Fonroche veut développer une filière française de la géothermie

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Un forage géothermique en Alsace. AFP
Un forage géothermique en Alsace. AFP (Crédits : DR)
Le groupe lot-et-garonnais, l'un des leaders français du solaire, s'apprête à investir 400 millions d'euros dans le secteur et à créer 500 emplois directs d'ici 10 ans. Un premier grand projet vient d'être lancé à Lons, dans la banlieue de Pau en Béarn.

En 2008, lorsque Yann Maus crée Fonroche dans la zone d'activités de l'Agropole d'Agen, dans le Lot-et-Garonne, il n'a que quatre salariés. Aujourd'hui, quatre ans plus tard, ce jeune PDG de 42 ans est à la tête d'un groupe, qui compte 410 personnes et a réalisé 257 millions d'euros de chiffres d'affaires en 2011. C'est devenu l'un des leaders mondiaux du solaire. L'un des rares aussi en France à avoir résisté au moratoire qui a fortement touché la filière des panneaux photovoltaïques. Son secret ? Sa société réalise 92 % de son chiffre d'affaires à l'export. Mais, surtout elle maîtrise la chaîne de production de A à Z. « Nous sommes à la fois développeur, constructeur, investisseur, poseur et exploitant des centrales. Si nous ne faisions que des panneaux solaires, nous n'existerions plus », explique Yann Maus.
Fonroche veut investir 400 millions d'euros en 10 ans
Autre clé de ce succès, Fonroche a su se diversifier. Après le biogaz, le groupe se lance désormais sur le marché de la géothermie (le principe consiste à capter l'eau chaude dans les profondeurs de la terre entre 6 000 et 8 000 mètres pour utiliser l'énergie en surface avant de la réintroduire dans le sous-sol). Avec la même volonté de maîtriser l'ensemble du métier et de grosses ambitions. Avec l'aide du fonds Eurazeo, qui possède près de 30 % de son capital, Yann Maus promet d'investir 400 millions d'euros et de créer 500 emplois directs dans les dix ans à venir. Depuis 2011, Fonroche a implanté une équipe d'une quinzaine d'ingénieurs et techniciens dédiée à la géothermie sur le technopôle Hélioparc de Pau. Elle développe actuellement une dizaine de projets et travaille à l'implantation de centrales géothermiques dans le bassin Parisien, en Alsace et en Aquitaine. Parmi eux, il y a Fongeosec, un projet sur un site de plus de deux hectares de la stratégique zone Induspal à Lons, dans le bassin de Pau-Lacq, mené par un consortium d'entreprises et piloté par Fonroche Géothermie. Sélectionné par le Pôle de compétitivité « Avenia » avec l'appui de l'Université de Pau, la Région, le Département et la Communauté d'agglomération, ce chantier à 80 millions d'euros est le premier projet d'une série d'investissements qui auront lieu dans le cadre du programme national des investissements d'avenir. Début d'exploitation prévu en 2017.
La géothermie va révolutionner le monde de l'énergie et la France peut jouer les premiers rôles
Yann Maus est convaincu que l'avenir de la géothermie se joue maintenant. Son idée est de créer des unités de production de chaleur et d'électricité décentralisées un peu partout dans l'Hexagone et le monde. Aujourd'hui, le seul site de production d'EDF sur le territoire est à Soultz-sous-Forêts en Alsace. « L'intérêt de cette énergie, en plus de son très faible impact environnemental, est de décentraliser la production énergétique en produisant des énergies de proximité, immédiatement utilisables par les populations locales, ce qui évite le gaspillage actuel dans le transport notamment », avance-t-il. Selon le PDG, la France peut jouer les premiers rôles. « Mais, c'est maintenant qu'il faut faire le choix, comme nous l'avons pour le nucléaire à une autre époque », prévient-il. Les États-Unis ont déjà livré leurs premières centrales géothermiques et considèrent le développement de cette solution comme prioritaire. En Europe, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie accélèrent leurs efforts. Si l'on en croit les estimations de Fonroche, le potentiel de création d'emplois en France de la filière s'élèverait à 10 000 emplois directs et indirects d'ici 10 ans. Rien que le marché français est évalué à 1 milliard d'euros.
 

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Commentaires
a écrit le 11/07/2012 à 20:53 :
Il est étonnant que les pétroliers (et Total en tête) ne s'intéressent pas a cette technologie d'avenir alors qu'ils sont du même secteur et qu'ils maitrisent les techniques de forage ...

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