Catherine Lescure : « Concevoir les quartiers intelligents de demain »

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(Crédits : DR)
Catherine Lescure, déléguée régionale Île-de-France d'EDF, explique l'action de la branche francilienne du fournisseur d'électricité pour la rénovation des bâtiments et le développement de l'autoconsommation. Propos recueillis par César Armand

LA TRIBUNE - À l'heure de l'obtention des Jeux olympiques et du lancement du Grand Paris Express, que représente le logement pour vous ?

CATHERINE LESCURE - Avec 70.000 logements à construire chaque année pendant vingt-cinq ans, le logement est un enjeu clé du Grand Paris. EDF et ses filiales sont engagés dans de nombreux programmes, aux côtés des promoteurs et constructeurs immobiliers, pour concevoir ensemble les quartiers intelligents et bas carbone de demain. Cela intègre l'utilisation des meilleures technologies : systèmes de réseaux de chaleur utilisant les énergies renouvelables, pilotage automatique des bâtiments en fonction des usages et gestion à distance des équipements par les habitants, éclairage connecté et intelligent, gestion de bornes de recharge pour véhicules électriques couplées au photovoltaïque... Tous ces services vont permettre de construire un Grand Paris où il fait bon vivre.

Quelle place accordez-vous à la rénovation des bâtiments existants ?

La rénovation des bâtiments est un gisement d'économie d'énergie très important, sachant que plus de 90% des logements de l'agglomération parisienne sont antérieurs aux réglementations thermiques en vigueur. EDF est engagé pour rendre ces bâtiments existant plus efficaces d'un point de vue énergétique. Nous avons signé des partenariats avec les bailleurs sociaux, comme SNI, et les pouvoirs publics. Dans les Yvelines, notre filiale Dalkia a mis en place un contrat de performance énergétique pour 38 collèges du département. Le but : 23% de consommations énergétiques économisées sur trois ans et 30% d'émissions de CO2 évitées.

Plus généralement, nous encourageons toute initiative visant à abaisser la facture énergétique, par exemple via les solutions d'autoconsommation qui permettent aux habitants d'une maison individuelle ou d'un immeuble de produire et de consommer leur propre énergie. Nous avons récemment signé un premier contrat, dans le cadre de notre offre « Notre soleil et nous » en Rhône-Alpes qui, nous en sommes convaincus, trouvera rapidement preneur dans le Grand Paris.

Comment travaillez-vous sur l'autoconsommation ?

Je citerais la solution énergétique de l'écoquartier Nanterre Coeur Université, premier smart grid [réseau intelligent, ndlr] électrique et thermique de France ! Le réseau est alimenté par 60% d'énergies renouvelables, dont le photovoltaïque, la biomasse et la géothermie de surface. Le smart grid relie les différents bâtiments, mutualise les besoins des occupants et permet aux immeubles (bureaux, logements, commerces) d'échanger leurs calories pour leur besoin en chauffage, eau chaude et climatisation. 100 % de l'électricité produite est auto-consommée par les équipements électriques du réseau. Les bâtiments restent, bien sûr, raccordés au réseau électrique.

Nous sommes en effet encore loin de l'autonomie totale de tout un quartier. L'enjeu consiste donc à assurer un équilibre entre la production locale et la production centralisée de l'énergie. Avec en ligne de mire l'enjeu du stockage de l'électricité, qui mobilise largement nos chercheurs !

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Propos recueillis par César Armand

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