Île-de-France : le logement au cœur du débat des élections régionales

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Quel sera le rôle de la région Île-de-France en matière de politique du logement ?
Quel sera le rôle de la région Île-de-France en matière de politique du logement ? (Crédits : Décideurs en région)
Les candidats aux élections régionales des deux principaux partis politiques ont détaillé leurs propositions en faveur du logement, lors d'un colloque se tenant à la fédération française du bâtiment.

Il y a quelques jours au siège de la fédération française du bâtiment (FFB), dans le très chic sud du 17ème arrondissement parisien, les lobbys de l'immobilier (FFB, fédération des promoteurs immobiliers (FPI) et fédération national de l'immobilier (Fnaim)) se sont réunis afin d'évoquer la politique du logement dans la métropole du Grand Paris. Eatient notamment présents les deux principaux candidats à la présidence du conseil régional d'Île-de-France, Valérie Pecresse (LR) et Claude Bartolone (PS), invités à exposer leurs propositions sur ce sujet.

Les intentions des deux candidats intéressent, car si l'Etat, les communes et les intercommunalités possèdent les principales compétences en matière de logement, le conseil régional a aussi son mot à dire. Son rôle a même été récemment renforcé dans la loi NOTRe, qui lui donne « la compétence pour promouvoir (...) le soutien à l'accès au logement et à l'amélioration de l'habitat ». La région peut donc concrètement venir en appui financier des communes - d'autant plus que celles-ci connaissent en ce moment des difficultés financières, et participer à l'organisation d'un cadre règlementaire favorable à la production de logements.

Identifier le foncier constructible

Devant un parterre de professionnels acquis à sa cause, Valérie Pécresse fut la première à détailler son programme. Sur les sujets liés à l'urbanisme, elle a tout d'abord assuré vouloir préserver « l'esprit village » des communes résidentielles franciliennes, tout en prônant le maintien « des espaces verts et des forêts ».

D'où la nécessité d'identifier finement les réserves foncières sur le territoire francilien pour construire davantage de logements.

Ainsi, la candidate Les Républicains assure qu'elle prendra la présidence de l'établissement public foncier d'Ile-de-France si elle est élue. Plus précisément, Valérie Pécresse s'est engagée à mobiliser les réserves foncières des lycées (elle a recensé 10 millions de mètres carrés de foncier non bâtis autour des lycées) afin d'y construire 25.000 nouveaux logements pour les jeunes et notamment les étudiants. Elle a aussi indiqué qu'il fallait construire au-dessus des 72 gares du Grand Paris, « ce qui n'est pas prévu partout » déplore-t-elle.

Inciter les maires à construire

Claude Bartolone promet de son côté qu'il réformera la gouvernance du logement en Île-de-France en créant une nouvelle instance dédiée spécifiquement au logement francilien, « un peu à la manière de ce qui existe dans les transports avec le Syndicat des transports d'Île-de-France (Stif) », explique-t-il. Celle-ci sera notamment motrice dans d'identification des réserves foncières, ainsi que dans la planification des objectifs fixés en matière de construction de logement.

Les compétences en matière d'urbanisme des communes sont aussi au centre des débats. Intransigeant, Claude Bartolone milite pour que les maires franciliens qui ne respecteront pas les exigences fixées dans les documents d'urbanisme en matière de production de logements, se voient retirer l'octroi des permis de construire. Valérie Pécresse se limite pour sa part à appeler à la mobilisation des maires pour qu'ils construisent.

Des divergences sur les sujets sociaux

Du reste, s'il y avait un sujet de divergences à dégager, il concernerait clairement la vision sociale du logement. Ainsi Valérie Pécresse souhaite casser les ghettos par une solution propre à la droite : si elle est élue, la région ne cofinancera plus la construction de logements très sociaux dans les villes comptant plus de 30 % de logements sociaux. En parallèle, elle soutiendra les classes moyennes à devenir propriétaire - elle regrette la baisse du taux de propriétaires en Île-de-France de 50 % en 2007 à 47,5 % aujourd'hui - par la distribution d'un « prêt à taux zéro (PTZ) cumulable avec celui de l'Etat, et qui sera accessible pour un achat dans le neuf comme dans l'ancien », propose-t-elle.

Claude Bartolone met pour sa part l'accent sur la location très sociale, sociale et intermédiaire, ainsi que sur l'accession sociale à la propriété. Comme Valérie Pecresse, il propose une aide complémentaire au PTZ de l'Etat, mais seulement dans les communes situées en zone A (386 communes d'Ile-de-France) pour accroître le nombre de primo-accédants. Enfin pour les jeunes, le candidat PS souhaite élargir la caution locative étudiante - qui avait en quelque sorte remplacé la très polémique garantie universelle des loyers promise par Cécile Duflot - à l'ensemble des jeunes de moins de 30 ans.

Bref, si les programmes des deux candidats se rapprochent sur les sujets qui font consensus (mobilisation du foncier, soutien aux primo-accédants, limitation de l'étalement urbain...), en revanche les divergences idéologiques sur le terrain du logement social restent prégnantes. Le contexte est il faut dire houleux : le ministre de la Ville Patrick Kanner a rendu vendredi une visite très médiatique à la maire Les Républicains d'Ormesson-sur-Marne (Val-de-Marne), afin de dénoncer la part ridicule d'1,7% de logements sociaux que compte la ville, pour rappeler aux maires leurs obligations en la matière.

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Commentaires
a écrit le 16/10/2015 à 19:24 :
Il faut densifier les zones tendues à Paris en rasant au moins 1/3 des logements pour construire des immeubles de "très haut standing" comme à New York et y attirer les riches ; je précise bien de très haut standing avec des services tout intégrés de conciergerie , , garderie, salle de sport , centres commerciaux , restaurants , gardiennage etc... et certainement pas pour y loger des migrants ou les classes sociale inférieures ... , ce qui permettra de libérer de l'espace pour la classe moyenne et ainsi de suite .
Or , l'obligation dans le neuf de compter des logements sociaux interdit ce genre de politique .Les temps de transports vont donc continuer à augmenter en ile de france, ,les riches et les copains du système resteront près de leur boulot, la classe moyenne sera plus loin et la classe défavorisée très loin .
a écrit le 09/10/2015 à 17:38 :
En Allemagne, les prix immo sont deux fois moins cher qu'en Frankreich.
Prix biere dans bar allemand : 3 euros (50 cl) -> 6 euros le litre
Prix biere dans bar francais : 6 euros (33 cl) -> 18 euros le litre

Lorsque vous achetez quelque chose dans un magasin, ce qui vous revient le plus cher, ce n'est ni la matière première, ni le coût du transport, ni les salaires, mais le prix du m² du rayon où est placé le produit.
a écrit le 05/10/2015 à 13:17 :
APL = mise a la poubelle de l`argent de l`etat. Les rentiers disent merci aux contribuables. Il vaut mieux donner cet argent aux rentiers tout en laissant les emplois disparaitre doucement mais surement en France depuis 4 ans.
a écrit le 01/10/2015 à 13:35 :
L'économie ne repartira jamais avec les prix immobiliers maintenus artificiellement à des niveaux absurdes.
La famille moyenne, une fois son loyer/remboursement mensuel payé, n'a pas les moyens d'acheter grand chose. La consommation est paralysée, et la croissance et l'économie resteront dans le rouge.

L'ennemi de la France, actuellement, c'est le groupe de lobbies immobiliers. Et ils mettent indirectement au chômage tout le secteur du bâtiment.
a écrit le 30/09/2015 à 17:54 :
Le batiment, c'est le plus gros business de France, c'est lui qui fait marcher le pays ...mais bizarement, presque personne ne veut bosser dans le batiment !!
a écrit le 30/09/2015 à 11:18 :
Je voterai pour le parti qui envera se faire fout*e les lobbies Immo.
Réponse de le 09/10/2015 à 17:42 :
Qui sont ces lobbies immo ? des noms svp.
a écrit le 30/09/2015 à 10:50 :
25 % de la population française concentrée en île de France soit 40 Km2 , est-ce raisonnable. Quand va t-on enfin décentraliser en reprenant ce qui se faisait dans les années 1960, la politique de la Datar? Si on quitte les grandes métropoles , le pays
est un vrai désert, des millions de M2 de logements inoccupés. Pourtant compte tenu de la pollution dans la région parisienne, changer d'air serait bénéfique.
Réponse de le 08/10/2015 à 13:27 :
L'île-de-France, c'est 12000 km²... Ceci dit je partage votre point de vue sur la décentralisation, ou plutôt la déconcentration.
a écrit le 30/09/2015 à 10:17 :
C est stupide de donner des subvention comme le veut pecresse afin d inciter les gens a acheter car:

1) acheter bloque la mobilite geographique (ben ou si vous avez un credit sur 20 ans vous allez pas partir comme ca)

2) en zone tendue comme paris, la subvention est en fait empochee par le vendeur qui va simplement augmenter les prix

3) on a actuellement un debut de chite des prix, il faut au contraire amplifier le mouvement afin qu ele sgens puisse se loger moins cher et non pas le freiner. mais c est sur que c est pas populaire apres de l electorat LR (majoritairement des vieux qui esperent bien faire la culbute en vendant leur pavillon)
a écrit le 30/09/2015 à 7:52 :
il veut creer une nouvelle instance financee par des nouveaux impots ( dont il dispensera son electorat) pour placer tous ses copains qui vont degager dans les prochaines elections. j'ai bien compris?

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