La caméra de First Light Imaging capte 2 000 images par seconde !

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Ultra-rapide, la caméra Ocam mise au point par First Light Imaging fonctionne même avec peu de lumière : elle est capable de distinguer dans la nuit la plus sombre un objet jusqu'à une distance de 2 km. © First Light Imaging
Ultra-rapide, la caméra Ocam mise au point par First Light Imaging fonctionne même avec peu de lumière : elle est capable de distinguer dans la nuit la plus sombre un objet jusqu'à une distance de 2 km. © First Light Imaging (Crédits : First Light Imaging)
La société créée par des ingénieurs issus de laboratoires marseillais de recherche en astronomie commercialise une caméra ultra-rapide destinée aux scientifiques, ainsi qu'à l'industrie et au secteur de l'imagerie médicale. Son prix : 150 000 euros.

Après deux années passées au sein de l'incubateur inter-universitaire Impulse à Marseille, First Light Imaging (580 000 euros CA en 2012, 2 salariés) a été créée en 2011 pour commercialiser une caméra ultra-rapide (plus de 2 000 images par seconde dans sa version présentée fin mai dernier). Ocam - c'est le nom de ce petit bijou de caméra - fonctionne même avec peu de lumière et elle est capable de distinguer dans la nuit la plus sombre un objet jusqu'à une distance de 2 km.

Cinq ingénieurs issus de trois laboratoires de recherche en astronomie dépendant de l'université d'Aix-Marseille et du CNRS (*) ont planché sur cette caméra dans le cadre du programme européen Optical infrared coordination network. La société, qui a déjà équipé le télescope GranTeCan aux Canaries, doit livrer 6 six caméras à des laboratoires d'astronomie en 2013 (60 % de ses ventes se réalisent en Chine).
Si la résolution des images - petites et en noir et blanc - n'est pas très bonne, la possibilité de capter un phénomène ou un objet très petit, même avec une durée de vie très courte, "répond à un besoin qui n'est pas couvert aujourd'hui par l'offre des géants industriels (Andor Technology, Princeton Instruments et Hamamatsu, ndlr), précise Jean-Luc Gach, un des six co-fondateurs de la société. L'Ocam a été réalisée pour des astronomes mais elle peut aussi intéresser le secteur de l'imagerie médicale. Surtout dans sa version infrarouge que nous prévoyons de lancer d'ici deux ans", ajoute David Boutolleau, directeur général.

Ocam est protégée de la contrefaçon par des "procédés très sophistiqués"

Personnalisée pour chaque client, l'Ocam coûte 150 000 euros en moyenne. Les dirigeants estiment le potentiel de marché à une soixantaine d'unités pour l'astronomie hors Chine (où l'estimation est problématique). La fabrication est sous-traitée en France et la technologie, non brevetée, est protégée de la contrefaçon par des "procédés très sophistiqués", indique le dirigeant. À son lancement, First light Imaging, qui autofinance la majeure partie de sa R&D, a bénéficié de deux avances remboursables de 30 000 euros de l'incubateur et d'Oséo, puis d'un prêt participatif d'EADS Développement (6 000 euros). La société est également candidate au concours de création d'entreprises de technologies innovantes d'Oséo, dont les résultats seront connus en septembre.

L'Ocam a par ailleurs fait parler d'elle dans le cadre d'un projet de robot capable de détecter les obstacles sur les pistes d'atterrissage, en cours de développement par Aeromecanic, une société marseillaise spécialisée dans la maintenance d'aéronefs. Ce projet colabellisé par les pôles de compétitivité Pégase et Optitec donnera lieu à un test à l'aéroport Marseille-Provence.

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(*) Le Laboratoire d'astronomie de Marseille, l'Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble (ex-LAOG : laboratoire d'astrophysique de l'observatoire de Grenoble) et l'Observatoire de Haute-Provence.
 

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a écrit le 13/08/2013 à 8:52 :
D'une manière générale, dès que la Tribune s'aventure sur des sujets un poil scientifiques, il y a des ratés dans la com qui tendrait à démontrer que le rédacteur n'a pas tout compris. Néanmoins, j'aime bien ces articles qui démontrent que pas mal de gens innovent dans notre pays.
a écrit le 09/08/2013 à 12:17 :
Boff... il suffit de filmer avec 10 APN (de bonne qualité en basse lumière) du commerce filmant à 120i/s (très courant) mais avec un décalage de 1/10s entre chaque APN. on multiplexe le tout (image APN1+APN2+APN3+...) et on obtient un film à 1200i/s.
a écrit le 09/08/2013 à 8:41 :
Mauvais choix de titre, il faudrait apporter la précision que 2000 img/sec c'est dans le noir car des concurrents comme Photron vendent des caméras offrant déjà 12 500 images/sec en 1024p.
Réponse de le 09/08/2013 à 9:38 :
Je confirme, la difficulté d'utilisation d'une caméra haute vitesse est d'avoir un éclairage suffisamment puissant pour que l'exposition soit suffisante sur chacune des images. La réelle prouesse d'ocam est de réduire la quantité de lumière nécessaire à son utilisation. Sinon, sans parler des caméras professionnelles, il existe des appareils photo grand public capables de filmer à plus de 1000images/s en petite résolution.

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