Un professeur où et quand je veux… et gratuit en plus !

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A 21 ans, Shannon Picardo réalise l'idée de ses 18 ans, le premier site de soutien scolaire en video
A 21 ans, Shannon Picardo réalise l'idée de ses 18 ans, le premier site de soutien scolaire en video (Crédits : DR)
#FrenchTech - Schoolmouv, site de révisions pour le Brevet et le Bac, lancé jeudi 30 avril, est l’idée d’un gamin toulousain qui n’avait pas de quoi s’offrir des cours particuliers de maths. Et qui, à 21 ans, lance le premier site de soutien scolaire gratuit en vidéo.

Shannon Picardo est moyennement doué en mathématiques. Sauf que, en terminale ES, la mauvaise note en maths, c'est nuisible pour le Bac. Ses parents n'avaient pas forcément la possibilité de lui offrir une flopée de cours particuliers, alors il a fouillé sur le Web... mais n'a rien trouvé pour réviser.

Son constat est simple:

"Quand on n'a pas compris une idée, un concept, les notes prises en cours ne servent à rien. Quand on n'a pas compris, on a besoin d'un prof qui vous parle."

Et un prof chez soi, accessible à n'importe quel moment, un prof qui explique, qui teste et qui suit.

Sur Internet, cela n'existe pas. Et encore moins gratuitement... Shannon a eu l'idée de « Schoolmouv » à 18 ans, en révisant son Bac, et, à 21 ans, il lance le site. Pas forcément doué en maths, mais tenace et imaginatif.

Travailler à partir des problèmes des élèves

A peine le Bac passé, il a intégré l'incubateur tout juste créé de la Toulouse School or Economics (TSE). Il y a validé son concept en faisant la tournée de toutes les classes d'une dizaine de collèges et lycées toulousains:

"Le taux de réponse sur les cours vidéo a été énorme, c'est ce qui m'a encouragé !"

Et comme il n'avait aucune compétence pédagogique, il a entraîné avec lui un enseignant, Damien Jolibert. Avec un réalisateur, ils ont travaillé pendant des mois à réaliser une première "vidéo vraiment pédago".

"Mon idée a toujours été de travailler avec de vrais enseignants, des profs qui connaissent bien les problèmes des élèves et savent où sont les difficultés", explique Shannon. "Schoolmouv n'est pas un Mooc(*), un cours ex-cathedra ; ce sont des vidéos courtes qui expliquent une notion, un concept, une période, avec des fiches et des QCM pour se tester. Schoolmouv est très proche de la demande des élèves, on les connaît, on va les suivre à travers nos QCM. On sait quand ils progressent, quand ils bloquent, sur quelle notion ils sont en difficulté - ce que l'Education nationale a grande peine à faire, surtout dans les révisions du brevet et du Bac.".

La gratuité, clé du projet

Schoolmouv, c'est de la révision personnalisée avec des collégiens et des lycéens qui viennent y chercher ce dont ils ont besoin. Une petite révolution dans la méthode. Surtout que Shannon Picardo veut absolument que cela reste gratuit - "ultra important", pour lui.

Le financement se fera éventuellement sur des abonnements entre 10 euros et 30 euros par mois pour un accès illimité, mais un élève qui a une matière particulière à réviser le fera gratuitement : Schoolmouv lui donne des crédits d'accès et, s'il veut les dépasser, il suffit qu'il parraine de nouveaux entrants, il aura d'autres crédits et le réseau va s'étendre.

Un système ingénieux. En tout cas, Shannon Picardo a obtenu une bourse French Tech et le soutien du fonds d'amorçage de la Bpi, et fait entrer au capital "La Dépêche", des business angels et des particuliers par le crowdfunding.

Le 29 avril, c'est parti. Tous ceux qui se sont penchés sur le projet, comme chez The Family, l'ont adoré. Il est simple et terriblement démocratique.

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(*) Mooc, pour Massive Open Online Course, soit, en français: cours en ligne ouvert à tous.

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Commentaires
a écrit le 16/01/2018 à 18:30 :
C'est dommage car la gratuité n'est plus de mise
a écrit le 05/05/2015 à 9:51 :
Bravo.
Il y en a tellement qui, au même âge, n'ambitionnent que la sécurité de l'emploi.
D'abord développer l'audience, car c'est cela qui est valorisé aujourd'hui pour lever les fonds indispensables à son développement.
Puis - ensuite seulement - monétiser.
a écrit le 04/05/2015 à 21:35 :
Il n'y a pas d'incubateur à TSE... Vous avez du vous tromper d'école!
a écrit le 04/05/2015 à 20:35 :
Et il gagne de l'argent comment ?
a écrit le 04/05/2015 à 15:57 :
Financé en partie par la communauté de Wiseed (Toulouse) en crowdfunding.

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