Privatisation de l'aéroport de Toulouse, Airbus alerte le gouvernement Valls

Fabrice Brégier (PDG d'Airbus), des élus et le président de la CCI et Toulouse écrivent au gouvernement pour l'alerter sur les conséquences de la privatisation de l'aéroport de Toulouse. Ils craignent une augmentation des prix du foncier au détriment de l'avionneur qui loue des terrains à l'aéroport. Alors que la première partie de la procédure se termine le 31 octobre, le calendrier s'accélère. Il ne reste que quelques jours à Matignon pour éventuellement suspendre l'appel d'offres.

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Les candidats au rachat des parts de l'État dans l'aéroport de Toulouse ont jusqu'au 31 octobre pour déposer une offre ferme.
Les candidats au rachat des parts de l'État dans l'aéroport de Toulouse ont jusqu'au 31 octobre pour déposer une offre ferme. (Crédits : Photo: Rémi Benoit)

La procédure d'appel d'offres lancée par l'État pour céder ses parts au capital de d'ATB (lire notre article) est brutalement sous le feu des critiques. Après le "marché de dupes" dénoncé hier par le président du Ceser Jean-Louis Chauzy (lire notre article), le député PS de Haute-Garonne Christophe Borgel monte au créneau ce mardi pour signaler "la manière totalement invraisemblable dont les choses sont engagées, sans prendre en compte les intérêts d'Airbus".

Un loyer actuel "inférieur au prix du marché" ?

Comme le président du Ceser, le député regrette que rien dans le cahier des charges de l'appel d'offres ne concerne le foncier entourant l'aéroport. 100 hectares sont en effet loués à Airbus pour un loyer que de nombreux interlocuteurs disent "inférieur au prix du marché". "Le nouveau concessionnaire pourra augmenter le loyer, estime Christophe Borgel. On voit bien ce qu'a fait Vinci avec les autoroutes: des super profits. Si cela arrive à Toulouse, ce sera au détriment d'Airbus". Le député PS partage l'avis de Jean-Louis Chauzy: "Il faut sortir de l'appel d'offres le foncier occupé par les industriels, déclasser le terrain et octroyer à Airbus un bail emphytéotique de 99 ans".

Actuellement à Paris, le parlementaire de la Haute-Garonne s'emploie à "tirer toutes les sonnettes d'alarme : Matignon, ministère de l'Économie, et des Finances". Les députées de Haute-Garonne Catherine Lemorton et Monique Iborra ont également été sollicitées par Jean-Louis Chauzy pour faire du lobbying à Paris.

À Toulouse, Jean-Luc Moudenc "est tout à fait d'accord avec Jean-Louis Chauzy sur le fond" mais estime qu'il existe une autre solution que la suspension de l'appel d'offres : "Nous sommes encore dans les temps, le futur concessionnaire n'a pas été choisi. Il suffit que l'État introduise dans les discussions une règle sur le déclassement du terrain et le bail emphytéotique de 99 ans accordé à Airbus. Cela fait partie des négociations. La règle devra être sanctuarisée dans le contrat qui sera passé avec le futur concessionnaire, pour sécuriser les industriels." Les élus EE-LV de Toulouse Métropole, du Département et de la Région demandent quant à eux la suspension de la procédure.

Plusieurs lettres envoyées au gouvernement

Le 25 septembre dernier, alors que l'A320neo effectuait son premier vol à Toulouse, l'affaire de l'aéroport occupait elle aussi les esprits. Sur les pistes du vol d'essai, Jean-Luc Moudenc, Martin Malvy et Fabrice Brégier, le PDG d'Airbus, se sont en effet mis d'accord pour que les représentants des collectivités locales écrivent une lettre à l'État. Chose faite le 2 octobre. Un courrier co-signé par Jean-Luc Moudenc, Martin Malvy, Pierre Izard et Alain Di Crescenzo (président de la CCI) a été envoyé à l'Agence de participation de l'État, chargée de la privatisation. Objectif : "Soutenir Fabrice Brégier, qui avait lui-même écrit au gouvernement pour faire part de ses inquiétudes", explique le maire de Toulouse.

Pour Martin Malvy, "les quatre signataires de la lettre seront appelés à donner leur avis en fin de procédure. Nous avons indiqué avec la plus grande fermeté que la prise en compte des activités économiques présentes sur le site conditionnerait l'avis que nous devons émettre". Alain Di Crescenzo complète : "La procédure est allée beaucoup trop vite. Une pause permettrait de travailler sur le fond la meilleure façon de protéger les intérêts d'Airbus." De son côté, la DGAC  (direction générale de l'aviation civile) confirme que le patron d'Airbus a envoyé lui-même une lettre à Manuel Valls (Premier ministre), Ségolène Royal (ministre de l'Écologie) et Alain Vidalies (secrétaire d'État aux Transports), le 19 septembre.

Invité d'honneur du Cercle d'Oc hier soir, Fabrice Brégier a sobrement rappelé que la privatisation "doit être compatible avec les intérêts à court et moyen terme d'Airbus". Mais dans les couloirs de l'avionneur, le langage est moins policé et l'incompréhension est grande face au silence du gouvernement. Il s'y murmure désormais que des courriers sont restés lettre morte, et que c'est bien la première fois qu'Airbus n'est pas écouté.

Risques d'espionnage industriel ?

Les candidats au rachat des parts de l'État ont jusqu'au 31 octobre pour déposer une offre ferme. Si Airbus s'inquiète officiellement d'une augmentation brutale du montant du loyer, une autre question se pose, de l'ordre de la sécurité industrielle. En effet, plusieurs offres sont portées par des groupes étrangers (le Chinois Shandong High-Speed Group avec SNC Lavalin, l'Allemand AviAlliance avec Capitole Alliance et l'Australien Macquarie
). Les industriels pourraient également craindre des risques d'espionnage industriel.

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Commentaires 18
à écrit le 05/11/2014 à 3:40
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là, on est dans le ridicule : Airbus a parfaitement les moyens de payer un loyer plus élevé. Il est invraisemblable que l'on ne supporte pas que quelqu'un gagne de l'argent !! quel pays de nuls, quelle république d'inutiles !!!!!!!!

à écrit le 15/10/2014 à 16:50
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Que pensent nos gouvernants? D'un coté ils reprochent la privatisation des autoroutes qui donnent aux sociétés privées des rentes, et en même temps ils privatisent les aéroports pour donner de nouveau des rentes au privés? Cherchez l'erreur. De plu...

à écrit le 15/10/2014 à 11:52
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Airbus n'a qu'a racheter cet aéroport et en faire sa vitrine. 500 millions c'est quoi pour Airbus, du pipi de chat.

le 15/10/2014 à 15:14
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Ce qui va se passer, c'est qu'Airbus ira s'installer hors zone euro. Et les emplois aussi.

le 05/11/2014 à 3:42
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hihi, votre idée est excellente !!!

à écrit le 15/10/2014 à 11:30
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Quelle bonne idée, on a vu le franc succès de la privatisation des autoroutes, pourquoi s'arrêter en si bon chemin?! Et dire que c'est avec notre argent qu'on a financé toutes ces infrastructures

à écrit le 15/10/2014 à 11:05
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Airbus va partir en Tunisie pour acheter du foncier et réduire les coûts.

le 15/10/2014 à 11:53
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Maintenant que l'euro baisse par rapport au dollar (et ce n'est que le début), ce serait stupide de partir de la zone euro vers une zone 'dollar'.

le 15/10/2014 à 15:18
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Il n'y a que vous pour croire que cette tendance est durable. La réalité est plus simple : à qualification égale, un ingénieur indien coûte 6 fois moins cher. Et l'Inde (ou la Chine) seront trop heureux de l'aubaine créée par cette stupide décision ...

à écrit le 15/10/2014 à 7:03
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on découvre que l'état pardon le politique ne sait pas penser mais il faut être dans les hères des dorures autant élyséennes, parisiennes, assemblée et sénat et locale pour croire que l'élu est un homme de réflexion. Le contrat avec les stes d'autoro...

à écrit le 14/10/2014 à 23:42
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Airbus doit pouvoir s'agrandir si c'est nécessaire en fonction de possibles nouveaux programmes. Ce n'est pas quand les terains auront été vendus qu'il faudra s'apercevoir qu'on ne peut plus installer une nouvelle chaine d'assemblage. Quand à Vinci i...

à écrit le 14/10/2014 à 23:00
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Citation : "On voit bien ce qu'a fait Vinci avec les autoroutes: des super profits. Si cela arrive à Toulouse, ce sera au détriment d'Airbus". Bon, tout le monde semble conscient que cette privatisation est une bonne affaire pour le privé au détri...

à écrit le 14/10/2014 à 20:08
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Il est mentionné dans l'article qu'Airbus à un loyer actuel "inférieur au prix du marché". Je me demande pourquoi cette entreprise "bien portante" doit avoir cette "ristourne". Beaucoup d'entreprise souhaiteraient bénéficier de cette avantage.

à écrit le 14/10/2014 à 19:32
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Pour les privatisations des aéroports, c'est comme pour les privatisations des autoroutes, de l'eau etc il faut des gouvernements de voyous agissants en bandes organisées au service des bandits de la finance et des travaux publics. Chirac, Balladur...

le 14/10/2014 à 20:44
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Dans la liste, il ne faut pas oublier Copé, un grand spécialiste, qui était au Budget durant cette sombre opération de privatisation des autoroutes.

à écrit le 14/10/2014 à 19:26
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De toutes façons il faut se dire que dès qu'on a les socialistes au pouvoir, ils bradent tout, privatisent tout...etc

le 14/10/2014 à 19:48
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qui a brade les autoroutes anti socialiste de droite eh oui

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