas fait que commencer en 2015!

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