Manga : "On paie ce qu’on veut sur Wakanim"

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Asa Suehira : Vice-président de Sony Music Entertainment Japon et Directeur Général opérationnel de Wakanim -  Ludovic Alcala : président Wakanim Canada - Olivier Cervantès : Président France de Wakanim - Hideki Goto : Directeur Général de Wakanim
Asa Suehira : Vice-président de Sony Music Entertainment Japon et Directeur Général opérationnel de Wakanim - Ludovic Alcala : président Wakanim Canada - Olivier Cervantès : Président France de Wakanim - Hideki Goto : Directeur Général de Wakanim (Crédits : Hermann)
Sur la plateforme Web de diffusion de mangas, le PWYW donne le choix aux fans d’animations japonaises de construire leur propre offre. Une manière de faire du buzz alors que la startup de la Plaine Image se lance à l’assaut du marché européen après avoir ouvert la majorité de son capital à Sony.

« Wakanim est née d'une frustration que nous avions mon associé et moi. Nous ne supportions plus de devoir attendre des années avant de pouvoir visionner les dessins animés japonais dont nous étions fans. Grâce à Wakanim, c'est fini. Les séries sortent en simultanée à la télévision japonaise et sur notre plateforme Web. Nous les recevons plusieurs jours avant pour les sous-titrer en français. J'aime lever les contraintes qui empêchent le désir de chacun d'être satisfait. C'est pourquoi nous laissons les membres de notre communauté payer ce qu'ils veulent pour avoir accès à un contenu vidéo adapté à leur souhait ».

Pour Olivier Cervantès, cofondateur et directeur opérationnel de Wakanim, l'offre PWYW (Pay What You Whant) est en phase avec le besoin de liberté dont font preuve les internautes amateurs de mangas. « C'est magique. Les dessins animés permettent de raconter en image les histoires les plus folles sans aucune limite. Rien ne vient brider l'imagination. Les fans d'animation japonaises aiment cette liberté et veulent la retrouver ailleurs ».

Renforcer le sentiment d'appartenance à la communauté des fans

Moins d'une semaine après son lancement, cette offre PWYW a déjà séduit 2 500 contributeurs pour un panier moyen de 3,2 euros d'abonnement mensuel sans engagement. A eux de choisir s'ils veulent de la publicité, regarder les vidéos en haute définition, les télécharger, avoir accès plus longtemps aux épisodes ou ne plus avoir de limitation de temps entre les visionnages. Il leur est en plus annoncé qu'ils participent à l'industrie de l'animation et supportent ainsi activement les studios japonais. De quoi leur renforcer le sentiment d'appartenance à la communauté des fans de l'animation japonaise.

Aniplex, de Sony Music Entertainment, détient la majorité des parts

Le pionnier de la vidéo à la demande s'est donné une nouvelle corde à son arc pour réussir son lancement sur le marché européen. En juin dernier, l'entreprise ouvrait son capital à Aniplex Inc, une filiale de Sony Music Entertainment Japan. Cette dernière prenait la majorité des parts de la startup lilloise créée en 2010 à Tourcoing, à La Plaine Image.

Depuis 2014, Wakanim était à la recherche de fonds pour développer son offre en Europe. D'abord en Italie, deuxième pays européen le plus friands d'animations japonaises après la France, et ensuite en Espagne, Portugal et Grande Bretagne.

La filiale de Sony Music Entertainment travaillait avec la jeune société française depuis le début de son activité. La première rencontre avait eu lieu avant la naissance de Wakinim au « Tokyo International Anime Fair ». De Strasbourg dont il est originaire, Olivier Cervantès s'était rendu au salon avec son projet sous le bras. L'idée avait séduit ses interlocuteurs japonais qui s'étaient dit prêts à le suivre s'il trouvait des financements en France pour lancer sa société. Ils s'y engagaient par courriel.

Sur les conseils de Ludovic Alcala, un ami roubaisien également passionné de dessins animés et qui deviendra plus tard son associé, le jeune homme se rend à Lille au salon Créer. Le mail des japonais convainc le fonds d'investissement régional IRD d'accompagner le projet via sa société de capital investissement Nord Création. Aniplex tient parole. Les deux amis Olivier et Ludovic s'installent à La Plaine Image et créent la première plateforme de distribution de dessins animés japonais sur le Web.

Couvrir toute l'Europe d'ici 5 ans

En 2014, Wakanim a réalisé un chiffre d'affaires de 750 000 euros. La startup emploie 8 salariés équivalent temps plein et fait régulièrement appel à une dizaine de freelance. Elle propose plus de soixante séries et trois millions de vidéos sont visionnés chaque mois par 650 000 fans.

« Nous avons été les premiers mais nous nous retrouvons aujourd'hui face à plusieurs concurrents. Ceux qui traduisent en anglais couvrent un marché bien plus large que le nôtre. Il nous faut aller au delà du marché francophone. Grâce au rapprochement avec Sony nous comptons ouvrir notre offre à 5 nouveaux pays d'ici 2 ans et à toute l'Europe d'ici 5 ans. En 2018, nous serons sans doute 25 salariés chez Wakanim », indique Olivier Cervantès.

Un vice-président de Sony Music Entertainment aux commandes

La direction générale opérationnelle de la startup a été confiée à Asa Suehira, un vice-président de Sony Music Entertainment qui fait régulièrement des allers et retours entre Tourcoing et le Japon. Olivier Cervantès l'affirme, il continue de piloter l'entreprise, de diriger les équipes et de gérer les projets. Son directeur général opérationnel décide des orientations, contrôle et donne son aval.

Sans Sony, Wakanim n'aurait pas eu 60 mètres carrés de stand ni 36 mètres carrés de scène au dernier Japan Expo qui s'est déroulé de 2 au 5 juillet à Paris Villepinte. Sont intervenus sur la scène de l'entreprise lilloise près de 20 acteurs de l'animation japonaise, des producteurs, des chanteurs et des auteurs.

Il y a une semaine Wakanim sortait une nouvelle version de son site et lançait son offre PWYW.  Le temps s'accélère maintenant que son destin est entre les mains de Sony Music Entertainment.

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a écrit le 25/07/2015 à 10:39 :
" Wakanim est née d'une frustration que nous avions mon associé et moi. Nous ne supportions plus de devoir attendre des années avant de pouvoir visionner les dessins animés japonais dont nous étions fans. Grâce à Wakanim, c'est fini. Les séries sortent en simultanée à la télévision japonaise et sur notre plateforme Web. Nous les recevons plusieurs jours avant pour les sous-titrer en français."

Le fait est qu'aujourd'hui, et depuis plusieurs années, nous avions déjà la possibilité de visionner des animes japonais en un temps record et pour une qualité similaire à celle de Wakanim (ou ADN), que ça soit en téléchargement ou en streaming. Donc cette excuse, c'est avant tout pour faire joli devant la presse et les consommateurs naïfs. La seule et unique réalité, c'est qu'ils ont vu un filon qui pouvait leur rapporter gros.

" trois millions de vidéos sont visionnés chaque mois par 650 000 fans."

Quant à ce nombre, c'est tout simplement dû à la politique de Wakanim (et depuis quelques temps d'ADN) qui est de réaliser une chasse au sorcière à l'encontre des véritables passionnés qui réalisent le même travail que les salariés de Wakanim mais dans un délais toujours respecté, dans une qualité similaire à celle de ces entreprises, et tout ça sur leur temps libre et de manière totalement bénévole. En outre, à partir du moment où la licence d'un anime appartient à Wakanim ou à une autre plateforme, vous pouvez être certains de ne pas pouvoir la regarder ailleurs à moins de visionner les épisodes en sous-titré anglais (où les plateformes sont beaucoup moins regardante face à la concurrence), parce que les détenteurs des sites qui retransmettent les vidéos ou les liens de téléchargement reçoivent des menaces d'attaque en justice.

Tout ça pour dire que l'offre française, de part sa politique de "chasse au sorcière" est loin d'être une avancée pour l'animation japonaise. Vous pouvez certes visionné un épisode gratuitement pendant une durée de 30 jours après la sortie de celui-ci, mais vous pouvez dire adieu pour faire la même chose en ce qui concerne des séries qui sont sorties depuis un moment. Or, le problème, c'est que la majorité du public concerné commence à regarder des séries en étant enfant. D'abord à la télé, puis sur internet. Si certaines séries ne peuvent être visionné qu'en échange d'un paiement, comment voulez-vous que l'accès à la japanimation soit aussi ouverte qu'avant l'arrivée de ces entreprises ? Les parents ne paieront pour ainsi dire jamais un abonnement, et encore moins épisode par épisode pour que leur enfant regarde des "dessin-animés". Encore moins en ces temps de crise.

Au final, l'apparition de plateforme comme Wakanim ou ADN ne font que reculer l'attrait pour l'animation japonaise en France tout ça pour une question d'argent. Je ne les félicite pas.
Réponse de le 26/07/2015 à 3:19 :
Sans oublier leurs lecteur de m... mauvaise qualité qui reflète bien leurs intension. Parfaitement sécurisé pour nous servir notre dose de pub et évité qu'on ne dépasse notre quota de visionnage mais incapable de lire une vidéo sans buggé !

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