727Sailbags recycle avec succès les voiles de bateaux en prêt-à-porter

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Chaque objet ou vêtement estampillé Sailbags est une pièce unique vendue avec le pedigree et l'histoire de la voile (voilier équipé, courses disputées...).
Chaque objet ou vêtement estampillé Sailbags est une pièce unique vendue avec le pedigree et l'histoire de la voile (voilier équipé, courses disputées...). (Crédits : Pascale Paoli Lebailly)
La société bretonne qui conçoit des objets déco, des bagages et du prêt-à-porter en recyclant des voiles de bateaux de course, s’est fixé un nouvel objectif pour les cinq années à venir : ouvrir jusqu’à 20 boutiques en France.

Des sacs, des polos, des maillots de bains, des poufs et des transats design : on peut tout faire avec des voiles de bateaux recyclées. C'est ce que s'emploie à démontrer depuis 2009, la marque 727Sailbags, nom commercial de la SARL Green Sails.

Fondant sa philosophie sur l'envie de « sublimer des voiles en fin de vie et les transformer en créations chics, uniques, écologiques pour prolonger l'histoire et le rêve », elle se taille même un joli succès.


De l'ambition pour 2020

Avec 90 références à son catalogue dans les domaines de la décoration, du prêt-à-porter et de la mode (robe de mariée comprise !), l'entreprise basée à Lorient sur l'ancienne base de sous-marins de Kéroman, s'est fixé un nouveau cap pour dépasser son 1,7 million d'euros de chiffre d'affaires (21 salariés).

727Sailbags, qui affiche une croissance de 44 % par an en moyenne,  vient d'établir un plan de développement à cinq ans qui s'appuie sur une levée de fonds de 2 millions d'euros, sous forme de dettes et d'investissement au capital,  afin de financer sa nouvelle stratégie.

 Erwann Goullin, directeur général de Green Sails en charge du développement, détaille:

« Nous visons les 10 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici à 2020 pour 50 salariés, avec l'objectif d'ouvrir jusqu'à 20 boutiques en nom propre sur le territoire national et cinq à l'étranger, sur un rythme de 3 à 4 boutiques par an. L'export représente pour le moment 13 % de notre chiffre d'affaires, mais nous souhaitons monter à 17 % dans les années qui viennent en nous concentrant sur des zones comme les Etats-Unis, l'Australie-Nouvelle Zélande et l'Europe (Italie, Royaume-Uni, Belgique) »

Cet ancien consultant de chez Deloitte, s'est associé en 2009 avec deux autres férus de voile, de mode et de design pour créer 727Sailbags : Anna Beyou, chargée de la mode et de la communication de marque, par ailleurs épouse du skipper Jérémie Beyou (2ème sur l'Imoca Maître Coq lors de la Route du Rhum 2014),  et Jean-Baptiste Roger. Lui-même vice champion de Hobie Cat 16 en 1999, il est le président de la structure et s'occupe des aspects techniques de la fabrication.

Le "lacoste de la voile" ?

Les trois associés, qui envisagent de boucler cette ouverture de capital d'ici à juillet au plus tard, recherchent, outre des fonds, des investisseurs privés : entrepreneurs, industriels capables de leur apporter une vision, une expérience pour déployer leur marque haut de gamme liée au textile et tributaire d'un réseau de distribution.

Pour attirer des candidats à l'investissement, l'entreprise met en avant sa capacité d'innovation. Comme la trentaine d'autres marques investies sur ce secteur, 727Sailbags a démarré en confectionnant des sacs et des cabas. Pour ne pas être copiée, elle est depuis cinq ans, en continuelle conquête commerciale: élaboration d'une gamme féminine, d'une ligne de prêt à porter pour hommes et pour enfants. Les spis permettent des empiècements sur les cols de polos, les maillots de bain... Plus rigides, les voiles de compétition sont idéales en abat-jour. Une ligne de chaussures a également été lancée. Ces articles sont produits dans l'atelier de Lorient, mais aussi chez des sous-traitants en France, en Tunisie et au Maghreb.

Avec l'ambition de devenir « le Lacoste de la voile », la société, qui est en recherche d'un directeur artistique, cherche aujourd'hui à se structurer davantage et industrialiser sa production, afin de retravailler ses produits autour de véritables collections.

Des pièces uniques

727Sailbags dispose pour l'heure de trois boutiques en propre à Lorient, l'île de Ré et Paris, d'un réseau de 70 revendeurs et d'un site de vente ligne (727sailbags.com) mais veut pouvoir répondre à la demande d'une clientèle élargie.

« Notre quatrième boutique ouvrira prochainement du côté de Bayonne . A l'origine, notre clientèle était constituée de passionnés de voile, mais ce type d'article est devenu à la mode. Nos produits portent certaines valeurs et les gens cherchent aussi à donner un sens à leurs achats » ajoute Erwann Goullin.

Chaque objet ou vêtement estampillé Sailbags est, en outre, une pièce unique vendue avec le pedigree et l'histoire de la voile (voilier équipé, courses disputées...).

Alors  que 400 000m2 de voiles partent à la décharge chaque année, 727Sailbags en a collecté l'an passé 60 000m2, auprès des écuries de course de Lorient (Banque Populaire, Gitana, Groupama, Oman...) mais aussi en Turquie, aux Etats-Unis (Coupe America). Entre les 40 000m2 non recyclés en 2014, et les 30 000m2 des années précédentes, l'entreprise dispose d'un stock de 70 000m2. De quoi faire face à ses futurs développements.

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